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04 juillet, 2011

Thomas Levet & Novak Djokovic

Grande après-midi de sport à la télévision hier, avec d'une part la dernière journée de l'Open de France de golf et d'autre part la finale de Wimbledon. Mais j'avoue que j'ai plus suivi le golf, car il m'est assez vite apparu que Nadal n'était pas dans un bon jour et que Djokovic allait contrôler la situation. Et mine de rien, je repense à cette fameuse demi-finale de Roland-Garros, la seule défaite de l'année pour le Serbe lorsqu'il était tombé sur un Federer redevenu magique. J'ai toujours pensé que le tirage au sort avait fait la différence à Roland-Garros : si Djokovic était tombé sur Nadal en demi-finale, il l'aurait battu et il l'aurait aussi battu en finale (où je rappelle que si Federer y a connu un terrible passage à vide, Nadal n'a pas été souverain non plus...). Tout ça pour dire que Djokovic aurait finalement dû remporter les trois premiers tournois du grand chelem de l'année ! Et du coup le vrai grand chelem, historique, mythique, était jouable à l'US Open. Il ne faudrait pas cependant que nos grands matches de tennis à venir du trio Nadal-Federer-Djokovic tournent à des échecs mentaux à chaque fois - en d'autres termes, il ne faudrait pas que Federer craque maintenant tout le temps face à Nadal, et ce dernier tout le temps face à Djoko... On veut des combats de titan !
Côté golf, comme presque toujours, le suspense a été fabuleux à St Quentin, dont le parcours est franchement top et sera parfait pour la Ryder Cup en 2018. On parlait de mental, demandez à l'Anglais Foster ce qu'il en pense : le pauvre s'est écroulé en deux trous sur le retour et a abandonné tous ses espoirs en moins de temps qu'il ne fallait pour simplement l'imaginer. Thomas Levet en a profité, tant mieux pour lui, mais c'est mérité - et comme toujours dans ce sport qui souffre encore d'un déficit d'image qui s'estompera bien un jour, on ne soupçonne pas la pression qu'il avait et la difficulté d'exécution que le golf représente à chaque coup.

20 juin, 2011

Rory McIlroy

Le Masters, en avril dernier, aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Le jeune irlandais avait déjà mené les 3,5/4 de l'épreuve de manière nette et autoritaire, avant de s'écrouler dans les neuf derniers trous spectaculairement. On avait mis ça sur le compte d'une euphorie qui s'était cruellement dégonflée et on l'avait plaint. Maintenant, on sait que ce sont les autres qu'il faut plaindre. McIlroy est grand, et il va le devenir encore plus.
Sa victoire à l'US Open ce week-end est de celles qui marquent les esprits. On peut aussi y voir des symboles à foison, le plus évident étant que c'est lui qui s'impose alors que Woods est absent - genre passation de pouvoir évidente. C'est sans doute vrai, en tout cas on n'avait pas eu depuis l'émergence de Woods en 99-00 autant l'impression qu'on avait sous les yeux la future star des fairways et des greens. Tout le monde a été médusé par son talent sur les trois premiers jours (il a en effet été un peu moins flamboyant lors du 4e tour) et on se rend compte maintenant qu'il a failli remporter haut la main les deux premiers majeurs de l'année et que le grand chelem aurait même été carrément envisageable !
De manière amusante, je vois en tout cas un parallèle assez évident entre Sebastian Vettel et lui : à peu près le même âge, la même figure un peu "enfantine" et les mêmes certitudes d'être les plus forts de leurs sports.

06 juin, 2011

A propos de Rafael et Roger...

Il y a des sports qui ont de la chance, quand deux monstres déjà sacrés de leurs vivants s'affrontent régulièrement. Le meilleur exemple était jusqu'à présent le duel Prost-Senna des années 88-93. Le tennis connaît depuis plusieurs années maintenant ce bonheur avec les matches entre Nadal et Federer. Il faut bien comprendre la chance que l'on possède à voir actuellement les deux meilleurs joueurs de l'histoire de leur sport. Dans 20 ans, on sera fier de les avoir vus à l'oeuvre au début du XXIe siècle.
J'ai déjà eu l'occasion de le dire sur ce blog, le tennis et le golf sont les deux sports qui me passionnent autant que l'automobile. Je suis comme tout le monde : époustouflé par la classe et la perfection du style de Federer, dont le jeu m'enchante. Je n'ai évidemment rien non plus contre le bonhomme, qui est manifestement le "seigneur" personnifié même si parfois il m'apparaît comme un peu protégé par son "clan". En revanche, et cette fois pas comme tout le monde, je suis un admirateur absolu de Nadal dont je loue depuis plusieurs années la combativité, le mental, les déplacements, les petits coups de patte qui succèdent aux gros coups, et, plus que tout, la sportivité, le respect et le fair play absolument exceptionnels à ce niveau.
J'avoue que je me demande encore comment Federer a pu perdre ce premier set. Mener 3-0 puis 5-2, franchement, il n'y avait pas match à ce niveau-là - même Nadal n'aurait rien eu à redire si il avait été mené un set zéro. Je pense que ça a tué le match définitivement, car ensuite Federer a traversé une longue période de mollesse et de médiocrité, offrant encore un peu plus de la confiance à Nadal, qui ne jouait pourtant pas terrible. Il faudra qu'un jour les psychologues du sport se penchent sur le complexe de Federer face à Nadal en finale de grand chelem, car une fois de plus c'est lui qui a été le "petit garçon" et l'autre le "boss".
C'est vrai qu'on est obligé de se dire que Djokovic était sûrement le plus fort sur cette quinzaine et que Nadal aurait été battu en finale face au Serbe. Pas de chance : il est tombé sur un Federer qui, cette fois, a eu envie de montrer qui il était. Cela nous a offert le meilleur match de ces dernières années à Roland-Garros, mais cela a peut-être vidé Federer d'une partie de son énergie. Comme si l'effort principal consistait à battre l'actuel n°1 (virtuel mais sans doute réel) plutôt que gagner un nouveau titre du grand chelem...
Une finale moyenne au bout du compte, mais un dénouement historique avec une 6e victoire de Nadal en France. Record de Borg égalé - et à ce propos, je suis obligé de frimer un petit peu : lorsque le Suédois a perdu contre Panatta en 76, eh bien j'étais dans les tribunes...

