09 février, 2009

13270

... tel est le nombre de visiteurs que ce modeste blog a reçu depuis que j'ai installé un compteur il y a très exactement un an. 13 270 visiteurs en 365 jours, cela fait donc une moyenne de 36 connections par jour ce qui me semble tout à fait étonnant et sympathique ! Merci à tous et on va évidemment essayer de garder le rythme.

08 février, 2009

Les Noces rebelles ***


de sam mendes avec kate winslet, leonardo di caprio, kathy bates, michael shannon

1955, près de New York, Frank et April Wheeler, jeune couple deux jeunes enfants, Frank dans un job de commercial sans ambition. April étouffe dans ce quotidien et propose à Frank de partir s'installer quelques mois à Paris, Frank accepte.

Peut-être la (trés bonne) surprise de ce début 2009. Un film qui semblait assez calibré, mélo dans les années 50, casting "titanic-esque", réservoir à Oscars. Et qui se révèle comme un grand film, surprenant tout en restant trés classique dans la forme et l'intrigue. Ce qui frappe le plus est l'absence de facilités pour attraper le grand public déja appaté par le casting. Un couple en crise, dés le départ, qui se dit les choses de plus en plus crûment, une histoire dure, sans concessions, sans effet mélodramatique, limite étouffant plus le film avance, pas sûr que les spectateurs de "love story du samedi soir" puissent s'attendre à cela. Rien que la toute dernière scène avec kathy bates et son mari... il n'y a pas de gras, pas de disgressions ou d'intrigues parallèles, les réactions de Frank et April et ceux qui les entourent sonnent vrai, que ce soit enthousiames, lâchetés, mensonges, désespoirs. Pas étonnant que Sam Mendes soit celui qui a fait "american beauty", on retrouve tous les faux semblants, les conventions américaines, et le vernis qui craque, les névroses diverses, familiales, sociales. Plutôt que de partir sur quelques a priori marketing, il vaut finalement mieux se référer à une filmo, et celle de Mendes, si on rajoute l'excellentissime (et mésestimé) "road to perdition" avec Hanks et Newman est proche de la perfection. Il est définitivement un grand réalisateur. Respectant certains codes des années 50 mais sans essayer de faire un exercice de style. Casting impeccable, les 2nds roles par exemple comme Michael Shannon en gars un peu nerveux et dérangé mais révélateur des mensonges du couple, et la dream team, Winslet presqu'évidente, un role "porteur" d'une grande interprétation mais encore faut il être au niveau, ce qu'elle fait (au hasard, on ne voit pas une Charlize Theron voire une Palthrow assurer quoi que ce soit dans ce rôle), mais aussi Di Caprio, pas évident car personnage qui se ment à lui même, qui subit, en retrait. Il commence à sérieusement monter en gammes, avec "mensonges d'état" ou "blood diamond". Bref, un film qui rassemble ce que sait faire de mieux une "grosse production US", avec casting et histoire impeccables, et réalisateur talentueux.

01 février, 2009

Charlie, Denis, Rafael, Vincent et Christian

Revenons sur mon week-end, si vous le voulez bien. Vendredi soir, je finis Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, de Teulé et Cestac, la bio en BD consacrée à Charlie Schlingo (Dargaud). J'avoue que je connaissais le gars juste de nom, sans être véritablement au courant ni de son oeuvre ni de son parcours. Et j'avoue avoir été bouleversé par ce dernier, par ce mal-être qui s'exprimait d'une manière si énorme et si désespérée qu'il en devenait attachant. Ses attitudes m'ont rappelé celles de Tristan Corbière, un poète maudit que je vénère... Lisez donc ce livre profond et brutal, émouvant et repoussant, sombre et déconnant, un modèle de bande dessinée pour un artiste qui était tout sauf un modèle justement...

Samedi après-midi, courses en famille à Versailles, j'entre chez Gibert pour acheter L'Eternaute et Bunker T3, ce qui sera fait un quart d'heure plus tard. Sauf qu'entre temps, je tombe sur Denis Podalydès, qui est en train de dédicacer son dernier livre : Voix off (Mercure de France) ! Me voici donc enfin face à face avec Albert Jeanjean, l'immortel héros du meilleur film français de ces vingt dernières années : Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers). Ceux qui lisent ce blog savent que je voue un véritable culte à ce film, qui vient d'ailleurs de ressortir en DVD en version dite "interminable" (6x52 minutes, avec des passages oubliés au montage final qui sont complétement sublimes et hilarants...) et que j'avais fait l'an dernier deux jours de figuration pour le nouveau film de Bruno Podalydès : Bancs Publics (Versailles Rive-Droite) (dont Denis me dit qu'il sortirait a priori en juin). Bref, je discute cinq minutes avec cet immense acteur qui me fait dans la foulée une dédicace sobre et sympa, et je repars avec le sentiment d'avoir bouclé une sorte de boucle, touché par ce petit signe du destin... Un moment rare.



