03 août, 2010

Inception ****

de christopher nolan avec leonardo di caprio, ellen paige, joseph gordon lewitt, marion cotillard



Cobb, espion industriel, pénètre dans les rêves de ses victimes, et les influence dans leur subconscient. il est aussi recherché pour la mort de sa femme, qui l'obsède. il tente un gros coup avec son équipe sur le vol sydney-los angeles conte l'héritier d'une multinationale.

 
Dans quelques... décennies, on se rappellera que des réalisateurs ont eu des périodes fastes, enchainant les grands films, comme on dit de Scorcese ou Coppola des années 70 par exemple. De James Gray, l'américain par exemple sur cette décennie 2000. Ou du british Christopher Nolan dont on savait dès "Memento" que ce gars avait un énorme talent, mais pas certain qu'il puisse avoir les moyens de mettre en scène son imaginaire. la réussite du grandiose "the dark knight", lui permet d'avoir carte blanche chez Warner, et tant mieux. car il y a eu / il y aura peu de films "blockbusters US de l'été" de la qualité et l'exigence de ce "Inception". Scotchant. vertigineux. Pas la même approche noire voire dépressive que le Batman mais un talent de raconter une histoire, totalement dans le genre fantastique, un scénario de très haut vol tout en restant compréhensible, si on s"accroche un peu, rien de ces films à l'apparence brillante mais fumeux et creux, masqués par des effets spéciaux (type "Matrix"). alors oui il y a sans doute du Kubrick comme inspirateur, mais il a la trempe pour le faire, pas comme Spielberg qui semble totalement incapable d'aller dans cette complexité. Ni James Cameron d'ailleurs vu le niveau de complexité très relative d'"Avatar". Ces histoires d'"extraction de rêves", et cette longue séquence du vol en avion, avec quatre niveaux de rêves qui se superposent, est vraiment vertigineuse, des scènes comme celle des bagarres en apesanteur, de la ville moderne au bord de la mer (au dernier niveau du rêve) sont mémorables. des effets spéciaux, bien sûr, mais qui rendent crédible cette histoire folle. Pas besoin de "3D", surtout pas. Le grand mérite de Nolan est de savoir mêler des scènes du film d'espionnage avec les scènes plus intimes autour du personnage de Cobb, laissant même la main - le rythme- à la partie "intime", le rythme se ralentit, plutôt osé alors que le cahier des charges Hollywood demande toujours plus de poursuites et coups de feu . 2h30 tout de mêmes éprouvantes, même si on en a plein les mirettes. La musique de Zimmer pèse parfois par son omniprésence mais pas mal de thèmes de synthé pluton planant sont parfaitement en phase avec le film. Comme Nolan, di caprio enchaine depuis quelques une filmo assez impressionnante de gros films US, à succès, et avec une vraiment ambition.
 
PS : J'interviens rarement sur les critiques ciné d'El Bacos, sauf quand je suis, évidemment, en désaccord avec lui. Pour Inception, j'irais même jusqu'à parler de la déception de l'année, tant a priori tout était réuni pour un enthousiasme légitime. Et puis patatras, un scénario qui se complique exprès et qui se mord la queue, pas si compréhensible que ça en fait, l'enchaînement des rêves imbriqués devenant même une façon de masquer, selon moi, une certaine vacuité. Pendant tout le film, je me suis dit : pourvu qu'il ne se réveille pas dans l'avion à la fin se rendant compte que ce n'était pas ce qu'il croyait... Paf, en plein dedans ! Pas convaincu non plus par Marion Cotillard (est-ce elle ou son personnage, je n'ai pas encore résolu la question) et surtout pas par la scène interminable du nid d'aigle dans la neige (hommage à James Bond époque L'Espion qui m'aimait ?)... Bonnes scènes parisiennes et d'apesanteur en revanche, on est d'accord, bonne idée sur les enfants qui ne tournent pas la tête... Too much à bien des égards malgré tout.

02 août, 2010

F1 : GP de Hongrie - Schumacher pas marrant


A force de le voir un peu largué quand même depuis le début de l'année, on en avait oublié que Schumi était l'auteur du plus grand nombre de coups fourrés dans une carrière de pilote F1... Senna, à côté, fait enfant de choeur. Son aura et sa retraite avaient un peu fait oublier toutes les casseroles qu'il trainaît depuis ses débuts en 92 et dont les accrochages avec Damon Hill (Adelaide 94) et Jacques Villeneuve (Jerez 97) ne sont que les plus connues... Hier encore, il n'a pas pu s'empêcher d'aller tasser Barrichello dans le mur alors que ce dernier lui ravissait la 10e place... C'est évidemment de ce genre de bois dont sont faits les champions d'exception, mais là ça ne fait plus illusion. Ce type est le plus grand mauvais perdant de la planète et pour moi ce n'est pas un compliment.
Sinon, Vettel s'est (encore) pris les pieds dans le tapis et a permis à Webber de signer une nouvelle victoire mais on a cinq pilotes désormais groupés en vingt points seulement et il reste sept GP à disputer... Ca promet.

Les étoiles de l'Hungaroring :
*** : Webber
** : Alonso, Petrov, De La Rosa, Kobayashi
* : Vettel, Hulkenberg, Barrichello

Le classement après 12 GP :
Hamilton : 16
Webber : 15
Alonso : 14
Button : 13
Vettel : 12
Rosberg, Kobayashi, Petrov : 8
Kubica, Sutil : 7
Barrichello : 6
Massa : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Liuzzi : 3
Buemi, Hulkenberg, De la Rosa : 2

26 juillet, 2010

F1 : GP d'Allemagne - Haro sur Ferrari


Ah ! Quinze jours après l'épisode de l'aileron avant de Red Bull, voici le scandale Ferrari avec un ordre à peine déguisé lancé à Massa pendant la course de laisser passer Alonso... lequel, sans pitié et sans états d'âme, ne voulait pas que Massa gagne ce GP un an après avoir failli mourir sur l'Hungaroring. Dommage, la F1 aurait pu écrire une nouvelle belle histoire, elle devra se contenter des accusations de magouille qui sont assez récurrentes. Certes, on n'en est pas au drame vécu en 2002 en Autriche (où Jean Todt avait ordonné à Barrichello, devant les caméras, de laisser passer Schumacher alors qu'on n'en était qu'au 4e GP de la saison...), mais il y a bien eu intervention du muret pour demander à un pilote de s'effacer devant l'autre. C'est toujours dommage d'en arriver là, même si, je le dis franchement, la victoire d'Alonso est plus intéressante pour le championnat. Ne nous faisons pas plus royalistes que le roi, il y a beaucoup d'hypocrisie dans le sport en général et la F1 en particulier, ce GP d'Allemagne a rappelé qu'il y a surtout beaucoup d'enjeux.

PS : je me suis rendu hier après-midi sur les Champs-Elysées pour assister à l'arrivée du Tour de France en compagnie de mon fils qui a bientôt 10 ans. Le genre de souvenir qui j'espère lui restera... Tout cela pour dire qu'on ne vienne pas me chercher sur le thème de la F1 qui est un sport de pollueurs et de je-ne-sais-quoi anti environnemental ! Je suis désormais sûr qu'une saison complète de F1 pollue beaucoup moins que deux heures de passage de la caravane du Tour sur les Champs...