10 février, 2011

Stats

Chaque 9 février, je m'amuse à "relever les compteurs" sur ce blog, histoire de voir où on va quand même un peu et si ma modeste personne continue d'intéresser un peu quelques visiteurs fidèles ou de passage... Le 9 février 2009, on en était à 13 270 visites. Le 9 février 2010, le score était de 28 650 (15 380 donc sur la période, soit une augmentation de 115%). Le 9 février 2011, on en est à 45 800 (17 150 sur la période, +59% -si j'ai bien fait mes calculs, ce qui n'est pas garanti...-). Dernier calcul, en moyenne sur cette dernière année, cela fait donc pratiquement 47 visites par jour, là aussi en augmentation. Merci donc à vous tous qui me faites l'amitié de venir sur ce blog !

01 septembre, 2010

1984, 1989, 2000, 2010

Triste nouvelle d'apprendre que Laurent Fignon est décédé... à 50 ans seulement. D'un cancer au foie, exactement (et au même âge) que mon beau-frère Jean-Roch Sauer il y a quelques années. Forcément, quelques souvenirs remontent instantanément à la surface. En 1984, j'avais 17 ans, et j'étais en vacances linguistiques en Allemagne en ce mois de juillet, chez une amie, près de Stuttgart... On ne regardait pas le Tour pour cause d'activités de plein air mais j'essayais de suivre dans le journal les résultats et j'avais l'impression que Fignon gagnait toutes les étapes cette année-là... (vérification faite, il en a gagné cinq, dont quatre la dernière semaine - d'où cette impression...). En tout cas, il était au-dessus du lot et je me souviens l'avoir vu gagner à La Plagne trois ans plus tard où j'étais en vacances. Comme tout le monde, j'étais ensuite devant ma télé le dimanche 23 juillet 1989 pour la dernière étape du Tour, ce fameux contre la montre Versailles-Paris (24,5km seulement, quand on y pense...) et ce moment d'anthologie symbolisées par les 8 secondes d'écart à l'arrivée entre LeMond et Fignon... Une émotion que seul le sport est capable d'offrir.


Aujourd'hui 1er septembre 2010, cela fait aussi dix ans pile que Motors TV existe. Nous célébrerons d'ailleurs dans nos locaux de Chaville l'événement cette après-midi. Dix ans que je suis donc de cette aventure, avec le titre de rédacteur en chef et de commentateur principal. Nous restons bien évidemment une "petite chaîne", thématique ou de niche selon les expressions consacrées, mais qui survit avec passion et qui a trouvé son public au fil des ans. Nous n'avons surtout pas à rougir de ce que nous diffusons, car à part les GP de Formule 1, nous avons ou nous présentons tout ce qui se fait de mieux en sport mécanique. Je me réjouis de commenter par exemple ce week-end la manche de Mosport en American Le Mans Series, la manche de Snetterton en F3 anglaise ou le GP3 à Spa... Des formules pas universellement connues mais qui offrent des spectacles formidables ! Deux événements à retenir pour le début octobre : la revanche des 24 Heures du Mans avec le Petit Le Mans de Road Atlanta (Peugeot et Audi face à face, en direct le 3 octobre), le WRC en France avec Sébastien Loeb sur ses terres en Alsace (2-4 octobre) et les 1000km de Bathurst en Australie (en direct dans la nuit du 10 au 11 octobre) ! A vos postes !

05 juillet, 2010

A propos de la science-fiction


Sur ce cliché, vous pouvez admirer le profil de Jean-David Morvan qui était assis à côté de moi samedi après-midi pour une conférence à laquelle nous avons participé durant Japan Expo à Villepinte. Au menu de ce débat animé par Didier Pasamonik : la science-fiction ! Vaste sujet s'il en est, et c'est vrai que sur mes 30 albums de BD à ce jour, j'en compte au moins 13 qui sont de la science-fiction quasi pure soit quasiment la moitié... Mais pourquoi au fait ?

En fait, ce que ne nous a pas demandé le cher Didier, c'est bien pourtant la question qui aurait pu être la première de toutes : qu'est-ce que représente la SF pour vous ? Pourquoi en écrivez-vous ?... Dans mon cas, essayant de me pencher sur le problème, j'arrive à une réponse à multiples facettes :

- il y a d'abord ce que je qualifierai d'"affinité inée" : je suis naturellement plus attiré par des histoires se déroulant dans l'espace (par exemple) que pendant la prohibition ou le Moyen Age. C'est comme ça. Ca ne veut pas dire pour autant que je ne pourrai jamais écrire d'histoires se déroulant sur ces deux périodes données à titre de (contre) exemple...

- ensuite, il pourrait y avoir la "quête de l'infini" : j'aime tout ce qui est grandiose et mystérieux, à la limite du mystique ou du divin, avec des éléments se jouant de l'espace et du temps... J'aime ce qui est immortel et intemporel, j'aime que le réel soit transfiguré en quelque chose de sublime (beau ou laid). D'où mes passions pour Victor Hugo (le style), 2001 L'Odyssée de l'Espace ou la saga Rama... Quelque part, je dois être un peu un contemplateur utopique et rêveur. J'aime imaginer ce qui se trame dans le ciel et le temps, dans des notions qui nous sont naturellement supérieures et inatteignables...

- la part de "l'animal humain" : tous mes scénarios reflètent des trajectoires d'hommes ou de femmes qui sont dépassés, manipulés, trompés par les fils ténus de ce qu'on peut appeler le destin ou le hasard (ce dernier étant bien une forme de destin). D'où sans doute l'évidente transposition dans le cosmos ou le futur, car là encore plus qu'ailleurs l'humanité est perdue comme dans un labyrinthe, errant dans le noir et essayant de comprendre ce qui se trame au-dessus d'elle...

- enfin, je pourrais dire que c'est forcément un challenge excitant que d'imaginer "ce qui n'existe pas" ; il faut cependant bien veiller à respecter une règle fondamentale du scénario : il faut qu'il y ait du vraisemblable dans l'invraisemblable, du crédible dans l'incroyable. En d'autres termes : il faut construire son histoire pour qu'elle ait sa propre cohérence, son propre référent. Sans cela on tombe dans le gratuit... et c'est ce qui fait défaut à pas mal d'histoires, hélas.

