08 juin, 2010

Dans ses Yeux **


de juan jose campanella avec ricardo darin, solledad villamil

 
Argentine, 1974, Benjamin enquète sur un viol et meurtre d'une jeune femme. 25 ans après, il écrit un roman sur cette histoire, en lien avec sa jeune collègue Irène dont il était amoureux à l'époque. il la retrouve pour qu'elle lise ce manuscrit. il poursuit son enquête.

 
Oscar du film étranger, loin du "Prophète" ou "Ruban blanc", mais ce thriller argentin se défend bien. Réalisateur clairement ambitieux, plutot habile avec sa caméra, quelques prouesses... parfois impressionnantes (le travelling aérien sur le match de foot et toute la poursuite qui suit), même si quelque peu gratuites. Mais l'atout de ce film est de traiter cette histoire avec un ton surprenant, un peu loufoque, en tout cas drôle, sur la période 70's, malgré l"histoire. Déconcertant mais on s'y fait. Tout comme cette excellence idée des deux sujets, celui autour de la recherche du coupable et cet amour secret de Benjamin pour Irène. D'ailleurs là est le meilleur de ce film, la période "passée", l'Argentine des années de dictature, et les relations entre deux (+ l'adjoint alcoolo de Benjamin). Car "la période actuelle", est bien moins convaincante, la suite de l'intrigue policière se perd dans des méandres compliqués, la fin en devient grandiloquente, plus dans la prétention que l'intelligence. Excellente scène où Irène fait craquer le criminel en ... l'excitant. Ricardo Darin, le "Daniel Auteuil" argentin, est toujours aussi royal. Un film avec quelques défauts agaçants à vouloir trop en faire mais rien que pour cette mélancolie d'un homme hanté par la compréhension d'un crime et qui sent le vide en pensant à sa vie, c'est à voir.

07 juin, 2010

XIII Mystery - la feuille de route !

Je reçois ce matin une belle plaquette en provenance de Dargaud Benelux qui en dit un peu plus sur la série XIII Mystery à laquelle j'ai l'honneur de participer. Le T3 (Little Jones)sortira le 1er octobre prochain, et comme vous pouvez le voir ci-dessous, la feuille de route est désormais officielle, à raison d'un album par an :


Ce sera donc en 2013 que mon album paraîtra... Perspective encore lointaine mais qui demeure excitante, évidemment. Steve Cuzor commencera à dessiner dès la fin de cette année (une fois fini le dernier volume de sa magnifique série O'Boys) et il s'y consacrera totalement en 2011. Il n'y aura donc aucun problème sur les délais à respecter.
Vous voulez un petit scoop ? La première case de la première planche est complétement rouge.

04 juin, 2010

Man at work (4)

Il faut que je vous dise qu'après chaque rallye du Championnat du Monde WRC, nous réalisons une émission "talk" en studio et dans les conditions du direct avec un invité à chaque fois. C'est une coproduction Motors TV et Sport24.com (groupe Le Figaro). Cette semaine, nous avons eu le plaisir de recevoir Daniel Elena, le copilote de Sébastien Loeb et voici quelques photos qui ont immortalisé ce sympathique moment avec dans l'ordre : le plateau, la régie, et votre serviteur en compagnie de Daniel Elena, 6 fois champion du monde des rallyes tout de même !






03 juin, 2010

La paix des braves chez Red Bull


Quatre jours après leur accrochage en Turquie, voici la photo que Red Bull diffuse à toutes les rédactions du monde entier. Tout se terminerait donc par un sourire pour Vettel et Webber ? On se plait pourtant à imaginer qu'une fois la photo prise, ils sont repartis chacun de son côté et serrant les mâchoires encore plus forts... En tout cas, le cliché est sympa et le coup de communication est réussi.

01 juin, 2010

Copie conforme **



de abbas kioristami avec juliette binoche, william shimell


James, écrivain anglais en promo en Toscane. Approché par une femme française, vivant dans la région avec son fils.


Mitigé... ca serait trop facile de "casser" un film en apparence plutôt bavard, creux, insignifiant... parce qu'au bout du compte il y a une belle œuvre, subtile, sur le couple, l'amour qui dure... ou pas trop. Belle réalisation, très belle photo, beaux travelling arrière sur le couple en ballade (le film, c'est ça, la ballade d'un homme et une femme, une après midi, en Toscane, ça a le mérite de la simplicité narrative). Peut être qu'un moyen métrage aurait suffit, il y a des temps vraiment longs, inutiles... Ce basculement étonnant (et convainquant) à mi-film quand l'écrivain et l'antiquaire deviennent... mari et femme depuis 15 ans. Alors voilà il y a en permanence une certaine exaspération et un vrai charme. Comme le jeu de la Binoche, crispant ou grandiose comme elle sait le faire. William Shimell entre Clooney et Jeremy Irons, une présence forte, charme de l'age mûr... Le plaisir ausside jouer sur trois langues, italien, français et anglais. La beauté de la Toscane... qu'on ne voit pas assez, trop de scènes d'intérieur... Mitigé, on vous disait.

31 mai, 2010

F1 : GP de Turquie - Eclats chez Red Bull


Ca y est, on le pressentait, on craignait, et c'est arrivé : les deux pilotes Red Bull se sont accrochés en piste ! Syndrome classique de la F1, qui veut que deux coéquipiers qui luttent pour le titre sont (pratiquement) obligés de se déchirer - et ça a bien failli arriver dans le même GP pour nos amis de McLaren qui s'en sont sortis de justesse mais on se demande jusqu'à quand. Il a même fallu apparemment toute la diplomatie de Button à l'arrivée pour qu'Hamilton ne fasse pas plus la tronche (un comble).
Pour en revenir à Red Bull, j'ai le sentiment que si Webber ne fait rien pour laisser de la place à Vettel, ce dernier met quand même un petit coup de volant qui provoque l'accrochage en lui-même. Mais comme toujours, ça se joue à rien et les deux ont forcément tort.
Le fait est que voir les quatre premiers groupés en deux secondes au bout de 40 tours et ne rien lâcher était absolument jouissif !

Les étoiles d'Istanbul :
*** : Hamilton, Button
** : Schumacher, Petrov
* : Webber, Kobayashi, Alguersari

Le classement après 7 GP :
Button, Hamilton : 10
Alonso : 9
Webber : 8
Kubica : 7
Vettel : 6
Rosberg, Sutil, Petrov : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Massa : 3
Liuzzi : 2
Barrichello, Hulkenberg, Kobayashi : 1

26 mai, 2010

LOST is over (attention : Spoilers ahead !)


Sur cette photo, on peut apercevoir Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux têtes pensantes de Lost, à leur bureau à quelques jours de la diffusion du dernier épisode de cette série que nous avons suivie avidement pendant six ans.