Dimanche matin : réveil en fanfare. On sait déjà qu'on va vivre un grand moment de sport avec la finale Nadal-Federer de Melbourne. Inconcevable d'en rater la moindre minute ! Je m'installe sur le canapé, j'allume Canal + et là j'ai droit au message : chaîne en option. Et je ne vois rien ! On croit rêver, je suis abonné à Canal depuis 15 ans ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et le pire, c'est que je reçois bien les autres déclinaisons de Canal (Family, Sport, Décalé...). Non, rien à faire, je n'aurai jamais Canal dans cette matinée qui allait être longue... Du coup, heureusement que j'ai installé un décodeur Freesat, je me rabats sur BBC2. Merci les Anglais et honte à Canal, dont je vais de toute façon me désabonner dans deux mois. Mais je m'égare, revenons sur ce match d'anthologie entre deux sportifs exceptionnels. Je suis de ceux qui regardaient fiévreusement il y a presque 30 ans les duels Borg-McEnroe, persuadés qu'on n'aurait jamais mieux. J'ai vu en direct le fameux tie-break du siècle de Wimbledon en 80, et je m'en souviendrai toute ma vie. Mais il faut savoir mesurer sa chance : Federer-Nadal, l'affiche est tout aussi légendaire et dans 30 ans on pourra se vanter face aux jeunes générations d'avoir vécu ça (comme l'opposition Prost-Senna en F1...). Pendant 4 sets, on a vécu un match fabuleux, souvent surréaliste par la qualité pratiquée et le pourcentage de points gagnants. Je précise que je suis depuis cinq ans abasourdi d'admiration devant le jeu de Federer mais que depuis deux ans je suis devenu un fan absolu de Nadal, à propos duquel seuls qui n'ont jamais touché une raquette ou mis les pieds sur un court peuvent penser qu'il ne fait que cogner. Ce type n'a peut-être pas la classe évidente du Suisse, qui est l'expression la plus pure du beau en tennis, mais il possède un charisme inoui, renforcé par une variété dans les coups qui en font un authentique génie de la virtuosité, et doté d'un mental qui laisse sans voix tant il exprime une vérité qui a rarement cours en sport (et surtout en tennis) : je ne veux pas perdre, donc je ne perds pas.
Leur finale de Wimbledon l'an dernier restera à tout jamais un des grands moments de sport du siècle. On a pu croire un moment que la finale de Melbourne allait dépasser le chef-d'oeuvre, et puis non. Federer a étonnamment craqué au 5e set, l'offrant presque à Nadal qui n'en demandait pas tant. Quelques part, je ne suis pas loin de penser que ce dernier a en fait gagné l'Australian Open il y a deux jours, en battant Fernando Verdasco en demi finale. Pour deux raisons : 1) parce que Verdasco était tellement énorme que le battre revenait à démontrer qu'on était de fait imbattable et 2) parce que, loin de fatiguer Nadal, cela l'a au contraire encore plus "fouetté" pour aller conquérir le titre. On peut aussi s'interroger sur la tactique employée par Federer, qui à mon avis devrait plus tenter le service volée. A la régulière au fond de court, en effet, ça semble devenir de plus en plus dur contre "Rafa". Mais le bonhomme est orgueilleux, j'ai l'impression qu'il veut absolument prouver qu'il peut battre l'Espagnol à la régulière, sans rien changer à son style, histoire de prouver que c'est possible. Sauf qu'on a l'impression qu'il n'y arrivera plus désormais (sauf à Wimbledon, où je vois bien Federer aller chercher son 14e titre en Grand Chelem dans six mois). Peut-être est-ce là l'explication de ses larmes au moment de recevoir sa coupe : une séquence étonnante, où le grand Roger faisait tout petit garçon, consolé qui plus est par un gamin... Oui, mais un gamin qui est le meilleur joueur du monde, et peut-être en passe de devenir le plus grand de tous les temps. Je n'ai pas dit le meilleur : Federer restera celui-là, quoi qu'il arrive.

Une fois remis de ces émotions tennistiques, branchement en direct sur le Festival BD d'Angoulême pour découvrir les heureux lauréats. Le meilleur album de l'année est donc le Pinocchio de Winshluss (Requins Marteaux), qui était effectivement encensé depuis de nombreuses semaines. Comme d'habitude, sur les différents forums, on s'étripe sur ce prix, vu que c'est effectivement une certaine tendance de la BD qui est récompensée (une nouvelle fois) (voir également un énième prix donné à Sfar). Moi, je ne doute pas que Pinocchio soit excellent, audacieux, original et intelligent. Je dis juste que c'est loin d'être un prix qui couronne l'oeuvre d'un inconnu qui va enfin avoir la reconnaissance qu'il mérite etc... Au contraire, c'est à mon avis le lauréat le plus consensuel qui était possible, un mec qui est déjà une vraie star, co-auteur du film Persepolis (sous son vrai nom Vincent Parronaud) et déjà titulaire d'un César et d'une nomination aux Oscars ! Dans le genre underground, on a fait pire !
Sinon, pour finir, le Grand Prix est donc Blutch (Christian de son vrai prénom). Tous ses pairs disent que c'est peut-être le plus grand dessinateur français actuel. Bravo à lui, je vois que nous sommes nés la même année, je le félicite chaleureusement et espère avoir un jour l'occasion d'échanger quelques mots avec lui.

30 janvier, 2009

Walkyrie ***


de bryan singer avec tom cruise, brian nighy, tom wilkinson, terence stamp

Le colonel Stauffenberg de l'armée allemande en Afrique. Patriote et anti nazis, il rejoint un groupe de hauts gradés et politiques qui veulent se débarasser d'Hitler. En juillet 1944, Stauffenberg est chargé de l'assassinat par bombe avant le déclenchement de l'opération Walkyrie.

Un bon fim, on dira même impeccable même si on a cette impression permanente qu'il lui manque quelque chose pour qu'on ait vraiment envie de l'aimer, de le recommander. Singer réussit déjà à contrer les craintes qu'on pouvait avoir, d'une grosse production US sur la WW2 avec un casting un peu paillettes, et pas trés allemand. Mais cela passe sans problèmes, c'est assumé, excellents acteurs, y compris le petit Tom C, la grande crainte initiale. Il ne sera pas soudain un grand acteur mais il est à l'unisson du reste, sobre, sans jamais faire du "Cruise"' mais le sujet et le personnage ne s'y prêtent bien sûr pas. Le plus étonnant est bien cette extreme sobriété du film, réalisation à la fois impressionnante, pas surprenant de "usual suspects & superman" Singer, et jamais tape à l'oeil. Comme si il savait lui même qu'il serait jugé sur sa capacité à ne pas faire du "grand spectacle". Là dessus, c'est réussi, avec presque un excès de lenteur, de classicisme, surtout avant que l'action -l'attentat- ne démarre vraiment, il faut s'accrocher pour suivre tous ces échanges, vraiment pas un war movie... Premier coup de feu dans le dernier quart d'heure ou presque. Autre réussite de donner de la tension et du suspens à un scénario historique qui pourrait en manquer (non, AH n'a pas explosé en morceaux en juillet 1944...). Le fait est qu'il y a toute cette phase de "l'aprés" où presque tous pensent que l'attentat a réussi, ce qui dynmise le scénario. Dans cette volonté de ne pas faire spectaculaire, on retrouve de la vérité de "la chute" dans le bunker d'Hitler en 1945, le simple fait d'avoir des Allemands, y compris SS, qui ne soient pas juste des sadiques malades. Il manque quand même pas mal de profondeur sur les motivations des personnages, Stauffenberg en tête, qui ne pePun grand film, peut être parce que trop classique finalement, mais qui restera un excellent témoignage d'un moment historique.

