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31 janvier, 2012

Clap de fin

Les amis, il faut parfois savoir s'arrêter (un peu). Je profite de ce dernier jour de janvier pour vous dire que je stoppe ce blog et que c'est comme ça, c'est la vie. Après six ans de bons et loyaux services, ce n'est pas un drame, non ?
Avoir deux métiers ne facilite pas les choses et vous savez que lorsque je ne suis pas derrière un micro, je suis à ma table à écrire et faire mes petites cases ! Il ne reste vraiment pas beaucoup de temps libre ensuite... Donc, au moins pour cette année 2012, je vais faire une pause. Vous retrouverez mes étoiles F1 sur le blog de Motors TV et mes annonces concernant la BD (ou des messages que je voudrais délivrer) sur ma page Facebook. Je suis moins prolixe sur Twitter mais je vais continuer, ça ne prend pas trop de temps.
Je remercie bien évidemment mon fidèle compagnon de route El Bacos qui m'a autorisé tout ce temps à reproduire ses excellentes critiques ciné et j'embrasse les 63 000 et quelques personnes qui m'ont suivi depuis février 2008 quand j'avais installé un compteur sur ce blog...
Si vous voulez me contacter d'une manière un peu perso, je vous invite à me laisser un message sur l'adresse the_lfb@yahoo.fr
Je n'exclus pas de revenir un peu plus tard dans l'année avec un nouveau blog, mais celui-ci serait consacré à l'Australie et à mon roman graphique... Je vais y réflechir et vous tenir au courant !
A bientôt !

17 décembre, 2011

Top 10 objectifs BD

Petit jeu artificiel, sans doute vain, mais pas totalement inintéressant et en tout cas sincère sur ce qu'il me reste à obtenir dans ce métier qui est aussi le mien : auteur BD. Voici mes dix aspirations (pour 2012 et au-delà) classées en ordre d'importance décroissante...

1. VIVRE DE LA BD !
Voilà vingt ans que j'essaye d'atteindre ce nirvana, et je n'y arrive toujours pas - cela est évidemment dû à l'absence d'un best-seller dans ma bibliographie qui pourrait me permettre d'engranger des royalties régulières... On doit donc se contenter des avances sur droits et ça ne suffit pas à tenir annuellement. Il faut donc faire un autre métier...

2. ANDREAS ACCEPTE DE DESSINER UN DE MES PROJETS !
J'ai tellement d'admiration pour Andreas que j'ai bien souvent rêvé qu'il disait "oui". Contacts il y a eu, réponse positive jamais il n'y a eu. Son imaginaire est tellement riche que je peux comprendre qu'effectivement il n'ait pas besoin de moi... Mais sait-on jamais ?

3. ETRE EDITE PAR DELCOURT ET FUTUROPOLIS !
Je n'ai aucun a priori contre personne dans ce métier, mais après le Vaisseau d'Argent, Dargaud, Casterman, Emmanuel Proust, Glénat et 12Bis, j'estime que d'autres maisons d'éditions pourraient m'accueillir. Dupuis, Bamboo, Le Lombard, Soleil, Quadrants, je veux bien. Delcourt et Futuropolis, je veux énormément.

4. ETRE TRADUIT EN ANGLAIS !
Parce que c'est la langue des comics et la langue universelle, et que ça signifierait évidemment une présence sur le marché américain et anglais... Si ça ne se fait pas avec mon roman graphique Terra Australis, là je ne comprendrais plus rien.

5. ECRIRE UN SCENARIO A DEUX !
Il faudra quand même bien un jour qu'un de mes collègues scénaristes se laisse tenter par le fait de travailler avec moi sur un projet ! Je ne sais pas ce que ça pourrait donner, mais n'étant pas d'une nature conflictuelle, je pense que ça pourrait être intéressant...

6. PARTICIPER A UN PROJET COLLECTIF !
Un peu dans la lignée du précédent point. Je ne parle pas ici d'un projet où plusieurs dessinateurs sont impliqués : j'ai connu ça avec L'ultime Chimère et ça m'a bien plu. Non, je parle d'un projet-concept façon Delcourt (7, Le Casse, Jour J...) où je serais sollicité et où il faudrait se creuser les méninges... Je suis disponible !

7. ECRIRE UN BLAKE & MORTIMER !
Parce que je crois que c'est un peu le phantasme de tous les scénaristes de la profession... Je jure ici que j'ai évidemment une idée déjà prête si on faisait appel à moi et que je crois sincérement qu'elle est bonne !

8. AVOIR DU FIXE DANS MES CONTRATS !
Je rigole un peu mais j'ai tellement entendu parler de cette clause mirifique et seulement réservée à une élite que j'aimerais bien, ne serait-ce qu'une fois, voir ce que ça fait...

9. ETRE PLUS SOUVENT INVITE DANS LES FESTIVALS !
Là en revanche, je ne rigole plus parce que c'est vraiment quelque chose qui me manque. Je ne suis pas dessinateur, on est d'accord, mais bon, j'ai tout de même l'impression qu'on pourrait penser à moi un peu plus souvent ! Mais il est vrai qu'avec mon autre métier, il n'est pas toujours facile de se libérer... Maudit cercle vicieux !