Voilà ce que j'aurais pu dire... même si, depuis quelques temps, je me concentre sur des scénarios plus réalistes, historiques et contemporains... On n'est pas à un paradoxe près !

Mon Top 5 SF cinéma :
2001 l'Odysée de l'Espace (S Kubrick)
Alien (R Scott)
Aliens (J Cameron)
Cube (V Natali)
Bienvenue à Gattaca (A Nichols)

Mon Top 5 SF littérature :
Rendez-vous avec Rama (AC Clarke)
L'Empereur-Dieu de Dune (F Herbert)
La Faune de l'Espace (AE Van Vogt)
Histoires divines (various - Grande Anthologie de la SF)
Histoires d'extra-terrestres (various - Grande Anthologie de la SF)

Mon Top 5 SF BD :
Le Vagabond des Limbes (T1 à 10) (Godard-Ribera)
Les Naufragés du Temps (Forest-Gillon)
Aldébaran-Bételgeuse-Antarès (Leo)
Rork (Andreas)
Le Chant des Stryges (Corbeyran-Guérineau)

21 juin, 2010

Deux histoires de sport...

Il ne sera pas dit que je ne m'exprimerai pas sur la tempête cataclysmique qui secoue l'équipe de France de football. Si j'ai voulu devenir très jeune journaliste, notamment sportif, c'est parce que le sport véhicule quand même certaines valeurs auxquelles je crois. Dans le désordre : la dramaturgie (que d'histoires exceptionnelles, que de moments magiques, que de destins étonnants !), le talent (eh oui, on l'oublie, mais être un des meilleurs du monde dans un domaine c'est admirable et certainement pas un dû), l'effort (on n'a rien sans rien, il faut tout donner) mais aussi le courage et la prise de responsabilités (eh oui, quand il faut se lancer, eh bien on a peur ou l'on n'ose pas), voire un rôle d'éducation ou de régulation sociale qui existe (tous égaux devant un ballon ou une raquette !). A un deuxième niveau, je rajouterais des notions de courtoisie, de fair-play et de modestie qui, pour dépassées qu'elles sont sûrement, représentent encore pour moi quelque chose. Voilà pourquoi, en regard de toutes ces valeurs, je voue une admiration sans borne à un champion comme Rafael Nadal, qui me semble être la quintessence actuelle de ce que viens d'évoquer.


La photo ci-dessus est celle de Nicolas Anelka de retour à Londres après son exclusion de l'équipe de France. On reste presque sans voix devant le scandale et le malaise suscités par cette affaire affligeante, mais dans ce cliché je vois la frime, la morgue, le mépris et la vulgarité réunis. Désolés si je suis carricatural, mais Anelka l'est. Peut-être est-il sympa et marrant en privé, mais je m'en fous. Je l'accuse de crime contre le sport plus que contre l'équipe de France de football, et son attitude m'a choqué. Tout comme m'ont choqué la chasse à la sorcière relayée par Patrice Evra, les faux-fuyants d'Escalettes, les pas de danse de Domenech qui s'en était presque bien sorti face à Anelka mais qui est retombé tout seul dans sa fange, dont il continue de se badigeonner avec allégresse semble-t-il. (Je n'irai pas aussi loin pour Ribéry, qui est aussi une carricature à lui tout seul, mais j'ai vu en lui un joueur qui au moins courait sur le terrain et qui a eu le courage de venir s'exprimer à Téléfoot - bien sûr, son intervention était ridicule, mais il ne faut pas sous-estimer l'émotion de l'instant - il n'y a que ceux qui ne sont jamais passés à la télé qui peuvent juger et condamner un discours tenu en direct devant des caméras...)
Bref, un fiasco, une honte - et le foot étant tellement important et universel, je crains qu'en plus il soit symbolique de ce qui traverse notre pays depuis pas mal de temps maintenant : la vulgarité justement, le j'men foutisme, le terre à terre procédurier et autoritaire, la radicalisation, le désenchantement - la France de Sarkozy quoi.


Voici maintenant une photo de Grégory Havret, qui la nuit dernière, a failli gagner l'US Open de Golf, sur l'un des plus beaux et difficiles parcours du monde (Pebbles Beach), devant tous les génies de la discipline (Woods, Mickelson...). Ce qu'il a fait (2e au final, à un coup du vainqueur), c'est comme si un jeune pilote français inconnu avait terminé 2e de son premier GP avec une Hispania en devançant Hamilton et Button ! Enorme ! Personne n'en a parlé, évidemment (c'était loin et c'est du golf) mais ça me redonne espoir. Tout n'est pas foutu.


26 mai, 2010

LOST is over (attention : Spoilers ahead !)


Sur cette photo, on peut apercevoir Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux têtes pensantes de Lost, à leur bureau à quelques jours de la diffusion du dernier épisode de cette série que nous avons suivie avidement pendant six ans.

Pendant six ans donc, nous avons tous cru qu'ils étaient les plus grands scénaristes vivants - et pratiquement les plus grands créateurs de concepts du monde moderne. Un avion s'écrase sur une île déserte ? Il n'y a que quelques survivants ? Ils sont en tout cas confrontés à tout un tas de phénomènes bizarres : idée simple et géniale. Tellement développée par la suite qu'il semblait évident que tout était écrit depuis le début, que la fin était déjà coulée dans le marbre avant même le premier plan et que tout se justifiait sur l'autel de la plus étonnante construction narrative de l'histoire de la télévision.

On sait maintenant (et on s'en doutait depuis le début de la saison 6, si insipide) que ce n'était pas le cas. Il y avait bien l'idée générale qu'ils étaient tous morts ou qu'ils allaient l'être et que tout ce qu'ils vivaient (ou avaient vécu) n'était pas réel. OK, sur ce point, le dernier épisode est réussi et l'émotion est au rendez-vous. On pensait qu'on allait terminer avec le même plan que le tout premier : l'oeil de Jack qui s'ouvre. En fait, non, il se ferme car il meurt. Bien vu, si l'on ose dire, c'est fort et c'est même beau. Ca n'enlèvera rien à toutes ces heures passées à attendre fiévreusement les épisodes et à les disséquer presque plan par plan. On assume. Mais ça ne fait que souligner aussi les espoirs déçus.