Pendant six ans donc, nous avons tous cru qu'ils étaient les plus grands scénaristes vivants - et pratiquement les plus grands créateurs de concepts du monde moderne. Un avion s'écrase sur une île déserte ? Il n'y a que quelques survivants ? Ils sont en tout cas confrontés à tout un tas de phénomènes bizarres : idée simple et géniale. Tellement développée par la suite qu'il semblait évident que tout était écrit depuis le début, que la fin était déjà coulée dans le marbre avant même le premier plan et que tout se justifiait sur l'autel de la plus étonnante construction narrative de l'histoire de la télévision.

On sait maintenant (et on s'en doutait depuis le début de la saison 6, si insipide) que ce n'était pas le cas. Il y avait bien l'idée générale qu'ils étaient tous morts ou qu'ils allaient l'être et que tout ce qu'ils vivaient (ou avaient vécu) n'était pas réel. OK, sur ce point, le dernier épisode est réussi et l'émotion est au rendez-vous. On pensait qu'on allait terminer avec le même plan que le tout premier : l'oeil de Jack qui s'ouvre. En fait, non, il se ferme car il meurt. Bien vu, si l'on ose dire, c'est fort et c'est même beau. Ca n'enlèvera rien à toutes ces heures passées à attendre fiévreusement les épisodes et à les disséquer presque plan par plan. On assume. Mais ça ne fait que souligner aussi les espoirs déçus.

Je ne dis pas qu'il fallait une réponse à tout. Dans un article du magazine américain Wired (où la photo ci-dessus est tirée), on pouvait lire il y a quelques semaines l'intertitre suivant : "pressés de donner des réponses, les hautes autorités de Lost ont au contraire engendré des mystères encore plus profonds". Pourquoi pas ?, ça me semble même assez justifié. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut passer outre tout ce qu'on a réussi à construire et à quasiment "mythifier" : les chiffres mystérieux, le bouton à presser toutes les 108 minutes, l'initiative Dharma, les films abîmés, les voyages dans le temps, l'équation qui explique la fin du monde, les théories quantiques, le personnage même de Desmond... autant de ballons fantastiques jetés dans le ciel de l'imagination pour juste épater la galerie ? Eh bien oui ! Sans oublier la question primordiale : qu'est-ce que cette île ? On ne le sait toujours pas. Et là, ce n'est pas de l'élégance, c'est de l'impuissance.

Retrospectivement, la saison 1 était pas mal, mais sans plus. Le premier épisode est canon, ainsi que celui où Ethan est démasqué comme étant un intrus dans le groupe des survivants. Mais les aller-retours entre les vies passées et actuelles étaient un peu longs à la longue. Dès le premier épisode de la saison 2, on rentre dans le dur : d'autres personnes habitent l'île et certains sont même chargés de mission très bizarres (Desmond et ses 108 minutes, j'ai un faible pour ça). Ca monte ensuite encore (la roue qui tourne, l'île qui se déplace, la statue égyptienne, les flash forwards, Jacob !) (nom de dieu, tout ça c'était quand même fabuleux) et les saisons 4 et 5 nous captivent comme jamais. Mon épisode préféré reste d'ailleurs The Constant (4x8 si je ne m'abuse) où Desmond voyage à travers le temps et rencontre l'autre personnage très fascinant de la série : Faraday. La saison 5 se termine avec un affrontement ancestral entre Jacob et l'homme en noir - wow ! on est scotché. Et toutes ces références littéraires/bibliques/philosophiques/scientifiques ? Forcément un travail de ouf qui va déboucher sur une fin hallucinante, car ce n'est pas possible d'avoir autant travaillé en amont pour finalement nous dire qu'ils sont dans un purgatoire, n'est-ce pas ?

Et puis patatras, tout s'écroule dès le premier épisode de la saison 6. Le temple, les hippies (qu'est-ce qu'ils viennent foutre là ? Et c'est quoi cette malédiction de Sayid, et cette résurrection ? A quoi ça sert ?), Widmore qui revient, les personnages qui continuent de traverser à chaque épisode l'île de droite à gauche, puis de gauche à droite sans nous dire pourquoi, les mêmes qui vivent une vie parallèle globalement inintéressante à Los Angeles : grosse désillusion. On arrive même à nous décevoir avec deux histoires qui promettaient beaucoup : celle de Richard l'éternel (on croyait que c'était un soldat romain, c'est un prisonnier espagnol du XIXe siècle - pourquoi bon sang ?) et celle de Jacob et son frère (c'est quoi cette histoire de lumière à protéger qui arrive comme un cheveu sur la soupe à deux épisodes de la fin ?). Seules réussites : l'idée du phare avec les miroirs où Jacob observait les vies des "candidats" (là aussi, pas terrible comme notion) et l'épisode où Desmond (encore lui) revient et tente notamment d'écraser Locke (pourquoi au fait ?). On tombe de haut.

Mais bon, la fin est, d'un strict point de vue formel et même basique, réussie, répétons-le. Un peu à la manière du film Sixième Sens... Ah oui, ils sont tous morts en fait... A la rigueur, on aurait pu passer directement de la saison 1 à 6 que ça aurait été plus logique. Sauf que, pas de chance, ce sont biens les saisons 2 à 5 qui nous ont fait rêver.

21 mai, 2010

(Auto) Satisfaction

Là, les copains, il faut quand même que je marque le coup ! L'accueil réservé à Un long Destin de Sang dépasse tout ce que j'aurais pu espérer et difficile de masquer sa joie. Voici par exemple le dernier classement issu des critiques du magazine dBD :


Eh bien oui, premier ! Devant des Blain, Trondheim, Loisel, Bec ! A quoi il faut rajouter des papiers dans L'Express, 20 Minutes, Rolling Stone sans oublier tous les sites internautes qui ont tous jugé très positivement l'album. D'où cette petite comm :


Bon, ce n'est pas pour ça que l'album figure en tête des meilleures ventes de BD en France, mais c'est déjà ça et je ne vais certainement pas me plaindre de cette reconnaissance. Vivement que Fabien ait fini le T2 !

20 mai, 2010

Crazy Night *


de shawn levy avec steve carell, tina fey, mark whalberg, ray liotta

Le couple Foster fait garder les enfants et change la routine et dine sur Manhattan. Ils s'incrustent à une table d'un resto chic. Mais ils se retrouvent pris en chasse par mafia et police, ayant usurpé à leurs dépens la place d'autres clients.

On attendait mieux. Clairement calibré pour être la comédie délirante et déconnante 2010 qui doit faire penser à "The hangover / Very bad trip" de 2009, ce film ne réussit qu'en partie à être au niveau, plutôt dans sa première partie. Scénario trop prévisible, trop attaché, malgré quelques provocs, au salut du gentil couple Carell / Fey... donc difficile de faire l'humour entre absurde et crétin de "the hangover". Bonne installation de la famille modèle et un peu chiante du New Jersey et des premières péripéties downtown... Encore un de ces films qui pourrait se résumer par "une nuit à Manhattan" ! Excellentes scènes avec Mark Wahlberg, acteur pas fin (étonnamment bon chez James Gray) mais au moins il a de l'auto dérision. Après, ca patine, ca cabotine, on sent bien que le scénario n'avance pas, fin vraiment très moyenne. Trop de concessions au public cible US, cf la poursuite en voiture interminable et sans intérêt.