10. ETRE FINALISTE POUR LE GRAND PRIX ACBD ET ETRE NOMINE A ANGOULEME !
Je regroupe ces deux notions qui sont complémentaires finalement et qui symbolisent notre désir à tous de reconnaissance et de (petite) gloire. Il faut rester humble face à cela et je ne suis pas habitué aux honneurs. Mais c'est une notion qui existe, et qui prouverait déjà qu'on a été lu, compris, approuvé, voire envié. Et ça ne peut faire que du bien et donner confiance.

Vous remarquerez que je n'ai pas parlé d'adaptation audiovisuelle d'un de mes scénarios, notamment au cinéma. C'est sûr que c'est là aussi un objectif qui serait formidable. Mais je crois sincérement que ça n'arrivera jamais !

08 décembre, 2011

Sydney 2011

Je rentre tout juste d'une semaine passée à Sydney, l'occasion pour moi d'aller me "ressourcer" dans cette ville et ce pays, l'Australie, extraordinaires, que j'aime de plus en plus. L'occasion aussi pour moi d'aller poursuivre quelques recherches dans le cadre de mon roman graphique qui paraîtra au mois d'octobre prochain et dont le titre vient d'ailleurs de changer : ce ne sera plus Bandaiyan (le titre sera conservé pour le Livre III de l'album) mais bien Terra Australis. Je travaille au projet de lancer aussi courant 2012 un blog exclusivement consacré à cette oeuvre, qui sera forcément la plus importante de ma carrière de scénariste BD. L'occasion enfin d'aller voir quelques amis sur place et d'assister à la finale du championnat V8 Supercars qui se déroulait au parc olympique d'Homebush. Bref, six jours pleins et bien occupés, hélas tempérés par une météo capricieuse et des températures très moyennes (17-21 degrés), les plus froides pour un début d'été austral depuis 50 ans !
Voici trois photos qui résument un peu la semaine :

Un bateau de croisière semble défier l'Opéra en plein Port Jackson,
la preuve surtout que ces immeubles flottants sont d'une taille gigantesque...

Le Cadmans Cottage, en plein quartier The Rocks, construit en 1816, le plus vieux souvenir
des constructions des premiers colons de Sydney Cove...

Et enfin un avion qui s'envole de Botany Bay, où est situé l'aéroport international,
un soir où un beau coucher de soleil était visible depuis mon appartement...

06 novembre, 2011

Portrait

Au passage, voici ma nouvelle photo "officielle" de chez Dargaud... Copyright Rita Scaglia.

08 septembre, 2011

Karting avec Sébastien Bourdais !

Je vous laisse découvrir ce petit film réalisé il y a deux jours... Nous sommes au Mans et j'ai la possibilité d'essayer le kart électrique qui sera utilisé à Bercy en fin d'année. Je me lance à l'assaut de la piste Alain Prost avec une fougue non feinte et tout cela sous les yeux d'un Sébastien Bourdais qui se marre bien ! 

(c) Motors TV - 2011

02 août, 2011

Vacances

Départ demain pour les vacances d'été - nous allons cette fois dans le Sud-Ouest, une région que nous ne connaissons pas du tout et on espère y trouver un peu de soleil et un minimum de chaleur... On verra bien ! Ce seront des vacances également marquées par du travail sur quelques projets BD qui continuent d'avancer malgré le fait que les contrats ne soient pas encore signés. Ainsi, je peux dire que je suis retenu pour faire un album de la collection Monuments Nationaux chez Glénat et je m'occupe de la Cité de Carcassonne. Le dessinateur est Luca Malisan, qui avait déjà oeuvré dans la collection avec le premier volume consacré à Cluny (scénario de mon excellent ami Alcante). Sortie prévue : 2012. Un deuxième album concernant un autre monument est à l'étude et devrait pouvoir se faire aussi, mais il est un peu moins avancé.
Je vais travailler sur un autre projet initié par Casterman, mais il vous faudra attendre un peu pour que je vous en dise plus, désolé.
Enfin, j'ai déjà commencé le découpage de ce one-shot pour lequel un grand dessinateur contemporain s'est engagé avec enthousiasme et là aussi je vous demanderais un peu de patience avant de tout vous dire.
Je n'ai pas forcément le culte du secret, mais il faut parfois être patient...
Bon mois d'août à tout le monde et à très bientôt !

09 mai, 2011

44

Le constat s'impose : me voici plus vieux d'une année, et j'ai donc aujourd'hui 44 ans. Une journée que je passe partiellement à la maison et pendu au téléphone, mon fils étant malade et mon beau-père encore un peu plus... Je vais en profiter pour travailler sur mon roman graphique Bandaiyan (plus que 80 pages à écrire...) et vous confier que mon plus beau cadeau pour ce 9 mai est la promesse quasi ferme que je viens de recevoir d'un grand dessinateur français pour un one-shot que j'ai écrit cet hiver...

08 mars, 2011

Still alive !

