28 mars, 2008

Attaque marketing à la Défense !


Bon, je sais, ça fait un peu prétentieux - mais voilà donc ce que l'on peut observer actuellement dans les couloirs de la gare RER à la Défense...
Autre bonne surprise : si vous êtes sages, sachez que je vous montrerai très bientôt la couverture du T2 ! Eh oui, déjà...
Par ailleurs, je vous signale que le site de Griffo, toujours sous la houlette de Christophe Simon, propose jusqu'au 15 avril un concours qui permet de gagner 15 exemplaires de L'ultime Chimère T1 : ici.
Une dotation plus que valable sachant que votre serviteur n'a eu que dix albums lui en tant qu'auteur !

26 mars, 2008

Bienvenue chez les Ch'tis * *


de danny boon avec kad merad, danny boon, anne marivin, zoe felix, philippe duquesne

Cadre dans le Sud à la Poste, Philippe rate ses mutations sur la Cote d'Azur, il est sanctionné et est envoyé en pays Chti, dans le Nord, à Bergues, directeur d'agence.

A y est, c'est fait ! Succès vraiment hors du commun - on est quand même déja deux fois au dessus des Choristes ou Grand Bleu - qui tient à pas mal d'irrationnel mais n'est pas si surprenant, une fois passé le cap des 8 /10 millions. Soit on voit les "films évènements de l'année" à la sortie ("grand bleu", "choristes" d'aileurs'), soit on attend que la grosse vague soit passé parce qu'on ne supporte pas les salles pleines, familiales et acquises d'avance... Difficile en tout cas d'aborder ce genre de film. Ni la complaisance pour un "film populaire", parce qu'un film est un film, et chacun est chacun, alors les goûts et les couleurs, et les vaches sont bien gardées. Ni l'ironie cinéphilique tout autant téléphonée, le cinéma a besoin de ce genre de films, pas juste pour alimenter le CNC, parce qu'on ne fait pas une saison ciné avec "Julia" par exemple... Et puis, tant qu'à avoir un carton, on préfère les Chtis aux Taxis / Bronzés 3/ Asterix 3. Sur un plan marketing, c'est bien foutu, il y a cette étincelle d'un bon lancement, en plein coeur de la saison reine de l'année, avec tout de même Claude Berri - inévitable mais toujours le nez creux - et TF1 Films aux commandes du pognon, certes, et "il suffit" de ces premiers jours et après on fait s'emballer la machine, en communiquant sur des records d'entrées ...atteignables, donnant l"impression que c'est fait, donc "tout le monde l'a vu", donc "faut absolument y aller", et en plus en famille... Pas d'ironie là encore, avec ce produit et ce contexte de lancement, faire autrement sur un plan marketing serait erreur professionnelle. Après, les media jouent leur rôle de promo, telle cette couv bien démago de Match sur "la france fraternelle de Danny Boon" (entre les Chtis et les Provencaux... on connait plus risqué en terme de "fraternité" dans la France de 2008). Et on en a pour l'année, jusqu'au fêtes de fin d'année, le Noël, les bilans, on va bouffer du Chti comme on a bouffé du Choristes... Osera t-on dire quand même que Dany Boon était déjà assez présent à la télé ? Et qu'il nous gonflait déja à ne pas être très drôle à faire le comique de service... mais il sera une icone, si ce n'est déja fait.
Alors ? Eh bien, on passe un bon moment. Meilleur que celui des "Visiteurs", gros succès qui le méritait vraiment pas. C'est efficace parce que consensuel avec les bonnes recettes, sans trop forcer sur les ingrédients, sans prétention, comme on dit. Puisqu'on nage dans les eaux des "Grande Vadrouille" et "Corniaud", il y a le couple disemblable, Boon / Merad, il y a même l'accident de bagnole de la rencontre, comme Bourvil / de Funes. Et après on déroule, sur l'antagonisme, la carricature, la bonne humeur, les quiproquos. Disons quand même que le scénario a un très très sérieux coup de mou une fois Merad conquis par les Chtis, faire un film à partir de sketchs de Boon se révèle périlleux sur la durée. On échappe à un vrai long tunnel de scénario grace à deux passages réussis, la tournée postale arrosée et le faux village de mineurs du Nord abrutis. Et un bétisier final qui permet d'oublier un épilogue expédié à la limite du foutage de gueule, l'impression des fins de comédies de Jean Girault facon "Gendarmes" des années 60, vraiment faiblard. Boon et Merad, fonctionnent bien, ils ont chacun un talent comique, plus Merad en fait, qui sait faire de Funes ET Bourvil. De là à avoir envie de le revoir...