F1 : GP de Monaco - Webber tisse (de plus en plus) sa toile


Etonnant... Mark Webber, le bûcheron australien, le roi des qualifs et des courses ratées (un peu comme Trulli), l'éternel 2e pilote est-il en train de se révéler à lui-même ? Il est tout bonnement au-dessus du lot depuis deux courses et il nous a fait à Monaco la même démonstration qu'à Barcelone une semaine plus tôt. Même ce petit génie de Vettel est bien obligé de se faire battre actuellement ! Voilà qui apporte en tout cas une note inattendue à cette saison 2010...
Quant à Schumacher qui attaque Alonso à trois cents mètres de la ligne alors qu'on est censés ne pas devoir se doubler, eh bien c'est la preuve que la roublardise ne meure jamais, même si en l'occurence c'est plus le signe rassurant d'une motivation intacte qui prime.

Les étoiles de Monaco :
**** : Webber
** : Kubica, Alonso
* : Vettel, Massa, Sutil

Le classement après 6 GP :
Alonso : 9
Button, Hamilton, Webber, Kubica : 7
Vettel : 6
Rosberg, Sutil : 5
Petrov, Alguersari, Massa : 3
Liuzzi, Schumacher : 2
Barrichello, Hulkenberg : 1

11 mai, 2010

F1 : GP d'Espagne - Surfer Webber


Un Grand Prix pas fantastique mais intéressant. Avec, comme cela arrive parfois, un pilote qui domine tout le monde du début jusqu'à la fin. Je me souviens que Berger l'avait fait au GP d'Allemagne 97. Mark Webber a fait la même chose à Barcelone, ne laissant que des accessits à ses rivaux. Il est le grand vainqueur sachant qu'il y a deux autres gagnants : Alonso avec une belle 2e place et Vettel qui sauve le podium alors qu'il avait des gros soucis de freins en fin de course. Deux prestations moyennes : Button et Massa. Un grand perdant : Hamilton, qui abandonne et laisse filer de gros points. Quant à Schumacher, il se montre enfin mais je crois franchement que la nouvelle génération a définitivement supplanté l'ancienne...

Les étoiles de Barcelone :
*** : Webber
** : Alonso
* : Schumacher, Sutil, Alguersari

Le classement après 5 GP :
Alonso : 8
Button, Hamilton : 7
Vettel, Kubica, Rosberg : 5
Sutil : 4
Webber, Petrov, Alguersari : 3
Massa, Liuzzi, Schumacher : 2
Barrichello, Hulkenberg : 1

L'Elite de Brooklyn ***


de antoine fuqua, avec richard gere, ethan hawke, don cheadle, wesley snipes

Brooklyn, trois flics au bord de la rupture. Sal dans les stups, a besoin d'argent pour sa famille, Tango est infiltré parmi les malfrats black et ne tient plus, Eddie est à quelques jours de la retraite, sans motivation, dépressif

Ne pas se fier au titre, aussi quelconque en français qu'en anglais ("Brooklyn's finest"). Excellent polar, un film noir, dur, étouffant sur plus de deux heures avec peu d'espoir sur ces personnages. Fuqua a de l'ambition, peut être trop par moments, il n'est pas dans un registre à concurrencer James Gray ou Coppola, plutot dans le polar impeccable, sans concessions. Il se complique parfois la vie, comme lors du long final, un peu trop "orchestré", pas le plus réussi. Curieux car on sent l'envie de faire autre chose qu'un film de genre de plus (et c'est le cas, un des meilleurs du genre de ces dernières années) et en même temps une certaine complaisance sur certains codes, avec la bande de Blackos très "bling bling mothafucka", on se croirait revenu au début des 90's ("New Jack City"), d'ailleurs Wesley Snipes est de la partie. Ainsi que les nombreuses scènes de bang ! bang !, ça canarde un peu facilement et ça tombe comme des mouches... Gros casting, les anciens surtout, le toujours impeccable Don Cheadle en infiltré, Gere parfait en solitaire lassé de tout, un grand rôle. Ethan Hawke en fait un peu trop dans le jeune catho torturé et paumé, mais il en a toujours trop fait. Il prend cependant des risques, donc il est excusé. Et même Ellen Barkin, qui nous mettait à genoux dans "sea of love" il y a ... 20 ans, en chef flic avec des balls. Un peu violent, c'est vrai, faut être prévenu. Une réussite.

07 mai, 2010

Arena



Sortie aujourd'hui de mon 30e album de BD, en l'occurence le T8 (ou alors le T3 du 2e Cycle) d'ApocalypseMania, qui est aussi l'ultime de la série. C'est évidemment un moment important pour moi, puisque c'est l'aboutissement d'un travail d'un peu plus de dix ans - pour une série qui n'a pas été si anodine que cela puisque les ventes du T1 se situent aux alentours des 20 000 ex.

J'aurais souhaité que cet album paraisse en 2009, car c'est précisément le 9 mai 2009 que l'action débute dans l'histoire. Cela aurait été amusant de se dire, une fois la lecture achevée : "qui sait ce qui va vraiment arriver dans quelques heures ?" - Mais bon, on arrive un an en retard et ce n'est pas bien grave.

Je pourrais écrire des heures à propos d'ApocalypseMania qui a subi avec le temps bien des vicissitudes. Disons que la série a toujours été ballottée entre des avis très tranchés. On aimait ou pas. Mais je n'ai jamais reçu que des compliments à l'intérieur de la profession, c'est déjà ça ! La contrepartie, c'est que beaucoup ont aussi cru que c'était un succès, ce qui n'est honnêtement pas le cas même si on arrivera certainement à la centaine de milliers d'exemplaires vendus à la fin de ce T8.

Quoi qu'il en soit, on va enfin connaître la fin d'ApocalypseMania ! Il est clair que sur ce coup-là, j'ai toujours construit l'intrigue générale "à la Lost", avec pleins d'éléments disséminés au fur et à mesure des pages. En l'occurence, Philippe et moi n'avons toujours eu qu'une fin en tête et ce dès le début et on pourra la découvrir dans Arena. On verra ainsi que, comme nous l'avons toujours dit également, un élément fondamental était arrivé dès le T2... Donc il n'y a pas tromperie !

Du moins est-ce le cas jusqu'à la planche 44. Les planches 45 et 46 sont en effet une sorte de 2e fin, plus ouverte et mystérieuse, que Philippe et moi avons finalement souhaitée. Histoire de permettre une ultime envolée cosmique sans doute...

Néanmoins, pour ce blog, en exclusivité, je vais maintenant faire deux cadeaux afin de célèbrer la fin de cette aventure.
Le premier concerne justement la fin. Elle est conforme au plan initial, ai-je dit. Oui, sauf qu'il y a deux ans, j'ai été tenté de faire une fin totalement inattendue. Et je me suis creusé les méninges pour trouver quelque chose de nouveau. Je vous laisse découvrir la chose (cela aurait concerné les dix dernières planches d'Arena), que Philippe et mon éditeur avaient aussi apprécié mais à laquelle nous avions finalement renoncé pour des raisons de cohérence globale.