Oui, je sais, depuis quelques temps, ma production "blogesque" s'est ralentie et je ne vous donne pas trop de nouvelles. La raison en est fort simple après tout : ça bosse !
Je m'explique : depuis six mois maintenant, je me suis mis en mode "immersion scénars BD". Car je me suis rendu compte de la chose suivante : ApocalypseMania, c'est fini ; Speedway, c'est fini ; L'ultime Chimère, c'est fini ; L'Idole & le Fléau, c'est fini ; Un long Destin de Sang, ça se finit le 14 avril (ou ça commence, c'est selon, mais vous voyez ce que je veux dire). Bref, j'ai soudain pris conscience qu'il allait falloir rebondir et repartir de l'avant.
A la minute où je vous parle, je n'ai que trois projets concrétement signés : XIII Mystery (avec Cuzor, Dargaud) (sortie en... 2013 !), Bandaiyan (avec Nicloux, Glénat) (sortie a priori pour 2012) et Espace Vital (avec Meddour, Glénat) (sortie pas avant 2012 pour le T1, c'est désormais une certitude). Force est de constater que ce n'est pas beaucoup et que ma production va se raréfier dangereusement dans les mois à venir. Et comme on ne m'a pas passé de "commande éditoriale" (ce que j'aimerais pourtant, je l'ai déjà dit), eh bien j'ai soudain réalisé qu'il fallait se recracher dans les mains, histoire de préparer l'avenir.
C'est donc une période relativement ingrate, marquée par beaucoup de gamberges et de travail pour inventer, ciseler et peaufiner des histoires qui j'espère verront le jour... Je me suis fixé jusqu'à fin mars pour en finaliser certaines et je devrais disposer à ce moment-là d'environs 5-7 projets solides et professionnels. Il faudra alors repartir à l'assaut des éditeurs et, j'en ai bien peur, trouver des dessinateurs car j'ai l'impression que c'est un peu difficile en ce moment les mariages arrangés, qui pourtant m'allaient parfaitement. On s'accroche, on y croit, on doute, on s'enflamme, on est dans son coin, on se sent seul mais on continue, on ne renonce pas, on essaye toujours de vivre de ses passions ! A bientôt !

20 décembre, 2010

Facebook !

1492, Christophe Colomb découvre l'Amérique. 2010, je découvre Facebook ! Bon, ben voilà, j'ai franchi le pas depuis ce week-end et me voici dans le "social network" comme plus de 500 000 000 de mes congénères... Est-ce parce que le film de Fincher m'avait bien plu ? Peut-être. Est-ce parce qu'on m'avait convaincu que cela pouvait avoir un réel intérêt amicalo-professionnel ? Sans doute. Est-ce parce que ça donne le sentiment d'être quand même à la pointe et bien de son temps ? Assurément. Je ne suis pas sûr d'avoir encore tout compris sur le fameux "mur" et "fil d'actualités", et qui voit quoi, qui est vraiment ami avec quel ami, mais enfin bon, c'est parti !
On continuera bien évidemment ce blog, mais en tout cas me voici aussi à l'adresse
http://fr-fr.facebook.com/LFBollee !

14 octobre, 2010

Gérard Berliner

Je suis très triste aujourd'hui car un artiste qui m'a beaucoup accompagné dans ma jeunesse s'en est allé, à 54 ans seulement. La photo que vous voyez a été prise à l'automne 1991. Considérant Gérard comme le plus grand chanteur français de son temps (et ce, effectivement, depuis son grand tube Louise, mais aussi un formidable premier album avec des titres aussi bouleversants que Voleur de Mamans, Les Mémés, La Souvenance de la France et surtout Un Jour J'mourrai peut-être qui prend tant de résonnance aujourd'hui), j'avais réussi à persuader Genevière Moll, alors rédactrice en chef de Télématin, de faire un reportage sur ce grand talent. Demande acceptée et début d'une certaine amitié qui devait mener Gérard à me faire un superbe cadeau : celui de chanter à mon mariage, en septembre 93.
Je me souviens encore des visites que je lui faisais dans son atelier-studio situé dans une cour (près du Boulevard Arago si je ne m'abuse) au moment où il était tombé littéralement amoureux de Victor Hugo... Eh oui, nous avions aussi cette passion en commun mais je dois dire que dans son cas elle fut assez débordante, obsédante, exclusive. Il a en tout cas tenu bon, avec le succès de son spectacle Mon Alter Hugo - même si je puis me permettre d'avoir trouvé le CD de ce spectacle un peu décevant. Lors de mon mariage, il avait interprété en chanson finale un poème d'Hugo, justement, seul au piano : cela avait été tout bonnement génial.
La boucle a été bouclée l'an dernier lorsque j'ai emmené mes deux enfants voir Mon alter Hugo, nous ne nous étions pas revus depuis une petite dizaine d'années et je l'avais retrouvé tel quel après le spectacle, l'oeil pétillant et la voix douce - alors qu'elle pouvait avoir des intonations de tous les timbres sur scène.
C'est peu de dire qu'il n'a pas eu la carrière qu'il aurait dû avoir, eu égard à son talent et à son charisme sur scène. Il restera comme une sorte d'énigme teintée d'injustice dans ce si dur milieu, mais il faut le remercier au nom de toute l'histoire de la chanson française.
Je pense aujourd'hui à sa famille et à ses deux enfants.

