Est récemment sorti un hors-série des Inrocks consacré à 100 albums BD indispensables. Louable effort, dont je suis par ailleurs adepte, cultivant avec certains le goût des classements et autres listings en tout genre. Mes parents seraient là, ils vous diraient que j'ai passé ma jeunesse "à faire des listes"... Donc, j'aime l'exercice et je me suis bien sûr procuré ce hors-série. Ils classent en n°1 Jimmy Corrigan de Chris Ware, que j'ai essayé de lire en entier sans y parvenir, je vous rassure. Je suis néanmoins assez admiratif de ce que représente Ware, qui est d'une exigence assez incroyable à son niveau.
Je me suis forcément demandé ce que je mettrais dans une sélection de 100 BD indispensables... Il y aurait d'abord, forcément, tous les albums que j'ai élu, ces dernières années (depuis 1979 à vrai dire) comme étant "ma bd de l'année". Je vous laisse parcourir cette liste que j'avais actualisée dans un post du 17 janvier 2007. Je rajouterais forcément plusieurs Tintin, qui sont évidemment des chefs-d'oeuvre absolus : Tintin au Tibet, Coke en Stock, On a marché sur La Lune, Les Sept Boules de Cristal, Le Temple du Soleil et L'Affaire Tournesol. Côté Astérix, je sors Astérix en Corse et Astérix chez les Bretons. Pour Lucky Luke : Le 20e de Cavalerie, Le Pied-Tendre, Tortilla pour les Dalton. Alix : Le dernier Spartiate, un véritable monument. Toujours chez Jacques Martin, j'ajouterais Le Repaire du Loup (Lefranc). Blake et Mortimer : La Marque jaune, pour l'atmosphère de Londres. Tanguy et Laverdure : le diptyque L'Ecole des Aigles et Pour l'Honneur des Cocardes, superbe histoire d'honneur. Valérian : peut-être L'Empire des Mille Planètes, en tout cas un des premiers albums. Pareil pour Le Vagabond des Limbes : Les Démons du Temps immobile et Pour trois Graines d'Eternité. Thorgal : La Magicienne trahie, le tout premier. Spirou : Le Nid des Marsupilamis, intemporel. Voilà pour quelques grandes séries qui me viennent spontanément à l'esprit...
Côté albums plus individuels : Idées Noires de Franquin, La Ballade de la Mer Salée de Pratt, Les Phalanges de l'Ordre Noir de Christin et Bilal, voire Partie de Chasse. Gotlib : Rubrique à Brac T3-5, génial. Sans doute un des premiers Gai-Luron. Blonde Platine d'Adrian Tomine. Lauzier : La Course du Rat et La Tête dans le sac, jubilatoires. Et puis bien sûr Andreas : les deux premiers Rork (Fragments et Passages), plus Coutoo, Cyrus/Mil et Cromwell Stone.
Voilà, je vais m'arrêter là pour l'instant, mais j'en oublie certainement beaucoup...
L'univers de LAURENT F. BOLLEE, plus connu sous ses initiales LFB ! BD, course automobile, réflexions personnelles au menu... sans oublier les critiques ciné de notre chroniqueur El Bacos ! Welcome...
15 février, 2008
11 février, 2008
Sweeney Todd * * *

de tim burton avec johnny depp, helena bonham carter, alan rickman, timothy spall
Londres, 19eme, un barbie revient en ville exercer, sous le nom de Sweeney Todd, il cherche revanche contre l'homme qui l'a fait fuir injustement, quittant sa femme et leur bébé
Reconnaissons qu'il faut un certain temps avant de rentrer dans ce film. Sans doute parce que cet univers de Tim Burton devient presque trop familier, rappelant à l'évidence des "Sleepy Hollow", "Noces funèbres", ou autres, sans oublier toutes les références que l'on trouvera à ces ambiances sombres, sales et inquiétantes de villes du 19eme, en tournage studio et pas mal d'effets visuels, comme "La Cité des Enfants perdus" de Jeunet, auquel on pense souvent. le temps aussi de s'habituer aux nombreux passages de "musical". Pas par rejet, il y a eu de très belles réussites du genre, ces dernières années, "Moulin Rouge", par exemple, mais parce que les morceaux et orchestration de Stephen Sondheim sont assez typés de ce genre de film, grosse orchestration, parfois vraiment trop, trop attendu. On est surtout devenu un peu blasé face au talent de Burton, car il n'y a pas une faute de mise en scène, c'est du très grand ouvrage, impeccable à tous points de vue. Le vrai intérêt revient quand le scénario tourne au macabre, que Todd manifeste toute sa noirceur, que Burton en rajoute dans le glauque de presque tous les personnages, où les gueules typiquement british et lâches des grands Spall et Rickmanqui fait de plus en plus penser à Francois Berleand... si, si) ricanent et grimancent. Ca dégouline de sang bien gentiment sur la fin, vraiment pas porté sur le happy end, ce qui emporte clairement le morceau, Burton est toujours un type à part, dans un univers qu'on commence à bien connaitre mais toujours aussi talentueux, et prenant toujours autant de risques, la petite chambrée de l'ugc Danton tendant à prouver que ça s'est un peu planté pour la fréquentation. Et sa bande rapprochée, Helena et Johnny font plaisir à voir, étonnant comme ce trio semble soudé, malgré la popularité. Grande, très grande interprétation de Depp, plus dans le physique et le jeu torturé que d'habitude encore.
06 février, 2008
29 janvier, 2008
Mon aBcDaire (1)
J'entame aujourd'hui la publication de ce que j'appelle donc Mon aBcDaire -faute de mieux- : réflexions autour de la BD, de ce que représente ce moyen d'expression, son poids, ses codes, ses séries, ses héros, mes impressions de lecture, mes avis... Une sorte de journal autour de la bande dessinée, sans prétendre avoir une connaissance universelle du médium et encore moins d'avoir tout lu ! On commence avec un super héros que tout le monde connait...

BATMAN
Lorsque j’étais plus jeune, et au moment où je me suis "éveillé" aux super-héros, Batman manquait cruellement de super-pouvoirs pour m’intéresser complétement. Après tout, il est vrai qu’il ne s’agit que d’un certain Bruce Wayne qui se déguise la nuit en chauve-souris pour aller chasser les malfaiteurs ; même s’il est très fort, il n’y a rien de fondamentalement spectaculaire là-dedans. De plus, je crois me souvenir que le graphisme en vigueur pour ce personnage dans les années 70 n’était pas formidable, mais il se peut que les exégètes me contredisent sur ce point. En tout cas, aucune case ne m'avait marqué, ce qui est pourtant toujours le cas des oeuvres fortes. Je reviendrai d'ailleurs souvent sur ce thème dans cet aBcDaire : le pouvoir des cases et leur influence sur tout un imaginaire.
Aujourd’hui, la situation a changé en tout cas, et Batman est devenu depuis assez longtemps déjà mon super-héros préféré. J’avoue que j'ai été un peu comme tout le monde : les albums de Frank Miller l’ont revitalisé à mes yeux et les films (notamment les deux premiers, réalisés par Tim Burton) ont fait le reste. Batman est devenu un mythe et c’est précisément sa dimension humaine, que je regrettais étant enfant, qui en fait sa richesse.
Pour ce qui est du cinéma, je me souviens que le premier Batman a vraiment été un événement. Tim Burton, Jack Nicholson, Michael Keaton, Kim Basinger… casting royal en cette année 1989 ! Rajoutons également la légendaire BO de Prince (avec plusieurs titres imparables, dont un chef-d’œuvre : Scandalous) et des décors somptueux – bref, un sacré bon souvenir. Ce fut même encore mieux deux ans plus tard avec Batman le Défi, même s’il n’y avait plus Prince côté musique. En revanche, comme beaucoup, je pense que ce fut moins bien après, mais je n’ai pas manqué d’aller voir Batman Forever (le moins bon de la série) et Batman & Robin, qui ne m’a pas semblé si mal après tout. Vu dans un avion, Batman Begins m’a paru excellent, mais le décalage horaire a eu raison de moi, et je n’ai pas vu le dernier quart d’heure ! Je me souviens en tout cas très bien de la voix en VO de Batman lorsqu'il est masqué et en action - un timbre extraordinaire.
Côté BD, la renaissance de Batman est intervenu au milieu des années 80 en la personne de Frank Miller. J’ai été marqué par son utilisation dans The Dark Knight Returns (Miller avec Janson & Varley, DC) des écrans de télévision comme sources d’informations – au sens propre car ce sont des cases à part entière, et au sens figuré car ce sont précisément des bulletin de news que l’on voit. Le découpage était très fort, avec beaucoup de voix intérieures, le propre même des graphic novels. Néanmoins, je trouvais le dessin à peine assez réaliste pour un Batman et je n’ai pas aimé l’intervention de Superman à la fin. Bon sang, Batman doit se suffire à lui seul ! Tout a été corrigé ensuite avec Batman : Year One (Miller avec Mazzuchelli & Lewis, DC) où là, on atteint le chef-d’oeuvre. Narration un poil plus sobre, dessins plus sombres, action centrée autour de la naissance du personnage – un classique, la base de tout récit moderne de l’homme chauve-souris. Tellement influencé par cette oeuvre, j’ai même réussi à faire apparaître Batman dans ce qui a été mon deuxième album de BD (Spartakus, Fatal Carnaval – avec Michel Valdman, Dargaud, 1994) ! Et quitte à en remettre une couche, j’ai de nouveau fait appel à Batman dans Mongo le Magnifique, Une Affaire de Sorciers T1 (avec Roger Mason, EP Editions, 2004) lorsque je le fais intervenir en rêve – précisément quand Mongo (un détective privé nain, mais au QI phénoménal) se fait mordre par une chauve-souris enragée. L’occasion était trop belle et je me souviens de la joie de Roger lorsque je lui ai annoncé qu’il allait pouvoir dessiner Batman ! Comme quoi, cet homme qui n’est pas un super-héros, mais un héros tout court, suscite bien des convoitises. Je finirai ces souvenirs personnels en rappelant que j’ai également dédié le T3 de ma série Hauteclaire (Le Reflet des Lames, avec Benoit Lacou, EP Editions, 2004) à Bob Kane, « pour son oeuvre et son personnage majeur ». Il y a vraiment des influences qu’on ne pourra jamais renier.
Bruce Wayne, enfant de riches, voit ses parents assassinés sous ses yeux : histoire simple et forte, tragique et intemporelle. De ce drame originel va donc naître sa vocation de se venger, de traquer les assassins, les voleurs et les « méchants » de tout poil. Il ne faut pas chercher plus loin les clefs du succès – la quête d’un enfant devenu adulte mais qui n’oubliera jamais sa cicactrice juvénile et qui ne parviendra pas à totalement maitriser son immense tristesse rageuse est assurément poignante et universelle.
Le coup de génie vient pourtant, selon moi, ensuite : dans le costume. Le masque avec les deux oreilles stylisées, les longs gants, les bottes montantes et surtout la cape - ce n’était pas évident de partir d’un animal aussi repoussant (la chauve- souris) pour arriver à un héros aussi charismatique. Bob Kane peut être remercié éternellement, même si le charme actuel vient avant tout d’un certain relookage du costume, précisément, beaucoup plus agressif et « cuir » que l’original. On ne se lasse pas, en tout cas, de voir des dessins de Batman contemplant la nuit le décor baroque de sa ville, Gotham, avec sa longue cape tombant dans le vide... Il y a là une certaine facilité, peut-être, dans le concept, volontiers démonstratif et posé, mais la recette fonctionne et on est forcément impressionné par ce genre d’image. Alors, ne boudons pas notre plaisir.
Pendant les années 90, j’ai acheté beaucoup de recueils de Batman parus chez DC. Il faut dire que cet éditeur avait flairé le filon et on ne comptait plus les sorties, plus sensationnelles les unes que les autres. J’étais –et je suis toujours- fasciné de voir comment l’éditeur historique avait morcelé l’oeuvre pour la décliner en autant de divisions et sous-divisions. Chacun avait sa part du gâteau, et il y en avait pour tous les goûts. Mais le plus fort est que l’édifice global tenait debout. Ca partait dans tous les sens mais aucun scénariste ne faisait s’effondrer la batmaison. Je me suis souvent demandé pourquoi Dargaud n’avait pas eu l’idée d’exploiter encore plus le mythe Blake & Mortimer de cette façon. Avec Batman, on avait la preuve que c’était possible : des équipes différentes et talentueuses pouvaient travailler en même temps, avec chacun sa patte et son respect de quelques règles sacrées (par exemple : les parents de Bruce Wayne sont bien morts assassinés sous ses yeux) mais avec une idée de carte blanche pour chaque projet. Je pense à Blake & Mortimer parce que c’est le dernier exemple d’une résurrection franco-belge en forme d’événement. Plutôt que de sortir des ersatz de Jacobs, on aurait pu –dû- dynamiser et moderniser les personnages en multipliant les collaborations et les cadres des récits. Une série mère, d’accord, mais des séries parallèles plus nombreuses... Du coup, diversité, intérêt, renouvellement.
Mais revenons à ces albums américains de Batman. Le plus célèbre est sans doute le Killing Joke, scénarisé par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland. Les deux premières pages sont fabuleuses : Batman arrive à l’asile d’Arkham, pour rencontrer le Joker, et il n’y a aucune bulle. Juste la présence de ce personnage instantanément densifié. Très fort. Ensuite, le récit est centré sur le Joker, et c’est là que j’accroche moins, dans le sens où je ne suis pas fan du Joker, de ses élucubrations, de son visage, de sa folie – qui me lasse un peu. Mais on parle ici de forme, car dans le fond, l’idée est extraordinaire. Profiter d’un album de Batman pour s’intéresser au Joker (et à sa duplicité avec Batman), c’est justement profiter des libertés narratives offertes par DC et que Moore a aussitôt comprises et surtout détournées. Et voilà comment on revisite, réinvente et reconstruit un personnage sur lequel on pensait avoir tout dit. Je le répète : laisser un mythe aux mains de quelques créateurs peut s’avérer formidable.
Dans la même veine, on citera l’hypnotique Arkham Asylum d’un duo fameux : Grant Morrison et Dave McKean. McKean illustrant Batman ? Stop the press ! La promesse assurée du grandiose. Eh bien non. Evidemment, il y a des images exceptionnelles, un sens de l’illustration poussée à son paroxysme, mais à mon avis, Batman est en partie raté. La faute à une cape mal fichue, avec des sortes de revers sur le dessus qui font l’effet de cheveux frisés sur le costume. Un détail peut-être, mais qui enlève une partie de l’imaginaire de Batman. Où est la dimension du personnage si sa cape n’est pas impressionnante ? Je suppose que McKean pourrait s’expliquer des heures et justifier sans problèmes ses choix figuratifs (qui confinent vraiment au génie), mais je serai toujours désolé de m’arrêter à cette petite constatation. Il faut de toute façon avouer que la lecture de ce livre torturé et littéralement expérimental n’est pas aisée.
Du même Morrison, on peut préférer Gothic (avec Janson) ; une histoire de nouveau horrifique mais où le mythe de Faust est revisité avec astuce dans le cadre de Gotham. C’est pourtant une visite que fait Batman dans un château abandonné autrichien qui reste en mémoire.
Parfois, on tombe dans le n’importe quoi et on n’échappe pas au grand ramasse-miettes de la création, pardon : de la récupération. Batman & Dracula : Red Rain (Moench, Jones, Jones III & Dorscheid), Batman Aliens (Marz & Wrightson) –oui, oui, Batman affronte les Aliens du film de Cameron !- ou encore Batman : The Abduction (Grant, Breyfogle & Hodgkins) où il fallait bien qu’on parle un jour d’extraterrestres. Même Spawn Batman (signé pourtant par un tandem à faire pâlir, McFarlane et Miller en personne) n’échappe pas au ridicule.
En fait, il faut être plus malin et carrément partir vers de nouvelles voies. C’est ce qu’a bien compris l’équipe composée d’Augustyn, Mignola (le créateur de Hellboy, crédité à l’époque sous son prénom complet « Michael » et non « Mike »), Craig Russell et Hornung dans : Gotham by Gaslight, une histoire annoncée comme « alternative » à Batman. Comme son titre l’indique, l’action se passe dans un Gotham du passé, au XIXe siècle, quand les rues étaient encore éclairées au gaz et non à l’électricité. Dans ce Gotham règne un certain Jack l’Eventreur, qui n’est pas pour rien dans l’assassinat des parents Wayne. Là encore, on ratisse large mais l’histoire est réellement fascinante et l’atmosphère de ce mélange de Gotham et de Londres frappe les esprits. Une réussite d’autant plus remarquable qu’il y avait tous les ingrédients pour se fourvoyer. Même le costume à l’ancienne de Batman est superbe. Le succès de cet album fut tel qu’une collection baptisée Elseworlds fut créée par DC : le principe était bien d’y retrouver les héros dans « d’autres mondes » que le leur. Hélas pour le scénariste Brian Augustyn, son Master of the Future n’avait pas la même implacabilité que Gotham by Gaslight. En revanche, Batman/Houdini : The Devil’s Workshop (Chaykin, Moore & Chiarello) était une réussite incontestable, avec l’introduction excellente d’un personnage réel, à fort pouvoir scénaristique : le magicien et l’illusionniste Harry Houdini.
En illustration pure, mention spéciale à The Chalice (Dixon & Van Fleet) et Castle of the Bat (Harris & Hampton).
Le dernier Batman américain que j’ai acheté est Hush (Loeb, Lee & Williams), mais dès que je vois des monstres grand-guignolesques, je fuis. C’était le cas. Et puis, si je vénère Batman, je trouve toujours que les autres héros qui l’accompagnent (Catwoman, Robin) sont inutiles.