Deuxième cadeau : à la fin du premier cycle, lorsqu'il a été décidé de continuer la série, je me suis enflammé sur ce que pourrait devenir la série si on me laissait une totale carte blanche. Et j'avais donc imaginé un plan général d'ApocalypseMania sur pas moins de 20 albums ! Avec notamment une idée assez précise sur ce qu'aurait été le 3e Cycle... Je vous laisse découvrir cette véritable phantasmagorie qui aurait peut-être pu exister (dans une réalité alternative, elle existe sûrement...) si la lassitude des auteurs et les chiffres de vente n'en avaient pas décidé autrement.

Arena : la fin alternative
ApocalypseMania : plan général

03 mai, 2010

Back from Florida

"J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides..." écrivait Arthur Rimbaud dans le Baeau Ivre. Il y a un peu de ce sentiment au retour de neuf jours de vacances passés dans l'Etat américain. Ce n'était pas la première fois que je m'y rendais (les deux premières pour cause de 12 Heures de Sebring) mais en famille ce n'est pas la même chose. Au menu, après l'atterrissage à Miami : les Everglades, Naples, Cape Coral et puis trois jours passés à Key West qui, il faut bien le dire, est assez magique. Voici deux photos : la route qui mène justement à Key West (prise par votre serviteur alors au volant de sa Chevrolet Equinox de location sur l'US1) et le même à contre-jour devant le fameux coucher de soleil de Mallory Park...

21 avril, 2010

Operation Ruthless


Sortie demain de mon 29e album de BD, le T2 de la série L'Idole & le Fléau, publiée chez 12 Bis. En l'occurence, l'album s'intitule Operation Ruthless et je précise (c'est anecdotique) que je préfère l'écrire à l'anglaise, sans accent sur le mot "operation" - il s'agissait en effet d'une opération menée par Ian Fleming (le futur auteur de James Bond !) durant la 2e Guerre Mondiale qui avait pour but de s'emparer de quelques carnets codés de la marine allemande. L'opération n'a jamais eu lieu, à vrai dire (trop de risques) mais je me suis évidemment amusé à réinventer l'histoire ! La majeure partie de l'histoire se passe dans un sous-marin allemand où un commando anglais infiltré va faire une découverte à la fois mystérieuse et lourde de conséquences... ce qu'un savant comme Carl Sagan, quelques décennies plus tard, tente de comprendre.
J'aime beaucoup mon histoire globale sur L'Idole & le Fléau, que je crois aussi forte qu'ApocalypseMania. Hélas, le premier tome n'a pas reçu un accueil délirant et on ne peut pas dire que les ventes aient été pharaoniques. Puisse ce T2 montrer que cela vaut quand même le coup...

19 avril, 2010

F1 : GP de Chine - Button reçu 2 sur 4


Voici une belle photo où les deux pilotes McLaren tombent dans les bras l'un de l'autre à l'arrivée du GP de Chine... Button y a été impérial, dominant son sujet et semblant contrôler les éléments climatiques. Hamilton, lui, a fait le show en étant une fois de plus le plus impressionnant de tous - sauf que ce n'est pas lui qui a gagné. Et ça fait même deux victoires pour Button contre zéro à son bouillant coéquipier, qui est pourtant le taulier de la maison McLaren. Bref, c'est encore l'entente cordiale, mais pour combien de temps ? En fait, Hamilton n'a plus qu'à attendre les GP européens qui se dérouleront en majorité sous le soleil et il fera de nouveau la différence, c'est aussi simple que ça.
Sinon, ce GP de Chine nous aura appris trois autres choses :
- Alonso qui pique Massa au freinage dans la voie d'accès aux stands : je ne me souviens pas avoir vu manoeuvre aussi gonflée entre deux coéquipiers. Même au temps de Schumacher, Barrichello n'avait pas avalé une telle couleuvre (à part l'arrivée du GP d'Autriche 2002 bien sûr). Ca promet pour la suite.
- Michael Schumacher, pour la première fois de sa carrière en F1, a littéralement fait pitié, en se faisant doubler par tout le monde ou presque en fin de course et en étant à la ramasse le reste du temps.
- Vitaly Petrov : on l'avait pressenti, mais ce type a quelque chose. Marrant, il se faisait battre à plate couture par Grosjean l'an dernier en GP2, lequel n'a rien fait en F1 quand il en a eu la chance. Même chose pour Kobayashi. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que certains se posent moins de questions quand il faut vraiment y aller.

Les étoiles de Shanghai :
**** : Button
** : Hamilton, Rosberg, Petrov
* : Alonso, Kubica

Le classement après 4 GP :
7 : Button, Hamilton
6 : Alonso
5 : Vettel, Kubica, Rosberg
3 : Sutil, Petrov
2 : Massa, Liuzzi
1 : Barrichello, Schumacher, Hulkenberg

15 avril, 2010

Cet homme est-il Rimbaud ?


J'adore ce genre de nouvelle et d'histoire : au cours d'une brocante, par hasard, on est tombé sur un lot de photos et après recoupement, il semble(rait) bien que cet homme soit Arthur Rimbaud "à l'âge adulte" comme le disent tous les articles consacrés à cette affaire aujourd'hui.
Comme tout le monde, on est d'abord fasciné par ce côté chasse au trésor qui aboutit à une découverte à la fois fascinante et dérisoire. Mais qui renvoie à tous les phantasmes de ceux qui aiment écrire des histoires (et en inventer), lorsqu'on imagine qu'on peut tout découvrir par hasard et faire rêver bien des personnes. Car Rimbaud est un mythe, personnage controversé, mais l'auteur assurément d'une des poésies les plus hallucinées et hallucinantes de l'espèce humaine : Le Bateau Ivre...
En lisant les réactions sur les sites internet, je m'aperçois que beaucoup doutent que ce document soit vraiment un reflet de Rimbaud. On crie à la supercherie. On se moque de la crédulité ambiante. On raille la découverte.
Et alors ? Peut-être qu'effectivement ce n'est pas Rimbaud. Mais ça pourrait l'être. Et derrière ce visage anonyme mais moderne, un rien rebelle et absent, mais ô combien source de mystère, se cache peut-être juste une idée. L'idée de la poésie. Et ça, ça n'a pas de prix.