Gérard Berliner, mon top 10 (sans ordre particulier) :

Trompe-Moi
Margot
Un Jour j'mourrai peut-être
L'Amour de l'Amour
Hommes nous sommes
Voleur de Mamans
Le Tendre
Le Chant du Boulanger
L'Adieu c'est une Chose banale
J'ai tant besoin d'Accordéon

04 juin, 2010

Man at work (4)

Il faut que je vous dise qu'après chaque rallye du Championnat du Monde WRC, nous réalisons une émission "talk" en studio et dans les conditions du direct avec un invité à chaque fois. C'est une coproduction Motors TV et Sport24.com (groupe Le Figaro). Cette semaine, nous avons eu le plaisir de recevoir Daniel Elena, le copilote de Sébastien Loeb et voici quelques photos qui ont immortalisé ce sympathique moment avec dans l'ordre : le plateau, la régie, et votre serviteur en compagnie de Daniel Elena, 6 fois champion du monde des rallyes tout de même !






03 mai, 2010

Back from Florida

"J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides..." écrivait Arthur Rimbaud dans le Baeau Ivre. Il y a un peu de ce sentiment au retour de neuf jours de vacances passés dans l'Etat américain. Ce n'était pas la première fois que je m'y rendais (les deux premières pour cause de 12 Heures de Sebring) mais en famille ce n'est pas la même chose. Au menu, après l'atterrissage à Miami : les Everglades, Naples, Cape Coral et puis trois jours passés à Key West qui, il faut bien le dire, est assez magique. Voici deux photos : la route qui mène justement à Key West (prise par votre serviteur alors au volant de sa Chevrolet Equinox de location sur l'US1) et le même à contre-jour devant le fameux coucher de soleil de Mallory Park...

08 avril, 2010

Un (long ?) destin de BD


Sortie aujourd'hui de mon 28e album de bande dessinée : Un long Destin de Sang, Acte I. Lequel coïncide avec une sorte de petite célébration perso, puisque cela fait 20 ans que je suis dans la BD. C'est en effet en avril 1990 qu'était sorti mon tout premier album : Les 13 Transgressions, avec Godard et Coutelis, aux éditions du Vaisseau d'Argent. L'occasion pour moi de faire une sorte de petit bilan...

Revenons d'abord brièvement sur Un long Destin de Sang. C'est d'évidence mon album le plus important à ce jour. D'abord parce qu'il est clairement ambitieux dans son traitement, avec son côté choral qui représente évidemment un gros travail en amont. Je suis très fier d'avoir passé des heures et des heures à travailler ce scénario qui aboutit, je crois, à une histoire fluide et marquante, ce qui n'est jamais gagné en BD. Il y a parfois quatre actions en simultanées, mais ça passe et c'était bien sûr mon grand défi. En tout cas, ce fut jouissif à écrire et à mettre en scène. Je mentirais en disant que je ne suis pas sensible aux premières critiques qui ont fleuri et qui sont toutes très positives : ça fait plaisir et c'est la récompense d'un gros travail de densification de l'histoire, ce que je recherche toujours car j'ai parfois l'impression que c'est le danger qui nous guette, nous scénaristes de BD : de tirer à la ligne autour d'une seule bonne idée dans un album. Il faut toujours se remettre en cause et toujours chercher comment nourrir une histoire.
Au-delà d'un succès d'estime, j'espère que l'album trouvera son public. Il sort en tout cas simultanément en néerlandais et en espagnol. Je presse déjà 12 Bis de sortir l'an prochain une version noir et blanc des deux tomes réunis en un seul livre, pour apprécier encore plus l'extraordinaire dessin de Fabien Bedouel. Je remercie au passage Frédéric Bosser qui a été le premier à vraiment croire en ce projet et qui propose dans le dernier numéro de dBD une longue interview de vos serviteurs.
Enfin, rêvons un peu, je me dis qu'Un long Destin de Sang ferait vraiment un bon film...

Je m'amuse en tout cas à prendre cette sortie comme un symbole. Comme si les premiers 20 ans se terminaient juste avant cet album et qu'une deuxième phase commençait pour moi. Un long Destin de Sang, c'est l'album de la maturité pour moi, c'est aussi un projet qui représente ce vers quoi je voudrais me tourner dorénavant : des histoires plus ancrées dans le réel ou le contemporain, plus tournées vers les personnages, un peu plus littéraires et émouvantes (si possible !). Mes premiers 20 ans, il faut bien l'avouer, ont été tournés en majorité vers le fantastique et la science-fiction : ApocalypseMania, L'ultime Chimère, Speedway, Spartakus, Chinguetti... Je n'ai que très rarement montré que j'avais d'autres envies : AD Grand-Rivière, London Inferno, Hauteclaire... Il est temps de revenir à ce genre d'histoire et je suis d'ailleurs en ce moment occupé à essayer de placer un polar-thriller assez éprouvant baptisé $uburbia, où j'ai voulu faire mon Ellroy... J'ai toujours mon roman graphique Bandaiyan, consacré à la naissance de l'Australie, qui est en chantier, je vais bientôt avoir écrit les 2/3 des 550 pages prévues. J'ai aussi proposé un autre roman graphique à 12 Bis sur un thème d'actualité, j'espère qu'il se fera. Et n'oublions pas le XIII Mystery par dessus tout ça : il devrait sortir en juin ou septembre 2012 (dernières infos en provenance de JVH himself) et je peux vous garantir que l'histoire de Billy est assez choc et parfois très crue.