Les étoiles d'Hockenheim :
** : Massa, Alonso
* : Vettel, Petrov

Le classement après 11 GP :
Hamilton : 16
Button : 13
Webber, Alonso : 12
Vettel : 11
Rosberg : 8
Kubica, Sutil : 7
Kobayashi, Petrov : 6
Barrichello, Massa : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Liuzzi : 3
Buemi : 2
Hulkenberg : 1

21 juillet, 2010

Tamara Drewe **

de stephen frears avec gemma aterton, roger allam, dominc cooper



Dans la campagne anglaise, au milieu d"une résidence d"'écrivains en mal d'inspiration, d'habitants qui s'ennuient, de jeunes ados accros aux people, la belle Tamara Drewe revient au pays et bouleverse tout le monde...



Stephen Frears, rarement décevant, que ce soit dans les film ambitieux, ou à gros moyens US comme il fut un temps, ou encore intimiste, ou son genre de prédilection depuis ses débuts (le grandiose "the snapper", ou "the van"), la comédie anglaise, intelligente et directe. Celle-là est une belle réussite d'été, sans prétention et impeccable. Surtout un bon timing, le rythme, avec le bon scénario pour une bonne comédie. Une fable plutôt méchante et cruelle, forçant le train comme la BD qu'elle adapte selon le principe que les personnages se révèlent quand apparait Tamara dans la village. La palme aux deux ados, surtout Judy, avec l'accent anglais bien vulgaire, qui est prête à tout pour avoir une love story avec son rocker préféré. La fin n'est pas trop conventionnelle, l'apparent happy end ne cachant pas certaines péripéties assez osées pour ce genre de film. Acteurs impeccables, notamment les 2nds rôles. et la bombesque Gemma Aterton en premier.

16 juillet, 2010

Une planche de Bandaiyan...

Notre ami Philippe Nicloux travaille toujours d'arrache-pied pour notre grand roman graphique sur la naissance de l'Australie et voici une planche (qui n'est peut-être pas terminée me dit-il, mais tant pis) extraite du Livre I. On y voit le jeune prisonnier John Hudson faire face à Black Caesar dans une barque qui les ramène à un ponton anglais... Dans quelques semaines, ils partiront pour l'Australie fonder une colonie pénitentiaire et leurs destins basculeront encore un peu plus...

Les petits Ruisseaux *

de Pascal Rabaté avec Daniel Prévost, Bulle Ogier, Hélène Vincent, Philippe Nahon


Emile, veuf retraité, dans la campagne d'Anjou, prend conscience à la mort de son camarade de pêche Edmond , qu'il y a encore à vivre, surtout auprès des femmes.

 
Comme une crainte a priori d'un film gentillet et un peu niaiseux sur les vieux et leur sexualité, crainte... pour une fois confirmée. Ce n'est pas faute que le film laisse voir d'autres aspects moins prévisibles, dans le ton drôle, avec un trait forcé, comme celui d'une BD dont l'auteur est d'ailleurs le réalisateur. On attend plus de truculence, quitte à être vulgaire. Mais à part un passage parmi des "alters" en Corrèze, quelques dialogues, et l'ambiance "village / bistrot" avec les tauliers Lochet et Charles Schneider, on reste trop dans le convenu. Comme cette scène de bal avec que des vieux vus avec une "tendresse" un peu écœurante, façon reportage télé "Strip tease". On aime bien Prévost, mais il est bien plus convainquant quand il fume un pétard (ou quand il est fourbe, comme dans "Uranus") que quand il prend son air emprunté de petit vieux timide, plutôt agaçant. Donc on n'est ni chez Mocky (rien de mieux sur le sexe et les vieux que la vulgarité des "Saisons du plaisir" !) ni chez un réalisateur comme Manuel Poirier qui filme/filmait si bien la vie à la campagne, pas forcément gaie, avec ses marginaux, mais si authentique ("à la campagne", "western"). Hélène Vincent très bien, d'ailleurs même il y a 20 ans avec "la vie est un long fleuve...", elle a toujours été bien pour jouer les "vieilles sexy"".

F1 : GP de Grande-Bretagne - Silver Webber


La F1 adore les belles histoires, et Webber en a offert deux pour le prix d'une. Il a d'abord gagné quinze jours seulement après la cabriole de l'année à Valence où il s'est quand même retrouvé la tête à l'envers à plus de 200 km/h. Ensuite, il a gagné en mettant tout le paddock dans sa poche après que Red Bull lui a enlevé son aileron avant pour le donner à Vettel lors des qualifs. D'une petite histoire interne, il en a fait (malgré lui ?) un drame épique qui ne pouvait qu'aboutir en sa faveur... Mais il est vrai que l'Australien est cette année très fort et lorsqu'il est en tête, on ne voit plus ce qui pourrait l'inquiéter désormais. Ce n'était pas le cas il y a encore quelques mois. Sinon, Vettel a intérêt à ne plus s'égarer et il serait bien avisé de dire aux dirigeants de Red Bull d'arrêter de le favoriser (soi-disant), ça ne lui réussit pas. Belle résistance des McLaren, courses épatantes de Barrichello et Kobayashi, navrante pour Schumacher à propos duquel les premières rumeurs de (nouvelle) retraite commencent à se faire entendre... Quant à Ferrari (et surtout Alonso, on a l'impression que Massa n'existe plus), on jetera un voile pudique sur un naufrage affligeant.

Les étoiles de Silverstone :
*** : Webber
** : Hamilton, Rosberg, Button, Barrichello, Kobayashi
* : Vettel, Sutil

Le classement après 10 courses :
Hamilton : 16
Button : 13
Webber : 12
Alonso, Vettel : 10
Rosberg : 8
Kubica, Sutil : 7
Kobayashi : 6
Petrov, Barrichello : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Massa, Liuzzi : 3
Buemi : 2
Hulkenberg : 1

15 juillet, 2010

Couv !



L'ultime Chimère T6 : Le Meurtre
Dessins d'Olivier Mangin, couverture de Griffo
Sortie le 8 septembre 2010 - Glénat

12 juillet, 2010

Tournée ***

de mathieu amalric, miranda colclasure, suzanne ramsy

Joachim , ancien producteur de télé, revient en France après un exil américain, avec un spectacle de "burlesque sexy", avec ses girls US, la tournée des ports de Le Havre à Toulon. Mais aussi les dettes diverses, professionnelles et affectives, qu'il a laissé en France.

Film majeur de Cannes 2010, on pourra ne pas aimer, voire s'agacer, mais par son originalité, sa personnalité, ce film d'Amalric restera dans la bilan français de l'année, il y a peu de films de ce calibre dans notre cinématographie si prévisible. Notons déjà une affiche bien réussie, ce n'est pas fréquent. Il y a quelque chose du mythique "Tandem" dans ce road movie en province, spectacle de seconde zone, personnages un peu loosers, débrouilles, rigolades et engueulades. Mais Amalric filme bien différemment, on aura lu sur l'influence de Cassavettes, elle n'est (heureusement) pas trop visible. Mais un style de réalisation, prix de la mise en scène mérité, personnel, tout en rappelant le cinéma indépendant US ou un cinéma français des 60"s/ 70's, jusqu'à la musique rock, à la fois en liberté, sans plans prévisibles et une certaine envie de faire durer les moments de "petits riens", ou l'intrigue, sur la fin, à la fois le charme et l'agacement peut être. Trop concentré par moment sur la vie parisienne de Joachim, on aimerait plus sur la vie des girls, notamment la superbe Mimi. L'anachronisme de ces pures américaines dans un décor très français fonctionne parfaitement. Malgré les longueurs, un esprit de légèreté, d'oubli de l'age, des soucis, dans les coulisses du spectacle et de la troupe.