14 avril, 2010

Les Invités de mon Père ***

de anne le ny avec michel aumont, karin viard, fabrice luchini, véronika novak

Paris, Lucien, 80 ans, très engagé socialement, accueille des sans papiers... mais il s'agit d'une belle moldave avec sa fille ado, il se marie "en blanc" mais tombe amoureux... son fils et sa fille subissent et font n'importe quoi dans leur vie, comme lui

Enfin, enfin une bonne comédie française, enfin un bon film tout court, celui qu'on a envie de recommander ces dernières semaines ! Quand on voit se profiler, par parenthèse "camping 2", dont la bande annonce a laissé un silence gêné/catastrophé (dans une salle UGC des Grands Boulevards pourtant !), on se dit que l'argent et les succès ne font vraiment pas le talent... Anne le Ny, qui avait déjà fait le séduisant "ceux qui restent" (devos/lindon), confirme, largement. Elle réussit une vraie comédie qui sait ne pas être que drôle, parfaitement écrite, avec des changements de ton surprenant, notamment sur la fin, parfois triste, souvent grinçant, finalement tendre, tout sauf le happy end convenu, tout sauf ces comédies françaises où les personnages partent en live... Ici, le père s'aveugle pour une femme de l'Est qui le manipule, les enfants ne savent plus quoi faire, perdent les repères de leurs vies, et changent vraiment, pas forcément pour le meilleur. plutôt bien vu sur les certitudes que l'on se donne, la moralité qu'on croit avoir, quand on grandit face au père, quand on croit assumer son style de vie (Luchini) et surtout quand on se raccroche à sa bonne conscience "humanitaire"... ces trois acteurs ont rarement été aussi bons, dans le comique aussi. Aumont en "héros de la famille" qui a surtout envie de bander face à sa moldave... Cela faisait longtemps pour Luchini et Viard, ca fait du bien de les revoir dans ces rôles... Excellent et beau passage du frère et de la soeur qui se baffrent et picolent ensemble toute la nuit, se retrouvant pour la première fois depuis bien longtemps. Des défauts quand même, une réalisation pas au top niveau, mais avoir l'histoire et les acteurs, c'est déjà bien. Superbe fin bretonne, face à la mer.

13 avril, 2010

Mickelson, la victoire idéale


Je reviens brièvement sur la fabuleuse victoire de Phil Mickelson au Masters de Golf ce week-end. Que de grands moments encore vécus grâce à ce sport addictif !, notamment lorsqu'il a tenté d'atteindre le green du 13 le dernier jour alors qu'il était juste derrière un arbre dans la forêt de pins à au moins 150m du trou... Le genre de moment clef qui fait toute la beauté du sport en général, et du golf en particulier - lorsqu'un joueur tente quelque chose de quasiment anormal mais qui va faire la différence...

Personne ne peut détester Mickelson, à part peut-être ceux qui n'aiment vraiment pas les gauchers ou les hommes de bientôt 40 ans soumis à un léger embonpoint. Mais c'est évidemment un joueur génial et une personnalité assez intéressante. Bien sûr, il a un côté très américain avec le respect total des valeurs, notamment familiales (surtout qu'on sait tous que sa femme lutte depuis un an contre un cancer du sein), mais parfois ça fait du bien de voir un champion sain et équilibré qui semble vraiment amoureux de sa femme et dont on sait qu'il n'est pas le dernier à agir pour pas mal d'actions caritatives... Je ne dis pas ça en accusation de Woods, qui reste à tout jamais comme le plus grand golfeur de tous les temps et un véritable extra terrestre fait homme. Je dis juste que la victoire de Mickelson était la meilleure chose qui pouvait arriver au golf !

Cela étant, pas de panique : on a rarement vu Woods jouer aussi mal dimanche, avec pratiquement tous ses départs égarés à gauche et à droite, et même un putt raté à cinquante centimètres par énervement. Avec tout ça, il ne finit qu'à cinq coups de Mickelson. C'est dire qu'il y a largement la place pour un retour triomphal très vite...

12 avril, 2010

Traductions


Et hop, sortie simultanée d' Un long Destin de Sang en néerlandais et en espagnol !
La trad de la version néerlandaise indique manifestement que le titre est devenue "une longue nuit sanglante" - je serais curieux de savoir si c'est un effet de style de la part du traducteur ou s'il s'agit de la vraie traduction originale du poème d'Apollinaire duquel est tiré ce titre (même chose pour l'espagnol d'ailleurs...)

08 avril, 2010

Un (long ?) destin de BD


Sortie aujourd'hui de mon 28e album de bande dessinée : Un long Destin de Sang, Acte I. Lequel coïncide avec une sorte de petite célébration perso, puisque cela fait 20 ans que je suis dans la BD. C'est en effet en avril 1990 qu'était sorti mon tout premier album : Les 13 Transgressions, avec Godard et Coutelis, aux éditions du Vaisseau d'Argent. L'occasion pour moi de faire une sorte de petit bilan...

Revenons d'abord brièvement sur Un long Destin de Sang. C'est d'évidence mon album le plus important à ce jour. D'abord parce qu'il est clairement ambitieux dans son traitement, avec son côté choral qui représente évidemment un gros travail en amont. Je suis très fier d'avoir passé des heures et des heures à travailler ce scénario qui aboutit, je crois, à une histoire fluide et marquante, ce qui n'est jamais gagné en BD. Il y a parfois quatre actions en simultanées, mais ça passe et c'était bien sûr mon grand défi. En tout cas, ce fut jouissif à écrire et à mettre en scène. Je mentirais en disant que je ne suis pas sensible aux premières critiques qui ont fleuri et qui sont toutes très positives : ça fait plaisir et c'est la récompense d'un gros travail de densification de l'histoire, ce que je recherche toujours car j'ai parfois l'impression que c'est le danger qui nous guette, nous scénaristes de BD : de tirer à la ligne autour d'une seule bonne idée dans un album. Il faut toujours se remettre en cause et toujours chercher comment nourrir une histoire.
Au-delà d'un succès d'estime, j'espère que l'album trouvera son public. Il sort en tout cas simultanément en néerlandais et en espagnol. Je presse déjà 12 Bis de sortir l'an prochain une version noir et blanc des deux tomes réunis en un seul livre, pour apprécier encore plus l'extraordinaire dessin de Fabien Bedouel. Je remercie au passage Frédéric Bosser qui a été le premier à vraiment croire en ce projet et qui propose dans le dernier numéro de dBD une longue interview de vos serviteurs.
Enfin, rêvons un peu, je me dis qu'Un long Destin de Sang ferait vraiment un bon film...

Je m'amuse en tout cas à prendre cette sortie comme un symbole. Comme si les premiers 20 ans se terminaient juste avant cet album et qu'une deuxième phase commençait pour moi. Un long Destin de Sang, c'est l'album de la maturité pour moi, c'est aussi un projet qui représente ce vers quoi je voudrais me tourner dorénavant : des histoires plus ancrées dans le réel ou le contemporain, plus tournées vers les personnages, un peu plus littéraires et émouvantes (si possible !). Mes premiers 20 ans, il faut bien l'avouer, ont été tournés en majorité vers le fantastique et la science-fiction : ApocalypseMania, L'ultime Chimère, Speedway, Spartakus, Chinguetti... Je n'ai que très rarement montré que j'avais d'autres envies : AD Grand-Rivière, London Inferno, Hauteclaire... Il est temps de revenir à ce genre d'histoire et je suis d'ailleurs en ce moment occupé à essayer de placer un polar-thriller assez éprouvant baptisé $uburbia, où j'ai voulu faire mon Ellroy... J'ai toujours mon roman graphique Bandaiyan, consacré à la naissance de l'Australie, qui est en chantier, je vais bientôt avoir écrit les 2/3 des 550 pages prévues. J'ai aussi proposé un autre roman graphique à 12 Bis sur un thème d'actualité, j'espère qu'il se fera. Et n'oublions pas le XIII Mystery par dessus tout ça : il devrait sortir en juin ou septembre 2012 (dernières infos en provenance de JVH himself) et je peux vous garantir que l'histoire de Billy est assez choc et parfois très crue.