A propos d'Angoulême


Ouverture hier de la 36e édition du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, où je ne serai pas. Ce n'est pas un drame, mais c'est vrai que c'est dommage de ne pas être là où l'essentiel de la profession se trouve tout de même rassemblée pendant quatre jours ! En fait, pour aller à Angoulême, il faut réunir au moins un des deux critères suivants : être dans l'actualité avec un album qui sort en janvier, ou être assez (re)connu pour que votre éditeur n'hésite pas à vous faire venir. Il faut bien avouer que je ne les remplis ni l'un ni l'autre en ce début d'année 2009.
Je suis cependant déjà allé à Angoulême par le passé, à quatre reprises si je ne m'abuse. Instantanément me reviennent en mémoire trois souvenirs marquants : en 2003 ou 2004, j'étais avec Dargaud et nous étions arrivés dès le mercredi soir. A la descente du train, au moment pile où les portes du TGV s'ouvrent, voilà qu'une vraie tempête s'abat sur le quai, une averse monumentale ! Le temps de courir jusqu'à la gare proprement dite pour s'abriter, le mal était fait. Je n'avais emmené qu'un pantalon pour les deux jours où je devais rester, il était déjà bon pour être mis au sale ! Et je revois le pauvre Leo dégoulinant de partout, comme s'il était littéralement passé sous une douche !
Cela étant le lendemain, histoire de se consoler, visitant quelques allées, voilà que je tombe sur un stand où régnait une sorte d'agitation : on y vendait, pratiquement à la volée, des planches originales de From Hell ! Branle-bas de combat ! Il fallait se décider très vite et jouer des coudes ! Finalement, j'ai pris la planche 23 du chapitre 11, moyennant le tarif de 150 dollars...
Il y a deux ans, j'ai fait un aller retour d'une journée à l'invitation de Glénat pour rencontrer Griffo qui allait donc devenir le dessinateur principal de L'ultime Chimère. Je passe une nuit sur place, et le lendemain matin je devais prendre le premier train pour Paris, dès 7h... Or, il avait méchamment gelé pendant la nuit et les trottoirs étaient de vraies patinoires ! Je ne me suis jamais senti aussi seul que dans cette aube angoumoisine, pauvre pantin solitaire marchant à 2 à l'heure en essayant de préserver son fragile équilibre...

Je commenterai bien sûr dès lundi les différents prix du palmarès, notamment en ce qui concerne le fameux Grand Prix, qui ne sera sans doute pas Andreas, hélas...
J'apprends en tout cas que notre ami Igor Kordey recevra un prix en association avec la ville d'Erevan, récompensant une oeuvre à collaboration internationale entre deux auteurs - en l'occurence Igor et Jean-David Morvan sur le très réussi Coeur des Batailles (Delcourt). Au passage, je note donc que je n'aurai pas ce prix l'an prochain, vu qu'Igor l'a déjà reçu ! Pas grave, il vient de nous proposer une couverture pour L'Idole & le Fléau (sortie le 30 avril prochain) qui est absolument superbe !

26 janvier, 2009

The Square **


de nash edgerton avec david roberts, claire van der bloom, joel edgerton

Petite ville d'Australie, Ray, marié, liaison avec la jeune Carla, ils veulent s'enfuir avec de l'argent, un incendie criminel qu"ils commandent et qui tourne mal, Ray se retrouve coincé par ses mensonges et des chantages

Efficace et intelligent polar, on est dans la lignée -un cran en dessous- du mémorable "Lantana" il y a quelques années, comme quoi l'ambiance australienne de province réussit à ces ambiances de mensonges, entre couples, de désirs, de fuites en avant, de maladresses qui provoquent drames et faits divers. Le couple adultère, "innocent" dans par son attirance clandestine, se retrouve piégé en prenant des risques, et pris dans un engrenage de violence, dissimulations, avec enchainements (et hasard) implacables. Ca se voit longtemps comme du petit lait, réalisation sobre, scénario impeccable, cet excellent mélange du film noir sur des gens ordinaires, de ceux qui ont l'habitude de faire de sales coups et ceux qui se retrouvent dépassés, et paniqués. Excellent acteur que David Roberts, essayant de garder son calme mais de plus en plus terrorisé par ce qu'il doit faire pour respecter son engagement avec sa maitresse. Dommage que le scénario pousse trop cet aspect "implacable", cela va un peu trop loin sur la fin dans le registre "quand ca veut pas sourire", sans doute de trop.

La couverture !


L'ultime Chimère - T3 : La Légende
Dessins : Griffo (Planches 1-4, 16, 25-29; 45-46), Héloret (5-15, 17-24), Mangin (30-44).
Couleurs : Bruno Pradelle & Rémy Langlois
Glénat, collection Grafica.
Sortie le 10 mars 2009.

22 janvier, 2009

News BD...

De passage hier chez Dargaud, j'ai eu la confirmation que le T7 d'ApocalypseMania, Manik Shamanik, sortira le 17 avril prochain. Il y aura deux nouveautés importantes pour cet album : d'une part, pour la première fois depuis le début de la série en 2000, ce n'est pas Philippe Aymond qui a fait les couleurs. Cette lourde responsabilité est tombée sur les épaules de Guillaume Nicolle, avec qui j'avais fait un album chez Emmanuel Proust : Chinguetti (un seul tome paru, les deux autres ne verront jamais le jour). Guillaume a réalisé un travail très dense, globalement sombre, qui donne une touche étonnante à cet album. Le final est en place !
D'autre part, je signale déjà qu'il y a une autre surprise artistique à l'intérieur et qu'elle se situe à la planche 29... Je n'en dis pas plus pour le moment, mais c'est très sympa.

Sinon, sachez que j'ai terminé il y a quelques jours à peine le découpage de Speedway T2, et Siro en est déjà aux crayonnés de la planche 17. Ca avance donc, avec toujours en prévision une sortie du T1 (AXIS Priority) à la rentrée, et le T2 (AXIS Reality) en janvier 2010. Au pire, ce serait janvier+avril-mai 2010.

Hier soir, fin du découpage brut de Billy, mon album XIII Mystery. Les 54 pages sont donc finalisées, mais il va de soi que Jean Van Hamme va maintenant les relire en intégralité, lui qui n'a jamais jusqu'ici lu que des grandes séquences. Je me tiens donc prêt à m'atteler de nouveau à la tâche s'il le faut. On m'a communiqué récemment qui serait a priori mon dessinateur et quand sortirait l'album mais ce n'est évidemment pas à moi de l'annoncer en ce jour.