Je ne dis pas qu'il fallait une réponse à tout. Dans un article du magazine américain Wired (où la photo ci-dessus est tirée), on pouvait lire il y a quelques semaines l'intertitre suivant : "pressés de donner des réponses, les hautes autorités de Lost ont au contraire engendré des mystères encore plus profonds". Pourquoi pas ?, ça me semble même assez justifié. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut passer outre tout ce qu'on a réussi à construire et à quasiment "mythifier" : les chiffres mystérieux, le bouton à presser toutes les 108 minutes, l'initiative Dharma, les films abîmés, les voyages dans le temps, l'équation qui explique la fin du monde, les théories quantiques, le personnage même de Desmond... autant de ballons fantastiques jetés dans le ciel de l'imagination pour juste épater la galerie ? Eh bien oui ! Sans oublier la question primordiale : qu'est-ce que cette île ? On ne le sait toujours pas. Et là, ce n'est pas de l'élégance, c'est de l'impuissance.

Retrospectivement, la saison 1 était pas mal, mais sans plus. Le premier épisode est canon, ainsi que celui où Ethan est démasqué comme étant un intrus dans le groupe des survivants. Mais les aller-retours entre les vies passées et actuelles étaient un peu longs à la longue. Dès le premier épisode de la saison 2, on rentre dans le dur : d'autres personnes habitent l'île et certains sont même chargés de mission très bizarres (Desmond et ses 108 minutes, j'ai un faible pour ça). Ca monte ensuite encore (la roue qui tourne, l'île qui se déplace, la statue égyptienne, les flash forwards, Jacob !) (nom de dieu, tout ça c'était quand même fabuleux) et les saisons 4 et 5 nous captivent comme jamais. Mon épisode préféré reste d'ailleurs The Constant (4x8 si je ne m'abuse) où Desmond voyage à travers le temps et rencontre l'autre personnage très fascinant de la série : Faraday. La saison 5 se termine avec un affrontement ancestral entre Jacob et l'homme en noir - wow ! on est scotché. Et toutes ces références littéraires/bibliques/philosophiques/scientifiques ? Forcément un travail de ouf qui va déboucher sur une fin hallucinante, car ce n'est pas possible d'avoir autant travaillé en amont pour finalement nous dire qu'ils sont dans un purgatoire, n'est-ce pas ?

Et puis patatras, tout s'écroule dès le premier épisode de la saison 6. Le temple, les hippies (qu'est-ce qu'ils viennent foutre là ? Et c'est quoi cette malédiction de Sayid, et cette résurrection ? A quoi ça sert ?), Widmore qui revient, les personnages qui continuent de traverser à chaque épisode l'île de droite à gauche, puis de gauche à droite sans nous dire pourquoi, les mêmes qui vivent une vie parallèle globalement inintéressante à Los Angeles : grosse désillusion. On arrive même à nous décevoir avec deux histoires qui promettaient beaucoup : celle de Richard l'éternel (on croyait que c'était un soldat romain, c'est un prisonnier espagnol du XIXe siècle - pourquoi bon sang ?) et celle de Jacob et son frère (c'est quoi cette histoire de lumière à protéger qui arrive comme un cheveu sur la soupe à deux épisodes de la fin ?). Seules réussites : l'idée du phare avec les miroirs où Jacob observait les vies des "candidats" (là aussi, pas terrible comme notion) et l'épisode où Desmond (encore lui) revient et tente notamment d'écraser Locke (pourquoi au fait ?). On tombe de haut.

Mais bon, la fin est, d'un strict point de vue formel et même basique, réussie, répétons-le. Un peu à la manière du film Sixième Sens... Ah oui, ils sont tous morts en fait... A la rigueur, on aurait pu passer directement de la saison 1 à 6 que ça aurait été plus logique. Sauf que, pas de chance, ce sont biens les saisons 2 à 5 qui nous ont fait rêver.

03 mai, 2010

Back from Florida

"J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides..." écrivait Arthur Rimbaud dans le Baeau Ivre. Il y a un peu de ce sentiment au retour de neuf jours de vacances passés dans l'Etat américain. Ce n'était pas la première fois que je m'y rendais (les deux premières pour cause de 12 Heures de Sebring) mais en famille ce n'est pas la même chose. Au menu, après l'atterrissage à Miami : les Everglades, Naples, Cape Coral et puis trois jours passés à Key West qui, il faut bien le dire, est assez magique. Voici deux photos : la route qui mène justement à Key West (prise par votre serviteur alors au volant de sa Chevrolet Equinox de location sur l'US1) et le même à contre-jour devant le fameux coucher de soleil de Mallory Park...

15 avril, 2010

Cet homme est-il Rimbaud ?


J'adore ce genre de nouvelle et d'histoire : au cours d'une brocante, par hasard, on est tombé sur un lot de photos et après recoupement, il semble(rait) bien que cet homme soit Arthur Rimbaud "à l'âge adulte" comme le disent tous les articles consacrés à cette affaire aujourd'hui.
Comme tout le monde, on est d'abord fasciné par ce côté chasse au trésor qui aboutit à une découverte à la fois fascinante et dérisoire. Mais qui renvoie à tous les phantasmes de ceux qui aiment écrire des histoires (et en inventer), lorsqu'on imagine qu'on peut tout découvrir par hasard et faire rêver bien des personnes. Car Rimbaud est un mythe, personnage controversé, mais l'auteur assurément d'une des poésies les plus hallucinées et hallucinantes de l'espèce humaine : Le Bateau Ivre...
En lisant les réactions sur les sites internet, je m'aperçois que beaucoup doutent que ce document soit vraiment un reflet de Rimbaud. On crie à la supercherie. On se moque de la crédulité ambiante. On raille la découverte.
Et alors ? Peut-être qu'effectivement ce n'est pas Rimbaud. Mais ça pourrait l'être. Et derrière ce visage anonyme mais moderne, un rien rebelle et absent, mais ô combien source de mystère, se cache peut-être juste une idée. L'idée de la poésie. Et ça, ça n'a pas de prix.