05 juillet, 2010

A propos de la science-fiction


Sur ce cliché, vous pouvez admirer le profil de Jean-David Morvan qui était assis à côté de moi samedi après-midi pour une conférence à laquelle nous avons participé durant Japan Expo à Villepinte. Au menu de ce débat animé par Didier Pasamonik : la science-fiction ! Vaste sujet s'il en est, et c'est vrai que sur mes 30 albums de BD à ce jour, j'en compte au moins 13 qui sont de la science-fiction quasi pure soit quasiment la moitié... Mais pourquoi au fait ?

En fait, ce que ne nous a pas demandé le cher Didier, c'est bien pourtant la question qui aurait pu être la première de toutes : qu'est-ce que représente la SF pour vous ? Pourquoi en écrivez-vous ?... Dans mon cas, essayant de me pencher sur le problème, j'arrive à une réponse à multiples facettes :

- il y a d'abord ce que je qualifierai d'"affinité inée" : je suis naturellement plus attiré par des histoires se déroulant dans l'espace (par exemple) que pendant la prohibition ou le Moyen Age. C'est comme ça. Ca ne veut pas dire pour autant que je ne pourrai jamais écrire d'histoires se déroulant sur ces deux périodes données à titre de (contre) exemple...

- ensuite, il pourrait y avoir la "quête de l'infini" : j'aime tout ce qui est grandiose et mystérieux, à la limite du mystique ou du divin, avec des éléments se jouant de l'espace et du temps... J'aime ce qui est immortel et intemporel, j'aime que le réel soit transfiguré en quelque chose de sublime (beau ou laid). D'où mes passions pour Victor Hugo (le style), 2001 L'Odyssée de l'Espace ou la saga Rama... Quelque part, je dois être un peu un contemplateur utopique et rêveur. J'aime imaginer ce qui se trame dans le ciel et le temps, dans des notions qui nous sont naturellement supérieures et inatteignables...

- la part de "l'animal humain" : tous mes scénarios reflètent des trajectoires d'hommes ou de femmes qui sont dépassés, manipulés, trompés par les fils ténus de ce qu'on peut appeler le destin ou le hasard (ce dernier étant bien une forme de destin). D'où sans doute l'évidente transposition dans le cosmos ou le futur, car là encore plus qu'ailleurs l'humanité est perdue comme dans un labyrinthe, errant dans le noir et essayant de comprendre ce qui se trame au-dessus d'elle...

- enfin, je pourrais dire que c'est forcément un challenge excitant que d'imaginer "ce qui n'existe pas" ; il faut cependant bien veiller à respecter une règle fondamentale du scénario : il faut qu'il y ait du vraisemblable dans l'invraisemblable, du crédible dans l'incroyable. En d'autres termes : il faut construire son histoire pour qu'elle ait sa propre cohérence, son propre référent. Sans cela on tombe dans le gratuit... et c'est ce qui fait défaut à pas mal d'histoires, hélas.

Voilà ce que j'aurais pu dire... même si, depuis quelques temps, je me concentre sur des scénarios plus réalistes, historiques et contemporains... On n'est pas à un paradoxe près !

Mon Top 5 SF cinéma :
2001 l'Odysée de l'Espace (S Kubrick)
Alien (R Scott)
Aliens (J Cameron)
Cube (V Natali)
Bienvenue à Gattaca (A Nichols)

Mon Top 5 SF littérature :
Rendez-vous avec Rama (AC Clarke)
L'Empereur-Dieu de Dune (F Herbert)
La Faune de l'Espace (AE Van Vogt)
Histoires divines (various - Grande Anthologie de la SF)
Histoires d'extra-terrestres (various - Grande Anthologie de la SF)

Mon Top 5 SF BD :
Le Vagabond des Limbes (T1 à 10) (Godard-Ribera)
Les Naufragés du Temps (Forest-Gillon)
Aldébaran-Bételgeuse-Antarès (Leo)
Rork (Andreas)
Le Chant des Stryges (Corbeyran-Guérineau)

28 juin, 2010

F1 : GP d'Europe - Vettel, en avant la Mannshaft !


Quelques minutes avant le match Allemagne-Angleterre de la Coupe du Monde qui a vu la large victoire des joueurs de la première équipe sur ceux de la seconde, le ton avait été donné à Valence dans le cadre du GP d'Europe : Vettel et son équipe ont eux aussi surclassé la concurrence et plus particulièrement les Anglais de chez McLaren ! Autre parallèle : que retiendra-t-on de ce match de foot dans les années à venir ? Juste le fait qu'un ballon anglais avait bien passé la ligne et que le but refusé était bien valable. Même chose en F1 : on ne se rappellera pas de cette victoire de Vettel, mais bien de l'accident de Webber, hyper spectaculaire en forme de grand looping au-dessus de la piste... Image choc et un Webber qui, à mon avis, va de plus en plus compter les occasions perdues.
On se souviendra aussi de :
- Lewis Hamilton qui double plus ou moins un safety car : une question de timing ultra précis et ambigu, mais une fois de plus le pilote McLaren est à la limite d'un réglement...
- le coup de gueule d'Alonso : il crie à la manipulation du résultat et n'a pas de mots assez forts pour fustiger l'attitude d'Hamilton. A sa place, j'en serais aussi malade, mais je crois qu'il n'y avait pas 36 autres issues à ce problème et que c'est surtout pas de chance.
- l'exploit de Kobayashi : qui nous fait une stratégie plus qu'osée et nous offre deux derniers tours de folie - on en redemande !
- Schumacher et le feu rouge : pas de chance également pour le Baron Rouge qui se retrouve de manière assez injuste bloqué aux stands mais on aurait dû se douter chez Mercedes que cela allait arriver...

Les étoiles de Valence :
*** : Vettel, Kobayashi
** : Barrichello
* : Hamilton, Sutil, Buemi

Le classement après 9 GP :
Hamilton : 14
Button : 11
Alonso : 10
Webber, Vettel : 9
Kubica : 7
Rosberg, Sutil : 6
Petrov : 5
Schumacher, Alguersari, Kobayashi : 4
Massa, Liuzzi, Barrichello : 3
Buemi : 2
Hulkenberg : 1

22 juin, 2010

Indispensable !

Satisfaction personnelle, évidemment, à la lecture des "20 BD indispensables de l'été" sélectionnées par la prestigieuse Association des Critiques de Bande Dessinée (ACBD) qui a dû trier parmi 2035 albums parus entre novembre 2009 et juin 2010... Un long Destin de Sang y figure en effet, et c'est un honneur que de se retrouver dans cette short list où l'on retrouve des sommités du métier ! Merci à l'ACBD pour cette reconnaissance et cette marque de confiance. On va continuer à mouiller le maillot !