Enfin, il faut que je vous parle un peu de L'Idole & le Fléau. Igor Kordey a déjà encré 25 pages sur 54. Comme on le sait, il va très vite. L'album pourrait donc sortir dès ce premier semestre 2009, sans doute en mai. Je pense qu'il s'agit d'une de mes meilleures histoires. Voici le pitch :
C'est le 18 juin 2005 que le fléau a commencé. Ce jour-là, des milliers d'enfants sont morts, sans explication, leur coeur cessant tout simplement de battre. Les jours suivants, le phénomène a continué et on s'est aperçu que plus aucun enfant ne pouvait vivre au-delà de ses 2309 premiers jours, ce qui correspond à environ 6 ans, 3 mois et 27 jours. Aucune explication scientifique, aucun vaccin, juste un fléau soudain et amené à faire disparaître l'humanité d'ici 80 ans maximum ! Le monde, bien évidemment, a été radicalement changé à partir de ce moment... En 2018, un attentat a lieu à Adelaide, Australie. Par un enchaînement de circonstances, quelques faits méconnus vont ressurgir et pourrait bien expliquer le fléau...
Une histoire très esprit comics US, avec toute une galerie de personnages authentiques qui interviennent (c'est une uchronie, rappelons le) : Carl Sagan, Cole Porter, Ian Fleming, Alan Turing ou encore Mike Mignola himself ! (l'auteur de Hellboy pour ceux qui ne le sauraient pas).
Je n'ai peut-être pas le droit, mais je ne résiste pas : voici la toute première planche de ce projet, qui fera 4 tomes et qui sera publié chez 12Bis, la maison d'édition qui monte...

Le Bal des Actrices **


de maiween le besco avec maiween le besco, karin viard, jeanne balibar, melanie doutey, marina fois, julie depardieu, charlotte rampling, joey starr

Maiween veut tourner un documentaire sur les actrices, de tous genres, caractères et notoriété...

Mais oui, une avant-première ! et LA avant-première, dans les fauteuils cuir du Publicis, avec l'équipe du film et une floppée de gonzesses (Estelle Lefebure pour sa robe plongeante, Linh Dan Pham pour son charme, Marina Fois parce que c'est elle, Charlotte Rampling hors catégorie parce qu'on ne la croise pas tous les jours) et des pipoles comme s'il en pleuvait, sans compter, sûrement, dans la salle, "ceux qui comptent" dans le ciné francais. Bref, marrant, pour un film sympa, frais, assez léger, (pas évident avec Maiween) qui convient bien à l'ambiance. Si on voulait pas être gentil, on se dirait que les névroses légèrement nombrilistes des soeurs Le Besco, trés à l'aise dans le petit monde du ciné francais, n'intéressent pas tant de monde que ça, mais elles savent le faire avec un certain talent, même si on croit plus à Isild qu'à Maiween. On a déja vu cela, le vrai faux docu, le meilleur scénario, au moins sur le papier, étant "grosse fatigue" de michel blanc, on oubliera "les acteurs" de Blier (assez présent ici, comme dans la salle. que des stars on vous dit !). Mais Maiween prend le parti d'aller au bout d'une certaine caricature de chacun parfois déconcertant, car il y en a qu'on "reconnait" (Depardieu, Lefebure, Muriel Robin) et d'autres où c'est tellement poussé qu'on ne sait plus si cela leur correspond (Viard et Doutey). Il y a pas mal de scènes prévisibles sur les comportements d'actrice, casting, ego mis à l'épreuve, c'est un brin répétitif. La bonne idée -dans l'air du temps- de faire un peu de comédie musicale pour chacune. Et finalement on se dit que tout le film tourne autour du "couple" que forme Maiween et Joey Starr, parce que cela ressemble à une vrai déclaration à Joey (plutot très bien dans ce film, "nature", il fait du bien, ca rigole). Sauf qu'il joue le role "de fiction" de son mec alors que pendant le tournage, ça a été "pour de vrai". compliqué, on est en plein vertige de le création artistique, le vrai du faux, etc. Enfin pour résumer, Joey Starr sort avec Maiween. le besco.

14 janvier, 2009

Patrick McGoohan


Décidément, beaucoup de nostalgie anglaise cette semaine... Annonce soudaine ce soir de la disparition de Patrick McGoohan, l'éternel Prisonnier. Je ne serai pas le seul à exprimer toute l'admiration que l'on pouvait avoir pour cette série télé cultissime, au moins cinquante ans en avance sur son temps.
Déjà, elle possédait le pitch le plus génial que l'on connaisse : "un homme se réveille dans un village. Il essaye d'en sortir"... A partir de là, tout est possible. Ensuite, on ne s'est toujours pas remis de ses approches fantastiques, notamment le rover, le ballon blanc qui sert de rôdeur. Croyez-moi, quand on a dix ans et qu'on voit ça à la télé (française, TF1, le samedi après-midi au début des années 70, il y avait toute une émission où les séries étaient classées par genre et par style et il fallait voter pour voir un épisode de la série qu'on préférait... vous vous en souvenez peut-être) on est marqué pour la vie ! Bref, cette série reste toujours pour moi ma préférée de tous les temps, même si elle a forcément vieilli au niveau du rythme et de quelques scènes un peu statiques, mais j'ai revu les 17 épisodes il y a trois ans et je peux vous dire qu'il y avait encore pas mal d'épisodes qui m'avaient scotché.
On peut trouver pas mal d'hommages au Prisonnier dans quelques uns de mes albums, notamment dans ApocalypseMania, avec la scène des échecs dans le T1 (Jacob est habillé comme le n°6), la 4e de couverture du Cycle 1 (où Jacob reprend la position sur le fauteuil de l'avant-dernier épisode) et je peux même vous révéler que l'avant-dernière case de la dernière planche du dernier album (qui sortira début 2010) aura comme dialogue : "bonjour chez vous !"
Au passage, il faut quand même rendre hommage à la personne qui doublait Patrick McGoohan en français : Jacques Thébault. Une bonne part du charisme du Prisonnier venait de lui.
Le dernier grand rôle dont je me souviens en ce qui concerne McGoohan était sa participation à un épisode de Columbo : Votez pour moi, où il faisait un assassin jouissif.
En 2005, deux ans avant le 40e anniversaire du Prisonnier, j'avais concocté un scénario de BD qui essayait à la fois de rendre hommage à la série et d'aller peut-être au-delà. Je vous raconterai peut-être cette idée un jour. J'avais eu l'envie folle de m'associer avec Fabien Nury pour ce projet et nous avions déjeuné ensemble. Je lui avais exposé mon pitch et il m'avait alors déclaré, sans appel : "tu cherches une collaboration entre scénariste, mais tu viens de me parler en producteur".
Sacré Fabien !
En tout cas, be seeing you, Mr McGoohan...

13 janvier, 2009

Un revenant...