13 avril, 2010

Mickelson, la victoire idéale


Je reviens brièvement sur la fabuleuse victoire de Phil Mickelson au Masters de Golf ce week-end. Que de grands moments encore vécus grâce à ce sport addictif !, notamment lorsqu'il a tenté d'atteindre le green du 13 le dernier jour alors qu'il était juste derrière un arbre dans la forêt de pins à au moins 150m du trou... Le genre de moment clef qui fait toute la beauté du sport en général, et du golf en particulier - lorsqu'un joueur tente quelque chose de quasiment anormal mais qui va faire la différence...

Personne ne peut détester Mickelson, à part peut-être ceux qui n'aiment vraiment pas les gauchers ou les hommes de bientôt 40 ans soumis à un léger embonpoint. Mais c'est évidemment un joueur génial et une personnalité assez intéressante. Bien sûr, il a un côté très américain avec le respect total des valeurs, notamment familiales (surtout qu'on sait tous que sa femme lutte depuis un an contre un cancer du sein), mais parfois ça fait du bien de voir un champion sain et équilibré qui semble vraiment amoureux de sa femme et dont on sait qu'il n'est pas le dernier à agir pour pas mal d'actions caritatives... Je ne dis pas ça en accusation de Woods, qui reste à tout jamais comme le plus grand golfeur de tous les temps et un véritable extra terrestre fait homme. Je dis juste que la victoire de Mickelson était la meilleure chose qui pouvait arriver au golf !

Cela étant, pas de panique : on a rarement vu Woods jouer aussi mal dimanche, avec pratiquement tous ses départs égarés à gauche et à droite, et même un putt raté à cinquante centimètres par énervement. Avec tout ça, il ne finit qu'à cinq coups de Mickelson. C'est dire qu'il y a largement la place pour un retour triomphal très vite...

10 février, 2010

Stats

Bon, je ne vais pas vous parler du démarrage de Speedway, qui m'a l'air très modeste (aucun buzz, même pas un petit sujet de forum sur BD Gest, 115e meilleure vente à la FNAC -j'ai regardé ce matin-, bref pas de quoi pavoiser...), mais évoquons plutôt ce modeste blog qui en est à sa deuxième année d'existence.

Le 9 février 2009, on en était à 13 270 visites. Hier, j'ai arrêté le compteur à 28 650. Ce qui fait donc 15 380 visites depuis un ans, soit une augmentation de presque 14% dans la période. Eh bien, c'est toujours ça et je remercie bien évidemment les 42,13 visiteurs quotidiens en moyenne de leur intérêt quant à ma modeste personne et de leur fidélité. On garde le rythme !

05 janvier, 2010

La Tour Dubai



On parle beaucoup de l'inauguration de la Tour Dubai, la plus haute construction du monde - or il se trouve que mon père est passé par Dubai au mois de novembre et qu'il a ramené évidemment quelques photos intéressantes du lieu. Voici deux vues aériennes de la fameuse Tour, impressionnant !

24 décembre, 2009

ApocalypseMania en réel !


Photo prise hier à Versailles, en milieu d'après-midi... S'agirait-il de la trace de deux avions qui se sont croisés dans le ciel ou est-ce bien la preuve de l'existence de la Croix Cosmique qui veille sur l'équilibre des mondes... ?

19 novembre, 2009

A propos des matches couperet...



Seize ans séparent ces deux photos. Le 17 novembre 1993, j'avais la chance (?) de me trouver en tribune de presse du Parc des Princes pour assister à France-Bulgarie, décisif pour la qualification en coupe du Monde 94. Je m'en souviens comme si c'était hier, le but de Kostadinov à la dernière seconde et un stade comme pétrifié, à peine un bruit, une chappe de plomb qui, littéralement, était tombé sur la tête de tout le monde. J'étais assis à côté de mon collègue Thierry Clopeau, et nous nous regardions, hébétés... Je ne vous dis pas l'ambiance pour faire les interviews ensuite en zone mixte...
A l'époque, il faut bien avouer que l'équipe de France avait déjà failli grandement à sa réputation et à ses devoirs. Elle avait deux matches pour se qualifier sans souci, mais elle avait trouvé le moyen de concéder le match nul face à Israël et donc une défaite face à la Bulgarie (qui allait aller tout de même en demi-finale l'année suivante du Mondial...). Et si je me souviens très bien avoir fustigé dans le 20h du lendemain quelques fautes graves (Papin sorti après une demi-heure de jeu pour des crampes... A-t-on déjà vu tel symbole de défaite plus évident ?), il faut bien avouer qu'on se rappelle avec une certaine émotion tout de même de cette époque où on trouvait trois joueurs énormes en sélection : Papin donc, mais aussi Cantona et Ginola.
A titre de preuve, et même si ça ne refait pas l'histoire, il faut se souvenir que le Ginola avait mis contre Israël un but fabuleux, un tir de 25m en pleine lucarne... Franchement, vous pensez que ça aurait été possible hier soir ?

La France s'est donc qualifiée pour le Mondial 2010 dans la douleur, c'est le moins qu'on puisse dire, face à l'Eire. Les Irlandais ont toujours eu le chic pour être assez losers en foot, mais là c'est le pompon. On les plaint, et on les remercie pour leur match, leur bravoure et leur état d'esprit. Je préfère évidemment qu'on soit en Afrique du Sud en juin prochain, parce que, qu'on le veuille ou non, une coupe du monde sans son équipe nationale, c'est pas la même chose. Mais comme tout le monde, j'ai été atterré par le spectacle et je me console uniquement en me disant qu'il n'y avait pas Ribery et Benzema sur la pelouse. Pas de quoi être fier pour autant.
Quant à la fameuse main de Henry, je relativiserai relativement les propos. Oui, elle est flagrante, oui elle est illégale, oui elle est moche, et oui elle ne grandit pas l'équipe de France. Mais je dis aussi que 1) tout se passe en 1/10e de seconde, 2) je ne suis pas sûr qu'Henry le fasse totalement exprès de bout en bout -hé, on a tous joué au foot, on sait que parfois on peut avoir des reflexes, des sortes d'automatismes qui font qu'on veut empêcher le ballon de sortir ou qu'on veut mieux le contrôler !- et 3) au final, ce n'est pas à Henry de s'arbitrer lui-même. Ce n'est pas une excuse pour ce joueur -tellement décevant hier-, juste une constatation pour ce sport qui refuse parfois toute évolution de son arbitrage.
Et pour continuer dans le cynisme, disons que, comme je l'ai lu quelque part, la France est désormais capable de gagner par ces coups tordus, comme l'Italie ! Un signe de progrès, non ? D'ailleurs, vous avez vu les maillots des Bulgares à l'époque et des Irlandais hier ? Les mêmes ! La preuve qu'en seize ans, la France est bien devenue championne du monde une fois...