BATMAN
Lorsque j’étais plus jeune, et au moment où je me suis "éveillé" aux super-héros, Batman manquait cruellement de super-pouvoirs pour m’intéresser complétement. Après tout, il est vrai qu’il ne s’agit que d’un certain Bruce Wayne qui se déguise la nuit en chauve-souris pour aller chasser les malfaiteurs ; même s’il est très fort, il n’y a rien de fondamentalement spectaculaire là-dedans. De plus, je crois me souvenir que le graphisme en vigueur pour ce personnage dans les années 70 n’était pas formidable, mais il se peut que les exégètes me contredisent sur ce point. En tout cas, aucune case ne m'avait marqué, ce qui est pourtant toujours le cas des oeuvres fortes. Je reviendrai d'ailleurs souvent sur ce thème dans cet aBcDaire : le pouvoir des cases et leur influence sur tout un imaginaire.
Aujourd’hui, la situation a changé en tout cas, et Batman est devenu depuis assez longtemps déjà mon super-héros préféré. J’avoue que j'ai été un peu comme tout le monde : les albums de Frank Miller l’ont revitalisé à mes yeux et les films (notamment les deux premiers, réalisés par Tim Burton) ont fait le reste. Batman est devenu un mythe et c’est précisément sa dimension humaine, que je regrettais étant enfant, qui en fait sa richesse.
Pour ce qui est du cinéma, je me souviens que le premier Batman a vraiment été un événement. Tim Burton, Jack Nicholson, Michael Keaton, Kim Basinger… casting royal en cette année 1989 ! Rajoutons également la légendaire BO de Prince (avec plusieurs titres imparables, dont un chef-d’œuvre : Scandalous) et des décors somptueux – bref, un sacré bon souvenir. Ce fut même encore mieux deux ans plus tard avec Batman le Défi, même s’il n’y avait plus Prince côté musique. En revanche, comme beaucoup, je pense que ce fut moins bien après, mais je n’ai pas manqué d’aller voir Batman Forever (le moins bon de la série) et Batman & Robin, qui ne m’a pas semblé si mal après tout. Vu dans un avion, Batman Begins m’a paru excellent, mais le décalage horaire a eu raison de moi, et je n’ai pas vu le dernier quart d’heure ! Je me souviens en tout cas très bien de la voix en VO de Batman lorsqu'il est masqué et en action - un timbre extraordinaire.
Côté BD, la renaissance de Batman est intervenu au milieu des années 80 en la personne de Frank Miller. J’ai été marqué par son utilisation dans The Dark Knight Returns (Miller avec Janson & Varley, DC) des écrans de télévision comme sources d’informations – au sens propre car ce sont des cases à part entière, et au sens figuré car ce sont précisément des bulletin de news que l’on voit. Le découpage était très fort, avec beaucoup de voix intérieures, le propre même des graphic novels. Néanmoins, je trouvais le dessin à peine assez réaliste pour un Batman et je n’ai pas aimé l’intervention de Superman à la fin. Bon sang, Batman doit se suffire à lui seul ! Tout a été corrigé ensuite avec Batman : Year One (Miller avec Mazzuchelli & Lewis, DC) où là, on atteint le chef-d’oeuvre. Narration un poil plus sobre, dessins plus sombres, action centrée autour de la naissance du personnage – un classique, la base de tout récit moderne de l’homme chauve-souris. Tellement influencé par cette oeuvre, j’ai même réussi à faire apparaître Batman dans ce qui a été mon deuxième album de BD (Spartakus, Fatal Carnaval – avec Michel Valdman, Dargaud, 1994) ! Et quitte à en remettre une couche, j’ai de nouveau fait appel à Batman dans Mongo le Magnifique, Une Affaire de Sorciers T1 (avec Roger Mason, EP Editions, 2004) lorsque je le fais intervenir en rêve – précisément quand Mongo (un détective privé nain, mais au QI phénoménal) se fait mordre par une chauve-souris enragée. L’occasion était trop belle et je me souviens de la joie de Roger lorsque je lui ai annoncé qu’il allait pouvoir dessiner Batman ! Comme quoi, cet homme qui n’est pas un super-héros, mais un héros tout court, suscite bien des convoitises. Je finirai ces souvenirs personnels en rappelant que j’ai également dédié le T3 de ma série Hauteclaire (Le Reflet des Lames, avec Benoit Lacou, EP Editions, 2004) à Bob Kane, « pour son oeuvre et son personnage majeur ». Il y a vraiment des influences qu’on ne pourra jamais renier.
Bruce Wayne, enfant de riches, voit ses parents assassinés sous ses yeux : histoire simple et forte, tragique et intemporelle. De ce drame originel va donc naître sa vocation de se venger, de traquer les assassins, les voleurs et les « méchants » de tout poil. Il ne faut pas chercher plus loin les clefs du succès – la quête d’un enfant devenu adulte mais qui n’oubliera jamais sa cicactrice juvénile et qui ne parviendra pas à totalement maitriser son immense tristesse rageuse est assurément poignante et universelle.
Le coup de génie vient pourtant, selon moi, ensuite : dans le costume. Le masque avec les deux oreilles stylisées, les longs gants, les bottes montantes et surtout la cape - ce n’était pas évident de partir d’un animal aussi repoussant (la chauve- souris) pour arriver à un héros aussi charismatique. Bob Kane peut être remercié éternellement, même si le charme actuel vient avant tout d’un certain relookage du costume, précisément, beaucoup plus agressif et « cuir » que l’original. On ne se lasse pas, en tout cas, de voir des dessins de Batman contemplant la nuit le décor baroque de sa ville, Gotham, avec sa longue cape tombant dans le vide... Il y a là une certaine facilité, peut-être, dans le concept, volontiers démonstratif et posé, mais la recette fonctionne et on est forcément impressionné par ce genre d’image. Alors, ne boudons pas notre plaisir.
Pendant les années 90, j’ai acheté beaucoup de recueils de Batman parus chez DC. Il faut dire que cet éditeur avait flairé le filon et on ne comptait plus les sorties, plus sensationnelles les unes que les autres. J’étais –et je suis toujours- fasciné de voir comment l’éditeur historique avait morcelé l’oeuvre pour la décliner en autant de divisions et sous-divisions. Chacun avait sa part du gâteau, et il y en avait pour tous les goûts. Mais le plus fort est que l’édifice global tenait debout. Ca partait dans tous les sens mais aucun scénariste ne faisait s’effondrer la batmaison. Je me suis souvent demandé pourquoi Dargaud n’avait pas eu l’idée d’exploiter encore plus le mythe Blake & Mortimer de cette façon. Avec Batman, on avait la preuve que c’était possible : des équipes différentes et talentueuses pouvaient travailler en même temps, avec chacun sa patte et son respect de quelques règles sacrées (par exemple : les parents de Bruce Wayne sont bien morts assassinés sous ses yeux) mais avec une idée de carte blanche pour chaque projet. Je pense à Blake & Mortimer parce que c’est le dernier exemple d’une résurrection franco-belge en forme d’événement. Plutôt que de sortir des ersatz de Jacobs, on aurait pu –dû- dynamiser et moderniser les personnages en multipliant les collaborations et les cadres des récits. Une série mère, d’accord, mais des séries parallèles plus nombreuses... Du coup, diversité, intérêt, renouvellement.
Mais revenons à ces albums américains de Batman. Le plus célèbre est sans doute le Killing Joke, scénarisé par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland. Les deux premières pages sont fabuleuses : Batman arrive à l’asile d’Arkham, pour rencontrer le Joker, et il n’y a aucune bulle. Juste la présence de ce personnage instantanément densifié. Très fort. Ensuite, le récit est centré sur le Joker, et c’est là que j’accroche moins, dans le sens où je ne suis pas fan du Joker, de ses élucubrations, de son visage, de sa folie – qui me lasse un peu. Mais on parle ici de forme, car dans le fond, l’idée est extraordinaire. Profiter d’un album de Batman pour s’intéresser au Joker (et à sa duplicité avec Batman), c’est justement profiter des libertés narratives offertes par DC et que Moore a aussitôt comprises et surtout détournées. Et voilà comment on revisite, réinvente et reconstruit un personnage sur lequel on pensait avoir tout dit. Je le répète : laisser un mythe aux mains de quelques créateurs peut s’avérer formidable.
Dans la même veine, on citera l’hypnotique Arkham Asylum d’un duo fameux : Grant Morrison et Dave McKean. McKean illustrant Batman ? Stop the press ! La promesse assurée du grandiose. Eh bien non. Evidemment, il y a des images exceptionnelles, un sens de l’illustration poussée à son paroxysme, mais à mon avis, Batman est en partie raté. La faute à une cape mal fichue, avec des sortes de revers sur le dessus qui font l’effet de cheveux frisés sur le costume. Un détail peut-être, mais qui enlève une partie de l’imaginaire de Batman. Où est la dimension du personnage si sa cape n’est pas impressionnante ? Je suppose que McKean pourrait s’expliquer des heures et justifier sans problèmes ses choix figuratifs (qui confinent vraiment au génie), mais je serai toujours désolé de m’arrêter à cette petite constatation. Il faut de toute façon avouer que la lecture de ce livre torturé et littéralement expérimental n’est pas aisée.
Du même Morrison, on peut préférer Gothic (avec Janson) ; une histoire de nouveau horrifique mais où le mythe de Faust est revisité avec astuce dans le cadre de Gotham. C’est pourtant une visite que fait Batman dans un château abandonné autrichien qui reste en mémoire.
Parfois, on tombe dans le n’importe quoi et on n’échappe pas au grand ramasse-miettes de la création, pardon : de la récupération. Batman & Dracula : Red Rain (Moench, Jones, Jones III & Dorscheid), Batman Aliens (Marz & Wrightson) –oui, oui, Batman affronte les Aliens du film de Cameron !- ou encore Batman : The Abduction (Grant, Breyfogle & Hodgkins) où il fallait bien qu’on parle un jour d’extraterrestres. Même Spawn Batman (signé pourtant par un tandem à faire pâlir, McFarlane et Miller en personne) n’échappe pas au ridicule.
En fait, il faut être plus malin et carrément partir vers de nouvelles voies. C’est ce qu’a bien compris l’équipe composée d’Augustyn, Mignola (le créateur de Hellboy, crédité à l’époque sous son prénom complet « Michael » et non « Mike »), Craig Russell et Hornung dans : Gotham by Gaslight, une histoire annoncée comme « alternative » à Batman. Comme son titre l’indique, l’action se passe dans un Gotham du passé, au XIXe siècle, quand les rues étaient encore éclairées au gaz et non à l’électricité. Dans ce Gotham règne un certain Jack l’Eventreur, qui n’est pas pour rien dans l’assassinat des parents Wayne. Là encore, on ratisse large mais l’histoire est réellement fascinante et l’atmosphère de ce mélange de Gotham et de Londres frappe les esprits. Une réussite d’autant plus remarquable qu’il y avait tous les ingrédients pour se fourvoyer. Même le costume à l’ancienne de Batman est superbe. Le succès de cet album fut tel qu’une collection baptisée Elseworlds fut créée par DC : le principe était bien d’y retrouver les héros dans « d’autres mondes » que le leur. Hélas pour le scénariste Brian Augustyn, son Master of the Future n’avait pas la même implacabilité que Gotham by Gaslight. En revanche, Batman/Houdini : The Devil’s Workshop (Chaykin, Moore & Chiarello) était une réussite incontestable, avec l’introduction excellente d’un personnage réel, à fort pouvoir scénaristique : le magicien et l’illusionniste Harry Houdini.
En illustration pure, mention spéciale à The Chalice (Dixon & Van Fleet) et Castle of the Bat (Harris & Hampton).
Le dernier Batman américain que j’ai acheté est Hush (Loeb, Lee & Williams), mais dès que je vois des monstres grand-guignolesques, je fuis. C’était le cas. Et puis, si je vénère Batman, je trouve toujours que les autres héros qui l’accompagnent (Catwoman, Robin) sont inutiles.
Lust Caution * * *