Bref, vingt nouvelles années s'ouvrent devant moi, et je crois qu'elles seront riches. Cela me vaudra-t-il un jour un authentique succès ? Sans doute avec le XIII Mystery, mais j'aimerais bien qu'une de mes créations originales ait un impact. Quel est l'auteur qui ne le souhaiterait pas ? Je reste malgré tout très humble car au bout de 20 ans, force est de constater que je ne pourrais toujours pas vivre de la BD uniquement. Une sacrée leçon d'humilité, non ? Il n'y a qu'un seul de mes 27 albums qui me rapportent un peu de droits d'auteur sur les ventes : Couleurs spectrales, le T1 d'ApocalypseMania, qui a dépassé les 20 000 exemplaires au bout d'une petite dizaine d'années d'exploitation.

Qu'on se rassure cependant : la passion est toujours intacte. J'ai toujours eu le sentiment, depuis que je suis enfant, que la BD, ce médium si particulier, était fait pour moi. Je n'ai pas changé d'avis. Je vis littéralement BD. Ma femme et mes enfants me voient faire des cases tous les soirs, ils ont depuis longtemps renoncé à se demander si j'étais vraiment fou... Je me sens mal, presque physiquement, lorsque je n'ai pas le temps ou la force de faire au moins une ou deux planches chaque jour. Un vrai manque lorsque mon autre travail ou le quotidien m'empêchent de créer... J'ai vraiment besoin de ça ! C'est grave docteur ?

On me demande parfois quel regard je porte sur mon "oeuvre". Précisons d'emblée que j'assume évidemment tout, qu'il n'y a aucun album que j'ai ou bâclé ou fait à la légère. A chaque fois, je donne le meilleur de moi-même et je suis "dans" mon histoire. Je crois avoir fait au fil des années de gros progrès sur les dialogues, mais mon défaut reste sans doute dans le rythme de mes histoires : parfois trop lent, ou trop statique, comme dans le T1 de L'ultime Chimère. Je pense pourtant bien savoir faire monter la pression, mais peut-être pas la conserver ou l'exploiter totalement. Mais une série comme L'Idole & le Fléau montre que ça s'améliore (j'espère) !
Bref, pour répondre à la question, j'aime bien les trois premiers tomes d'AD Grand-Rivière, le T2 d'Hauteclaire, le T3 d'ApocalypseMania, le T1 de Mongo le Magnifique, le T4 de L'ultime Chimère...

Mais mes cinq albums préférés sont : Un long Destin de Sang (la totalité), le T6 de L'ultime Chimère (à paraître en septembre prochain), le T6 d'ApocalypseMania - et London Inferno. Evidemment, Billy viendra rejoindre très vite cette liste et je sais que je considérerai sûrement toujours Bandaiyan comme mon chef-d'oeuvre, si j'ose employer ce mot.

Les regrets de ces 20 ans ? Sans doute les ventes modestes de la plupart de mes ouvrages, mais aussi le manque de participation à des festivals ou à des manifestations autour de la BD (j'adore parler de mon métier pourtant...), le relatif isolement par rapport à certains de mes confrères que je connais fort peu (mais cela change depuis quelques années où j'ai pu enfin nouer certaines amitiés sincères et qui m'honorent beaucoup), le fait enfin de ne pas être arrivés à rejoindre le catalogue de certaines maisons d'édition alors que je ne demande que ça (mais pas eux manifestement, en témoigne mon récent cuisant échec chez Delcourt, où je crois que je n'arriverai jamais à parvenir à mes fins...) ! Je rêverais bien sûr d'un projet avec Andréas, mais cela n'arrivera jamais, avec Blain, Leo, Bonhomme, Vallée, Larcenet, Schuiten, De Metter, Tomine, Tan et tant d'autres, j'aimerais bien aussi co-signer avec un des mes collègues scénaristes un projet à deux, histoire de voir ce qu'on pourrait vraiment faire - Nury, Alcante, Dorison, Vehlman, Convard et d'autres encore, je me sens proche d'eux... Et puis signer un album chez Aire Libre ou chez Futuropolis, chez Dupuis aussi, revenir chez Casterman... Tant d'envies !

28 albums en dix ans... Quand je pense que certains de mes confrères arrivent à ce score en une seule année seulement ! Mais je ne regrette rien et je me projette résolument vers l'avenir. Merci à vous tous qui me faites l'amitié de me lire et m'encourager...