22 septembre, 2009

Twitter

Figurez-vous que ne reculant devant aucune modernité, je me suis créé un compte twitter ! Je me dis qu'il y a peut-être de quoi, en effet, communiquer sur mes métiers de manière directe et rapide, histoire de donner encore plus de news "instantanés" (ce qui n'est pas toujours l'esprit sur un blog).

Donc pour ceux qui voudraient suivre mes pas d'encore plus près, c'est ici

20 juillet, 2009

Tom Watson


J'ai passé près de sept heures devant ma télé hier dimanche à suivre la dernière journée du British Open de golf, où on a assisté à un moment de sport absolument exceptionnel.
Souvenez-vous : il y a un an tout juste, j'avais posté un article suite à cette même épreuve qui avait presque vu la victoire du revenant australien Greg Norman (53 ans). J'avais écrit : "imaginez Jimmy Connors finaliste à Wimbledon ou Alain Prost vainqueur du dernier GP..." - eh bien ce qui était vrai en 2008 l'a été encore plus en 2009 !
Cette fois, le héros s'appelle Tom Watson. Américain, âgé de 59 ans et dix mois, à quelques semaines seulement de la limite d'âge pour participer au British Open (60 ans). Watson n'a peut-être plus l'aura d'un Nicklaus, d'un Ballesteros et même d'un Norman, mais il a été une star incroyable du golf, remportant pas moins de huit majeurs entre 75 et 83. Dont ce fameux Open britannique à cinq reprises, notamment en 77 sur le parcours de Turnberry (Ecosse), où se jouait précisément l'édition 2009...
Sachez donc qu'après 4 jours de compétition, 71 trous et deux coups, Watson était toujours en tête... (Précisons au passage que Tiger Woods lui-même n'avait pas passé le cut). Il ne lui restait plus qu'à assurer le par sur le dernier trou, un par 4, une formalité. La victoire, 32 ans après, lui tendait les bras... 32 ans après, vous vous rendez compte ? Et là, incroyable, alors qu'il avait une dizaine de mètres à faire au putter, il trouve le moyen de faire un mauvais coup qui le renvoie à deux mètres du drapeau, puis un autre très mauvais putt trop court... Moralité : il fait bogey, et il termine ex aequo avec son compatriote Stewart Cink qui n'en demandait pas tant.
Déjà, nous avions là toute l'histoire du golf, avec la difficulté de concentration et la cruauté de ce sport résumées en deux petits coups seulement, via un homme qui a possédé tous les honneurs et qui n'a plus besoin de ça pour vivre ou s'endormir le soir...
C'est alors qu'on a assisté à un deuxième phénomène, totalement inattendu : instantanément, à partir du moment où Waston a été obligé de repartir sur le parcours pour quatre trous de play off, il s'est métamorphosé. Le jeune vieil homme espiègle qu'il était devenu depuis quatre jours et qui mystifiait tous les petits jeunes avec un sourire charmeur est devenu soudain un vieil homme triste et misérable, au visage de cire et glacial, traînant la patte et ratant pratiquement tous ses coups, au point de se faire totalement humilier sur les deux derniers trous. Une agonie, pathétique et pénible. On n'en revenait pas : comment pouvait-on passer d'un triomphe historique qui était pratiquement acquis à une déchéance aussi soudaine ?
Seule explication : Waston n'avait littéralement plus la force de faire quatre trous supplémentaires. Comme si son cerveau -et par conséquent son corps- avait décidé qu'il gagnerait au bout de 72 trous ou rien. Rarement on avait vu démontré aussi nettement ce que peut représenter le pouvoir mental du sport. C'était palpable. Et on est ressorti de cette retransmission bouleversé, mais ne sachant pas trop pourquoi... Avait-on failli voir le pire coup porté au golf depuis un siècle ? Avait-on au contraire failli assister à la plus belle histoire de sport ? Avait-on eu raison de continuer à voir pratiquement un homme mourir sportivement en direct ?... Terrible.

16 juillet, 2009

PSB & SB (pour Sébastien Bourdais)



Lendemain de concert des Pet Shop Boys à l'Olympia de Paris. 5e concert français pour nos amis Tennant-Lowe, et 5e fois que je les vois ! Un début assez lent mais réussi (avec les excellents Heart et Did You See Me Coming?), qui ne convainc pas totalement ensuite, notamment à cause d'un sound check qui a dû être fait à la va vite. Mais une fois que Neil Tennant enfile le smoking, le grandiose est atteint avec l'enchaînement magique Do I Have To?-King's Cross-Jealousy... Et ensuite, tout déroule impeccablement dans une superbe ambiance. Bref, on sort de là content, avec le sentiment d'avoir vu, à mon avis, la 3e meilleure performance sur 5 (les deux au Zénith restant devant, mais les deux au Grand Rex étant désormais derrière).
Soirée ensuite entre amis, les vieux de la vieille (El Bacos et Sven Lescuyer, qui fête aujourd'hui ses 40 ans, mais qui reste toujours le n°2 du Service des Sports de France Télévisions...), et impression ce matin d'une légère gueule de bois, accentuée par l'annonce de la nouvelle de l'éviction de notre seul pilote français de F1 par son équipe...
Voici ce que j'ai aussitôt écrit à ce propos sur le blog de Motors TV :