Il faut que je vous dise que je me suis équipé cet été d'une nouvelle parabole qui me permet, grâce au terminal Freesat, de capter la plupart des chaînes hertziennes d'Angleterre. Dimanche soir, je zapais sur Channel 4 quand je tombe sur une émission un peu débile, Wife Swap, où deux maîtresses de maison échangent leur position et vont donc vivre chez l'autre et s'occuper ainsi du mari et de la maison avec tous les problèmes que cela peut engendrer... Vous voyez le genre. J'allais zapper à nouveau quand je vois que l'émission est consacré à des celebrities et qu'il me semble reconnaître un personnage... Ma femme me dit tout de suite que ce doit être un rappeur américain : au niveau gabarit et façon de parler, ça ressemblait, en effet. Mais j'avais un doute car il me semblait bien reconnaître... Mais oui ! C'était bien lui ! Alexander O'Neal en personne !
Voilà qui me propulsait instantanément vingt ans en arrière quand j'achetais fébrilement tous ses maxis, que mon ami El Bacos allait fiévreusement me chercher à Londres. Alexander O'Neal ! L'ancien membre de The Time, brouillé avec Prince ! Alexander O'Neal, produit par les légendaires Jimmy Jam et Terry Lewis ! Alexander O'Neal, l'immortel chanteur du tube Criticize (1987) ! L'auteur du meilleur album de chansons de Noël que je connaisse(My Gift To You, 1988) ! Remixé ensuite par Frankie Knuckles et David Morales pour All True Man et What Is This Thing Called Love (1991) ! Bref, un mec qui a sacrément compté pour moi !
Eh bien, Alexander O'Neal existe toujours, merci pour lui, mais il faut s'accrocher : il vit avec sa 3e femme (Cynthia) aux Etats-Unis et à Londres, il a huit enfants, il doit peser 150 kilos, il boîte, il parle même parfois difficilement, il chante dans des clubs le soir devant trente personnes, il reste au lit jusqu'à midi, où il prend d'ailleurs son déjeuner en restant allongé (si, si) et il s'énerve quand un photographe est légérement en retard pour une séance de shooting...
Une vision assez triste d'un grand monsieur de la scène dance-soul-R&B des années 80 et 90, qui m'a fait un peu mal au coeur, je l'avoue. D'ailleurs, depuis deux jours, je réécoute ses titres, et eux franchement, ils ne vieillissent pas...

Alexander O'Neal Top 10 :

A Broken Heart Can Mend
(What Can I Say) To Make You Love Me
Criticize (+ original remixes)
My Gift To You
Thank You For A Good Year
All True Man (Classic Club Mix)
Love Makes No Sense
Since I've Been Loving You
Aphrodisia
All That Matters To Me

10 janvier, 2009

Frozen River ***


de courtney hunt avec melissa leo, misty upham, charlie mc dermott

Petite ville US en hiver très froid prés du Canada, Ray, seule avec ses deux enfants, se retrouve à faire passer des clandestins pour gagner de l'argent, avec sa voiture. Avec une jeune indienne mohawk, lila.

L'année commence à de hautes altitudes, c'est rare. Le film indépendant US parfait, scénario original, ton maîtrisé, grande interprétation, de l'action tout en étant grave et montrant une réalité de la vie américaine. A la fois autour de ce "boulot" de faire passer des immigrés illégaux dans le coffre d'une bagnole, et la vie de démerde surtout, sujet principal du film, théme plus que d'actualité, d'une famille US pas dans la misère totale mais en permanence à essayer de gratter, de faire des compromissions, ou pas, d'être dur au mal tout en, se faisant avoir bien souvent. Pas la peine d'appuyer les situations et les personnages, c'est chacun se démerde, avec les moyens qu'il a. Melissa Leo incarne parfaitement cette femme, plus trés jeune, "usée" on dira, pas mère courage mais qui essaye de surnager. Et belle histoire avec Lila, un melo autant qu'un thriller finalement, mais sans aucune facilité, assez impressionnant comme la réalisatrice maitrise l''ensemble, avec des situations pas évidentes, les enfants ou ce bébé perdu, superbe épisode, trés sobre. Un de ce films qui savent rentrer dans le vrai quotidien tout en racontant une histoire, sans ennuyer, et sans dramatiser surtout, il y un épilogue qui fait du bien, sans chercher le happy end.

06 janvier, 2009

Palmarès ciné 2008

On l'attendait fiévreusement, voici le Top 10 2008 cinéma de notre chroniqueur El Bacos, qui a réussi l'exploit d'aller 136 fois dans les salles obscures l'an dernier...

1 – The visitor (Tom Mc Carthy) & La Zona (Rodriguo Pla)
3 - The Dark Knight (Christopher Nolan)
4 - Two lovers (James Gray)
5 - Un coeur simple (Marion Laine)& Le silence de Lorna (Jean-Pierre et Luc Dardenne)
7 - Wall E (Andrew Stanton)
8 - Les liens du sang (Jacques Maillot)
9 - Vicky Cristina Barcelona (Woody Allen)
10 - Khamsa (Karim Dridi) & Surveillance (Jennifer Lynch)

05 janvier, 2009

Voeux 2009

Au passage, voici le petit flyer que j'ai envoyé à mes amis et relations de la BD pour cette nouvelle année :

Une année 2008 : sport auto

Alors qu'hélas les perspectives sont tout de même sombres pour l'année 2009 au niveau de quelques disciplines qu'on aime bien, force est de constater qu'on a connu une année 2008 relativement exceptionnel : une F1 à sept vainqueurs (dont trois nouveaux !), un Polonais en tête d'un Championnat du Monde, un Français présent à temps plein, un titre qui change de tête deux fois en quarante secondes dans la dernière manche, excusez du peu ! Année historique aussi en WRC avec un Sébastien Loeb qui réécrit l'histoire de son sport, année fabuleuse en ALMS, avec les meilleures courses d'endurance depuis dix ans, année toujours aussi spectaculaire en V8 australien, sans oublier une édition des 24H du Mans qui fait encore parler d'elle sept mois après !