22 mars, 2010

Senna


Cette photo, encadrée, que j'ai chez moi, est évidemment un de mes biens les plus précieux. La scène se passe en novembre (octobre ?) 1989, quand Senna a été convoqué à la FIA suite à l'accrochage entre lui et Prost au GP du Japon précédent... Agé de 22 ans, encore étudiant en journalisme, j'avais bravé tous les barrages pour espérer côtoyer celui qui était et qui reste mon idole absolue... Un photographe de l'AFP, par hasard et par bonheur, avait immortalisé la scène. Je lui ai acheté la photo 100 francs quelques jours plus tard...
Hier, dimanche 21 mars, Ayrton Senna aurait eu 50 ans. C'est un peu curieux d'imaginer cela, car je crois sincèrement qu'Ayrton n'était pas fait pour vivre aussi vieux. Il était vraiment l'incarnation quasi mythologique du pilote de course : celui qui brave les risques, les dangers et la vitesse même pour aller le plus vite possible. Celui qui, aussi, avait fait de la conduite d'un véhicule à quatre roues un authentique art. J'ai souvent l'habitude de dire que si Schumacher restera comme le plus fort et Prost comme le meilleur, Senna lui était tout simplement le plus grand. Et cela impliquait sans doute de ne pas vivre vieux et de partir en pleine gloire...

28 février, 2010

Man at work (4)

Désolé d'être si immodeste, mais voici une nouvelle fois votre serviteur en action micro à la main, à la récente présentation du programme de Peugeot Sport pour 2010... Avec dans l'ordre des interviewés : Alexander Wurz, Nicolas Minassian et Stéphane Sarrazin.



04 février, 2010

Man at work (3)



Votre serviteur en action avant-hier à l'Automobile Club de France, pour la présentation officielle du Championnat du Monde des Rallyes. Me voici à l'assaut de Sébastien Loeb et Kimi Raikkonen !

03 janvier, 2010

Bilan 2009 / Perspectives 2010


Que voilà un titre sérieux, mais bon, il résume bien ce post du jour. Tout d'abord, fidèles lecteurs de ce blog et autres visiteurs qui me faites l'honneur de vous intéresser un peu à ma petite personne, je vous adresse bien évidemment mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année ! Voici la carte que ma femme et moi avons envoyée à tous nos amis pour cette période de voeux, une collection de ciels pris lors de nos voyages ces dernières années : il faut en effet viser haut !

A titre personnel, sachez que je continuerai en 2010 à venir nourrir ce blog qui reçoit en moyenne une quarantaine de visiteurs par jour. Je continuerai surtout ma double activité de journaliste et d'auteur de bande dessinée. Comme vous le savez, je suis le rédacteur en chef de Motors TV et animateur en alternance d'une émission sur RMC. Une activité qui "roule", sans mauvais jeu de mots, tandis que la casquette de scénariste BD ne cesse, elle, de s'étoffer. Je ne cache pas que c'est de plus en plus dur de concilier les deux, mais j'ai toujours l'impression de ne pas avoir le choix. Je sais bien que certains de mes éminents collègues ont fait, ces derniers temps, le "grand saut" et ont abandonné leur précédent métier pour se consacrer pleinement à la BD. Ce n'est pas encore possible pour moi, ne bénéficiant pas d'un succès de librairie qui me permettrait d'engranger un peu plus de revenus dans une année pleine. Je "vis" pour l'instant toujours sur les avances sur recettes, et je ne touche pas sur les royalties provenant des ventes proprement dites. C'est comme ça... Par ailleurs, jusqu'à il y a deux ans, ma femme n'avait pas repris d'activité rétribuée depuis la naissance de notre dernier enfant et il n'y avait guère qu'un seul salaire dans le ménage. Ma femme travaille de nouveau maintenant, mais son salaire est modeste et ne permettrait pas que je m'arrête de mon côté pour me consacrer uniquement à la BD. Bref, on verra plus tard comment la vie évolue...!

J'ai eu la chance de sortir cinq albums de BD en 2009, je ferai encore mieux en 2010 avec pas moins de sept sorties programmées. C'est bien sûr mon meilleur score, histoire peut-être de fêter mes vingt ans dans ce métier. Eh oui, c'est bien en avril 1990 qu'était sorti mon tout premier album : Les 13 Transgressions (avec Godard et Coutelis, Vaisseau d'Argent) ! Six de ces sept albums vont sortir durant le premier semestre, avec un mois d'avril qui promet beaucoup puisque pas moins de trois sorties sont prévues ce mois-là !

Février - Speedway T1 : A:XIS Priority (avec Siro, Dargaud).
La concrétisation d'un vieux projet imaginé il y a neuf ans et qui va enfin voir le jour ! Un scénario que je qualifierais d'assez linéaire et j'espère efficace, catégorie science-fiction, très mainstream et diverstissant.

Mars - L'ultime Chimère T5 : Le Livre (avec Mangin et Griffo, Glénat)
On entame la dernière ligne droite pour cette saga, avec un vrai dyptique dans la série qui commence avec ce T5. C'est le noeud central de l'histoire!