Thierry Gilardi

Bien triste nouvelle ce matin, en apprenant le décès de Thierry Gilardi, à 49 ans. Je ne le connaissais pas personnellement, même si je l'avais croisé évidemment à de très nombreuses reprises dans les années 90 lorsque j'étais à France 2 et que je couvrais l'actualité de tous les sports, notamment le football. Je me souviens d'un déplacement du PSG je ne sais plus où... il était donc là, pendant trois jours, avec toute la presse française, et il ne la ramenait pas, discret, voire même maladroit, se prenant les pieds dans les tapis, se cognant aux portes... Cela m'avait frappé, parce que ça ne correspondait bien sûr pas du tout à sa façon de s'exprimer derrière un micro.
Ensuite, il faut quand même reconnaître qu'il a été frappé de ce mal professionnel mystérieux que personne n'évite, à savoir que d'excellent sur Canal +, il est devenu moyen sur TF1 (même chose avec Denis Balbir sur France 2) alors que je veux bien croire qu'il commentait toujours de la même façon. Un étrange phénomène qui doit venir de notre inconscient qui associe définitivement Canal au foot...
En tout cas, une place est à prendre et je connais quelques confrères dans le métier qui doivent être sur des charbons ardents...

24 mars, 2008

F1 : GP de Malaisie (2/18) - Red district

Pas le Grand Prix du siècle, il faut bien le reconnaître. Malgré tout, pas mal de commentaires qui s'imposent : Raikkonen, quand il le veut et peut, sait être impérial - avez-vous eu comme moi l'impression, dès le début, qu'il allait effectivement gagner ce GP ? Que le feu d'artifice Massa n'allait pas durer ? Ce dernier va devoir se reprendre, car passe encore le fait de "serrer" son coéquipier dès les premiers mètres, mais s'offrir un deuxième tête-à-queue en sept jours (et cette fois fatal) lorsqu'on est pilote Ferrari, ça commence à faire beaucoup. Belle prestation derrière de Kubica, Trulli et Webber, tandis que les Renault sont vraiment à la peine. J'ai parié sur Bwin que Piquet allait marquer des points à au moins quatre reprises cette année... Me serais-je trompé ? Les McLaren, elles, se sont fait larguer, mais elles partaient à mon avis de trop loin pour que cet écart soit représentatif... Il est clair néanmoins que Ferrari a rattrappé le coup et j'avoue que j'attends avec impatience le rendez-vous de Bahrein qui me semble être le circuit idéal pour voir les deux grandes équipes en découdre férocement après avoir chacune remporté une manche...
Quant à Sébastien Bourdais, on va dire que c'est un week-end à oublier. J'avoue que je pressentais un peu un "retour sur terre" après l'euphorie de Melbourne, mais on n'envisageait pas qu'il ne dépasse pas le sixième virage du premier tour... Sur dix-huit GP, il est évident que cela devait arriver une fois, c'est fait. L'objectif de Bahrein est clair : se qualifier en Q2 et faire une nouvelle course solide. Seb en est capable !

Les étoiles de Sepang :
*** : Raikkonen
** : Kubica, Trulli
* : Kovolainen, Webber

Le classement après 2 GP :
Hamilton : 4
Bourdais, Raikkonen, Kubica, Kovolainen : 3
Heidfeld, Rosberg, Alonso, Nakajima, Trulli : 2
Webber : 1

21 mars, 2008

10 000 *


de roland emmerich avec steven strait, camilla belle

10 000 ans avant JC, une tribu dans les montagnes, le chasseur D Leh et d'autres, partent au secours de la belle Evolet enlevée, et de pas mal de personnes opprimées

Mauvaise pioche. Resté sur l'excellentissime souvenir de "the day after tomorrow", on a cru que Emmerich avait trouvé la clé pour un vrai divertissement US, du fric juste pour l'action et un scénario efficace au service. On déchante. Le seul intérêt de "10 000 BC" est à chercher dans la confrontation avec les grosses bébéttes, notamment les mammouths, alors belle scène au début, 2/3 autres ensuite avec des zoziaux, et puis ceinture. Le reste est une sorte d'américanerie antique archi pesante, "contes et légendes" lénifiant, dégoulinant de bons sentiments, des personnages et une histoire qui fleurent bon une sorte d'americano-centrisme, tout ce qui rend insupportable des "Troie" et "Gladiator". Et tout est à l'avenant, musique "world antique", acteurs qui jouent vraiment mal, sorte de sous Russell Crowe/Colin Farrell (oui, pas facile à imaginer au niveau jeu d'acteurs...)et comme spectacle familial, même pas le plaisir de jeu de massacres un peu gore, presque pas de sang. Et ca cartonne aux US... bizarre, tellement l'échec a l'air majeur au MK2 Gambetta. Sentant que les bébettes ne sont plus de la partie, on s'endort, on s'endort vraiment, et on se demande soudain pourquoi Tic-Tic, le seul qui a l'air d'avoir un peu de charisme là-dedans, meurt dans les bras de son ami DLeh. si quelqu'un sait ce qui s'est passé juste avant... et pourquoi la copine (moche quand meme) de DLeh ressuscite à la fin alors qu'elle s'est pris un méchant coup de fléche dans le dos, y'a un lien avec une légende d'un enfant aux yeux bleus et un mammouth, mais c'est exliqué au tout début, et comme y'avait deux gars qui bouffaient leur pop- corn juste devant, rien entendu...