Bref, chapeau bas messieurs les pilotes et voici mon classement annuel de leur hiérarchie :

(New) 50. Alexander ROSSI (USA, Formule BMW)
(New) 49. Carlo VAN DAM (NED, Formula 3 Nippon)
(New) 48. Jules BIANCHI (FRA, F3 Euroseries)
(New) 47. Christian KLIEN (AUT, Le Mans, ALMS)
(New) 46. Bruno SENNA (BRA, GP2)
(New) 45. Sébastien OGIER (FRA, JWRC)
(New) 44. Edoardo MORTARA (ITA, F3 Euroseries)
(New) 43. Brendon HARTLEY (N-Z, F3 UK)
(+6) 42. Jari-Matti LATVALA (FIN, WRC)
(New) 41. Giorgio PANTANO (ITA, GP2)
(New) 40. Gil de FERRAN (BRA, ALMS)
(New) 39. Jaime ALGUERSARI (ESP, F3 UK)
(New) 38. Jeroen BLEEKEMOLEN (NED, Porsche Supercup)
(New) 37. Jarno TRULLI (ITA, F1)
(-9) 36. Nick HEIDFELD (ALL, F1)
(New) 35. Ryan BRISCOE (AUS, IndyCar, ALMS)
(New) 34. Nico HULKENBERG (ALL, F3 Euroseries)
(+7) 33. Fabrizio GIOVANARDI (ITA, BTCC, V8)
(New) 32. Jos VERSTAPPEN (NED, LMS)
(-14) 31. Tony KANAAN (BRA, IndyCar, ALMS)
(-16) 30. Nico ROSBERG (ALL, F1)
(+16) 29. Timo GLOCK (ALL, F1)
(New) 28. Mark WINTERBOTTOM (AUS, V8)
(New) 27. Chris ATKINSON (AUS, WRC)
(-4) 26. Stephane SARRAZIN (FRA, LMS, ALMS, Rallye)
(New) 25. Tom KRISTENSEN (DAN, DTM, Le Mans)
(-18) 24. Sébastien BOURDAIS (FRA, F1)
(New) 23. Simon PAGENAUD (FRA, ALMS)
(-12) 22. Mikko HIRVONEN (FIN, WRC)
(+18) 21. Paul DI RESTA (ECO, DTM)
(New) 20. Helio CASTRONEVES (BRA, Indy Car, ALMS)
(New) 19. Franck MONTAGNY (FRA, Le Mans, Champ Car, ALMS)
(New) 18. Carl EDWARDS (USA, Nascar)
(+20) 17. Scott DIXON (NZ, Indy Car, ALMS)
(-12) 16. Romain DUMAS (FRA, ALMS, Le Mans)
(+16) 15. Yvan MULLER (FRA, WTCC)
(New) 14. Timo SCHEIDER (ALL, DTM)
(-10) 13. Kimi RAIKKONEN (FIN, F1)
(-1) 12. Garth TANDER (AUS, V8)
(+1) 11. Jimmie JOHNSON (USA, Nascar)
(New) 10. Kyle BUSCH (USA, Nascar)
(-1) 9. Felipe MASSA (BRA, F1)
(New) 8. David BRABHAM (AUS, ALMS)
(+8) 7. Jamie WHINCUP (AUS, V8)
(+7) 6. Robert KUBICA (POL, F1)
(+13) 5. Sebastian VETTEL (ALL, F1)
(+12) 4. Allan McNISH (ECO, Le Mans, LMS, ALMS)
(+2) 3. Fernando ALONSO (ESP, F1)
(-) 2. Lewis HAMILTON (GB, F1)
(-) 1. Sébastien LOEB (FRA, WRC)

29 décembre, 2008

Une année 2008 : BD



Tout d'abord, commençons par l'élection rituelle de ma BD préférée de l'année. Et cette année, nouveauté, il y en aura deux ! C'est comme ça, il faut bien que cela arrive, pour la première fois depuis presque trente ans ! Bravo donc au Petit Livre Rock d'Hervé Bourhis (Dargaud) et Le Goût du Chlore de Bastien Vivès (Casterman). Le premier, même si sorti en novembre 2007, s'en sort avec la mention plus que très bien. Pour un fan absolu comme moi de musique pop-rock et ayant tout suivi de l'actualité de ce secteur jusqu'à la fin des années 90, j'ai appris plein de choses, c'est dire ! Le second touche le gros lot avec une histoire simple et touchante d'un jeune homme à peine sorti de l'adolescence, obligé d'aller régulièrement à la piscine pour des questions de santé, et marqué par la présence d'une jeune femme avec laquelle se noue une relation pudique et sensuelle, à deux doigts d'un amour qui pourrait être fou si on ne sentait d'emblée qu'il est de toute façon impossible... Une histoire sensible, tout en demi-teinte à l'image de ces grandes cases turquoises où l'on croit littéralement sentir le chlore de la piscine. Une dernière partie de récit un peu moins évanescente et diffuse, selon moi, aurait permis à ce livre de l'emporter tout seul mais je crois que Bastien Vivès n'a pas besoin de moi pour percer maintenant au plus haut niveau tant il a été distingué par ailleurs pour son livre !

De mon côté, l'année 2008 aura été marquée par la parution des deux premiers tomes de L'ultime Chimère (Glénat). Si j'en crois le rapport annuel de Gilles Ratier issu de l'Association des Critiques et Journalistes de Bande Dessinée (ACBD), il y a eu 3 592 strictes nouveautés en 2008 (soit pratiquement dix par jours !) dont 1 547 franco-belges. C'est dans ce bloc que je me situe et plus particulièrement dans les 1 271 albums faisant partie d'une série. Sur ces 1 271, 95 tirent à au moins 50 000 exemplaires (=7,4 %). Pas de miracle, vous vous en doutez, je fais bien partie des 92,6% restants ! En revanche, je lis aussi que le chiffre moyen concernant les ventes se situe aux alentours des 6 000 exemplaires : là, j'ose dire que je suis au-dessus ! C'est déjà ça !
Aujourd'hui, avec quelques mois de recul, j'ai tendance à penser que le T1 de L'ultime Chimère est un peu trop sage et statique. Ce n'était sans doute pas le début idéal et percutant qui aurait été souhaitable. Sauf que cette série n'a pas été spécialement conçue comme un blockbuster, car elle s'attache avant tout à des destins humains très précis, presque intimistes... On verra bien, mais c'est sûr que c'est en 2009 que tout va se jouer.

Pour les prochains mois, justement, j'aurais a priori le plaisir de sortir les cinq albums suivants :
- L'ultime Chimère T3 (Glénat, avec Héloret, Griffo et Mangin) - en mars
- ApocalypseMania Cycle 2 T2 (Dargaud, avec Aymond) - en avril
- Speedway T1 (Dargaud, avec Siro) - en septembre
- L'ultime Chimère T4 (Glénat, avec Meddour et Griffo) - en septembre
- L'Idole & le Fléau T1 (12Bis, avec Kordey) - à une date encore indéterminée mais qui pourrait bien être à la rentrée aussi. Je vous en parlerai bientôt un peu plus...