Avril - Un long Destin de Sang, Livre 1 (avec Bedouel, 12 Bis)
Ce sera assurément ma sortie la plus ambitieuse de l'année, sur laquelle je fonde de gros espoirs. Tout d'abord j'ai la chance d'être associé avec un dessinateur exceptionnel en la personne de Fabien Bedouel, "nominé" à Angoulême avec L'Or et le Sang (12 Bis toujours). Ses planches noir et blanc sont sublimes (mais l'album sera en couleurs, j'espère juste qu'une édition spéciale en N&B verra le jour, car honnêtement ce serait mérité) et il donne un ton saisissant à cette histoire qui se déroule sur une seule journée pendant la Première Guerre Mondiale, à travers une myriade de personnages.

Avril - Speedway T2 : A:XIS Reality (avec Siro, Dargaud)
Deux mois après la sortie du T1, la suite et la fin de cette histoire où, pour la première et la dernière fois, j'aborderai le thème de la course automobile en BD.

Avril - L'Idole & le Fléau T2 : Operation Ruthless (avec Kordey, 12 Bis)
L'accueil réservé par certains critiques au T1 de cette série restera comme ma grande déception 2009 (l'autre étant le refus du Centre National du Livre de m'alouer une bourse pour dégager du temps libre par rapport à mon activité rétribuée pour mon projet de roman graphique sur la naissance de l'Australie). Pourtant, je persiste à penser que c'est mon scénar le plus fort depuis ApocalypseMania ! (ce que certains m'ont quand même dit, ouf !). Bref, j'espère que ce deuxième volet réussira à convaincre les plus sceptiques...

Mai - ApocalypseMania T8 : Arena (avec Aymond, Dargaud)
Moment d'émotion à venir avec la conclusion de cette série entamée il y a dix ans tout juste et qui verra ses dernières pages se refermer...

Septembre - L'ultime Chimère T6 : Le Meurtre (avec Mangin, Glénat)
Je l'ai dit, je le répète, je le martèle : c'est mon album préféré de la série, le plus construit, le plus personnel, le plus fort humainement parlant pour moi... Olivier est dessus actuellement et ça se présente très très bien !

Voilà pour les sorties. Bien évidemment, le travail va continuer sur les autres projets, notamment Espace Vital qui va voir le jour chez Glénat avec Fabrice Meddour au dessin, Un long Destin de Sang T2, L'Idole & le Fléau T3, et surtout Bandaiyan (200 pages environ écrites à ce jour) que j'arriverai peut-être à terminer en 2010, au pire début 2011. Je travaille dessus pratiquement tous les jours, en majorité entre 22h30 et une heure du matin, pour ceux qui veulent savoir quand je travaille en fait sur la BD... !
J'ai aussi en projet un autre roman graphique dont j'espère vous parler d'ici peu et une série en trois tomes que je viens de présenter à un éditeur avec lequel j'aimerais vraiment bosser et qui va être bientôt présenté en comité de lecture... Suspense ! Ce sera un de mes voeux pour 2010, que ce projet soit accepté et enclenché et que le reste avance bien, avec aussi la possibilité de rentrer une fois dans un Top 15 hebdomadaire pour les meilleures ventes de BD en France... C'est sûr que ça ferait plaisir, au moins une fois !

En tout cas, bonne année et bonne santé à vous tous, et on garde le cap !

30 octobre, 2009

Man at work


Il n'y a finalement que peu de photos où l'on me voit à l'oeuvre dans mon métier de journaliste... Mais il se trouve qu'hier, une relation a immortalisé la scène qui se situait au C42, le showroom de Citroën sur les Champs-Elysées, où j'interviewais Sébastien Loeb...
La voici donc, je suis accompagné pour l'occasion par Laurent Le Rouzic à la caméra. L'interview complète est par ailleurs visible sur le site de Motors TV en cliquant ici.

22 septembre, 2009

Twitter

Figurez-vous que ne reculant devant aucune modernité, je me suis créé un compte twitter ! Je me dis qu'il y a peut-être de quoi, en effet, communiquer sur mes métiers de manière directe et rapide, histoire de donner encore plus de news "instantanés" (ce qui n'est pas toujours l'esprit sur un blog).

Donc pour ceux qui voudraient suivre mes pas d'encore plus près, c'est ici

16 juillet, 2009

PSB & SB (pour Sébastien Bourdais)



Lendemain de concert des Pet Shop Boys à l'Olympia de Paris. 5e concert français pour nos amis Tennant-Lowe, et 5e fois que je les vois ! Un début assez lent mais réussi (avec les excellents Heart et Did You See Me Coming?), qui ne convainc pas totalement ensuite, notamment à cause d'un sound check qui a dû être fait à la va vite. Mais une fois que Neil Tennant enfile le smoking, le grandiose est atteint avec l'enchaînement magique Do I Have To?-King's Cross-Jealousy... Et ensuite, tout déroule impeccablement dans une superbe ambiance. Bref, on sort de là content, avec le sentiment d'avoir vu, à mon avis, la 3e meilleure performance sur 5 (les deux au Zénith restant devant, mais les deux au Grand Rex étant désormais derrière).
Soirée ensuite entre amis, les vieux de la vieille (El Bacos et Sven Lescuyer, qui fête aujourd'hui ses 40 ans, mais qui reste toujours le n°2 du Service des Sports de France Télévisions...), et impression ce matin d'une légère gueule de bois, accentuée par l'annonce de la nouvelle de l'éviction de notre seul pilote français de F1 par son équipe...
Voici ce que j'ai aussitôt écrit à ce propos sur le blog de Motors TV :