de ang lee avec tony leung, tang wei, joan chen, leehom wang
années 40, la chine ocuupée par les japonais, Wang rejoint un groupe de résistants, et, à Hong Kong, plus Shanghai, elle doit séduire M.Yee, collabo des japonais
Il faut tout de même attendre 90 mn avant la luxure... mais les "fameuses" scènes de sexe ne décoivent pas, pas parce que particulièrement crues, on a vu "mieux" dans quelques films coréens, mais parce qu'elles font vraiment s'élever l'histoire. La longue attente, d'approche, de séduction, beaucoup plus proche du film d'espionnage, est nécessaire, mais il faut reconnaitre qu'on y perd de l'énergie, un beau film qui tarde à décoller. Et qui trouve donc son ampleur autour d'une scène de meurtre violent et 2/3 scènes entre Wee et Wang, plutot tendues, pas forcément simulées... (ou alors excellent cadreur à la caméra...), et qui, au delà d'un certain plaisir esthétique, ont du sens, la confrontation de la résistante et du salaud, des potentiels bourreau et victime, un lien sexe / mort (seul le sexe permet à Wang de s'approcher de son ennemi), bien complexe, avec ce qu'il faut de perversité, car tout n'est pas calculé entre eux deux. On en redemande... cette relation passionnelle et ambigue donne une vraie force à ce film qui reste dans les hautes sphères dans une dernière partie vraiment extraordinaire, c'est souvent l'inverse, alors à souligner. Ang lee a peut être été plus à son aise dans des films américano-asiatiques comme "garcon d'honneur" et "the ice storm", mais il a un sacré talent qui lui permet d'être encore à un haut niveau dans ce film de genre. Une réalisation d'un classicisme parfait, du très bel (et sobre) ouvrage. Ainsi que l'histoire, bien loin des films de résistance où on finit par ne pas tout comprendre, l'intrigue est simple, sans complications inutiles. On a parfois l'impression de voir du Bertolucci facon "Conformiste" / "Dernier tango" / ...et "Dernier Empereur" bien sûr, une réalisation très classique mais qui laisse passer beaucoup de choses, pas mal de mélancolie sur la fin, une tristesse chez ses deux personnages, superbe scène de Wang, seule, dans la rue, avec sa bague. Il y avait quand même de quoi faire plus intense et moins "images chromo de Shanghai", et d'obtenir un très grand film. Disons que le talent de ang lee et une histoire plus resserrée comme "l'amant" pour la partie sexuelle. Excellents acteurs, tony leung moins esthétisant que chez Wong Kar Wai. Et belle belle musique d'Alexandre Desplat.
28 janvier, 2008
Monsieur Jo et Monsieur Jean


D'un côté un trentenaire bobo, pétri de doutes, personnage principal d'une bande dessinée fameuse ; de l'autre un jeune champion qui ne semble, lui, douter de rien et qui est peut-être un vrai héros. Malgré leurs différences, ils ont été les deux héros du week-end.
Je n'allais évidemment pas manquer une finale de grand chelem de tennis où un Français figure. Pour avoir couvert de nombreuses années ce fabuleux sport, je suis toujours très intéressé par l'actualité de la balle jaune. Et là, on a été servi ! Ce qu'a fait Tsonga est évidemment extraordinaire, notamment son match contre Nadal (je n'ai pas vu les autres avant sa 1/2 finale) qui a été surnaturel. Comme beaucoup, je pense que ça aurait été mieux qu'il joue contre Federer en finale car Djokovic est un peu dans le même cas de figure que lui : le jeune qui arrive ambitieux et qui veut gagner. Ca annulait forcément un peu la puissance annoncée de Tsonga. D'un autre côté, on s'est clairement rendu compte pendant un set et demi que Djokovic n'était vraiment pas à l'aise, limite paralysé par l'enjeu. Tsonga en a profité, sans qu'il soit lui-même aussi fort que trois jours auparavant : rien ne dit que Federer, en habitué des finales, ne l'aurait pas haché menu d'emblée... Tout ça pour dire que Djokovic a eu le mérite de ne pas totalement s'écrouler et de tenir vaille que vaille. Tsonga n'a pas eu les ressources pour l'assomer définitivement et on a ensuite senti dans les deux derniers sets que le Français n'y arriverait pas... Quel dommage ! Je nourris beaucoup de regrets car là on tenait quelque chose, pour la première fois depuis 25 ans (je fais partie de ceux qui étaient bien sûr devant leur poste en 1983 pour la victoire de Noah à Roland Garros !). Reste qu'on a quand même un joueur qui a battu les n°9, 8 et 2 mondiaux et qui a été battu assez difficilement quand même en quatre sets par le n°3 qui avait battu en trois sets le n°1 ! Donc, bravo à Jo-Wilfried Tsonga qui nous rappelle aussi Safin par certains aspects et dont on espère qu'il sera plus constant.
Comme tout le monde, on est maintenant curieux de savoir ce qu'il va faire : à mon avis, pas forcément grand chose à Roland Garros, mais ça risque de faire mal à Wimbledon ! Je suis à peu près sûr que Tsonga ne sera pas un feu de paille, et qu'on tient peut-être notre star de demain, tous sports confondus. Je dis aussi : attention à la réaction de Richard Gasquet. L'aventure du Manceau va peut-être lui donner un coup de fouet mental et moral - et c'est peut-être lui qui va en profiter le premier...
Du côté d'Angoulême, dans le même temps, on apprenait que le duo Dupuy-Berberian était proclamé Grand Prix, succédant ainsi à l'Argentin Munoz. Pas grand chose à dire, on couronne là une carrière assez impeccable, un positionnement assez coté et prestigieux dans le monde de la BD. Certes, c'est une oeuvre contemporaire, bien dans l'air du temps, bobo certainement, qui a peut-être même déjà un peu vieilli, mais avec un ton juste et bien étudié, des albums qui se lisent agréablement et qui renvoient à nous tous. Bravo donc à eux, on ne va pas crier au scandale, mais c'est vrai qu'on a en ce moment tendance à préférer M. Jo à M. Jean...
22 janvier, 2008
Latest news...

Hello les amis !
Je m'aperçois que je manque à tous mes devoirs et que cela fait un certain temps que je n'ai pas laissé de nouvelles. Je profite d'un petit moment d'accalmie pour rattrapper le coup. En fait, depuis le début de l'année, je suis à fond dans la BD - dans une phase de création tous azimuts comme rarement j'ai connue.
Il y a d'abord, évidemment, L'ultime Chimère. La magnifique planche que vous voyez ci-dessus sera la première. Je pense que d'ici très peu de temps, je pourrai vous montrer la couverture officielle. Le dossier de presse est aussi en course de rédaction. Je peux par contre vous livrer en exclusivité le petit texte qui accompagnera la 4e de couverture :
"L’objet le plus mystérieux de l’Histoire est aussi le plus secret :la flèche de Nemrod ! On dit qu’elle aurait blessé Dieu lui-même et qu’elle aurait traversé les âges…On dit aussi que l’approcher, c’est être maudit."
J'en suis aujourd'hui au découpage des planches 18 à 23 du T5. Une sorte de mise en abyme sur plusieurs niveaux puisqu'il s'agira d'un récit dans le récit, sachant que ce T5 sera déjà un récit dans le récit par rapport à la série ! Toujours plaisant, ce genre d'exercice.
Ensuite, il y a L'Idole & le Fléau, un projet en cinq tomes qui est prévu pour aller chez un nouvel éditeur. J'ai découpé dans la première quinzaine de janvier les vingt-trois premières planches. C'est la première fois que je découpe autant sans avoir signé le contrat. Mais j'y crois, car je pense que l'idée est très forte.
Bonne nouvelle en passant : l'ami Siro s'est remis très sérieusement sur Speedway et il a pratiquement terminé tous les crayonnés du T1 ! Il va passer à l'encrage et j'espère qu'il va garder le rythme parce que l'histoire me semble assez intéressante. Ca n'est pas fabuleusement original, c'est même assez commercial, mais bon, on a le droit de se faire plaisir, non ?
Et puis, sachez que j'occupe désormais toutes mes soirées à me documenter sur une histoire qui sera le projet de ma vie. Oui, le mot peut paraître un peu fort, mais j'en suis persuadé. Tiré d'une histoire vraie, je ne peux imaginer un développement qui fasse moins de 500 pages, c'est dire ! Ce sera mon roman graphique à moi, mon From Hell, avec lequel il y aura quelques points communs... Je pense que je serai en mesure de présenter un synopsis assez détaillé à un éditeur d'ici deux-trois mois, mais je me donne encore un an de travail de documentation avant de commencer concrétement. Obligé. Je veux tout savoir sur le sujet avant de tout remettre en place pour une BD et de laisser quelques pistes nouvelles prendre corps...
En tout cas, je ne serai pas cette année à Angoulême. Griffo y sera, c'est déjà ça, et nul doute qu'on lui parlera un peu déjà de L'ultime Chimère. Mais pour le lancement officiel, ce sera au Salon du Livre de Paris...
14 janvier, 2008
It's a free world * * *

de ken loach avec kirston wareing, juliet ellis
Londres, angie, la trentaine, un fils dont elle s'occupe mal, monte une agence de recrutement, avec Rose, son amie, pour employer de la main d'oeuvre étrangère, surtout d'Europe de l'est, déterminée à s'en sortir, à la limite du légal, et sans états d'ame
Du loach, du vrai loach. Qualité impeccable, réalisation, rythme, des acteurs britanniques autant inconnus qu'impressionnants de justesse, surtout cette Kierston Wareing, présente de tous les plans. Si on met de côté ses films "historiques"- "land and freedom", son grand film ou "le vent se lève", qui lui permet de ne plus avoir à attendre sa Palme, le petit Ken...- , il séduit encore plus quand le "thème" du film prend une place moins importante, grace à toutes les histoires individuelles. Comme cette splendide réussite qu'était "just a kiss", autant une histoire sentimentale qu'un film sur les différences. moins évident ici car "it"s a free world", restera un film référencé sur "l'exploitation des travailleurs de l'Est" (le gros logo LCI en parrain le fait bien comprendre, important le parrain de départ du générique...), même si on voit largement vivrre Angie par ailleurs, avec sa famille, son "mec" polonais de passage. Mais Loach, engagé, est un gars subtil, qui montre du doigt sans caricaturer. Angie est complexe, à la fois complétement dans son obsession de la réussite, assumant son égoisme, surtout face à ces exploités (eux mêmes pas des agneaux), mais fonctionnant pas coups de coeur, aussi, spontanément. Bref, un vrai portrait de nos sociétés (ouest) européennes, un de ces films qui font / feront le portrait de l'Europe de ce début de siècle, comme pas mal de films made in UK, comme le turco-allemand "de l'autre côté ou du assayas quand il fait "boarding gate". A chaque Ken Loach, on regrette toujours autant qu'il y en ait si peu en France qui ait talent / courage / (pognon à investir ?) d'en faire autant. Et pourtant sur l'immigration, le travail temporaire plus ou moins illégal et la chasse aux sans papiers, y'aurait comme un peu de matière... on s'était dit en mai dernier qu'un Sarko président aurait au moins l'avantage de relancer des une création culturelle plus engagée et plus proche de la réalité. pour l'instant, on ne voit que les films d'alice taglioni à l'horizon... en attendant le premier film de Cauet cet été...
10 janvier, 2008
L'ultime Chimère : une planche couleur