Bref, vingt nouvelles années s'ouvrent devant moi, et je crois qu'elles seront riches. Cela me vaudra-t-il un jour un authentique succès ? Sans doute avec le XIII Mystery, mais j'aimerais bien qu'une de mes créations originales ait un impact. Quel est l'auteur qui ne le souhaiterait pas ? Je reste malgré tout très humble car au bout de 20 ans, force est de constater que je ne pourrais toujours pas vivre de la BD uniquement. Une sacrée leçon d'humilité, non ? Il n'y a qu'un seul de mes 27 albums qui me rapportent un peu de droits d'auteur sur les ventes : Couleurs spectrales, le T1 d'ApocalypseMania, qui a dépassé les 20 000 exemplaires au bout d'une petite dizaine d'années d'exploitation.

Qu'on se rassure cependant : la passion est toujours intacte. J'ai toujours eu le sentiment, depuis que je suis enfant, que la BD, ce médium si particulier, était fait pour moi. Je n'ai pas changé d'avis. Je vis littéralement BD. Ma femme et mes enfants me voient faire des cases tous les soirs, ils ont depuis longtemps renoncé à se demander si j'étais vraiment fou... Je me sens mal, presque physiquement, lorsque je n'ai pas le temps ou la force de faire au moins une ou deux planches chaque jour. Un vrai manque lorsque mon autre travail ou le quotidien m'empêchent de créer... J'ai vraiment besoin de ça ! C'est grave docteur ?

On me demande parfois quel regard je porte sur mon "oeuvre". Précisons d'emblée que j'assume évidemment tout, qu'il n'y a aucun album que j'ai ou bâclé ou fait à la légère. A chaque fois, je donne le meilleur de moi-même et je suis "dans" mon histoire. Je crois avoir fait au fil des années de gros progrès sur les dialogues, mais mon défaut reste sans doute dans le rythme de mes histoires : parfois trop lent, ou trop statique, comme dans le T1 de L'ultime Chimère. Je pense pourtant bien savoir faire monter la pression, mais peut-être pas la conserver ou l'exploiter totalement. Mais une série comme L'Idole & le Fléau montre que ça s'améliore (j'espère) !
Bref, pour répondre à la question, j'aime bien les trois premiers tomes d'AD Grand-Rivière, le T2 d'Hauteclaire, le T3 d'ApocalypseMania, le T1 de Mongo le Magnifique, le T4 de L'ultime Chimère...

Mais mes cinq albums préférés sont : Un long Destin de Sang (la totalité), le T6 de L'ultime Chimère (à paraître en septembre prochain), le T6 d'ApocalypseMania - et London Inferno. Evidemment, Billy viendra rejoindre très vite cette liste et je sais que je considérerai sûrement toujours Bandaiyan comme mon chef-d'oeuvre, si j'ose employer ce mot.

Les regrets de ces 20 ans ? Sans doute les ventes modestes de la plupart de mes ouvrages, mais aussi le manque de participation à des festivals ou à des manifestations autour de la BD (j'adore parler de mon métier pourtant...), le relatif isolement par rapport à certains de mes confrères que je connais fort peu (mais cela change depuis quelques années où j'ai pu enfin nouer certaines amitiés sincères et qui m'honorent beaucoup), le fait enfin de ne pas être arrivés à rejoindre le catalogue de certaines maisons d'édition alors que je ne demande que ça (mais pas eux manifestement, en témoigne mon récent cuisant échec chez Delcourt, où je crois que je n'arriverai jamais à parvenir à mes fins...) ! Je rêverais bien sûr d'un projet avec Andréas, mais cela n'arrivera jamais, avec Blain, Leo, Bonhomme, Vallée, Larcenet, Schuiten, De Metter, Tomine, Tan et tant d'autres, j'aimerais bien aussi co-signer avec un des mes collègues scénaristes un projet à deux, histoire de voir ce qu'on pourrait vraiment faire - Nury, Alcante, Dorison, Vehlman, Convard et d'autres encore, je me sens proche d'eux... Et puis signer un album chez Aire Libre ou chez Futuropolis, chez Dupuis aussi, revenir chez Casterman... Tant d'envies !

28 albums en dix ans... Quand je pense que certains de mes confrères arrivent à ce score en une seule année seulement ! Mais je ne regrette rien et je me projette résolument vers l'avenir. Merci à vous tous qui me faites l'amitié de me lire et m'encourager...

06 avril, 2010

Alice au Pays des Merveilles **


de tim burton avec mia wasikowska, johnny depp, helena bonham carter, anne hathaway


londres, alice, sur le point de se marier, fuit et "tombe" dans le monde merveilleux, du Lapin, du Chat... contre la Reine Rouge.

 
On l'attendait... on en parlait depuis... longtemps, bien longtemps... Tim Burton + Alice in wonderland, cela semblait la rencontre rêvée pour rendre le mystère onirique du livre de Lewis Caroll, bien plus adulte, bien plus complexe que du "simple Disney". Bon, d'accord, Disney produit Burton... mais on espérait, on ne sait quoi d'ailleurs. Finalement, sans bien savoir ce qu'il pourrait faire mieux, on reste sur sa faim. "Alice..." est il un conte féréique qui ne fait pas appel à la noirceur d'un Burton mais qui lui permet des prouesses visuelles ? Ou alors, inconsciemment, a-t-il "disney-isé" son film ? Oui, bien sûr, il y a son imagination, les décors, des bouilles de personnages (les jumeaux), de réalisation, mais aussi cette désagréable impression de suivre, une fois de plus dans le cinéma US "de divertissement", un long jeu video, rythme saccadé, "épreuve après épreuve" que doit affronter Alice, et surtout des images de synthèse en permanence, vraiment saoûlant. Bonne initiative de ne plus faire d'Alice une petite fille mais une vraie femme. Quant à la 3D, en dehors de quelques moments épiques, payer 3 euro de plus et avoir l'air tarte avec des lunettes affreuses, faudra vraiment expliquer en quoi elle est "l'avenir du cinéma", même si on sait bien qu'on ne nous donnera pas le choix...

F1 : GP de Malaisie - Vettel à l'aise en Malaisie


Bon, une injustice a été réparée. Il était quand même normal que l'ami Sebastian Vettel (dont on a dit ici depuis un mois qu'il serait champion du monde cette année) ait au moins remporté un GP cette année après avoir tellement dominé les trois premières courses. Il n'avait pas pu concrétiser à Bahrein et à Melbourne, il a remis les pendules à l'heure à Sepang. Et son coéquipier Webber, pourtant en pole, a bien compris que le gamin était inarrêtable...
Derrière, course amusante avec les Hamilton-Button-Massa-Alonso qui s'étaient pris les pieds dans le tapis en qualifs et qui ont dû se jeter dans l'arène... Mention plus que très bien pour Hamilton qui a fait le spectacle à lui tout seul ! Entre lui, Vettel et Alonso, la lutte va être sévère jusqu'à la fin de l'année.
Quant à Michael Schumacher, on ne défie pas le destin aussi facilement... Il a eu son heure de gloire, bravo et tant mieux, mais il ne la retrouvera plus.