Voilà, la nouvelle vient de tomber : Seb quitte Toro Rosso, et le commentaire de Franz Tost qui accompagne le communiqué officiel n’est pas des plus sympas : « notre partenariat n’a pas satisfait nos attentes, nous avons décidé de le remplacer…» . Décidément, rien n’aura été épargné au Français qui est en train de vivre des moments pénibles et ma première pensée est vraiment pour lui : car quelles que soient les performances ou les résultats, il n’est pas là par hasard non plus et un sportif de haut niveau vit toujours les choses intensément, surtout lorsqu’elles le concernent. On ne peut que l’assurer de notre soutien et lui dire qu’on pense bien à lui.
Au moment où je vous parle, c’est évidemment le sentiment d’une grande déception qui prédomine. Je suis de ceux qui militaient sans relâche pour que Seb ait sa place en F1 (et croyez-moi, j’en ai essuyé des sarcasmes de la part de confrères français qui couvraient la F1 alors que le Manceau était en Champ Car…) car à un moment donné il ne fallait pas exagérer : compte-tenu de son parcours et de son palmarès, il fallait que Sébastien soit en F1. A ce moment-là, je ne disais pas qu’il allait tout casser et devenir champion du monde tout de suite : non, on disait juste que Sébastien avait sa place parmi les vingt (meilleurs ?) pilotes qui sont en F1. Cet avis, cette constatation, on les défend toujours. Simplement, en F1, il y a toujours un contexte autour du pilote, où l’atmosphère au sein d’une équipe et les qualités d’une voitures sont évidemment très importantes. Demandez à Button ce qu’il en pense…

Sébastien en F1, et en attendant d’en savoir un peu plus sur son avenir sportif, ce n’est quand même pas négligeable : me reviennent en mémoire des faits dont beaucoup de pilotes se contenteraient : une bataille pour la 4e place dès le premier GP avec Alonso et Raikkonen derrière lui, deux points marqués dès ce premier GP, un meilleur temps en Q1 en Belgique, trois tours menés au Japon, une place dans les points à Monaco… Hey ! Pas si mal, non ? Surtout avec un Vettel à ses côtés et une relative méfiance de la part d’un paddock si prompt aux a priori et aux jugements à l’emporte pièce…

D’un autre côté, on n’est pas aveugle non plus. On a bien senti que Seb loupait parfois des occasions, se prenait les pieds dans certains tapis (Monza…), et ne répondait pas à toutes nos attentes, même si on aurait signé tout de suite si on nous avait dit avant le début de la saison 2008 ce qu’il allait vraiment faire cette année-là. Mais il faut le reconnaître : on espérait un peu mieux. Doit-on le condamner pour cela ? Non, bien sûr que non. La mayonnaise n’a pas pris, c’est tout, et je serais bien incapable de vous donner des explications définitives. Chacun sa personnalité, chacun son background, chacun son taux de réussite, chacun son destin – on n’est pas en position de tout comprendre ni de juger, on ne peut que constater.

J’aurais tendance à penser que, contrairement à ce que je croyais, Seb est peut-être arrivé vraiment trop tard en F1, qu’il n’avait plus les mêmes envies ou habitudes qu’avant, lorsqu’il venait de la F3000 où là il aurait été raccord avec le milieu… Mais ça n’est qu’une impression un peu diffuse. J’ai aussi parfois eu le sentiment qu’il se mettait trop la pression, ou qu’il ne se libérait pas totalement, qu’il était « en dedans» et surtout que ça se voyait… Mais là encore, comment affirmer cela sans risquer de se tromper ?

Finalement, j’en reviens à ce tout premier GP, en Australie, en mars 2008. Et je me dis que tout était déjà dit : qualifié 17e sur la grille, cela avait été une vraie déception. Mais une grande solidité en course et quelques faits favorables l’avaient placé en 4e position… ce qui prouvait sa valeur. Mais un abandon mécanique à deux tours de la fin avait mis fin à la belle histoire. Et même si deux points étaient venus récompenser la performance, on avait été cueilli à froid par cette infortune. Depuis, ça n’a pas changé. On savait qu’il pouvait faire quelque chose de bien, voire de grand, mais cela ne venait pas. Le sort est parfois cruel.

Maintenant, ne dramatisons peut-être pas… Le monde ne s’arrête pas de tourner, et je ne vois pas pourquoi des dizaines de patrons d’équipe de divers championnats ne se précipiteraient pas pour proposer quelque chose à un pilote comme Sébastien Bourdais…

08 juin, 2009

Federer n'a pas fait d'erreurs...


... pour reprendre le jeu de mots entendu cette semaine dans la bouche de Nicolas Canteloup. En tout cas, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu, ayant annoncé dans le post précédent, avec 5 jours d'avance, que soit Federer soit Monfils allait gagner ! C'est donc ce qui s'est passé, et honnêtement c'était assez logique. Il était en revanche évident, une fois passé l'écueil Del Potro en demi-finale (son tour viendra), que Federer ne pouvait pas perdre une finale de Grand Chelem qui représentait tant pour lui (et qui était sa 19e) face à un joueur valeureux, et qui aura été la grande attraction du tournoi, mais qui allait devoir se coltiner toute la pression, le poids des responsabilités inhérent à ce genre d'événement... J'avais personnellement parié 6/4 6/4 6/2 pour Federer, cela a été 6/1 7/6 6/4, oui, là encore, il ne pouvait pas en aller autrement.

Comme tout le monde, on est bien content que le Suisse ait triomphé à Roland Garros, tant il aurait semblé incongru aux générations futures que le plus grand joueur de tous les temps n'ait jamais gagné sur un des quatre tournois du Grand Chelem. Evidemment, on pourra ergoter longtemps sur le fait que Nadal n'était pas là. On rappellera en effet que l'Espagnol mène toujours, si on ne se trompe pas, 13-7 sur l'ensemble de leur confrontation, et donc sur "le meilleur joueur de tous les temps", ce qui est assez paradoxal tout de même. Mais sur ce tournoi, sur sa carrière, personne, pas même Nadal, ne pourra contester à Federer ce succès, lui qui reste aussi sur quatre finales consécutives à Roland ! C'est dire que seul un phénomène comme Nadal a empêché Federer d'être absolument unique au monde.

On a hâte en tout cas de les retrouver à Wimbledon, en espérant que Nadal se sera ressourcé et remotivé pour ce tournoi qui pourrait bien être la "belle" entre les deux hommes. J'attends ça avec impatience, même si je viens de résilier mon abonnement à Canal+ après 15 ans d'abonnement... Et zut !