19 mars, 2008

Arthur C. Clarke



J'apprends avec émotion l'annonce de la disparition d'Arthur C. Clarke, véritable mythe de la science-fiction et auteur de mon livre, dans ce domaine, préféré. Je veux parler de la saga Rama, qui se décompose en quatre livres. Le premier (Rendez-vous avec Rama) est un chef-d'oeuvre absolu, basé uniquement sur un concept qui marche à tous les coups : l'exploration d'un endroit inconnu (en l'occurence un immense objet cylindrique spatial et forcément extraterrestre). Le mystère y est total et captivant. Trois autres volumes ont suivi, écrit en collaboration avec Gentry Lee : Rama II, Les Jardins de Rama et Rama révélé. A part peut-être les cent premières pages de Rama II, qui sont longuettes, le tout reste génial - jamais, ailleurs, je n'ai eu cette impression de lire quelque chose d'aussi réaliste et fort sur une présence cosmique (voire divine) étrangère. Le personnage de Nicole est inoubliable et on n'a jamais retranscrit pareil voyage vers l'ailleurs et le différent dans notre univers. Tous les cinq ans environs, je relis la totalité de ces romans, et je reste ébloui par tant d'inventions et d'appel à l'évasion planétaire.
Des deux mêmes auteurs, j'ai aussi beaucoup aimé La Terre est un Berceau, notamment la fin. Je continue de vénérer, comme beaucoup, 2001 l'Odyssée de l'Espace - scénario exceptionnel, qui continue de m'inspirer. En revanche, comme beaucoup également, je ne peux pas dire que j'ai été bluffé par les suites (2010, 2061, 3001...), qui sont un peu trop prétextes et moins intéressantes. Je les ai lues en anglais, tout comme The Hammer of God, qui m'avait semblé pas mal. En revanche, je me souviens avoir essayé de lire la série Base Vénus et de ne pas avoir accroché. Le dernier livre de lui que j'ai lu est Lumière des Jours enfuis (avec Stephen Baxter), hélas un peu inégal.
Bref, un auteur dont on ne retient pas tout, mais une vraie sommité et qu'on le veuille ou non, le créateur de Rama - qui mérite d'être un vrai patrimoine de l'humanité en tant qu'oeuvre littéraire.

17 mars, 2008

F1 : GP d'Australie - Lewis et Sébastien up down under !

Je vous jure que c'est vrai : mercredi soir dernier, j'ai été amené à intervenir sur Infosport à propos de Sébastien Bourdais. Discutant après l'émission avec le chef de production, Jérôme Martin, je lui fais part de ma légère inquiétude quant à la perspective des qualifs pour Seb mais je lui dis : "mais même s'il se qualifie 18e et que Vettel est 8e, qui te dit que ce dernier ne va pas s'accrocher au premier virage et que Seb ne va pas finir par remonter dans les points ?" - or, c'est exactement ce qui s'est passé ! (ce serait bien si je pouvais deviner aussi facilement les résultats du loto...).
Tout ça pour dire que j'étais évidemment convaincu que Seb aurait les moyens de faire une belle course, solide, brillante, rapide et endurante. Etre quatrième de son premier GP à deux tours de la fin, c'est tout simplement exceptionnel. Bravo à lui, et honte à tous ceux qui ont pu douter de sa légitimité à rejoindre la F1... Même si la hache de guerre a été enterrée il y a un certain temps, je suis prêt à parier que cela devait faire drôle à Flavio Briatore de voir Seb résister aussi superbement à Alonso en fin de course et que quelques images de l'hiver 2002-2003 sont forcément remontées à la surface !...
Cela fait en tout cas six mois que je dis aussi qu'Hamilton sera champion du monde... Je ne dis pas que ce sera forcément le cas, mais je dis qu'hier c'était lui le patron et qu'il a été tout simplement royal. Ce qui n'a pas été le cas des deux pilotes Ferrari, dont on ne s'attendait pas à tant d'erreurs... Rarement, même, on aura vu course aussi brouillonne à ce niveau !