Je n'ai pas encore la date de parution du T1 de L'ultime Chimère, mais ce devrait être aux environs du 15-20 mars. Une sorte de "sortie officielle" est prévue pour le Salon du Livre de Paris (23-27 mars). Cela veut dire que dans deux mois pile, nous devrions avoir reçu les premiers exemplaires... En attendant, je peux vous dire que ça bosse dur, pour finaliser les couleurs, relire les textes, et concevoir la couverture. Pour cette dernière, Griffo est actuellement dessus et le concept général de "présentation" de la série a été fait en début de semaine par Christian Blondel, le responsable graphique chez Glénat. La couverture devrait être présentée à Angoulême et vous la verrez bien sûr en avant-première sur ce blog.
Voici en tout cas une planche de ce premier album, mise en couleur par Bruno Pradelle et Rémy Langlois.
08 janvier, 2008
Top 10 cinéma 2007

On n'arrête plus notre collaborateur El Bacos qui vient de se repencher sur l'année cinématographique écoulée et qui nous transmet son Top 10 annuel... Pas moins de 153 films vus et un classement désormais figé dans le marbre :
1 – La nuit nous appartient (We own the night) - James Gray
2 - La vie des autres (Das Leben der Anderen) - Florian Henckel
3 - 4 mois, 3 semaines et 2 jours (4 luni, 3 saptamini si 2 zile) - Christian Mingiu
4 - Sunshine - Danny Boyle
5 - Gone baby gone - Ben Affleck
6 - Ratatouille - Brad Bird
7 - Persepolis - Marjane Satrapi & Vincent Parronnaud
8 - La tête de maman - Carine Tardieu
9 - Control - Anton Corbjin
10- Alexandra - Alexandre Sokourov
& Michael Clayton - Tony Gilroy
A noter que depuis 25 ans que notre ami nous livre son classement annuel, James Gray est le premier réalisateur à obtenir deux fois la récompense suprême. Il avait déjà obtenu la place de N°1 en 2000 avec le magistral The Yards.
03 janvier, 2008
Actrices * *
(On était inquiet, cela faisait plus d'un mois que nous ne retrouvions plus les chroniques cinéma de notre spécialiste et ami El Bacos ! Qu'on se rassure, suite à une pression insoutenable des plus fidèles lecteurs de ce blog et à la résolution de quelques problèmes informatiques, tout est en train de rentrer dans l'ordre !)

de valeria bruni tedeschi avec valeria bruni tedeschi, mathieu amalric, louis garrel, noemie lvosky
Paris, macelline, actrice, joue Tourgueniev. confrontée à ses angoisses, sa relation avec ses parents, ses partenaires masculins, son envie d'enfant
"Actrices" n'est pas aussi convainquant que "... le chameau...", premier film de VBB, dans la même veine, très personnel, grave mais aussi avec beaucoup de légereté et de fantaisie sur ses interrogations existentielles. Parce que ça part un peu trop dans tous les sens, foutoir délibéré qui a du mal à retomber sur ses pieds au bout d'un moment, un peu trop centré sur la pièce et les acteurs (le milieu du théatre, excellent arrière plan pour pas mal de films "sentimentaux", mais il faut aussi en sortir et se confronter avec le dehors). VBB presque trop originale, ce qui veut dire encore beaucoup de scènes qui suffisent à apprécier le film, sa maladresse, sa "folie douce" (on arrêtera de dire "bordeline" pour elle, trop cliché), la mise en scène de ses rêves, de ses souhaits. Courageux parce qu'un tel sujet, sans réelle intrigue à part les angoisses et plaisir de l'actrice, risque fort de planter le film. Mais permettra peut etre de renforcer encore la cote de sympathie de VBB, tellement à part, que ce soit il y a 15 ans ou maintenant, à 40 ans. Louis garrel continue à légèrement agacer, mais ça ne s'arrêtera pas, tant qu'il aura cette gueule là. Amalric doit tellement composer sur patrice chéreau qu'il en devient peu sympathique comme le modèle. Parmi les acteurs, justement ceux de Chéreau dans les années 80, à noter l'excellent Olivier Rabourdin (qui chante "i will survive" dans le film...). Beau role de la mère... par la mère de VBB. Etrange lien familial avec les photos de cette même marisa borini entre sarko et carla B à Disneyland. Pas facile d'avoir le pire et le meilleur dans sa famille...

de valeria bruni tedeschi avec valeria bruni tedeschi, mathieu amalric, louis garrel, noemie lvosky
Paris, macelline, actrice, joue Tourgueniev. confrontée à ses angoisses, sa relation avec ses parents, ses partenaires masculins, son envie d'enfant
"Actrices" n'est pas aussi convainquant que "... le chameau...", premier film de VBB, dans la même veine, très personnel, grave mais aussi avec beaucoup de légereté et de fantaisie sur ses interrogations existentielles. Parce que ça part un peu trop dans tous les sens, foutoir délibéré qui a du mal à retomber sur ses pieds au bout d'un moment, un peu trop centré sur la pièce et les acteurs (le milieu du théatre, excellent arrière plan pour pas mal de films "sentimentaux", mais il faut aussi en sortir et se confronter avec le dehors). VBB presque trop originale, ce qui veut dire encore beaucoup de scènes qui suffisent à apprécier le film, sa maladresse, sa "folie douce" (on arrêtera de dire "bordeline" pour elle, trop cliché), la mise en scène de ses rêves, de ses souhaits. Courageux parce qu'un tel sujet, sans réelle intrigue à part les angoisses et plaisir de l'actrice, risque fort de planter le film. Mais permettra peut etre de renforcer encore la cote de sympathie de VBB, tellement à part, que ce soit il y a 15 ans ou maintenant, à 40 ans. Louis garrel continue à légèrement agacer, mais ça ne s'arrêtera pas, tant qu'il aura cette gueule là. Amalric doit tellement composer sur patrice chéreau qu'il en devient peu sympathique comme le modèle. Parmi les acteurs, justement ceux de Chéreau dans les années 80, à noter l'excellent Olivier Rabourdin (qui chante "i will survive" dans le film...). Beau role de la mère... par la mère de VBB. Etrange lien familial avec les photos de cette même marisa borini entre sarko et carla B à Disneyland. Pas facile d'avoir le pire et le meilleur dans sa famille...
28 décembre, 2007
Quelques chiffres sur la BD...

Comme chaque année, Gilles Ratier, l'éminent Secrétaire Général de l'Association des Critiques de Bande Dessinée (ACBD - voir leur site : www.acbd.fr) propose son rapport sur l'état de notre 9e art préféré en France. Un travail remarquable et sans aucun doute difficile, de longue haleine, que je salue ici. Quelques données comptables m'inspirent bien évidememnt les réflexions suivantes :
- 4 313 livres ayant trait à la BD sont parus en 2007, dont 3 312 albums ! Cela fait donc plus de neuf albums nouveaux par jour en moyenne sur toute une année ! Vertigineux. Quand mon album Spartakus est paru chez Dargaud en 1990, je crois me souvenir qu'il n'était sorti que 484 albums cette année-là, soit un peu plus d'un par jour en moyenne... En tout cas, moi, en 2007, je n'en ai sorti aucun !
- 43% de cette production sont des mangas. Là, je fais gloups. Qu'on ne m'accuse pas de racisme envers ce type de BD, que je connais mal il est vrai. Je dis juste que 43% au pays de la BD franco-belge, c'est trop. En tout cas, ça fait un peu mal au coeur, même si, financièrement, nos éditeurs s'y retrouvent, hélas.
- 254 éditeurs, justement, sortent des albums ou livres de BD. Je n'ai collaboré et collabore qu'avec quatre d'entre eux !
- 484 albums ont été publiés par Delcourt : je m'interroge toujours aujourd'hui sur le fait que je n'ai toujours rien fait chez eux. Ils m'ont toujours refusé. J'aurais bien ma place pour un petit album sur 484, non ?
- 395 albums ont été pré-publiés dans la presse. Je me souviens que ça a été le cas d'ApocalyspeMania T6 dans Le Soir en 2005 !
- 96 albums sont des adaptations d'oeuvres littéraires : hé, j'en ai déjà fait trois, chez EP (Le Bonheur dans le Crime et Un Duel sous Richelieu, Mongo le Magnifique), bien avant tout le monde !
- 90 séries tirent à plus de 50 000 exemplaires : j'en ferai peut-être partie un jour...
- 1 357 auteurs sont officiellement recensés : je suis donc 0.07% de la BD française à moi tout seul !
- 232 sont seulement scénaristes : cette fois, j'en suis 0,43% à moi tout seul !
- 226 blogs ont été recensés émanant d'auteurs professionnels francophones : est-ce que celui de votre serviteurs a vraiment été comptabilisé ?
26 décembre, 2007
Top 50 pilotes automobiles 2007
Depuis 2002, nos confrères d'Autosport publient chaque fin d'année leur "Top 50 Drivers", toutes disciplines confondues - et c'est évidemment un classement qui est prestigieux. Néanmoins, comme toujours, il est matière à discussion et j'ai décidé cette année de franchir le pas et de proposer à mon tour mon propre Top 50 des pilotes autos de cette année...
Voici déjà, à titre indicatif, le classement Autosport :
50. Alex Lloyd
49. Fabrizio Giovanardi
48. Jari-Matti Latvala
47. Anthony Davidson
46. Marko Asmer
45. Yvan Muller
44. Oliver Jarvis
43. Justin Wilson
42. Sam Hornish Jr
41. Nico Hulkenberg
40. Mattias Ekstrom
39. Adrian Sutil
38. Romain Grosjean
37. Giorgio Pantano
36. Matt Kenseth
35. James Thompson
34. Paul Di Resta
33. Nicolas Minassian
32. Vitantonio Liuzzi
31. Bruno Spengler
30. Helio Castroneves
29. David Coulthard
28. Timo Glock
27. Rubens Barrichello
26. Allan McNish
25. Jeff Gordon
24. Romain Dumas
23. Sebastien Bourdais
22. Sebastian Vettel
21. Alain Menu
20. Jimmie Johnson
19. Mikko Hirvonen
18. Giancarlo Fisichella
17. Jarno Trulli
16. Tony Kanaan
15. Andy Priaulx
14. Nico Rosberg
13. Heikki Kovolainen
12. Robert Kubica
11. Felipe Massa
10. Nick Heidfeld
9. Mark Webber
8. Scott Dixon
7. Dario Franchitti
6. Jenson Button
5. Sebastien Loeb
4. Marcus Gronholm
3. Fernando Alonso
2. Lewis Hamilton
1. Kimi Raikkonen
Et voici maintenant mon classement :
50. Daisuke Ito (Super GT)
49. Adrian Sutil (F1)
48. Jari-Matti Latvala (WRC)
47. Justin Wilson (Champ Car)
46. Stephane Peterhansel (Rallye-Raid)
45. Timo Glock (GP2)
44. Marko Asmer (F3 UK)
43. Christophe Bouchut (LMS, Le Mans, FIA-GT)
42. Heikki Kovolainen (F1)
41. James Thompson (WTCC)
40. Fabrizio Giovanardi (BTCC)
39. Paul Di Resta (DTM)
38. Pedro Lamy (LMS, Le Mans)
37. Scott Dixon (IRL)
36. Takuma Sato (F1)
35. Nicolas Minassian (LMS, Le Mans)
34. Bruno Spengler (DTM)
33. Mattias Ekstrom (DTM)
32. Rinaldo Capello (ALMS, Le Mans)
31. Yvan Muller (WTCC)
30. Craig Lowndes (V8 Supercars)
29. Jean-Christophe Boullion (LMS, Le Mans)
28. Mika Salo (ALMS)
27. Nick Heidfeld (F1)
26. Mark Webber (F1)
25. Jeff Gordon (Nascar)
24. Robert Doornbos (Champ Car)
23. Andy Priaulx (WTCC)
22. Stephane Sarrazin (LMS, Le Mans)
21. Oliver Gavin (ALMS, LMS, Le Mans)
20. Jenson Button (F1)
19. Will Power (Champ Car)
18. Sebastian Vettel (F1, WSbR)
17. Tony Kanaan (IRL, ALMS)
16. Allan McNish (ALMS, Le Mans)
15. Jamie Whincup (V8 Supercars)
14. Nico Rosberg (F1)
13. Robert Kubica (F1)
12. Jimmie Johnson (Nascar)
11. Garth Tander (V8 Supercars)
10. Mikko Hirvonen (WRC)
9. Marcus Gronholm (WRC)
8. Felipe Massa (F1)
7. Dario Franchitti (IRL, ALMS)
6. Sebastien Bourdais (Champ Car, Le Mans)
5. Fernando Alonso (F1)
4. Romain Dumas (ALMS, Le Mans)
3. Kimi Raikkonen (F1)
2. Lewis Hamilton (F1)
1. Sebastien Loeb (WRC)
Voici déjà, à titre indicatif, le classement Autosport :
50. Alex Lloyd
49. Fabrizio Giovanardi
48. Jari-Matti Latvala
47. Anthony Davidson
46. Marko Asmer
45. Yvan Muller
44. Oliver Jarvis
43. Justin Wilson
42. Sam Hornish Jr
41. Nico Hulkenberg
40. Mattias Ekstrom
39. Adrian Sutil
38. Romain Grosjean
37. Giorgio Pantano
36. Matt Kenseth
35. James Thompson
34. Paul Di Resta
33. Nicolas Minassian
32. Vitantonio Liuzzi
31. Bruno Spengler
30. Helio Castroneves
29. David Coulthard
28. Timo Glock
27. Rubens Barrichello
26. Allan McNish
25. Jeff Gordon
24. Romain Dumas
23. Sebastien Bourdais
22. Sebastian Vettel
21. Alain Menu
20. Jimmie Johnson
19. Mikko Hirvonen
18. Giancarlo Fisichella
17. Jarno Trulli
16. Tony Kanaan
15. Andy Priaulx
14. Nico Rosberg
13. Heikki Kovolainen
12. Robert Kubica
11. Felipe Massa
10. Nick Heidfeld
9. Mark Webber
8. Scott Dixon
7. Dario Franchitti
6. Jenson Button
5. Sebastien Loeb
4. Marcus Gronholm
3. Fernando Alonso
2. Lewis Hamilton
1. Kimi Raikkonen
Et voici maintenant mon classement :
50. Daisuke Ito (Super GT)
49. Adrian Sutil (F1)
48. Jari-Matti Latvala (WRC)
47. Justin Wilson (Champ Car)
46. Stephane Peterhansel (Rallye-Raid)
45. Timo Glock (GP2)
44. Marko Asmer (F3 UK)
43. Christophe Bouchut (LMS, Le Mans, FIA-GT)
42. Heikki Kovolainen (F1)
41. James Thompson (WTCC)
40. Fabrizio Giovanardi (BTCC)
39. Paul Di Resta (DTM)
38. Pedro Lamy (LMS, Le Mans)
37. Scott Dixon (IRL)
36. Takuma Sato (F1)
35. Nicolas Minassian (LMS, Le Mans)
34. Bruno Spengler (DTM)
33. Mattias Ekstrom (DTM)
32. Rinaldo Capello (ALMS, Le Mans)
31. Yvan Muller (WTCC)
30. Craig Lowndes (V8 Supercars)
29. Jean-Christophe Boullion (LMS, Le Mans)
28. Mika Salo (ALMS)
27. Nick Heidfeld (F1)
26. Mark Webber (F1)
25. Jeff Gordon (Nascar)
24. Robert Doornbos (Champ Car)
23. Andy Priaulx (WTCC)
22. Stephane Sarrazin (LMS, Le Mans)
21. Oliver Gavin (ALMS, LMS, Le Mans)
20. Jenson Button (F1)
19. Will Power (Champ Car)
18. Sebastian Vettel (F1, WSbR)
17. Tony Kanaan (IRL, ALMS)
16. Allan McNish (ALMS, Le Mans)
15. Jamie Whincup (V8 Supercars)
14. Nico Rosberg (F1)
13. Robert Kubica (F1)
12. Jimmie Johnson (Nascar)
11. Garth Tander (V8 Supercars)
10. Mikko Hirvonen (WRC)
9. Marcus Gronholm (WRC)
8. Felipe Massa (F1)
7. Dario Franchitti (IRL, ALMS)
6. Sebastien Bourdais (Champ Car, Le Mans)
5. Fernando Alonso (F1)
4. Romain Dumas (ALMS, Le Mans)
3. Kimi Raikkonen (F1)
2. Lewis Hamilton (F1)
1. Sebastien Loeb (WRC)
21 décembre, 2007
Ma BD de l'année