Les étoiles de Sepang :
*** : Vettel
** : Hamilton, Sutil, Alguersari
* : Rosberg, Kubica, Hulkenberg, Petrov

Le classement après 3 GP :
5 : Alonso, Hamilton, Vettel
4 : Kubica
3 : Button, Rosberg, Sutil
2 : Massa, Liuzzi, Alguersari
1 : Barrichello, Schumacher, Hulkenberg, Petrov

L'Arnacoeur **


de pascal chaumeuil avec romain duris, vanessa paradis, julie ferrier


alex, avec sa soeur et son beauf, bosse en séduisant des femmes pour provoquer avec leur compagnon. gros contrat avec juliette, riche héritière sur le point de se marier, à Monaco.

 
Film parfaitement calibré et qui réussit ce pour quoi il est fait : distraire, faire rire, intelligemment en ce sens que même si le scénario suit tous les clichés du genre, délibérément, il prend de la distance, en permanence, pour rire de ses personnages, sans être non plus dans la dérision permanente. Il y a de la bonne qualité d"humour d'"OSS..." et d'ailleurs Duris a un abattage comique proche de Dujardin, efficace, il en fait des tonnes mais avec style. Un peu marre que la promo revendique le lien "avec les comédies américaines des années 50", cela ne veut plus rien dire, disons un bonne comédie française des années 2000. On peut ne pas du tout être sensible au charme et talent de Paradis depuis... une bonne vingtaine d'années, et passer un vrai bon moment. Film qui sent le produit d'exportation en multipliant les références "so chic" de la France... tant mieux si cela marche. Des références marrantes comme la passion de Juliette pour George Michael et le regretté Patrick Swayze, celui de "Dirty Dancing".

02 avril, 2010

A:XIS Reality


Sortie aujourd'hui de mon 27e album de BD, en l'occurence le T2 de la série Speedway. Cette fois, l'action se passe totalement en 2658, pendant la manche d'ouverture du Championnat Universel de Formule A. Le pilote Froilan est au départ, mais quel sera son destin ? Et qu'est devenue la créature trouvée par les explorateurs 500 ans plus tôt ? Les réponses à ces angoissantes questions se trouvent dans l'album !
Pour la première (et dernière fois) j'aborde donc le thème de la course automobile en BD et je pense qu'action et diverstissement sont au rendez-vous !

31 mars, 2010

Un certain 31 mars...

A neuf jours maintenant de la sortie d'Un long Destin de Sang, petit clin d'oeil du calendrier... L'action dans l'album se passe principalement le 31 mars 1918, pendant le bombardement de Paris par un canon à longue portée allemand. Il est dit dès le début du T1 qu'un obus est tombé sur le Square du Temple, dans l'actuel IIIe arrondissement de la capitale, et qu'il y a un mort...
Eh bien aujourd'hui, exactement 92 ans plus tard, Fabien Bedouel et moi-même nous sommes retrouvés au Square du Temple ! Histoire de répondre présents par rapport à cette date importante pour nous finalement... Voici deux clichés qui immortalisent ce moment (pris par l'unique témoin de la scène, Manuel F. Picaud, membre éminent de l'ACBD et accessoirement ami) :

29 mars, 2010

F1 : GP d'Australie - Button gagne aussie


En F1, c'est simple : si vous vous réveillez seulement cinq minutes avant le départ (changement d'heure, fatigue, salon du livre etc...!) et que vous voyez que le circuit est détrempé, alors vous savez que vous allez avoir une belle course. Bingo ! Ce GP d'Australie a été passionnant et que celui qui avait pronosticé Button-Kubica-Massa sur le podium se lève, il aura droit à mes félicitations publiques !
Bien joué de la part de Button, qui a appliqué la meilleure stratégie possible sans le savoir. J'aurais pourtant aimé qu'une averse vienne encore un peu plus troubler le jeu à mi-course, cela aurait été vraiment fou ! En tout cas, Hamilton est furax d'avoir été battu (et Alonso n'est pas loin de penser la même chose par rapport à Massa) - voilà qui promet pour la suite de la saison. Schumacher a dû se bagarrer avec Alguersari pendant quelques tours, et le jeune Espagnol ne s'est pas laissé faire, sur ce coup-là on a bien rigolé... Parions quand même que Vettel va gagner au moins un des deux prochains GP.

Les étoiles de Melbourne :
*** : Button
** : Kubica, Hamilton, Alonso
* : Massa, Rosberg, Liuzzi

Le classement après 2 GP :
5 : Alonso
3 : Button, Hamilton, Kubica
2 : Vettel, Massa, Rosberg, Liuzzi
1 : Barrichello, Schumacher, Sutil

26 mars, 2010

Couv !

L'Idole & le Fléau - T2 : Operation Ruthless
Dessins d'Igor Kordey - 12 Bis - sortie le 22 avril 2010

Salon du Livre de Paris


Comme chaque année ou presque, je serai présent au Salon du Livre de Paris... En fait, je passerai une bonne partie de la journée du dimanche 28 mars : en matinée, on m'apercevra au stand Glénat (allée U) où Olivier Mangin dédicace le T5 de L'ultime Chimère, puis de midi à 15h je serai chez 12 Bis (allée U également) en compagnie de Fabien Bedouel pour une dédicace en avant-première d'Un long Destin de Sang (l'album paraît en effet le 8 avril...) et enfin je passerai une tête au stand Dargaud (allée H) pour soutenir Siro qui dédicace Speedway !

24 mars, 2010

Le Livre - les annotations


Sortie aujourd'hui de mon 26e album de BD : L'ultime Chimère T5 - Le Livre. Les dessins sont d'Olivier Mangin et Griffo. Couleurs de Bruno Pradelle et Rémy Langlois. Comme d'habitude pour cette série, je vous laisse découvrir en pièce jointe mes annotations personnelles à moi de l'album !

L'ultime Chimère T5 - Le Livre : les annnotations

22 mars, 2010

Senna


Cette photo, encadrée, que j'ai chez moi, est évidemment un de mes biens les plus précieux. La scène se passe en novembre (octobre ?) 1989, quand Senna a été convoqué à la FIA suite à l'accrochage entre lui et Prost au GP du Japon précédent... Agé de 22 ans, encore étudiant en journalisme, j'avais bravé tous les barrages pour espérer côtoyer celui qui était et qui reste mon idole absolue... Un photographe de l'AFP, par hasard et par bonheur, avait immortalisé la scène. Je lui ai acheté la photo 100 francs quelques jours plus tard...
Hier, dimanche 21 mars, Ayrton Senna aurait eu 50 ans. C'est un peu curieux d'imaginer cela, car je crois sincèrement qu'Ayrton n'était pas fait pour vivre aussi vieux. Il était vraiment l'incarnation quasi mythologique du pilote de course : celui qui brave les risques, les dangers et la vitesse même pour aller le plus vite possible. Celui qui, aussi, avait fait de la conduite d'un véhicule à quatre roues un authentique art. J'ai souvent l'habitude de dire que si Schumacher restera comme le plus fort et Prost comme le meilleur, Senna lui était tout simplement le plus grand. Et cela impliquait sans doute de ne pas vivre vieux et de partir en pleine gloire...