L'année 2008 aura pour moi été marquée par beaucoup d'écriture, et la promesse de nouveaux projets :
- Bandaiyan : un roman graphique de 500 pages qui se fera chez Glénat avec Philippe Nicloux au dessin et qui racontera quelques chroniques de la Terra Australis entre les années 1783 et 1796...
- Espace Vital : là aussi chez Glénat, une histoire à base fantastique en trois tomes dont nous cherchons toujours un dessinateur.
- Billy : il s'agit donc d'un XIII Mystery et cette perspective reste évidemment un de mes grands "événements" de l'année écoulée... Tout se passe très bien avec Jean van Hamme, qui est un lecteur scrupuleux et qui ne laisse rien au hasard, agissant comme un véritable coach... Il faut se remettre sans cesse sur l'ouvrage, mais cela me semble normal, jamais je n'aurais eu la prétention de penser que tout aurait été nickel du premier coup. J'en suis à la page 37 sur 54, Jean m'a demandé quelques corrections sur la dernière séquence, ce que je vais faire très vite afin de continuer et de boucler certainement l'album au cours du premier trimestre 2009. Ensuite, je suis bien incapable pour l'instant de vous dire quand et avec qui se fera vraiment cet album.
- Un long Destin de Sang : un nouveau projet qui devrait se concrétiser très vite ces prochains jours chez 12Bis avec Fabien Bedouel au dessin, dans le cadre de la Guerre de 14.
- Suburbia : un projet que je vais travailler ces prochains mois et que je tenterai de proposer, je vous l'annonce, chez un éditeur avec lequel je n'ai pas encore travaillé. Il faut bien varier les plaisirs, non ?

Voilà, j'ai encore de quoi vous raconter des choses sur ce blog en 2009 ! Bonne année à tous !

Australia **


de baz Luhrmann, avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, David Wenham

Australie, Territoire du Nord entre 1939 et 1941. Lady Sarah Ashley récupère une demeure familiale à la mort de son époux, assasiné. Faisant face à un riche propriétaire qui vetu ses terres, elle trouve l'amour en la personne d'un convoyeur de bêtes et un quasi fils adoptif avec un jeune aborigène menacé de déplacement de force...

Pour une fois, j'usurpe la place qui revient à mon éminent critique ciné El Bacos pour prendre la parole et évoquer ce film qui ne pouvait que me "toucher" car traitant de l'Australie. Côté décors et réalisation, pas de déception, c'est plutôt top et haut de gamme, bien aidé par un montage efficace. Les paysages naturels sont évidemment sublimes, même si j'attendais un peu plus de variété, mais on pourra ergoter sur la reconstitution de Darwin, très embryonnaire et un peu trop marquée à la palette graphique. Côté histoire, on a deux niveaux : le premier raconte le parcours de Kidman (rien à lui reprocher), qu'on connait d'avance et qui se déroule "comme au cinéma" : l'arrivée en lady ridicule, les gars du coin qui se bagarrent, la décision de rester, l'histoire d'amour avec Jackman (beau mec, c'est sûr)... Il n'y a là-dedans aucune surprise ni aucune nuance et c'en serait presque désespérant, avec pas mal de scènes qui sont limite ratées. Le deuxième volet permet heureusement de sortir du cadre convenu via le personnage de Nullah, formidable petit garçon mi-blanc mi-aborigène qu'on veut placer de force dans une mission en vue d'une politique d'assimilation dont on sait qu'elle demeurera à tout jamais comme une tâche dans l'histoire de l'Australie. La thématique est évidemment à ce moment-là moins facile et plus douloureuse, même si les clichés aborigènes défilent à la chaîne (le grand-père sorcier, ses pouvoirs, le serpent arc-en-ciel...). Là aussi, il y avait peut-être moyen de faire un peu plus subtil... En résumé, il faut oublier le contenu pour se laisser bercer par un contenant qui a de la gueule et qui permet un vrai dépaysement sans trop d'exigences. La scène où les bêtes s'affolent et se dirigent vers un précipice est impressionnante... jusqu'à sa conclusion, trop facile.

Update :
Et voici maintenant pour être complet la critique d'El Bacos :

Australia *
On pouvait craindre une plus grande cata... mais renvoyer ce film à "autant en emporte le vent" ou "out of africa" fait quand même sourire, même si c'est l'ambition de Luhrmann. Réalisateur sauvé par son talent, on n'a pas fait "romeo + juliet" et surtout le trés bon "moulin rouge" sans en avoir. Il a son parti pris de ne pas faire dans le sobre, d'en rajouter dans l'image, la musique, les décors, quitte à faire kitsch et volontairement artificiel, dans une sorte de chromo de "cinéma d'avant" idéalisé, et assumé. Il faut l'accepter, cette fresque historique, mélo, etc. sauf que ca ne colle pas toujours au film, dont le principal atout pourrait être le décor naturel australien, mais à force de faire des images en carton pâte ou avec effets spéciaux (la fuite des animaux de l'élevage), avec filtres de lumières à gogo, on perd de tout ce naturel australien. Le fait est que ce film se déroule sans surprise, trés calibré, mais à force, il ne dégage absolument aucune émotion, mais vraiment aucune, ni larmes ni rire. Disons le, si on pleurniche à cette histoire, faut vraiment être quelqu'un de trés trés sensible... On ne s'emmerde pas vraiment, plutot une sorte d'ennui poli... Heureusement tout de même que les Japs attaquent Darwin au bout de 1h40 des 2h40 de film... Cela donne quelques scènes de bataille plutot réussies et un peu de nerf. Pas trop envie d'insister sur le plus que politiquement correct de la production Fox qui nous donne de l'aborigène en veux-tu en-voilà, ca s'appelle même plus régler une dette à ce niveau de clichés, tellement ils ont le beau rôle, pire que des Chtis (dans tout feuilleton, il y a un fil rouge...). Bref, malgré l'ampleur du film, on se demande quand même quel est son intérêt. Pas aidé, et c'est rare de le dire, par son casting. Jackman... même dans ce role très basique de cowboy qui serre les dents et verse sa larme, il est rapidement en surchauffe, plus facile de jouer un "X men"... Il n'est pas bon acteur, c'est tout. Mais il est aussi tellement baraque du torse (ah ça on les aura vu ses pectoraux velus) qu'il ressemble à un personnage de dessin animé limite difforme. Quant à la kidman... son rôle est evidemment pas trés léger, surtout au début, à grands coups de grimaces outrées de lady anglaise... mais cette fille a joué un Kubrick et a fait "Dogville" de Von Trier quand même !!! C'est peu de dire que son pic de carrière artistique est dépassé, ça fait des années ("l"interprête" ?) qu'elle ne sort rien de convenable. Avec un couple d'acteurs vedettes au physique un peu bizarre, le film ne part avec les meilleurs atouts. à vouloir trop faire "à la manière de", Luhrmann patine, comme écrasé par son ambition.