19 mai, 2009

Dernières lectures BD et Lost


On le sait, je suis un grand fan de la série Lost, dont le dernier (double) épisode de la saison 5 (The Incident) a été diffusé il y a quelques jours aux Etats-Unis. Occasion pour moi de revenir sur cette saison et que ceux qui ne veulent pas apprendre certaines choses en restent là... La première partie a été consacrée à pas mal d'aspects sur les caractéristiques de l'île et ses pouvoirs. La grande thématique a été les sauts dans le temps. Nos protagonistes principaux changeaient d'époque à chaque fois qu'une grand frémissement de lumière dans l'atmosphère se produisait. Vu comme ça, ça fait un peu cucul et pourtant ça fonctionne. On pourra toutefois trouver que les scénaristes ont un peu trop abusé de ces "sauts" sans que cela apparaisse toujours nécessaire - un peu gadget quoi.

La deuxième partie a été consacrée à suivre l'itinéraire de Jack/Sawyer/Kate/Juliet/Hurley/Sayid/Jin/Faraday/Miles revenus en 1977, tandis que Sun/Ben et surtout Locke sont eux en 2007. Le dernier épisode nous a permis de faire la connaissance de Jacob (photo), qui semble être une entité quasi divine au rôle mystérieux et à la motivation assez indéfinissable encore... Et puis il y a cette référence permanente à l'Egypte, il y a la statue géante, il y a "l'homme en noir", il y a la "condition" de Richard Alpert, il y a la fumée noire, il y a le "pouvoir" de Desmond... On est encore loin du compte, et c'est tant mieux !

Même s'il y a parfois des raccourcis un peu gros ou des facilités, on ne peut qu'être impressionné par la qualité d'ensemble de cette série qui donne l'impression d'être maîtrisée et conceptualisée depuis la toute première image de l'épisode 1 de la saison 1. Ce ne peut pas être totalement le cas, on le sait, mais le niveau général d'écriture, de logique interne, d'anticipation des détails et de leur importance, sans oublier une capacité hors du commun à générer des mystères fascinants - tout cela reste la marque de fabrique de Lost. En tant que scénariste, j'ai le sentiment que c'est une série qui remet pas mal de choses en place dans notre profession. Elle nous montre qu'il faut travailler en amont, qu'il faut sans cesse prévoir les choses et les enchaînements, qu'il faut fouiller les conséquences des actes des personnages, et qu'on peut même partir sur une piste et en changer complétement par la suite avec bonheur si on sait où on va.

On verra bien si c'est ou non de l'esbrouffe et si le vrai final est à la hauteur de l'attente. A vrai dire, on sent déjà (et on espère) qu'on n'aura pas de résolution complète quant à cette île et à ses personnages. Je dis on espère, car je crois que nos amis créateurs (Abrams-Cuse-Lindelof) n'ont pas le choix. Toute conclusion un peu trop "explicative" décevra forcément une partie du public. Il faut donc laisser des portes ouvertes, et globalement tirer à une fin surprenante, étonnante, voire poétique, qui ouvre de nouveaux champs d'interrogation. Mais il faut vraiment trouver une bonne dernière scène et j'espère donc de tout coeur qu'ils y parviendront... Alors, Lost deviendra peut-être définitivement la meilleure série de tous les temps.

Sinon, voici les dernières BD que j'ai lues :

Arq T12 - Mission (Andreas, Delcourt)
Fin du 2e cycle et toujours autant de questions qui se posent sur tous ces univers qui semblent s'entremêler... Globalement, ce 2e cycle de six albums a vraiment permis de poser les fondations d'une grande oeuvre au final, ce qui à mon avis n'était pas totalement évident à la seule lecture du 1er cycle. On a aussi eu droit au meilleur album de la série (jusqu'à présent) : Feu croisé (T9). Ici, j'avoue avoir été déçu par ce T12, n'ayant pas été touché par le récit "préhistorique" (obscur, certes, mais lent et un peu artificiellement raconté) ni par la bataille qui oppose un peu tout le monde à la fin. Mais la mort d'un personnage semble faire s'évanouir pas mal de choses, et cette dernière scène rattrappe le reste...


Rocher Rouge (Borg-Sanlaville, KSTR)
Gros succès critique et d'estime pour ce récit qui lorgne du côté d'un film d'horreur. Certains cadrages sont superbes, et l'ambiance graphique m'a bien plue. La première scène m'a semblé un peu inutile : si c'est pour accréditer la thèse du monstre qui existe, il aurait mieux valu la raconter, selon moi, en "légende" une fois que la troupe a débarqué sur l'île et non en introduction "flash-back". Mais cette réserve émise, on ne peut que saluer un très bon boulot d'ensemble avec une dernière partie qui sort vraiment de l'ordinaire et qui surprend quand même pas mal ! Chapeau aussi de mettre en couverture un type à qui on vient de trancher la tête et qui s'avance vers nous...


Asthénie T1 (Callède-Pignault, Dupuis)
Du bon boulot, on suit les tourments intérieurs d'un personnage principal qui n'arrive plus à dormir et on se doute qu'il est au centre d'un mystère bien plus épais que lui. Mais on ne peut s'empêcher de penser que nous raconter tout ceci sur 54 pages c'est un peu long... et que la moitié seulement de l'album y aurait suffi tout aussi efficacement et sans doute plus. C'est mon humble avis. J'ai malgré tout des petits moments de déprime quand je vois que de manière assez unanime cet album a été mieux accueilli que le T1 de L'Idole & le Fléau... mais c'est un autre sujet et je m'arrête là avant de devenir amer, ce qui ne me ressemble pas.


Jeronimus T1 (Pendanx-Dabitch, Futuropolis)
En pleine écriture de Bandaiyan, il était naturel que je lise ce grand récit sur fond d'odyssée marine au XVIIe siècle et on ne peut qu'être admiratif des cases toutes plus superbes les unes que les autres. Au niveau du récit, la voix off de narration (qui cite ses sources) a été une surprise mais fonctionne tel un documentaire... Intéressant et à retenir.