Voici la sélection officielle de ces "indispensables" du 1er trimestre (par ordre alphabétique) :

• « Blast T1 : Grasse carcasse » de Manu Larcenet, Dargaud
• « Le Bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh, Glénat
• « Coney Island Baby » de Nine Antico, L’Association
• « Le Dernier des Mohicans » de Cromwell et CatMalou [d’après James Fenimore Cooper], Soleil
• « Dolor » de Catel et Philippe Paringaux, Casterman
• « Gaza 1956. En marge de l’histoire » de Joe Sacco, Futuropolis
• « George Sprott : 1894-1975 » de Seth, Delcourt
• « Jack Palmer T14 : Enquête au paradis » de René Pétillon, Dargaud
• « J’ai pas tué de Gaulle mais ça a bien failli... » de Bruno Heitz, Gallimard-Bayou
• « Long John Silver T3 : Le Labyrinthe d’émeraude » de Mathieu Lauffray et Xavier Dorison, Dargaud
• « Lulu femme nue T2 : Second livre » d’Étienne Davodeau, Futuropolis
• « Lydie » de Jordi Lafebre et Zidrou, Dargaud Bénélux
• « Magasin général T5 : Montréal » de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Casterman
• « Le Montespan » de Philippe Bertrand et Jean Teulé, Delcourt
• « Les Passagers du vent T6.2 : La Petite fille Bois-Caïman Livre II » de François Bourgeon, 12 bis
• « Pluto T1 à T3 » de Naoki Urasawa [d’après Osamu Tezuka], Kana
• « Quai d’Orsay T1 : Chroniques diplomatiques » de Christophe Blain et Abel Lanzac, Dargaud
• « Secrets : L’Angélus T1 » de José Homs et Frank Giroud, Dupuis
• « Tous à Matha T1 : Première partie » de Jean-Claude Denis, Futuropolis
• « Un long destin de sang T1 : Acte 1 » de Fabien Bedouel et Laurent-Frédéric Bollée, 12 bis

21 juin, 2010

Deux histoires de sport...

Il ne sera pas dit que je ne m'exprimerai pas sur la tempête cataclysmique qui secoue l'équipe de France de football. Si j'ai voulu devenir très jeune journaliste, notamment sportif, c'est parce que le sport véhicule quand même certaines valeurs auxquelles je crois. Dans le désordre : la dramaturgie (que d'histoires exceptionnelles, que de moments magiques, que de destins étonnants !), le talent (eh oui, on l'oublie, mais être un des meilleurs du monde dans un domaine c'est admirable et certainement pas un dû), l'effort (on n'a rien sans rien, il faut tout donner) mais aussi le courage et la prise de responsabilités (eh oui, quand il faut se lancer, eh bien on a peur ou l'on n'ose pas), voire un rôle d'éducation ou de régulation sociale qui existe (tous égaux devant un ballon ou une raquette !). A un deuxième niveau, je rajouterais des notions de courtoisie, de fair-play et de modestie qui, pour dépassées qu'elles sont sûrement, représentent encore pour moi quelque chose. Voilà pourquoi, en regard de toutes ces valeurs, je voue une admiration sans borne à un champion comme Rafael Nadal, qui me semble être la quintessence actuelle de ce que viens d'évoquer.


La photo ci-dessus est celle de Nicolas Anelka de retour à Londres après son exclusion de l'équipe de France. On reste presque sans voix devant le scandale et le malaise suscités par cette affaire affligeante, mais dans ce cliché je vois la frime, la morgue, le mépris et la vulgarité réunis. Désolés si je suis carricatural, mais Anelka l'est. Peut-être est-il sympa et marrant en privé, mais je m'en fous. Je l'accuse de crime contre le sport plus que contre l'équipe de France de football, et son attitude m'a choqué. Tout comme m'ont choqué la chasse à la sorcière relayée par Patrice Evra, les faux-fuyants d'Escalettes, les pas de danse de Domenech qui s'en était presque bien sorti face à Anelka mais qui est retombé tout seul dans sa fange, dont il continue de se badigeonner avec allégresse semble-t-il. (Je n'irai pas aussi loin pour Ribéry, qui est aussi une carricature à lui tout seul, mais j'ai vu en lui un joueur qui au moins courait sur le terrain et qui a eu le courage de venir s'exprimer à Téléfoot - bien sûr, son intervention était ridicule, mais il ne faut pas sous-estimer l'émotion de l'instant - il n'y a que ceux qui ne sont jamais passés à la télé qui peuvent juger et condamner un discours tenu en direct devant des caméras...)
Bref, un fiasco, une honte - et le foot étant tellement important et universel, je crains qu'en plus il soit symbolique de ce qui traverse notre pays depuis pas mal de temps maintenant : la vulgarité justement, le j'men foutisme, le terre à terre procédurier et autoritaire, la radicalisation, le désenchantement - la France de Sarkozy quoi.


Voici maintenant une photo de Grégory Havret, qui la nuit dernière, a failli gagner l'US Open de Golf, sur l'un des plus beaux et difficiles parcours du monde (Pebbles Beach), devant tous les génies de la discipline (Woods, Mickelson...). Ce qu'il a fait (2e au final, à un coup du vainqueur), c'est comme si un jeune pilote français inconnu avait terminé 2e de son premier GP avec une Hispania en devançant Hamilton et Button ! Enorme ! Personne n'en a parlé, évidemment (c'était loin et c'est du golf) mais ça me redonne espoir. Tout n'est pas foutu.


14 juin, 2010

F1 : GP du Canada - Hamilton a mis le ton


Attention, attention : n'est-on pas en train d'assister à une double prise de pouvoir - celle de McLaren sur Red Bull et celle d'Hamilton sur le championnat ? Pas impossible au terme de l'excellente prestation effectuée par le Britannique lors de ce week-end canadien, par ailleurs toujours aussi plaisant, spectaculaire et animé. Jusqu'à la mauvaise gestion de ses pneus (par son équipe), Webber m'a en tout cas semblé encore assez souverain sur son sujet, mais Vettel stagne dangereusement. Il serait temps pour l'Allemand de frapper très vite un grand coup s'il veut conserver ses chances. Quant à Alonso, certes il tient bien la baraque mais jusqu'à quand ? Button, lui, nous épate mais je pense que le sens de l'histoire ira plus vers Hamilton et Schumacher se rappelle au bon souvenir de tout le monde lorsqu'on veut le dépasser : c'est niet !

Les étoiles de Montréal :
*** : Hamilton
* : Button, Alonso, Webber, Rosberg, Buemi, Liuzzi

Le classement après 9 GP :
Hamilton : 13
Button : 11
Alonso : 10
Webber : 9
Kubica : 7
Vettel, Rosberg : 6
Sutil, Petrov : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Massa, Liuzzi : 3
Barrichello, Hulkenberg, Kobayashi, Buemi : 1

08 juin, 2010

Dans ses Yeux **


de juan jose campanella avec ricardo darin, solledad villamil

 
Argentine, 1974, Benjamin enquète sur un viol et meurtre d'une jeune femme. 25 ans après, il écrit un roman sur cette histoire, en lien avec sa jeune collègue Irène dont il était amoureux à l'époque. il la retrouve pour qu'elle lise ce manuscrit. il poursuit son enquête.

 
Oscar du film étranger, loin du "Prophète" ou "Ruban blanc", mais ce thriller argentin se défend bien. Réalisateur clairement ambitieux, plutot habile avec sa caméra, quelques prouesses... parfois impressionnantes (le travelling aérien sur le match de foot et toute la poursuite qui suit), même si quelque peu gratuites. Mais l'atout de ce film est de traiter cette histoire avec un ton surprenant, un peu loufoque, en tout cas drôle, sur la période 70's, malgré l"histoire. Déconcertant mais on s'y fait. Tout comme cette excellence idée des deux sujets, celui autour de la recherche du coupable et cet amour secret de Benjamin pour Irène. D'ailleurs là est le meilleur de ce film, la période "passée", l'Argentine des années de dictature, et les relations entre deux (+ l'adjoint alcoolo de Benjamin). Car "la période actuelle", est bien moins convaincante, la suite de l'intrigue policière se perd dans des méandres compliqués, la fin en devient grandiloquente, plus dans la prétention que l'intelligence. Excellente scène où Irène fait craquer le criminel en ... l'excitant. Ricardo Darin, le "Daniel Auteuil" argentin, est toujours aussi royal. Un film avec quelques défauts agaçants à vouloir trop en faire mais rien que pour cette mélancolie d'un homme hanté par la compréhension d'un crime et qui sent le vide en pensant à sa vie, c'est à voir.