Louise-Michel **


de benoit delepine / gustav kuerven avec yolande moreau, bouli lanners

Village de Picardie, le patron délocalise brutalement, "Louise - Jean Pierre" propose de liquider le patron avec leurs primes, elle engage "Michel - Cathy" pour faire le boulot. Mais qui est le vrai patron responsable ?

Ne faisons pas la fine bouche, un film en apparence inégal, à boire et à manger, un peu plombé par quelques tunnels, volontaires, mais qui font un peu décrocher, n'enpêche il y a la dedans plus d'originalité et de bons gags que dans une dizaine de films de "comédies françaises standards", alors autant se réjouir d'avoir les Grolandais qui nous sortent encore un film aussi différent, comme "Aaltra" et "Avida" ou de la famille de Lanners justement ("Eldorado") sans oublier le finlandais Kaurismaki, tous de la même veine. On évite le Nord mais on va en Belgique... enfin, coté "simili Chti", on peut cocher les cases "alcoolique" et "chomeur" de la banderole... rien de tel en cette période de célébration 2008 pour Dany Boon ! Film drôle dans son côté anar, politiquement pas du tout correct mais jamais sans chercher une provoc gratuite, il y a du vrai "social" là-dedans sans que cela soit démago ou insistant, comme le fait d'être touché/amusé que Michel choisisse des malades en phase terminale pour exécuter un patron, qu'il n'a pas le courage, en looser mytho de faire. Le piège est que le film "plaise trop", un peu comme Groland, parce que top crédible et que ca donne bonne conscience de trouver ça drôle, comme une sorte de snobisme de nantis... Donc évitons le syndrome "film culte", même s'il n'y échappera pas et profitons juste de l'instant. Delepine/Kuerven jouent quand même un peu ce jeu "parisien", sans trop y prendre garde avec les cameos de Poelvorde, Kassovitz, Katerine, Duponteil... pas essentiel. Ceci dit Poelvorde qui fait des expériences en faisant exploser des avions miniatures dans des tours, c'est marrant, ainsi que Kassovitz qui gère une ferme biologique bobo-isante (avec les "toilettes séches" !). Les deux acteurs principaux trés bien, on ne peut pas dire que Moreau soit trés attachée à son image, c'est courageux, ça lui ressemble !

22 décembre, 2008

Une année 2008 : RMC

J'entame aujourd'hui une sorte de bilan de l'année 2008 en ce qui me concerne. Avant de découvrir les articles consacrés au sport auto et à la bande dessinée, voici le premier d'entre eux, consacré à mon métier d'animateur radio à RMC.
J'ai toujours adoré ce médium, si ce n'est qu'étant étudiant en journaliste, je me suis rendu compte que j'étais moins mauvais que d'autres en télé (qui, qu'on le veuille ou non, stresse beaucoup) et puis j'ai toujours dit que j'aimais mieux la télévision parce qu'on part en reportage en équipe, alors qu'on est le plus souvent seul en radio.
Mais, il y a maintenant deux ans, quand l'occasion s'est présentée d'intégrer RMC je n'ai évidemment pas hésité car il s'agissait d'animation et non de reportage - et là, j'adore, car on est seul en direct et aux commandes de la station ! Une lourde responsabilité tout de même.
Vous le savez sans doute, l'émission s'appelle donc Motors et elle est diffusée tous les dimanches entre midi et 14h (entre midi et 13h15 les jours de Grands Prix). Nous sommes désormais trois à la présenter en alternance : Jean-Luc Roy (présentateur historique de la tranche depuis six ans, commentateur de la F1 sur RMC et président de Motors TV), Marc Minari (ancien présentateur et rédacteur en chef à TF1 pour l'émission Auto Moto) et moi-même. Chacun son style, mais les audiences progressent et je ne crois pas trahir de secret en vous annonçant que près de 600 000 auditeurs nous écoutent chaque dimanche...
Il y a deux jours, nous avons fait notre traditionnelle émission de Noël, avec les trois animateurs pour une fois tous réunis autour de la table ! Une émission où la bonne humeur a régné, et je peux vous dire que c'est dommage que vous n'entendiez pas ce qui se dit parfois pendant les pubs... Si cela vous intéresse, vous pouvez la réécouter ici.
Petite galerie photo en attendant :

Voici votre serviteur en tel qu'il est lorsqu'il officie dans le micro :


Puis, voici Jean-Luc et Marc en action également :


Et enfin, en coulisses, Marc et Julien Fébreau, l'envoyé spécial de RMC sur les GP F1, en pleine recherche de documentation pour avoir quelque chose d'intelligent à dire, ce qui n'est manifestement pas gagné :

15 décembre, 2008

Le Plaisir de chanter ***


de ilan duran cohen avec marina fois, lorant deutsch, jeanne balibar, julien baumgartner

Deux agents secrets francais, l'une, chef, en manque d'enfant, amoureuse de l'autre, en chasse d'une veuve qui détient des secrets. Ils la suivent, comme d'autres, dans un cours de chant

Comme c'est réjouissant de voir un film français pareil, tellement imprévisible, tellement bien écrit, tellement sûr de se planter aussi, quasiment évident que cela ne peut pas marcher... Cohérent avec ce que Duran Cohen avait fait il y a 8 ans, "La Confusion des Genres". Un mélange de film d'espionnage -total prétexte bien sûr-, de chants -place importante, y compris la variétoche- et de sexe, ça couche de tous les côtés, et ça y va gaiement, pas évident de mettre quasiment tous les acteurs à poil sans oublier de belles scènes pas du tout consensuelles comme "la petite pute" Julien qui se branle en chantant du Schubert devant Balibar... Bref, un mélange entre du Blier, pour la provoc, le changement de ton, les dialogues drôles et travaillées (Blier en forme, donc il y au moins 20 ans...) et du Lelouch (en forme aussi) pour ces différents genres, cette facon différente de filmer, et l'impression de voir ces acteurs sous un autre jour. Casting riche dominé par une excellentissime Marina Fois, son registre trentenaire pince sans rire et déprimée poussé à son maximum, au niveau de "J'me sens pas belle", et de Balibar, qui joue la fofolle sur son nuage. Un film qui passe et passera inapercu mais qui fait un bien fou... En plus, on a des chansons qu'on aime bien, Balibar fait une version francaise de "i'll stand by you" et Fois chante (mal) "don't dream it"over" de crowded house...