Cette année, je l'ai déjà dit, je n'ai pas lu de chefs-d'oeuvre qui m'ont semblé incontournables pour ce prix perso que je m'amuse à remettre depuis vingt-huit ans. Néanmoins, il me semblerait injuste de déclarer 2007 "annus horribilis" côté BD alors que certains albums sont quand même très bons. Voilà pourquoi j'ai quand même décidé de mettre l'accent sur une oeuvre qui m'a séduit par son refus de la facilité et son découpage impeccable. Rien n'est spectaculaire dans ce récit (à part la première page) et pourtant des thèmes majeurs et des émotions fortes y sont présents, avec des personnages (basés sur la réalité) qui ne sont pas stéréotypés, c'est le moins que l'on puisse dire dans le cas du personnage principal. Une vraie lecture "adulte", exigente, une construction du récit digne d'un film, des dialogues crédibles et travaillés - on sent la patte de Fabien Nury, qui n'en finit pas de s'imposer même si j'avoue avoir été un peu déçu par la conclusion de son autre série Je suis Légion. Mais avec Il était une fois en France T1, il prouve définitivement qu'il est un grand scénariste !
Il était une fois en France, T1 - L'Empire de Monsieur Joseph, par Fabien Nury et Sylvain Vallée, Glénat.
18 décembre, 2007
Gérard Crombac

C'est avec émotion que je suis en train de lire actuellement les mémoires de Gérard Crombac, décédé il y a deux ans tout juste et qui reste(ra) comme LE journaliste le plus célèbre de la F1. A vrai dire, cet homme au look si reconnaissable a été un peu tout dans le paysage de la course automobile des années 60 à 80 et lorsqu'il m'a été donné de le rencontrer pour la première fois, en 1993, je savais déjà qu'il avait par exemple partagé la modeste chambre d'hôtel de Jim Clark la veille de sa victoire à Indianapolis en 1965, qu'il avait créé Sport Auto, qu'il avait été le témoin de mariage de Graham Hill et qu'il allait sur ses 500 GP ! Une légende quoi...
Je l'ai toujours appelé "Gérard" et non "Jabby" comme le faisaient beaucoup, en référence à son surnom officiel. Je n'étais pas assez "ancien" pour le faire. En revanche, issu de la famille Bollée, je n'avais pas eu de mal à me faire accepter par lui et c'était toujours un grand moment que de le retrouver sur certaines opération presse et le titiller un peu sur le sport auto. Chez lui, il n'y avait que la F1 qui comptait, il ne fallait pas lui parler du rallye ou du supertourisme ! Comme il le dit lui-même dans son introduction à ce magnifique livre qui vient de sortir aux Editions Anthese (et dont la préface de Bernie Ecclestone est, il faut bien le dire, exceptionnelle), la F1 c'était sa religion. Je dirais même qu'il en était un ayatollah ! Lorsqu'on lui parlait d'un GP ennuyeux, où il n'y avait eu aucun dépassement et où le vainqueur avait terminé avec 30" d'avance sur le 2e, il disait au contraire que c'était sublime, que c'était l'essence même de la course !
Ses grosses lunettes carrées, sa pipe, son béret, son anglais impeccable mais sans aucun accent british (!) - un personnage, assurément. Un "excentrique", comme le rappelle aussi Jackie Stewart. Mais qui a vécu sa passion à fond, rejetant une confortable situation de famille pour aller voir des courses automobiles à longueur de week-end... J'ai toujours avec moi deux cassettes de tournage où je l'interviewe longuement sur Graham et Damon Hill, Gilles et Jacques Villeneuve et sur la F1 en général. Je les conserve précieusement, parce que ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait rencontrer une telle autorité, doublé d'une personnalité aussi originale !
11 décembre, 2007
Angoulême 2008 - premières reflexions

Elle a été rendue publique il y a quelques jours et elle fait comme d'habitude parler d'elle... Je veux parler de la sélection officielle des "essentiels" (si j'ai bien compris la nomenclature et les prix qui sont censés en résulter - honnêtement, ce n'est pas d'une évidente limpidité...), soient les 50 albums parus entre décembre 2006 et novembre 2007 et qui sont peut-être, effectivement, les meilleurs de l'année.
Mes premières pensées sont les suivantes :
- pour une fois, je suis le premier à dire que je trouve la sélection assez équilibrée entre livres totalement inconnus, ce qui est classique à Angoulême (la BD française est le seul secteur d'activité où la plupart de ses membres découvrent à chaque fin d'année quels sont les auteurs et les maisons d'édition qui sont à l'honneur !), et une certaine ouverture vers ce qu'on peut appeler un "grand public". En cela, il me semble donc que je ne suis pas d'accord avec Didier Pasamonik, pourtant généralement pertinent et excellent journaliste-critique BD, qui sur le site actuabd.com attise une polémique qui me semble un peu vaine. A mon avis, il aurait fallu la faire l'an dernier, quand la sélection apparaissait en effet d'un élitisme effarant. Là, il est clair que le comité de sélection a vraiment essayé de ménager pas mal de susceptibilités, et l'effort me semble louable.
- C'est ainsi que l'on retrouve XIII, Adèle Blanc-Sec, Les Cités obscures, Jérôme K Jérôme Bloche, pour ne citer qu'elles et même, événement, Capricorne d'Andréas ! Ca y est, il la tient sa quasi distinction mon auteur favori ! Il était temps...
- Au passage, une mesquinerie tout de même hallucinante : oser sortir le T18 de XIII (La Version irlandaise - (mal) dessinée par Giraud), qui est une sorte d'album hors-collection alors que toute l'oeuvre est dessinée par Vance... Je plains franchement ce dernier de l'affront qui lui est fait.
- Sinon, on retrouve l'habituelle cohorte de ceux qui cumulent les mandats : on s'en offusque en politique, mais on la revendique en BD. Plus on a de prix, et plus on est nominé ! C'est ainsi qu'on retrouve, bien évidemment, toute la bande de la "nouvelle BD" (sic) : Trondheim, Sfar, Blain, Larcenet, De Crécy, Menu, Delisle, Jason, Sattouf, David B... Qu'on se rassure, la confrérie se porte bien ! Ce doit être formidable d'être un auteur distingué quoi qu'on fasse. Et loin d'en être jaloux, je jure que c'est un statut dont je ne voudrais pas.
- Enfin, j'ai l'impression que malgré tout, nous n'avons pas connu une année exceptionnelle en matière de BD. Traditionnellement, je m'amuse à remettre chaque mois de décembre ma propre distinction, à savoir mon album préféré de l'année écoulée... et là, j'avoue que je sèche. Rien ne m'apparait supérieur, rien ne me semble inoubliable, contrairement aux 19 éditions précédentes. Je ne sais pas encore si je vais vraiment essayer de poursuivre la tradition ou si je vais m'abstenir. Réponse dans quelques jours.
06 décembre, 2007
The Melbourne identity