07 juin, 2010

XIII Mystery - la feuille de route !

Je reçois ce matin une belle plaquette en provenance de Dargaud Benelux qui en dit un peu plus sur la série XIII Mystery à laquelle j'ai l'honneur de participer. Le T3 (Little Jones)sortira le 1er octobre prochain, et comme vous pouvez le voir ci-dessous, la feuille de route est désormais officielle, à raison d'un album par an :


Ce sera donc en 2013 que mon album paraîtra... Perspective encore lointaine mais qui demeure excitante, évidemment. Steve Cuzor commencera à dessiner dès la fin de cette année (une fois fini le dernier volume de sa magnifique série O'Boys) et il s'y consacrera totalement en 2011. Il n'y aura donc aucun problème sur les délais à respecter.
Vous voulez un petit scoop ? La première case de la première planche est complétement rouge.

04 juin, 2010

Man at work (4)

Il faut que je vous dise qu'après chaque rallye du Championnat du Monde WRC, nous réalisons une émission "talk" en studio et dans les conditions du direct avec un invité à chaque fois. C'est une coproduction Motors TV et Sport24.com (groupe Le Figaro). Cette semaine, nous avons eu le plaisir de recevoir Daniel Elena, le copilote de Sébastien Loeb et voici quelques photos qui ont immortalisé ce sympathique moment avec dans l'ordre : le plateau, la régie, et votre serviteur en compagnie de Daniel Elena, 6 fois champion du monde des rallyes tout de même !






03 juin, 2010

La paix des braves chez Red Bull


Quatre jours après leur accrochage en Turquie, voici la photo que Red Bull diffuse à toutes les rédactions du monde entier. Tout se terminerait donc par un sourire pour Vettel et Webber ? On se plait pourtant à imaginer qu'une fois la photo prise, ils sont repartis chacun de son côté et serrant les mâchoires encore plus forts... En tout cas, le cliché est sympa et le coup de communication est réussi.

01 juin, 2010

Copie conforme **



de abbas kioristami avec juliette binoche, william shimell


James, écrivain anglais en promo en Toscane. Approché par une femme française, vivant dans la région avec son fils.


Mitigé... ca serait trop facile de "casser" un film en apparence plutôt bavard, creux, insignifiant... parce qu'au bout du compte il y a une belle œuvre, subtile, sur le couple, l'amour qui dure... ou pas trop. Belle réalisation, très belle photo, beaux travelling arrière sur le couple en ballade (le film, c'est ça, la ballade d'un homme et une femme, une après midi, en Toscane, ça a le mérite de la simplicité narrative). Peut être qu'un moyen métrage aurait suffit, il y a des temps vraiment longs, inutiles... Ce basculement étonnant (et convainquant) à mi-film quand l'écrivain et l'antiquaire deviennent... mari et femme depuis 15 ans. Alors voilà il y a en permanence une certaine exaspération et un vrai charme. Comme le jeu de la Binoche, crispant ou grandiose comme elle sait le faire. William Shimell entre Clooney et Jeremy Irons, une présence forte, charme de l'age mûr... Le plaisir ausside jouer sur trois langues, italien, français et anglais. La beauté de la Toscane... qu'on ne voit pas assez, trop de scènes d'intérieur... Mitigé, on vous disait.

31 mai, 2010

F1 : GP de Turquie - Eclats chez Red Bull


Ca y est, on le pressentait, on craignait, et c'est arrivé : les deux pilotes Red Bull se sont accrochés en piste ! Syndrome classique de la F1, qui veut que deux coéquipiers qui luttent pour le titre sont (pratiquement) obligés de se déchirer - et ça a bien failli arriver dans le même GP pour nos amis de McLaren qui s'en sont sortis de justesse mais on se demande jusqu'à quand. Il a même fallu apparemment toute la diplomatie de Button à l'arrivée pour qu'Hamilton ne fasse pas plus la tronche (un comble).
Pour en revenir à Red Bull, j'ai le sentiment que si Webber ne fait rien pour laisser de la place à Vettel, ce dernier met quand même un petit coup de volant qui provoque l'accrochage en lui-même. Mais comme toujours, ça se joue à rien et les deux ont forcément tort.
Le fait est que voir les quatre premiers groupés en deux secondes au bout de 40 tours et ne rien lâcher était absolument jouissif !

Les étoiles d'Istanbul :
*** : Hamilton, Button
** : Schumacher, Petrov
* : Webber, Kobayashi, Alguersari

Le classement après 7 GP :
Button, Hamilton : 10
Alonso : 9
Webber : 8
Kubica : 7
Vettel : 6
Rosberg, Sutil, Petrov : 5
Schumacher, Alguersari : 4
Massa : 3
Liuzzi : 2
Barrichello, Hulkenberg, Kobayashi : 1

26 mai, 2010

LOST is over (attention : Spoilers ahead !)


Sur cette photo, on peut apercevoir Damon Lindelof et Carlton Cuse, les deux têtes pensantes de Lost, à leur bureau à quelques jours de la diffusion du dernier épisode de cette série que nous avons suivie avidement pendant six ans.

Pendant six ans donc, nous avons tous cru qu'ils étaient les plus grands scénaristes vivants - et pratiquement les plus grands créateurs de concepts du monde moderne. Un avion s'écrase sur une île déserte ? Il n'y a que quelques survivants ? Ils sont en tout cas confrontés à tout un tas de phénomènes bizarres : idée simple et géniale. Tellement développée par la suite qu'il semblait évident que tout était écrit depuis le début, que la fin était déjà coulée dans le marbre avant même le premier plan et que tout se justifiait sur l'autel de la plus étonnante construction narrative de l'histoire de la télévision.

On sait maintenant (et on s'en doutait depuis le début de la saison 6, si insipide) que ce n'était pas le cas. Il y avait bien l'idée générale qu'ils étaient tous morts ou qu'ils allaient l'être et que tout ce qu'ils vivaient (ou avaient vécu) n'était pas réel. OK, sur ce point, le dernier épisode est réussi et l'émotion est au rendez-vous. On pensait qu'on allait terminer avec le même plan que le tout premier : l'oeil de Jack qui s'ouvre. En fait, non, il se ferme car il meurt. Bien vu, si l'on ose dire, c'est fort et c'est même beau. Ca n'enlèvera rien à toutes ces heures passées à attendre fiévreusement les épisodes et à les disséquer presque plan par plan. On assume. Mais ça ne fait que souligner aussi les espoirs déçus.

Je ne dis pas qu'il fallait une réponse à tout. Dans un article du magazine américain Wired (où la photo ci-dessus est tirée), on pouvait lire il y a quelques semaines l'intertitre suivant : "pressés de donner des réponses, les hautes autorités de Lost ont au contraire engendré des mystères encore plus profonds". Pourquoi pas ?, ça me semble même assez justifié. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut passer outre tout ce qu'on a réussi à construire et à quasiment "mythifier" : les chiffres mystérieux, le bouton à presser toutes les 108 minutes, l'initiative Dharma, les films abîmés, les voyages dans le temps, l'équation qui explique la fin du monde, les théories quantiques, le personnage même de Desmond... autant de ballons fantastiques jetés dans le ciel de l'imagination pour juste épater la galerie ? Eh bien oui ! Sans oublier la question primordiale : qu'est-ce que cette île ? On ne le sait toujours pas. Et là, ce n'est pas de l'élégance, c'est de l'impuissance.