Voilà, la nouvelle vient de tomber : Seb quitte Toro Rosso, et le commentaire de Franz Tost qui accompagne le communiqué officiel n’est pas des plus sympas : « notre partenariat n’a pas satisfait nos attentes, nous avons décidé de le remplacer…» . Décidément, rien n’aura été épargné au Français qui est en train de vivre des moments pénibles et ma première pensée est vraiment pour lui : car quelles que soient les performances ou les résultats, il n’est pas là par hasard non plus et un sportif de haut niveau vit toujours les choses intensément, surtout lorsqu’elles le concernent. On ne peut que l’assurer de notre soutien et lui dire qu’on pense bien à lui.
Au moment où je vous parle, c’est évidemment le sentiment d’une grande déception qui prédomine. Je suis de ceux qui militaient sans relâche pour que Seb ait sa place en F1 (et croyez-moi, j’en ai essuyé des sarcasmes de la part de confrères français qui couvraient la F1 alors que le Manceau était en Champ Car…) car à un moment donné il ne fallait pas exagérer : compte-tenu de son parcours et de son palmarès, il fallait que Sébastien soit en F1. A ce moment-là, je ne disais pas qu’il allait tout casser et devenir champion du monde tout de suite : non, on disait juste que Sébastien avait sa place parmi les vingt (meilleurs ?) pilotes qui sont en F1. Cet avis, cette constatation, on les défend toujours. Simplement, en F1, il y a toujours un contexte autour du pilote, où l’atmosphère au sein d’une équipe et les qualités d’une voitures sont évidemment très importantes. Demandez à Button ce qu’il en pense…

Sébastien en F1, et en attendant d’en savoir un peu plus sur son avenir sportif, ce n’est quand même pas négligeable : me reviennent en mémoire des faits dont beaucoup de pilotes se contenteraient : une bataille pour la 4e place dès le premier GP avec Alonso et Raikkonen derrière lui, deux points marqués dès ce premier GP, un meilleur temps en Q1 en Belgique, trois tours menés au Japon, une place dans les points à Monaco… Hey ! Pas si mal, non ? Surtout avec un Vettel à ses côtés et une relative méfiance de la part d’un paddock si prompt aux a priori et aux jugements à l’emporte pièce…

D’un autre côté, on n’est pas aveugle non plus. On a bien senti que Seb loupait parfois des occasions, se prenait les pieds dans certains tapis (Monza…), et ne répondait pas à toutes nos attentes, même si on aurait signé tout de suite si on nous avait dit avant le début de la saison 2008 ce qu’il allait vraiment faire cette année-là. Mais il faut le reconnaître : on espérait un peu mieux. Doit-on le condamner pour cela ? Non, bien sûr que non. La mayonnaise n’a pas pris, c’est tout, et je serais bien incapable de vous donner des explications définitives. Chacun sa personnalité, chacun son background, chacun son taux de réussite, chacun son destin – on n’est pas en position de tout comprendre ni de juger, on ne peut que constater.

J’aurais tendance à penser que, contrairement à ce que je croyais, Seb est peut-être arrivé vraiment trop tard en F1, qu’il n’avait plus les mêmes envies ou habitudes qu’avant, lorsqu’il venait de la F3000 où là il aurait été raccord avec le milieu… Mais ça n’est qu’une impression un peu diffuse. J’ai aussi parfois eu le sentiment qu’il se mettait trop la pression, ou qu’il ne se libérait pas totalement, qu’il était « en dedans» et surtout que ça se voyait… Mais là encore, comment affirmer cela sans risquer de se tromper ?

Finalement, j’en reviens à ce tout premier GP, en Australie, en mars 2008. Et je me dis que tout était déjà dit : qualifié 17e sur la grille, cela avait été une vraie déception. Mais une grande solidité en course et quelques faits favorables l’avaient placé en 4e position… ce qui prouvait sa valeur. Mais un abandon mécanique à deux tours de la fin avait mis fin à la belle histoire. Et même si deux points étaient venus récompenser la performance, on avait été cueilli à froid par cette infortune. Depuis, ça n’a pas changé. On savait qu’il pouvait faire quelque chose de bien, voire de grand, mais cela ne venait pas. Le sort est parfois cruel.

Maintenant, ne dramatisons peut-être pas… Le monde ne s’arrête pas de tourner, et je ne vois pas pourquoi des dizaines de patrons d’équipe de divers championnats ne se précipiteraient pas pour proposer quelque chose à un pilote comme Sébastien Bourdais…