Retour hier d'Australie, après une semaine passée à Melbourne et à Phillip Island pour la finale du V8 Supercars, le plus grand championnat de course automobile des antipodes. Un déplacement une nouvelle fois magique, qui s'est déroulé comme suit :
- mardi 27 novembre : décollage de CDG par Singapore Airlines. Ecran individuel et VOD en classe éco. Visionnage de Stardust, tiré du bouquin de Gaiman, le plus grand scénariste de BD au monde avec Alan Moore (film pas mal, De Niro marrant) puis du Parrain 1 et 2 que je n'avais jamais vus en entier. Le 1 est très fort, j'ai moins aimé le 2 à cause des flash-backs que je trouve finalement assez gratuits. Transit à Singapour, puis décollage pour Melbourne. Arrivée mercredi 28 novembre à 20h20 locales, il fait encore jour. Acheminement vers la voiture de location et direction, avec mon collègue Patrick Rivet, vers la City pour l'hôtel The Windsor (datant de 1883 ai-je appris par la suite), après avoir fait un détour pour éviter les péages de l'autoroute. Dîner rapide dans Chinatown et dodo.
- jeudi 29 novembre : retrouvailles avec Shauna Kane et Michael McKay, respectivement General Manager et President d'Active TV, notre relais sur place, et le dealer de nos droits internationaux de diffusion. De vrais amis, que l'on connait bien désormais à force de les voir une à deux fois par an. Départ pour Phillip Island en milieu de matinée, arrivée sur l'île à l'heure du déjeuner. L'après-midi, direction le circuit pour voir les installation du TV Compound et du paddock. Il fait chaud et les mouches sont omniprésentes. Il paraît que c'est exceptionnel, que c'est un vent chaud qui les a amenées sur place. Tout le monde s'en plaint, surtout qu'elles ont le chic pour aller se nicher dans le nez, sur la bouche et dans les oreilles. Tour du circuit à pied histoire de se maintenir éveillés. Le soir, nous prenons possession de notre appartement, situé sur The Esplanade, dans Cowes, la ville principale de l'île. Dîner à l'Eco Resort, aimablement surnommé par les locaux "Soweto by the sea", ou "The detention camp"...
- vendredi 30 novembre : première journée d'essais et premiers essais de transmission vers Paris. Ca marche impeccable. On est prêt pour le direct. Le soir, dîner chez Pino's, apparemment la meilleure pizzeria de Cowes...
- samedi 1er décembre : l'été commence officiellement en Australie. Rick Kelly fait la pole, Garth Tander se loupe à la 7e place. Mais il gagne quand même la première course et prend une option pour le titre. Nos directs se passent bien.
- dimanche 2 décembre : la journée la plus chaude, 33°. Rencontre le matin avec Dale Earnhardt Jr, la superstar de la Nascar, en visite privée sur le circuit. Il s'arrête dans quelques stands pour papoter avec des pilotes. Sur la photo, vous pouvez le voir en discussion avec Greg Murphy. Je n'ai pas résisté à prendre le cliché : mine de rien, vous avez les pilotes américain et néo-zélandais les plus célèbres ensemble ! Deux courses fabuleuses en tout cas, et le titre qui se joue dans les derniers tours... Deux points au final entre Garth Tander et Jamie Whincup après 37 courses et des milliers de kilomètres parcourus depuis le mois de mars dernier !
- lundi 3 décembre : retour à Melbourne, pour une journée un peu off. Hélas, il pleut pas mal mais on se balde quand même dans quelques parcs et dans la City. Le soir, grand banquet annuel de remise des prix du V8. Nous avions amenés nos costumes, je vous rassure. Une soirée très pro et très sympa, beaucoup de gens sont vraiment des amis maintenant...
- mardi 4 décembre : nous sommes invités le matin par l'équipe SBR (Stone Brothers Racing) à venir sur le Calder Raceway Park (non loin de l'aéroport) participer à une opération spéciale. Et nous voici à tour de rôle en passager dans la voiture de James Courtney, pour trois tours ! Sensations fortes garanties... Décollage à 17h. Visionnage dans l'avion de The Bourne Ultimatum, le dernier de la série. Une invraisemblance à la seconde !
- mercredi 5 décembre : atterrissage à Paris à 6h15, quarante minutes avant l'heure prévue. Néanmoins, retour à la maison vers 9h seulement pour cause d'embouteillage monstre sur l'A1. Welcome home...
26 novembre, 2007
Dernière veillée...
Je vous écris ce petit message assis sur mon lit où j'aurais déjà du avoir posé ma valise (encore vide, hélas) depuis de nombreuses minutes - mais j'ai soudain une poussée de flemme et j'en profite pour prendre le MacBook (pas pro) et rédiger ce que vous êtes en train de lire.
Demain matin, départ pour l'Australie de nouveau, la 5e fois en trois ans. Cette fois, direction Melbourne, ou plus précisément Phillip Island, où va se dérouler sur le circuit du même nom la grande finale du V8 Supercars. Quatre pilotes sont en lice pour le titre, séparés par quelques points seulement après 35 courses ! Etre le commentateur français exclusif de ce championnat fabuleux aura vraiment été une des grandes chances de ma vie, car aller régulièrement dans ce pays ne se refuse pas. Je pars cette fois avec Singapore Airlines, et je vais découvrir Melbourne - je sens que je vais adorer, c'est quasiment obligé. De toute façon, on a déjà prévu d'y aller en famille pour Noël 2008 ! Ce sera donc un repérage...
Je n'écrirai rien a priori jusqu'au 5 décembre. D'ici là, vous saurez si Sébastien Loeb est bien champion du monde des rallyes pour la 4e année consécutive et si les trains fonctionnent toujours en France. Côté BD, à mon retour, j'aurai les premiers essais de couleurs pour L'ultime Chimère T1 (faites par Bruno Pradelle et Rémy Langlois) ainsi que les premiers tests pour le lettrage. Tout cela avance vite et bien, il ne reste plus que le sieur Griffo qui se fait désirer pour la couverture !
Tiens, hier soir, j'ai lu les deux derniers XIII. J'ai été hyper déçu par le dessin de Giraud (T18), mais pas trop par les histoires finalement... Il y avait eu trop de pistes avant cette conclusion pour que la fin soit satisfaisante, mais ça aurait pu être pire.
A part ça, j'ai pété mon rétro avant droit hier soir en rentrant la voiture dans le garage - allez hop, deux cents euros de réparation à prévoir chez le garagiste ! Ah, ces commentateurs de sport automobile...
Enfin, dites donc, vous m'écoutez toujours sur RMC quelques fois le dimanche, entre midi et quatorze heures ? Comment me trouvez-vous à l'antenne ? J'accepte toutes les critiques ! Prochaine session en tout cas de votre serviteur : le dimanche 9 décembre prochain !
Allez, on y croit...
Demain matin, départ pour l'Australie de nouveau, la 5e fois en trois ans. Cette fois, direction Melbourne, ou plus précisément Phillip Island, où va se dérouler sur le circuit du même nom la grande finale du V8 Supercars. Quatre pilotes sont en lice pour le titre, séparés par quelques points seulement après 35 courses ! Etre le commentateur français exclusif de ce championnat fabuleux aura vraiment été une des grandes chances de ma vie, car aller régulièrement dans ce pays ne se refuse pas. Je pars cette fois avec Singapore Airlines, et je vais découvrir Melbourne - je sens que je vais adorer, c'est quasiment obligé. De toute façon, on a déjà prévu d'y aller en famille pour Noël 2008 ! Ce sera donc un repérage...
Je n'écrirai rien a priori jusqu'au 5 décembre. D'ici là, vous saurez si Sébastien Loeb est bien champion du monde des rallyes pour la 4e année consécutive et si les trains fonctionnent toujours en France. Côté BD, à mon retour, j'aurai les premiers essais de couleurs pour L'ultime Chimère T1 (faites par Bruno Pradelle et Rémy Langlois) ainsi que les premiers tests pour le lettrage. Tout cela avance vite et bien, il ne reste plus que le sieur Griffo qui se fait désirer pour la couverture !
Tiens, hier soir, j'ai lu les deux derniers XIII. J'ai été hyper déçu par le dessin de Giraud (T18), mais pas trop par les histoires finalement... Il y avait eu trop de pistes avant cette conclusion pour que la fin soit satisfaisante, mais ça aurait pu être pire.
A part ça, j'ai pété mon rétro avant droit hier soir en rentrant la voiture dans le garage - allez hop, deux cents euros de réparation à prévoir chez le garagiste ! Ah, ces commentateurs de sport automobile...
Enfin, dites donc, vous m'écoutez toujours sur RMC quelques fois le dimanche, entre midi et quatorze heures ? Comment me trouvez-vous à l'antenne ? J'accepte toutes les critiques ! Prochaine session en tout cas de votre serviteur : le dimanche 9 décembre prochain !
Allez, on y croit...
22 novembre, 2007
L'ultime Chimère : deux synopsis pour le prix d'un !
Nous sommes à quatre mois maintenant de la sortie du T1 de L'ultime Chimère (Le Patient 1167) chez Glénat. Il y a quelques semaines, l'administrateur du site de Griffo (www.griffo-bd.net) m'a demandé le pitch de la série. Un exercice toujours délicat, sachant que le synopsis original faisait 18 pages et qu'il était avant tout un descriptif détaillé de tout ce qui se passe dans chacun des sept tomes. Voici en tout cas ce à quoi je suis parvenu :
"En 2129, soixante après qu'un tsunami a ravagé une partie du Nord de l'Europe, une jeune médecin d'un asile psychiatrique suédois se rend compte qu'un de ses patients possède une particularité extraordinaire. Compte tenu de la situation des archives nationales et médicales du pays, pour la plupart détruites, et de l'état de santé du patient n°1167 (il ne parle pas, reste prostré), c'est comme si personne ne s'était rendu compte de la situation. Mais les faits semblent être irréfutables : cet homme, du nom de Morgan Shepherd, est interné depuis 162 ans ! Et il n'a que quarante ans à peine...
Dans le même temps, un des hommes les plus puissants du monde, Arthur Witzler, le Bill Gates du XXIIe siècle, qui vit dans sa station orbitale en forme de pyramide où il a délocalisé le siège social de son entreprise principale (WitzlerInc.), apprend l'existence de ce cas surnaturel, le premier à paraître crédible depuis qu'il avait financé une fondation destinée à justement découvrir et élucider les mystères du monde. Le vieux magnat, qui vit ses derniers instants, décide d'intervenir...
L'apparente vérité du mystère se fait jour petit à petit et elle est encore plus étonnante que prévue. Tout est lié, en effet, à un objet mystérieux, sacré et divin, maléfique et maudit, qui a traversé les âges depuis le XXVIe siècle avant Jésus-Christ : la flèche de Nemrod. Un objet qui aurait blessé Dieu dans les temps immémoriaux et qui garderait la trace de son sang. Un objet qui existe toujours..."
Je vous invite maintenant à aller visiter le site www.glenatbd.com où vous pourrez cliquer (en haut à droite) sur le "Preview Glénat BD janvier-mars 2008". Vous y découvrirez une page consacrée à L'ultime Chimère avec un nouveau texte de présentation, dû au journaliste Damien Pérez :
"Elle a décapité des rois, maté des peuples, fait défaillir de terreur des guerriers qui se seraient pourtant damnés pour avoir l'honneur de la porter.
Elle est la flèche de Nemrod. L'arme la plus puissante du monde. Dont on dit qu'elle blessa jusqu'à Dieu, qui laissa sur sa pointe une trace de son sang... XXe siècle après J.-C. Année 2129.
La Terre vit un jour historique avec l’inauguration dans son orbite de la plate-forme spatiale Hadden, premier siège social de l’humanité installé dans l’espace.
Arthur Witzler, l'homme le plus riche du monde, qui a financé une bonne partie de ce gigantesque projet, contemple ce qui sera vraisemblablement sa dernière grande réalisation. Car le puissant magnat, âgé de 80 ans, s'apprête à confier son empire à Olin Browne, un jeune loup prétentieux qui l'a d'ores et déjà convaincu de fermer la Fondation Witzler, une étrange organisation chargée de recenser tous les mystères de la Terre depuis l’origine des temps.
Sacrifié sur l'autel de la rentabilité, la Fondation, qui n'est jamais parvenu à découvrir le moindre phénomène inexplicable à la lumière de l'intelligence humaine, s'apprête donc à vivre ses dernières heures.
Jusqu'à ce qu'une jeune psychiatre suédoise la contacte pour lui parler d'un étrange patient, découvert dans les tréfonds de l'établissement spécialisé où elle travaille. L'homme, qui porte le numéro 1167, semble doté de particularités tout à fait incroyables. Il serait en effet capable de défier la marche du temps. Et serait dépositaire de bien des secrets.
Des secrets autour de vieilles légendes. Où il serait question du sang de Dieu... Arthur Witzler réunit immédiatement les baroudeurs et hercheurs chevronnés qui composent sa Fondation.
Une terrible et grande aventure vient de commencer..."
Si avec tout ça, vous n'avez pas envie d'en savoir plus... !
"En 2129, soixante après qu'un tsunami a ravagé une partie du Nord de l'Europe, une jeune médecin d'un asile psychiatrique suédois se rend compte qu'un de ses patients possède une particularité extraordinaire. Compte tenu de la situation des archives nationales et médicales du pays, pour la plupart détruites, et de l'état de santé du patient n°1167 (il ne parle pas, reste prostré), c'est comme si personne ne s'était rendu compte de la situation. Mais les faits semblent être irréfutables : cet homme, du nom de Morgan Shepherd, est interné depuis 162 ans ! Et il n'a que quarante ans à peine...
Dans le même temps, un des hommes les plus puissants du monde, Arthur Witzler, le Bill Gates du XXIIe siècle, qui vit dans sa station orbitale en forme de pyramide où il a délocalisé le siège social de son entreprise principale (WitzlerInc.), apprend l'existence de ce cas surnaturel, le premier à paraître crédible depuis qu'il avait financé une fondation destinée à justement découvrir et élucider les mystères du monde. Le vieux magnat, qui vit ses derniers instants, décide d'intervenir...
L'apparente vérité du mystère se fait jour petit à petit et elle est encore plus étonnante que prévue. Tout est lié, en effet, à un objet mystérieux, sacré et divin, maléfique et maudit, qui a traversé les âges depuis le XXVIe siècle avant Jésus-Christ : la flèche de Nemrod. Un objet qui aurait blessé Dieu dans les temps immémoriaux et qui garderait la trace de son sang. Un objet qui existe toujours..."
Je vous invite maintenant à aller visiter le site www.glenatbd.com où vous pourrez cliquer (en haut à droite) sur le "Preview Glénat BD janvier-mars 2008". Vous y découvrirez une page consacrée à L'ultime Chimère avec un nouveau texte de présentation, dû au journaliste Damien Pérez :
"Elle a décapité des rois, maté des peuples, fait défaillir de terreur des guerriers qui se seraient pourtant damnés pour avoir l'honneur de la porter.
Elle est la flèche de Nemrod. L'arme la plus puissante du monde. Dont on dit qu'elle blessa jusqu'à Dieu, qui laissa sur sa pointe une trace de son sang... XXe siècle après J.-C. Année 2129.
La Terre vit un jour historique avec l’inauguration dans son orbite de la plate-forme spatiale Hadden, premier siège social de l’humanité installé dans l’espace.
Arthur Witzler, l'homme le plus riche du monde, qui a financé une bonne partie de ce gigantesque projet, contemple ce qui sera vraisemblablement sa dernière grande réalisation. Car le puissant magnat, âgé de 80 ans, s'apprête à confier son empire à Olin Browne, un jeune loup prétentieux qui l'a d'ores et déjà convaincu de fermer la Fondation Witzler, une étrange organisation chargée de recenser tous les mystères de la Terre depuis l’origine des temps.
Sacrifié sur l'autel de la rentabilité, la Fondation, qui n'est jamais parvenu à découvrir le moindre phénomène inexplicable à la lumière de l'intelligence humaine, s'apprête donc à vivre ses dernières heures.
Jusqu'à ce qu'une jeune psychiatre suédoise la contacte pour lui parler d'un étrange patient, découvert dans les tréfonds de l'établissement spécialisé où elle travaille. L'homme, qui porte le numéro 1167, semble doté de particularités tout à fait incroyables. Il serait en effet capable de défier la marche du temps. Et serait dépositaire de bien des secrets.
Des secrets autour de vieilles légendes. Où il serait question du sang de Dieu... Arthur Witzler réunit immédiatement les baroudeurs et hercheurs chevronnés qui composent sa Fondation.
Une terrible et grande aventure vient de commencer..."
Si avec tout ça, vous n'avez pas envie d'en savoir plus... !
21 novembre, 2007
Le Rêve de Cassandre *

de woody allen avec ewan mc gregor, colin farell, ayley hatwell, tim wilkinson
Londres, deux frères, Terry et Ian, ont de gros besoins d'argent. Leur riche oncle Howard peut les aider mais ils devront leur rendre un service, tuer un homme
Pendant un bonne partie du film, film noir, dur, tragique, on essaye de lutter contre nos habitudes, celle de ne pas imaginer Allen faire ce genre de films, donc d'avoir cette impression que cela ne fonctionne pas. Oui, il est courageux, après une telle carrière, de s'essayer à ce genre qu'on imagine plus du Hitchcock, alors que le Allen "sérieux", s'inspire plus de Bergman. Il sait réaliser, il a un ton, une qualité de dialogues, une direction d'acteurs qui lui sont propres mais, et la dernière partie le confirme, dès que cela devient vraiment sérieux, quand il s'agit d'un meurtre à faire, ça ne va plus, on n'y croit pas et on a envie de lui dire de ne pas aller sur ce terrain là. Tout comme le meutre final de "Match Point", incongru et hors sujet, venait ternir un peu cet excellent film. Ce "cassandra's dream" est vraiment interminable, surtout parce que très prévisible sur la fin. Miracle de rendre Colin Farell "présentable", mais, là encore, incongruité de allen de prendre un acteur qui reste bien limité. La copine actrice, Ayley Hatwell, est une petite bombe à suivre. Un peu comme allen sait les découvrir, mariel hemingway, il y a 30 ans, ou charlize theron, plus récemment.
19 novembre, 2007
Yvan Muller