Retrospectivement, la saison 1 était pas mal, mais sans plus. Le premier épisode est canon, ainsi que celui où Ethan est démasqué comme étant un intrus dans le groupe des survivants. Mais les aller-retours entre les vies passées et actuelles étaient un peu longs à la longue. Dès le premier épisode de la saison 2, on rentre dans le dur : d'autres personnes habitent l'île et certains sont même chargés de mission très bizarres (Desmond et ses 108 minutes, j'ai un faible pour ça). Ca monte ensuite encore (la roue qui tourne, l'île qui se déplace, la statue égyptienne, les flash forwards, Jacob !) (nom de dieu, tout ça c'était quand même fabuleux) et les saisons 4 et 5 nous captivent comme jamais. Mon épisode préféré reste d'ailleurs The Constant (4x8 si je ne m'abuse) où Desmond voyage à travers le temps et rencontre l'autre personnage très fascinant de la série : Faraday. La saison 5 se termine avec un affrontement ancestral entre Jacob et l'homme en noir - wow ! on est scotché. Et toutes ces références littéraires/bibliques/philosophiques/scientifiques ? Forcément un travail de ouf qui va déboucher sur une fin hallucinante, car ce n'est pas possible d'avoir autant travaillé en amont pour finalement nous dire qu'ils sont dans un purgatoire, n'est-ce pas ?

Et puis patatras, tout s'écroule dès le premier épisode de la saison 6. Le temple, les hippies (qu'est-ce qu'ils viennent foutre là ? Et c'est quoi cette malédiction de Sayid, et cette résurrection ? A quoi ça sert ?), Widmore qui revient, les personnages qui continuent de traverser à chaque épisode l'île de droite à gauche, puis de gauche à droite sans nous dire pourquoi, les mêmes qui vivent une vie parallèle globalement inintéressante à Los Angeles : grosse désillusion. On arrive même à nous décevoir avec deux histoires qui promettaient beaucoup : celle de Richard l'éternel (on croyait que c'était un soldat romain, c'est un prisonnier espagnol du XIXe siècle - pourquoi bon sang ?) et celle de Jacob et son frère (c'est quoi cette histoire de lumière à protéger qui arrive comme un cheveu sur la soupe à deux épisodes de la fin ?). Seules réussites : l'idée du phare avec les miroirs où Jacob observait les vies des "candidats" (là aussi, pas terrible comme notion) et l'épisode où Desmond (encore lui) revient et tente notamment d'écraser Locke (pourquoi au fait ?). On tombe de haut.

Mais bon, la fin est, d'un strict point de vue formel et même basique, réussie, répétons-le. Un peu à la manière du film Sixième Sens... Ah oui, ils sont tous morts en fait... A la rigueur, on aurait pu passer directement de la saison 1 à 6 que ça aurait été plus logique. Sauf que, pas de chance, ce sont biens les saisons 2 à 5 qui nous ont fait rêver.

21 mai, 2010

(Auto) Satisfaction

Là, les copains, il faut quand même que je marque le coup ! L'accueil réservé à Un long Destin de Sang dépasse tout ce que j'aurais pu espérer et difficile de masquer sa joie. Voici par exemple le dernier classement issu des critiques du magazine dBD :


Eh bien oui, premier ! Devant des Blain, Trondheim, Loisel, Bec ! A quoi il faut rajouter des papiers dans L'Express, 20 Minutes, Rolling Stone sans oublier tous les sites internautes qui ont tous jugé très positivement l'album. D'où cette petite comm :


Bon, ce n'est pas pour ça que l'album figure en tête des meilleures ventes de BD en France, mais c'est déjà ça et je ne vais certainement pas me plaindre de cette reconnaissance. Vivement que Fabien ait fini le T2 !

20 mai, 2010

Crazy Night *


de shawn levy avec steve carell, tina fey, mark whalberg, ray liotta

Le couple Foster fait garder les enfants et change la routine et dine sur Manhattan. Ils s'incrustent à une table d'un resto chic. Mais ils se retrouvent pris en chasse par mafia et police, ayant usurpé à leurs dépens la place d'autres clients.

On attendait mieux. Clairement calibré pour être la comédie délirante et déconnante 2010 qui doit faire penser à "The hangover / Very bad trip" de 2009, ce film ne réussit qu'en partie à être au niveau, plutôt dans sa première partie. Scénario trop prévisible, trop attaché, malgré quelques provocs, au salut du gentil couple Carell / Fey... donc difficile de faire l'humour entre absurde et crétin de "the hangover". Bonne installation de la famille modèle et un peu chiante du New Jersey et des premières péripéties downtown... Encore un de ces films qui pourrait se résumer par "une nuit à Manhattan" ! Excellentes scènes avec Mark Wahlberg, acteur pas fin (étonnamment bon chez James Gray) mais au moins il a de l'auto dérision. Après, ca patine, ca cabotine, on sent bien que le scénario n'avance pas, fin vraiment très moyenne. Trop de concessions au public cible US, cf la poursuite en voiture interminable et sans intérêt.

F1 : GP de Monaco - Webber tisse (de plus en plus) sa toile


Etonnant... Mark Webber, le bûcheron australien, le roi des qualifs et des courses ratées (un peu comme Trulli), l'éternel 2e pilote est-il en train de se révéler à lui-même ? Il est tout bonnement au-dessus du lot depuis deux courses et il nous a fait à Monaco la même démonstration qu'à Barcelone une semaine plus tôt. Même ce petit génie de Vettel est bien obligé de se faire battre actuellement ! Voilà qui apporte en tout cas une note inattendue à cette saison 2010...
Quant à Schumacher qui attaque Alonso à trois cents mètres de la ligne alors qu'on est censés ne pas devoir se doubler, eh bien c'est la preuve que la roublardise ne meure jamais, même si en l'occurence c'est plus le signe rassurant d'une motivation intacte qui prime.

Les étoiles de Monaco :
**** : Webber
** : Kubica, Alonso
* : Vettel, Massa, Sutil

Le classement après 6 GP :
Alonso : 9
Button, Hamilton, Webber, Kubica : 7
Vettel : 6
Rosberg, Sutil : 5
Petrov, Alguersari, Massa : 3
Liuzzi, Schumacher : 2
Barrichello, Hulkenberg : 1

11 mai, 2010

F1 : GP d'Espagne - Surfer Webber


Un Grand Prix pas fantastique mais intéressant. Avec, comme cela arrive parfois, un pilote qui domine tout le monde du début jusqu'à la fin. Je me souviens que Berger l'avait fait au GP d'Allemagne 97. Mark Webber a fait la même chose à Barcelone, ne laissant que des accessits à ses rivaux. Il est le grand vainqueur sachant qu'il y a deux autres gagnants : Alonso avec une belle 2e place et Vettel qui sauve le podium alors qu'il avait des gros soucis de freins en fin de course. Deux prestations moyennes : Button et Massa. Un grand perdant : Hamilton, qui abandonne et laisse filer de gros points. Quant à Schumacher, il se montre enfin mais je crois franchement que la nouvelle génération a définitivement supplanté l'ancienne...