18 mars, 2010

L'ultime Chimère T5 : petit décalage d'une semaine...

C'est finalement le 24 mars que sortira officiellement le T5 de L'ultime Chimère : Le Livre. Il était prévu à l'origine pour le 17, mais un petit retard a été pris dans la fabrication... Olivier Mangin (et moi-même a priori) seront en dédicace le week-end du 27-28 mars à l'occasion du Salon du Livre de Paris. Je vous donnerai d'ailleurs très bientôt mon programme pour cette manifestation...

17 mars, 2010

The Ghost Writer ***


de roman polanski avec ewan mc gregor, pierce brosnan, kim catrall, olivia williams, tom wilkinson

un "nègre" anglais recruté pour ré écrire l'autobiographie d'adam lang, ancien premier ministre anglais, qui vit sur une ile au large de Boston, accusé de crimes de guerre lors de ses actions pro US pendant son mandat..

Il y a un beau point commun entre les films de grands réalisateurs de ce début 2010 (par ailleurs, bien pauvre en bons films, c'est notable et à noter), soit Scorcese ("Shutter Island") et ce Polanski. le fait de tourner sur une île, au large des USA, sous la pluie, hostile. Et une ambiance, dans les deux cas, grace à ce décor naturel notamment, "à la Hitchcock". Encore plus évident dans l'épilogue londonien de ce "ghost writer", magistral, dans la haute lignée d'Alfred, mémorable. Tout le film n'est pas du même niveau. autant la première partie se savoure, facon Polanski, un peu comme dans "Frantic", une sorte de thriller mais avec pas mal d'humour, d'ironie, il n'aime pas faire trop sérieux, ca peut surprendre, mais cela donne une personnalité à ses films. mais pas mal de lenteurs quand le McGregor, sur l'ile, mène l'enquète, la tension retombe, sans doute trop. Pour le reste, et sans chercher les résonances sur la vie de Polanski (mais bon, le gars traqué dans sa villa, et qui ne peut aller nulle par ailleurs qu'aux USA, c'est savoureux...), il y a ce qui fait un film dont on se souvient et qu'on reverra avec plaisir, bref un classique, l'ile, la pluie, la villa high tech, le "live news" de la télé permanent, "les femmes" du Prime Minister belles et tendues (superbe olivia williams, depuis le temps qu'on la croise). et une oeuvre qui résumera bien les années Blair/Bush et leurs mensonges/arrangements internationaux. On ne voit pas assez Brosnan excellent en politicien combatif mais manipulé.

PS : Vu également, mais je m'arrêterai à "deux étoiles". On apprécie quand même l'exercice et on se prend au jeu, mais si on veut se concentrer sur l'histoire "thriller" pure, il y a trop d'invraisemblances. Mais c'est vrai qu'il y a une vraie ambiance et la dernière image est géniale.

15 mars, 2010

F1 : GP de Bahrein - Alonso en son royaume



Dieu sait qu'on l'a attendue, cette nouvelle saison F1 ! Et entre le retour de Schumacher, les transferts d'Alonso et Button, les nouvelles écuries et la nouvelle réglementation, il y avait de quoi saliver. Sur le papier, rien à dire, c'est l'année la plus excitante depuis longtemps.
Sur le terrain, comme souvent, c'est un peu différent. C'est peu de dire que le GP de Bahrein 2010 ne restera pas dans les annales. On se souviendra qu'Alonso a triomphé pour son tout premier GP avec Ferrari et qu'il rentre à ce titre encore un peu plus dans la légende. On retiendra aussi que sans son problème moteur, Sebastien Vettel avait tout pour gagner. J'avoue que j'avais dit avant ce GP : "Hamilton sera en pole, Alonso va gagner et Vettel sera champion du monde". Je maintiens mon pronostic.
Le problème, c'est que les huit premiers à l'arrivée sont globalement les huit premiers au départ, à savoir les deux pilotes de chaque grande équipe : Ferrari, McLaren, Mercedes et Red Bull. On aurait aimé avoir eu un peu plus de batailles frontales ! La faute sans doute à ces pneus qui tiennent trop facilement la cadence et le rythme et dont on nous avait pourtant largement annoncé la dégradation rapide au fur et à mesure de la course...
Il faut aussi rappeler que le circuit de Bahrein n'a rien de folichon et que le spectacle n'y a jamais été formidable de toute façon. Ce devrait être beaucoup mieux dans 15 jours en Australie !

Les étoiles de Sakhir
*** : Alonso
** : Vettel
* : Massa, Hamilton, Rosberg, Schumacher, Liuzzi, Barrichello, Kubica, Sutil.

07 mars, 2010

Couv !


Un long Destin de Sang - Acte 1 : Bollée & Bedouel, 12 Bis.
Sortie : 8 avril 2010.

Shutter Island **


de martin scorcese avec leonardo di caprio, mark ruffalo, ben kingsley


1954, deux flics "US marshall" enquêtent sur une disparition dans un hôpital psy/prison sur une ile au large de Boston. Teedy, le plus remonté, s'interroge sur les expérience menées par les médecins de l'hopital alors que des souvenirs personnels traumatisant lui reviennent en mémoire...


Scénario tiré du livre/film fascinant car il permettra toutes sortes d'interprétation sur qui est "le vrai Teddy". Pas sûr que Scorcese donne la réponse. Comme "mullholland drive", le film pourra se revoir plusieurs fois pour bien comprendre. Un film de genre en tout cas, parfaitement assumé et réalisé par Scorcese, avec une mise en scène, des décors, une image, qui font penser à des vieux films, tels ceux d'Hitchcock bien sûr. Cela fait tellement de bien après tous les stéréotypes dits "modernes" ou de série télé des thriller actuels. Brillant, parfaitement interprété par Di Caprio, qui suinte la paranoïa (sa collaboration avec Scorcese commence enfin à payer, mitigé sur "gangs of NY" et "the aviator", bien plus à l'aise sur "les infiltrés" et celui-là), ainsi que l'indispensable Ruffalo. Pourquoi, dès lors, une certaine réserve ? Parce qu'on n'a pas peur, et d'une. Et parce que passé un superbe début, on ne prend pas trop de plaisir, au delà de celui de deviner l'énigme, à suivre ce film, rien qui accroche vraiment. Les scènes d"intérieur, notamment de cellules font "déjà vu", il y a beaucoup trop de bavardages... Plus convainquant dans la nature sauvage en bord de mer. Voilà, avis bien subjectif, on pourra bien plus aimer car la matière et le talent sont là.