Ce matin, j'ai vraiment mal au ventre quand je pense à ce qui est arrivé ce week-end à Yvan Muller, qui était en lutte pour devenir champion du monde WTCC (autrement dit le championnat du monde des voitures de tourisme). La preuve que la malchance existe quand même et que le sport auto est bien cruel parfois.
Explication de texte : Yvan (pilote SEAT) est arrivé à Macao pour l'ultime manche de la saison ex aequo en tête du championnat avec Andy Priaulx (pilote BMW, déjà double champion du monde en titre). En qualif, Yvan a signé un superbe 2e chrono (avec pourtant 60 kg de lest à son désavantage), là où Priaulx s'embourbait à la 12e place. Le Français a ensuite pris la tête dès le départ de la 1ère course, ce qui était vital sur ce circuit atypique où doubler relève parfois de la mission impossible. A deux tours de l'arrivée, Yvan était un solide et brillant leader, loin devant Priaulx qui végétait en 11e position. (Je précise que je n'ai rien contre l'Anglais, qui est un magnifique champion ; seulement, là, il n'y avait pas photo).
Et puis soudain, drame. Yvan se voit contraint de s'arrêter pour un problème de pompe à essence. Dans l'avant-dernier tour ! Pire : stoppant, il provoque un petit regroupement derrière lui, ce qui envoie les pilotes Farfus et Tarquini au contact. Moralité : en quelques secondes seulement, Priaulx passe directement de la 11e à la 8e place. Ce qui change tout, car non seulement il marque de ce fait un point, mais en plus il a l'assurance de partir en tête de la course 2 où l'on inverse les 8 premières positions sur la grille par rapport au résultat de la course 1. Vous voyez le tableau ? Yvan Muller pouvait raisonnablement compter sur un 10-0 lors de la première course, et il serait alors certes parti 8e de la course 2, mais toujours trois places devant son adversaire... En un instant, le score est passe à 0-1, avec en plus une pole position offerte sur un plateau !
La fin de l'histoire ? Priaulx a effectivement remporté la 2e course et il est devenu champion du monde WTCC pour la 3e fois. Dur.
15 novembre, 2007
Une planche de Griffo

Comme vous le savez, Griffo réalise environ un tiers des planches de L'ultime Chimère, ainsi que les couvertures. J'en profite pour dire que c'est évidemment un merveilleux dessinateur et un bonhomme extra. Il est belge, il habite aux Canaries, on s'entend très bien ! Je ne vous rappellerai pas qu'il est l'auteur de Giacomo C. (avec Dufaux) et SOS Bohneur (avec Van Hamme). Et il ne manque pas de souffle puisqu'il travaille à un rythme record, livrant chaque année entre deux et quatre albums !
Je vous invite en tout cas à aller sur son site perso : www.griffo-bd.net, excellemment administré par Christophe Simon. Quelques planches y sont visibles, et j'en profite pour vous montrer à mon tour la 23e du T1. Vous y reconnaîtrez une vision de Stockholm en l'an 2129 absolument surprenante mais ô combien efficace...
13 novembre, 2007
A propos de XIII

C'est donc aujourd'hui que sortent coup sur coup les deux derniers (?) albums de la grande série XIII - une incontestable réussite de la BD franco-belge. Cela donne forcément matière à réflexion.
XIII, j'ai découvert cette série alors que déjà quatre albums étaient parus. Et pourtant, à l'époque, il y avait moins de titres qui sortaient : l'on voyait donc bien mieux les nouveautés car les mises en place des séries étaient plus avantageuses que maintenant. Malgré tout, disais-je, je n'ai repéré cette série qu'au 4e album ! Cet exemple me sert encore aujourd'hui pour expliquer la difficulté qu'ont les nouveaux projets de se faire remarquer pour les lecteurs, littéralement submergés de nouveautés et de rééditions.
Comme tout le monde, je me suis alors laissé tenter et j'ai acheté le T1. Nous devions être en 1987 et 1988. Il faudrait être bien malhonnête pour ne pas reconnaître que j'ai été accroché, comme tout le monde, par une histoire prenante et, comme toujours chez Van Hamme (qui mériterait cent fois un Grand Prix à Angoulême, bon dieu !), superbement mise en scène et, surtout, extraordinairement dialoguée et dessinée (j'ai toujours adoré le trait de William Vance, que j'avais découvert avec Bob Morane et Bruno Brazil). Bon, dès le début, j'ai regretté que l'action se passe aux Etats-Unis dans l'entourage du Président (c'est une de mes marottes que de considérer ce cadre comme trop convenu), et que le thème de l'amnésique ne soit pas si original que ça. Mais le découpage de Van Hamme est si efficace qu'on ne peut pas bouder son plaisir.
Je reste tout de même persuadé que la série a une première fois pris fin au T8, lorsqu'on a su qui était le n°1 (à ce propos, petite réflexion de forme : l'album 8 n'aurait jamais dû s'appeler "Treize contre un" mais bien "XIII contre I" - ou, au pire, "Treize contre Un"). Ensuite, la magie opérait moins, car on avait l'impression que l'histoire principale avait déjà été racontée. Il était pourtant assez évident qu'il fallait aller jusqu'au T13, histoire de boucler la boucle. Le courage des auteurs aurait peut-être été de vraiment s'arrêter là...
Ils ne l'ont pas fait. Dommage ou tant mieux, c'est selon. Moi, j'ai un peu décroché à ce moment-là. J'ai quand même continué à lire les albums, mais plus par curiosité ou conscience professionnelle que par passion. Pour moi, le T15 est le plus creux de tous, et il possède en plus un titre qui me semble regrettable car ne ressemblant à rien : Lâchez les Chiens... En revanche, je me souviens avoir été captivé par le T17 (L'Or de Maximilien) et son décor fantastique... Comme quoi, les grandes séries ne meurent jamais !
Ce qui me gêne aujourd'hui, c'est non pas l'opération médiatique (tout le monde ferait pareil à la place de l'éditeur), non pas l'opération éditoriale qui consiste à récupérer Giraud-Moebius pour faire un coup (on me l'aurait proposé, j'aurais dit oui, bien sûr), c'est l'aveu de Van Hamme qu'il a hésité jusqu'au bout sur l'identité réelle de XIII. Comme il le dit candidement dans plusieurs interviews, il avait le choix et jusqu'au dernier moment il ne savait pas quelle option retenir... Je ne suis pas sûr que l'immense JVH avait intérêt à le dire comme ça. Car on sait maintenant que l'identité de XIII, eh bien ça aurait tout aussi bien pu en être une autre ! Ca fait un peu bizarre tout de même. Aurait-on fabriqué une fin parce qu'il le fallait bien ?... Faut-il dès lors plaindre Van Hamme parce qu'il y a été contraint ou lui reprocher une roublardise dénuée de tout scrupule ?
On hésite, tout en saluant la performance de l'artiste, toujours le plus grand scénariste franco-belge vivant. Et comme tout le monde, je lirai ces deux albums...
L'assassinat de Jesse James... * *

de andrew dominik avec brad pitt, casey affleck, sam rockwell
1881, les derniers mois du célèbre outlaw Jessse James, et de celui qui va le tuer après l'avoir tant admiré, le jeune Robert Ford
On aimera, beaucoup, pas trop ou pas vraiment mais on ne sera pas indifférent. Ce réalisateur un peu inconnu met la barre tellement haut avec tellement d'ambition affichée qu'il faut saluer l'oeuvre. Mais avec une telle envie, visible à l'écran, de faire un film "pour la postérité" qu'on lui cherche (et qu'on lui trouve) des pous. L'impression de voir une sorte de "Barry Lyndon" du western. Même longue durée (2h40 ici), même lenteur, la voix off, et surtout cette réalisation et ces images entre esthétisme et beauté stupéfiante, surtout dans la nature enneigée des plaines américaines. En placant la barre aussi haut, on trouve le temps bien long, un peu plus de simplicité aurait fait du bien. l'impression que le film se fait parfois bouffer par son ampleur. Ou aller plus vite à ce qui est le summum du film... la "montée" vers l'assassinat. Ou se concentrer sur l'après, l'exploitation pitoyable et grotesque de sa notoriété par robert ford. impresionnante confrontation entre un jesse james charismatique mais malade, dépressif, mélancolique puis violent et ce robert ford, si impressionné par son héros, si maladroit et si violent, n'assumant pas sa lacheté. Brad pitt : on ne sait plus quoi penser, mais une nouvelle belle composition après "babel". Casey affleck : rôle principal, plus que mémorable. Musique superbe, qui porte le film, pas étonnant qu'on découvre au générique qu'elle est de Nick Cave.
12 novembre, 2007
Notes de lectures BD et d'écoute CD

Je m'aperçois que j'ai pas mal de retard sur le compte-rendu de mes dernières acquisitions culturelles...
Côté roman :
Moi, Charlotte Simmons (Tom Wolfe) - Pratiquement le seul auteur contemporain que je lis sans retenue, ayant depuis longtemps considéré Le Bûcher des Vanités comme un chef-d'oeuvre absolu. Ici, nous avons droit à une plongée dans un campus américain huppé, sans doute représentatif de ce qu'est l'enseignement supérieur aux Etats-Unis actuellement. Comme d'habitude, l'histoire est plus maligne qu'il n'y paraît, plus dense qu'on croit, plus profonde aussi. Les dialogues sont, comme toujours chez Wolfe, absolument fabuleux - on entend les personnages parler ! Malgré tout, il me semble assez évident qu'il n'a pas su comment conclure son histoire et il faut bien avouer que les deux cents dernières pages sont poussives et que ça se termine donc un peu en eau de boudin. Vraiment dommage.
Côté BD :
Rosangella (Corbeyran-Berlion, Dargaud) - Je l'ai depuis six mois, je n'ai toujours pas réussi à terminer cet album. Ne croyez pas que je voudrais faire de la peine à mon ami Corbeyran, dont le propos me semble fort et abouti dans ce récit, mais bon, l'histoire ne parvient pas à me toucher. Comme un rendez-vous manqué.
Le long Voyage de Léna (Christin-Juillard, Dargaud) - Là, en revanche, c'est l'inverse. Je craignais le pensum longuet, on a au contraire un récit touchant et même bouleversant par certains aspects. Je trouve que le graphisme de Juillard fait un peu daté parfois, mais il est au service d'une histoire qu'il n'était pas si évident de mettre en image. Une vraie réussite.
Black Op T1, T2, T3 (Desberg-Labiano, Dargaud) - Je rattrappe mon retard avec cette série qui en est déjà à trois volumes. Je ne suis pas féru d'espionnage, et j'aime de moins en moins les histoires qui se passent aux Etats-Unis - trop facile parfois. Là, le récit est plutôt bien mené, les flash-backs intéressants. Difficile d'accrocher malgré tout à un personnage principal qui traverse trois périodes différentes de sa vie et qui donne l'impression de nous échapper en permanence.
Backworld (Corberyan-Rollin, Glénat) - Il faut aimer le monde des jeux vidéos... mais pour l'instant l'histoire manque vraiment d'originalité. La couverture, en revanche, est top.
Voyageur T1 (Boisserie-Stalner, Glénat) - Méga-projet de 13 albums avec les auteurs de La Croix de Cazenac aux manettes... Je ne suis pas fan de l'idée d'un Paris futuriste qui s'appellerait Granparis, mais pourquoi pas. Traiter les voyages dans le temps reste de toute façon quelque chose d'assez jouissif, espérons que ça soit le cas dans les prochains volumes.
Flor de Luna (Boisserie-Stalner-Lambert, Glénat) - Notre ami Boisserie est en pleine forme et on ne l'arrête plus ! Et ce premier tome est ce qu'il a fait de mieux depuis quelques temps...