Les étoiles de Barcelone :
*** : Webber
** : Alonso
* : Schumacher, Sutil, Alguersari

Le classement après 5 GP :
Alonso : 8
Button, Hamilton : 7
Vettel, Kubica, Rosberg : 5
Sutil : 4
Webber, Petrov, Alguersari : 3
Massa, Liuzzi, Schumacher : 2
Barrichello, Hulkenberg : 1

L'Elite de Brooklyn ***


de antoine fuqua, avec richard gere, ethan hawke, don cheadle, wesley snipes

Brooklyn, trois flics au bord de la rupture. Sal dans les stups, a besoin d'argent pour sa famille, Tango est infiltré parmi les malfrats black et ne tient plus, Eddie est à quelques jours de la retraite, sans motivation, dépressif

Ne pas se fier au titre, aussi quelconque en français qu'en anglais ("Brooklyn's finest"). Excellent polar, un film noir, dur, étouffant sur plus de deux heures avec peu d'espoir sur ces personnages. Fuqua a de l'ambition, peut être trop par moments, il n'est pas dans un registre à concurrencer James Gray ou Coppola, plutot dans le polar impeccable, sans concessions. Il se complique parfois la vie, comme lors du long final, un peu trop "orchestré", pas le plus réussi. Curieux car on sent l'envie de faire autre chose qu'un film de genre de plus (et c'est le cas, un des meilleurs du genre de ces dernières années) et en même temps une certaine complaisance sur certains codes, avec la bande de Blackos très "bling bling mothafucka", on se croirait revenu au début des 90's ("New Jack City"), d'ailleurs Wesley Snipes est de la partie. Ainsi que les nombreuses scènes de bang ! bang !, ça canarde un peu facilement et ça tombe comme des mouches... Gros casting, les anciens surtout, le toujours impeccable Don Cheadle en infiltré, Gere parfait en solitaire lassé de tout, un grand rôle. Ethan Hawke en fait un peu trop dans le jeune catho torturé et paumé, mais il en a toujours trop fait. Il prend cependant des risques, donc il est excusé. Et même Ellen Barkin, qui nous mettait à genoux dans "sea of love" il y a ... 20 ans, en chef flic avec des balls. Un peu violent, c'est vrai, faut être prévenu. Une réussite.

07 mai, 2010

Arena



Sortie aujourd'hui de mon 30e album de BD, en l'occurence le T8 (ou alors le T3 du 2e Cycle) d'ApocalypseMania, qui est aussi l'ultime de la série. C'est évidemment un moment important pour moi, puisque c'est l'aboutissement d'un travail d'un peu plus de dix ans - pour une série qui n'a pas été si anodine que cela puisque les ventes du T1 se situent aux alentours des 20 000 ex.

J'aurais souhaité que cet album paraisse en 2009, car c'est précisément le 9 mai 2009 que l'action débute dans l'histoire. Cela aurait été amusant de se dire, une fois la lecture achevée : "qui sait ce qui va vraiment arriver dans quelques heures ?" - Mais bon, on arrive un an en retard et ce n'est pas bien grave.

Je pourrais écrire des heures à propos d'ApocalypseMania qui a subi avec le temps bien des vicissitudes. Disons que la série a toujours été ballottée entre des avis très tranchés. On aimait ou pas. Mais je n'ai jamais reçu que des compliments à l'intérieur de la profession, c'est déjà ça ! La contrepartie, c'est que beaucoup ont aussi cru que c'était un succès, ce qui n'est honnêtement pas le cas même si on arrivera certainement à la centaine de milliers d'exemplaires vendus à la fin de ce T8.

Quoi qu'il en soit, on va enfin connaître la fin d'ApocalypseMania ! Il est clair que sur ce coup-là, j'ai toujours construit l'intrigue générale "à la Lost", avec pleins d'éléments disséminés au fur et à mesure des pages. En l'occurence, Philippe et moi n'avons toujours eu qu'une fin en tête et ce dès le début et on pourra la découvrir dans Arena. On verra ainsi que, comme nous l'avons toujours dit également, un élément fondamental était arrivé dès le T2... Donc il n'y a pas tromperie !

Du moins est-ce le cas jusqu'à la planche 44. Les planches 45 et 46 sont en effet une sorte de 2e fin, plus ouverte et mystérieuse, que Philippe et moi avons finalement souhaitée. Histoire de permettre une ultime envolée cosmique sans doute...

Néanmoins, pour ce blog, en exclusivité, je vais maintenant faire deux cadeaux afin de célèbrer la fin de cette aventure.
Le premier concerne justement la fin. Elle est conforme au plan initial, ai-je dit. Oui, sauf qu'il y a deux ans, j'ai été tenté de faire une fin totalement inattendue. Et je me suis creusé les méninges pour trouver quelque chose de nouveau. Je vous laisse découvrir la chose (cela aurait concerné les dix dernières planches d'Arena), que Philippe et mon éditeur avaient aussi apprécié mais à laquelle nous avions finalement renoncé pour des raisons de cohérence globale.

Deuxième cadeau : à la fin du premier cycle, lorsqu'il a été décidé de continuer la série, je me suis enflammé sur ce que pourrait devenir la série si on me laissait une totale carte blanche. Et j'avais donc imaginé un plan général d'ApocalypseMania sur pas moins de 20 albums ! Avec notamment une idée assez précise sur ce qu'aurait été le 3e Cycle... Je vous laisse découvrir cette véritable phantasmagorie qui aurait peut-être pu exister (dans une réalité alternative, elle existe sûrement...) si la lassitude des auteurs et les chiffres de vente n'en avaient pas décidé autrement.

Arena : la fin alternative
ApocalypseMania : plan général

03 mai, 2010

Back from Florida

"J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides..." écrivait Arthur Rimbaud dans le Baeau Ivre. Il y a un peu de ce sentiment au retour de neuf jours de vacances passés dans l'Etat américain. Ce n'était pas la première fois que je m'y rendais (les deux premières pour cause de 12 Heures de Sebring) mais en famille ce n'est pas la même chose. Au menu, après l'atterrissage à Miami : les Everglades, Naples, Cape Coral et puis trois jours passés à Key West qui, il faut bien le dire, est assez magique. Voici deux photos : la route qui mène justement à Key West (prise par votre serviteur alors au volant de sa Chevrolet Equinox de location sur l'US1) et le même à contre-jour devant le fameux coucher de soleil de Mallory Park...

21 avril, 2010

Operation Ruthless


Sortie demain de mon 29e album de BD, le T2 de la série L'Idole & le Fléau, publiée chez 12 Bis. En l'occurence, l'album s'intitule Operation Ruthless et je précise (c'est anecdotique) que je préfère l'écrire à l'anglaise, sans accent sur le mot "operation" - il s'agissait en effet d'une opération menée par Ian Fleming (le futur auteur de James Bond !) durant la 2e Guerre Mondiale qui avait pour but de s'emparer de quelques carnets codés de la marine allemande. L'opération n'a jamais eu lieu, à vrai dire (trop de risques) mais je me suis évidemment amusé à réinventer l'histoire ! La majeure partie de l'histoire se passe dans un sous-marin allemand où un commando anglais infiltré va faire une découverte à la fois mystérieuse et lourde de conséquences... ce qu'un savant comme Carl Sagan, quelques décennies plus tard, tente de comprendre.
J'aime beaucoup mon histoire globale sur L'Idole & le Fléau, que je crois aussi forte qu'ApocalypseMania. Hélas, le premier tome n'a pas reçu un accueil délirant et on ne peut pas dire que les ventes aient été pharaoniques. Puisse ce T2 montrer que cela vaut quand même le coup...

19 avril, 2010

F1 : GP de Chine - Button reçu 2 sur 4


Voici une belle photo où les deux pilotes McLaren tombent dans les bras l'un de l'autre à l'arrivée du GP de Chine... Button y a été impérial, dominant son sujet et semblant contrôler les éléments climatiques. Hamilton, lui, a fait le show en étant une fois de plus le plus impressionnant de tous - sauf que ce n'est pas lui qui a gagné. Et ça fait même deux victoires pour Button contre zéro à son bouillant coéquipier, qui est pourtant le taulier de la maison McLaren. Bref, c'est encore l'entente cordiale, mais pour combien de temps ? En fait, Hamilton n'a plus qu'à attendre les GP européens qui se dérouleront en majorité sous le soleil et il fera de nouveau la différence, c'est aussi simple que ça.
Sinon, ce GP de Chine nous aura appris trois autres choses :
- Alonso qui pique Massa au freinage dans la voie d'accès aux stands : je ne me souviens pas avoir vu manoeuvre aussi gonflée entre deux coéquipiers. Même au temps de Schumacher, Barrichello n'avait pas avalé une telle couleuvre (à part l'arrivée du GP d'Autriche 2002 bien sûr). Ca promet pour la suite.
- Michael Schumacher, pour la première fois de sa carrière en F1, a littéralement fait pitié, en se faisant doubler par tout le monde ou presque en fin de course et en étant à la ramasse le reste du temps.
- Vitaly Petrov : on l'avait pressenti, mais ce type a quelque chose. Marrant, il se faisait battre à plate couture par Grosjean l'an dernier en GP2, lequel n'a rien fait en F1 quand il en a eu la chance. Même chose pour Kobayashi. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que certains se posent moins de questions quand il faut vraiment y aller.

Les étoiles de Shanghai :
**** : Button
** : Hamilton, Rosberg, Petrov
* : Alonso, Kubica

Le classement après 4 GP :
7 : Button, Hamilton
6 : Alonso
5 : Vettel, Kubica, Rosberg
3 : Sutil, Petrov
2 : Massa, Liuzzi
1 : Barrichello, Schumacher, Hulkenberg

15 avril, 2010

Cet homme est-il Rimbaud ?


J'adore ce genre de nouvelle et d'histoire : au cours d'une brocante, par hasard, on est tombé sur un lot de photos et après recoupement, il semble(rait) bien que cet homme soit Arthur Rimbaud "à l'âge adulte" comme le disent tous les articles consacrés à cette affaire aujourd'hui.
Comme tout le monde, on est d'abord fasciné par ce côté chasse au trésor qui aboutit à une découverte à la fois fascinante et dérisoire. Mais qui renvoie à tous les phantasmes de ceux qui aiment écrire des histoires (et en inventer), lorsqu'on imagine qu'on peut tout découvrir par hasard et faire rêver bien des personnes. Car Rimbaud est un mythe, personnage controversé, mais l'auteur assurément d'une des poésies les plus hallucinées et hallucinantes de l'espèce humaine : Le Bateau Ivre...
En lisant les réactions sur les sites internet, je m'aperçois que beaucoup doutent que ce document soit vraiment un reflet de Rimbaud. On crie à la supercherie. On se moque de la crédulité ambiante. On raille la découverte.
Et alors ? Peut-être qu'effectivement ce n'est pas Rimbaud. Mais ça pourrait l'être. Et derrière ce visage anonyme mais moderne, un rien rebelle et absent, mais ô combien source de mystère, se cache peut-être juste une idée. L'idée de la poésie. Et ça, ça n'a pas de prix.

14 avril, 2010

Les Invités de mon Père ***

de anne le ny avec michel aumont, karin viard, fabrice luchini, véronika novak

Paris, Lucien, 80 ans, très engagé socialement, accueille des sans papiers... mais il s'agit d'une belle moldave avec sa fille ado, il se marie "en blanc" mais tombe amoureux... son fils et sa fille subissent et font n'importe quoi dans leur vie, comme lui

Enfin, enfin une bonne comédie française, enfin un bon film tout court, celui qu'on a envie de recommander ces dernières semaines ! Quand on voit se profiler, par parenthèse "camping 2", dont la bande annonce a laissé un silence gêné/catastrophé (dans une salle UGC des Grands Boulevards pourtant !), on se dit que l'argent et les succès ne font vraiment pas le talent... Anne le Ny, qui avait déjà fait le séduisant "ceux qui restent" (devos/lindon), confirme, largement. Elle réussit une vraie comédie qui sait ne pas être que drôle, parfaitement écrite, avec des changements de ton surprenant, notamment sur la fin, parfois triste, souvent grinçant, finalement tendre, tout sauf le happy end convenu, tout sauf ces comédies françaises où les personnages partent en live... Ici, le père s'aveugle pour une femme de l'Est qui le manipule, les enfants ne savent plus quoi faire, perdent les repères de leurs vies, et changent vraiment, pas forcément pour le meilleur. plutôt bien vu sur les certitudes que l'on se donne, la moralité qu'on croit avoir, quand on grandit face au père, quand on croit assumer son style de vie (Luchini) et surtout quand on se raccroche à sa bonne conscience "humanitaire"... ces trois acteurs ont rarement été aussi bons, dans le comique aussi. Aumont en "héros de la famille" qui a surtout envie de bander face à sa moldave... Cela faisait longtemps pour Luchini et Viard, ca fait du bien de les revoir dans ces rôles... Excellent et beau passage du frère et de la soeur qui se baffrent et picolent ensemble toute la nuit, se retrouvant pour la première fois depuis bien longtemps. Des défauts quand même, une réalisation pas au top niveau, mais avoir l'histoire et les acteurs, c'est déjà bien. Superbe fin bretonne, face à la mer.

13 avril, 2010

Mickelson, la victoire idéale


Je reviens brièvement sur la fabuleuse victoire de Phil Mickelson au Masters de Golf ce week-end. Que de grands moments encore vécus grâce à ce sport addictif !, notamment lorsqu'il a tenté d'atteindre le green du 13 le dernier jour alors qu'il était juste derrière un arbre dans la forêt de pins à au moins 150m du trou... Le genre de moment clef qui fait toute la beauté du sport en général, et du golf en particulier - lorsqu'un joueur tente quelque chose de quasiment anormal mais qui va faire la différence...

Personne ne peut détester Mickelson, à part peut-être ceux qui n'aiment vraiment pas les gauchers ou les hommes de bientôt 40 ans soumis à un léger embonpoint. Mais c'est évidemment un joueur génial et une personnalité assez intéressante. Bien sûr, il a un côté très américain avec le respect total des valeurs, notamment familiales (surtout qu'on sait tous que sa femme lutte depuis un an contre un cancer du sein), mais parfois ça fait du bien de voir un champion sain et équilibré qui semble vraiment amoureux de sa femme et dont on sait qu'il n'est pas le dernier à agir pour pas mal d'actions caritatives... Je ne dis pas ça en accusation de Woods, qui reste à tout jamais comme le plus grand golfeur de tous les temps et un véritable extra terrestre fait homme. Je dis juste que la victoire de Mickelson était la meilleure chose qui pouvait arriver au golf !

Cela étant, pas de panique : on a rarement vu Woods jouer aussi mal dimanche, avec pratiquement tous ses départs égarés à gauche et à droite, et même un putt raté à cinquante centimètres par énervement. Avec tout ça, il ne finit qu'à cinq coups de Mickelson. C'est dire qu'il y a largement la place pour un retour triomphal très vite...