Capricorne T12 (Andreas, Le Lombard) - Rien que pour la couverture toute blanche... Ah la vache, qu'est-ce que ça rend bien ! Et pas un dialogue à l'intérieur ! On sentait que l'idée obsédait vaguement Andreas, il s'est enfin lancé. Une réussite totale, ou comment un exercice de style n'est pas gratuit.
Côté CD :
Oblivion with Bells (Underworld) - L'album de la maturité. Moins de titres aussi évidents que dans Beaucoup Fish ou Two Months Off, mais plus d'homogeneité dans l'ensemble, et encore plus de maîtrise me semble-t-il. La techno à son sommet et d'ores-et-déjà l'album de l'année. Forcément.
Disco Four (Pet Shop Boys) - Excellent concept : découvrir les remixes d'autres artistes que les Pet Shop Boys, mais faits par ces derniers. L'occasion de découvrir une excellente version de Walking On Thin Ice (Yoko Ono) et surtout d'apprendre à connaître le fabuleux Read My Mind (The Killers).
08 novembre, 2007
L'ultime Chimère, toujours plus !
Et hop, on ne ralentit pas le rythme ! C'est au tour de notre cher ami Philippe Aymond de livrer ses (sept) planches pour ce beau projet dont l'échéance se rapproche... (plus que quatre mois !). Un travail magnifique, comme toujours, qui sera visible en conclusion du T2 au mois de septembre 2008. Là encore, petit bonus pour ce blog avec une case en avant-première :
06 novembre, 2007
L'Ennemi intime * *

de florent emilio siri avec benoit magimel, albert dupontel, marc barbé, aurelien recoing
Algérie, montagnes de Kabylie, 1959, le lieutenant Terrien débarque, avec ses principes et se retrouve confronté aux saloperies des deux bords. Le sergent Dougnac ne se fait plus d'illusions sur les méthodes pour obtenir ce qu'ils cherchent auprès des "Fel"
Le slogan disait "le Platoon français", il y a pas mal de vrai, à la fois une réussite de film de guerre, on dira plutot "film de patrouille", comme on ne sait / savait pas les faire en France (depuis "la 317 eme section", peut etre), spectaculaire, tendu, efficace, c'est l'anti film à effets spéciaux numériques, à l'opposé des films à vision trop large d'eastwood sur le Pacifique, pas besoin de beaucoup de combats, on comprend vite. on est aussi loin d'"Indigènes", la violence est réelle, brute, sans chercher à faire de la belle histoire. et comme "Platoon", il y a un vrai fond, sur les circonstances, les personnages. mais comme ce genre de film US, les caractères sont un peu trop tranchées, prévisibles. Magimel / Terrien,
surtout, dont les revirements et évolutions sont un peu... "téléphonées", au contraire des excellents Dupontel, Barbé et Recoing (quel casting masculin de luxe !). Dommage que le réalisateur ne se soit pas contenté de filmer l'action sans en rajouter. Il y a trop, sur la fin surtout, d'effets visuels, de ralentis, de scènes qui soulignent le propos, "signifiantes". mais de grandes scènes dans des décors prenants, celle spectaculaire du bombardement au napalm, et les différentes embuscades. Un film épuisant, nerveusement, qui plonge complètement dans une ambiance de terreur et de folie progressive.
05 novembre, 2007
Bahrain

(oui, je sais, j'écris le nom de ce royaume du Proche Orient à l'anglaise, avec un "a" alors qu'en français on doit écrire "Bahrein" avec un "e" - mais désolé, c'est du pur snobisme, je trouve que ça fait mieux !)
De retour hier matin du "Desert 400", nom officiel de la course du V8 Supercars australien que je suis allé couvrir à Bahrain. Voyage en business sur Gulf Air, on ne va pas se plaindre, même s'il y avait moins de place pour s'allonger au retour qu'à l'aller alors que là, c'était un vol de nuit ! (Dommage aussi que les bagages des business et first soient sortis en dernier à Roissy, mais ça c'est parce qu'on était de retour en France, il fallait bien qu'il y ait quelque chose qui cloche ou qu'on nous fasse payer nos privilèges !).
J'avoue ne pas avoir été ébloui par le Bahrain : certes dans la capitale Manama on trouve de beaux quartiers avec de beaux buildings et des belles maisons un peu en périphérie, mais une fois sorti de ce "Monaco de l'Orient" on se retrouve dans un désert de caillasse blanche où il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il y a juste un circuit au milieu, un joujou de milliardaire fait pour la F1. Côté météo, c'était parfait voire chaud : entre 30 et 33 degrés tous les jours, avec heureusement un peu de vent...
En tout cas, nos amis australiens se sont une nouvelle fois mis en quatre pour nous accueillir et je reviens même avec une autre grande info : je repars dans trois semaines, cette fois à Melbourne ! Nous irons en effet commenter la grande finale du Championnat sur place, à Philip Island, où se situe un circuit célèbre, utilisé notamment en MotoGP. Ca ne se refuse pas...
30 octobre, 2007
A propos d'une ressemblance...
J'étais ce week-end chez mes beaux-parents, à Saint-Brieuc, et je venais à peine de lire l'intéressante interview de Philippe Aymond à actuabd.com, où l'on me fait l'honneur et l'amitié de parler de moi... Bref, je viens voir ma fille, plongée dans le dernier Harry Potter, et j'aperçois une pile de livres dans la chambre qu'elle occupe. Et là je vois un livre de Bernard Werber : L'ultime Secret.
Je n'en avais jamais entendu parler. Je n'ai lu de lui que Les Fourmis, pas mal effectivement, mais sans que cela me donne envie de lire la suite de sa production. Evidemment, dans ce cas précis, j'avoue avoir eu un petit serrement de coeur en voyant que son titre ressemblait beaucoup à celui de ma série chez Glénat (L'ultime Chimère) dont je parle beaucoup sur ce blog.
Ce n'est pas tout. J'avise la 4e de couverture pour lire le résumé du livre et je m'aperçois que le personnage principal s'appelle Lucrèce Nemrod (quel nom) ! Or, vous verrez bien que Nemrod, en tant que personnage historico-biblique, a une grande importance dans L'ultime Chimère !
Tout cela pour dire que je me vois obligé de jurer sur la tête de mes enfants que des ressemblances pareilles, franchement, c'est incroyable - et que c'est surtout le fruit du hasard ! En tout cas, jamais maintenant je ne lirai L'ultime Secret, par peur de voir d'autres ressemblances...
Pour me consoler, j'avais un message de Fabrice Meddour à mon retour à la maison : il m'envoyait sa première planche, prévue pour le T4 de L'ultime Chimère (c'est-à-dire pour septembre 2009 !) : il ne serait peut-être pas d'accord, mais je vous mets ci-dessous une case extraite de cette planche. Fabuleux, non ?
Je n'en avais jamais entendu parler. Je n'ai lu de lui que Les Fourmis, pas mal effectivement, mais sans que cela me donne envie de lire la suite de sa production. Evidemment, dans ce cas précis, j'avoue avoir eu un petit serrement de coeur en voyant que son titre ressemblait beaucoup à celui de ma série chez Glénat (L'ultime Chimère) dont je parle beaucoup sur ce blog.
Ce n'est pas tout. J'avise la 4e de couverture pour lire le résumé du livre et je m'aperçois que le personnage principal s'appelle Lucrèce Nemrod (quel nom) ! Or, vous verrez bien que Nemrod, en tant que personnage historico-biblique, a une grande importance dans L'ultime Chimère !
Tout cela pour dire que je me vois obligé de jurer sur la tête de mes enfants que des ressemblances pareilles, franchement, c'est incroyable - et que c'est surtout le fruit du hasard ! En tout cas, jamais maintenant je ne lirai L'ultime Secret, par peur de voir d'autres ressemblances...
Pour me consoler, j'avais un message de Fabrice Meddour à mon retour à la maison : il m'envoyait sa première planche, prévue pour le T4 de L'ultime Chimère (c'est-à-dire pour septembre 2009 !) : il ne serait peut-être pas d'accord, mais je vous mets ci-dessous une case extraite de cette planche. Fabuleux, non ?
Une belle photo de sport automobile...
Je ne résiste pas au plaisir de vous poster cette superbe photo de l'Audi R10 de Marco Werner (triple vainqueur en titre des 24 Heures du Mans, quand même) en action dans le célèbre virage du Corkscrew à Laguna Seca, Calfornie. Une photo prise par mon collègue Fabien Gérard et qui n'aurait rien à envier à certaines photos publiées parfois dans les magazines spécialisés...
24 octobre, 2007
Lady S. T4

Bien sûr, petit message en passant pour vous rappeler la sortie du nouveau Lady S, avec aux manettes l'incontournable Jean Van Hamme (dont l'actualité autour de XIII va être chargée en novembre...) et notre ami Philippe Aymond. Un album qui était la semaine dernière en 3e position pour les ventes de BD en, France... Mazette !
J'en profite pour dire que Philippe travaille en ce moment à la fois sur le T7 d'ApocalypseMania et sur les sept planches qu'il doit livrer pour L'ultime Chimère T2... Tout cela arrivera à point pour 2008 !
El Bacos
Pour ceux qui se demandent qui est notre fameux collaborateur et ami, responsable des critiques ciné de ce blog, eh bien voici en photo le vrai Laurent Bacos, ici en compagnie de sa filleule Clea à Lyon le week-end dernier - 40 ans lui aussi, le chantre d'Action Contre la Faim, Libération dans le poche droite... et vingt-cinq ans d'amitié avec votre serviteur !
Michael Clayton ***

de tony gilroy avec george clooney, tom wilkinson; tilda swinton
michael clayton, homme à tout faire d'un gros cabinet d'avocats de New York, vient en aide à un collègue en pleine crise et découvre les mensonges d'une entreprise de l'agrochimie, gros client du cabinet
les sodebergh / clooney n'ont pas toujours réussi leurs "films ambitieux financés par des Ocean's 11-12-13..." mais ils insistent, et celui ci est une splendide réussite. qui sera malheureusement pas célébré comme il le devrait. parce que Clooney joue - à merveille, vraiment une de ses meilleures compositions - un anti héros, ambigu, désabusé, qui rajoute à l'originalité d"un film non prévisible. Parce que délibérément dans la lignée des films "sociaux / politiques" des 70's (facon "trois jours du Condor" voire "les hommes du président"), ce film n'est pas spectaculaire, l'intrigue est complexe, l'ambiance est sombe et triste, le montage – avec flashback - audacieux. enfin un film contemporain sans arsenal technologique pour faire avancer l'intrigue ni réalisation frénétique. digne des meilleurs sodenbergh, sauf qu'il ne réalise pas. ça se joue aussi dans les "détails", l'excellente musique de james newton howard, ou la composition de tilda swanton, la "méchante" de la multinationale, dans le malaise, la culpabilité, grand 2nd role. Un film à contre courant qui prend son temps, qui prend des risques, à contre courant de ce qui plait aux plus grands nombres.
Patrick Weber
Vu sur Actuabd.com, le meilleur site pour les nouvelles du monde de la BD, avec des analyses toujours pertinentes et documentées, une interview de Patrick Weber - à la fois scénariste, journaliste et écrivain, monarchiste et boudhiste (je n'invente rien, voir sur son site patrick-weber.com) Je ne peux que m'incliner devant son parcours éclectique et original, et respecter ses différentes réalisations, même si j'avoue que je n'ai jamais rien lu de lui... Mais cela viendra certainement avec les nouveaux Alix qu'il prépare.
En tout cas, on ne peut que constater que notre ami sait y faire avec les éditeurs ! Voici différents extraits de cette interview, réalisée par Nicolas Anspach :
"Dès que j’ai commencé à présenter mes scénarios, les éditeurs ont été demandeurs."
"Lorsque j’ai rencontré Yves Sente pour lui parler de mes projets..."
"Bruno Lecigne avait lu mes romans historiques au Masque. Il m’a proposé de travailler pour eux lorsqu’il a lancé la collection Dédale..."
"Ce n’est pas mon univers, mais l’éditeur m’a demandé de travailler sur ce projet."
"TF1 a coédité Trust. Ils m’ont demandé de réaliser ce travail d’adaptation."
"Après avoir lu Les Fils de la Louve, Casterman m’a proposé de reprendre Loïs."
"Les éditions Casterman souhaitaient confier le destin d’Alix à deux équipes différentes. J’ai donc commencé à travailler sur celui dessiné par Ferry, puis ils m’ont demandé de reprendre au pied levé L’Ibère."
"L’éditeur des éditions Timée, Denis Lépée, m’a débauché dans un salon du livre."
"Deux éditeurs m’ont contacté pour l’adapter en bande dessinée."
Comme quoi, il y en a qui ont de la chance d'être demandé et contacté à tout bout de champ !
Veinard va...
En tout cas, on ne peut que constater que notre ami sait y faire avec les éditeurs ! Voici différents extraits de cette interview, réalisée par Nicolas Anspach :
"Dès que j’ai commencé à présenter mes scénarios, les éditeurs ont été demandeurs."
"Lorsque j’ai rencontré Yves Sente pour lui parler de mes projets..."
"Bruno Lecigne avait lu mes romans historiques au Masque. Il m’a proposé de travailler pour eux lorsqu’il a lancé la collection Dédale..."
"Ce n’est pas mon univers, mais l’éditeur m’a demandé de travailler sur ce projet."
"TF1 a coédité Trust. Ils m’ont demandé de réaliser ce travail d’adaptation."
"Après avoir lu Les Fils de la Louve, Casterman m’a proposé de reprendre Loïs."
"Les éditions Casterman souhaitaient confier le destin d’Alix à deux équipes différentes. J’ai donc commencé à travailler sur celui dessiné par Ferry, puis ils m’ont demandé de reprendre au pied levé L’Ibère."
"L’éditeur des éditions Timée, Denis Lépée, m’a débauché dans un salon du livre."
"Deux éditeurs m’ont contacté pour l’adapter en bande dessinée."
Comme quoi, il y en a qui ont de la chance d'être demandé et contacté à tout bout de champ !
Veinard va...
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