Les étoiles de Melbourne :

**** : Hamilton
*** : Bourdais
** : Heidfeld, Rosberg, Alonso, Kovolainen, Nakajima
* : Kubica

11 mars, 2008

L'ultime Chimère - les annotations

Sortie aujourd'hui, officielle, du Patient 1167, T1 de cette nouvelle série dont j'ai déjà un peu parlé sur ce blog... Comme promis, pour les premiers lecteurs et les suivants, voici les annotations complètes de ces 46 premières planches - histoire d'en savoir un peu plus sur le travail en profondeur et quelques motivations ou réflexions...

L'ULTIME CHIMERE - Annotations T1

Alain Resnais

Juste pour vous dire que j'étais hier et aujourd'hui au Studios d'Arpajon où mon fils Hugo faisait une silhouette pour le dernier film (dont le tournage a commencé il y a seulement cinq jours) d'Alain Resnais, Les Herbes folles. Tout s'est bien passé, les scènes en question (dans un cabinet de dentiste) se passant avec Emmanuelle Devos. J'ai évidemment aperçu plusieurs fois Sabine Azéma, qui comme chacun sait est la femme d'Alain Resnais tout en demeurant une de nos plus grandes actrices contemporaines. Très sympa en tout cas, avec plusieurs petits mots gentils pour les figurants...
Bref, tout ça pour vous dire que je vois soudain arriver Alain Resnais dans mon dos... Première impression étonnante : à 86 ans, il est vêtu d'une sorte de survêtement noir, avec grosse doudoune, visière de golf rouge sur le front, tennis aux pieds ! Pas grave, un mot à un acteur qui joue aussi une silhouette et poignée de mains à votre serviteur, qui n'en espérait pas tant... Un honneur !

08 mars, 2008

Un monde de bulles, the verdict

Eh bien voilà, ma participation à l'émission de la chaîne Public Sénat consacrée à la BD est désormais effective... La séquence consacrée à votre serviteur est visible entre les minutes 21.55 et 25.45, soit presque quatre minutes sur plus d'une dizaine à l'enregistrement - c'est dans l'ordre des choses !
A noter dans l'émission la participation des charmantes Chloe Cruchaudet et Aude Picault, pour deux albums qui vont vraiment l'air bien.
L'émission était intitulée Dans l'Enfer du Rwanda et vous pouvez la voir sur ce site.

05 mars, 2008

J-7

Agréable surprise au courrier aujourd'hui : L'ultime Chimère (on m'a déjà posé la question : j'écris bien ce titre avec un "L" majuscule au début et un "u" minuscule à l'adjectif...) est arrivée ! A sept jours de la sortie officielle de l'album, nous disposons donc des premiers exemplaires et je dois dire que c'est un moment qui n'est pas anodin.
Un livre, c'est vrai, c'est comme un enfant qui naît. Un processus qui a besoin d'une maturation, d'une (pro)création, et d'un accouchement, qui mène donc à la naissance - ou à la sortie. On se sent forcément un peu nerveux, tout en étant content voire fier. On espère surtout que tout se passe bien à partir de là.
Je ne suis pas un auteur blasé, qui sort quinze livres par an. En presque vingt ans de carrière déjà dans la BD, Le Patient 1167 est mon 19e album. C'est surtout le premier en deux ans. Et c'est le premier d'une série de sept qui a tout de même quelque ambition artistico-commerciales.
Comme je suppose la plupart de mes éminents collègues scénaristes, je repasse en ce moment dans mon esprit toutes les étapes qui ont mené à ce que ce premier tome soit ce qu'il est. Telle scène est-elle bien amenée ? Tel dialogue est-il efficace ? Tel personnage est-il crédible ? Tel cadrage est-il le bon ? Bref, une litanie d'interrogations !
Je mettrai la semaine prochaine sur ce blog les annotations complètes de ce Tome 1. Vous devriez déjà apprendre certaines choses. Sachez en tout cas que L'ultime Chimère est un projet qui a été écrit sur pas mal d'années et qui reflète ma volonté de quelques choix (challenges ?) narratifs très précis : les tomes 1, 6 et 7 sont carrément des histoires dans l'histoire, le personnage principal réussit l'exploit de ne pas prononcer un seul mot dans le premier album, et nous nous concentrons avant tout sur les drames intimes des personnages et non sur une histoire biblico-mystique - contrairement à ce que le titre et le résumé de l'histoire peuvent suggérer. En fait, à plusieurs égards, j'ai voulu amener un traitement paradoxal.
L'histoire globale des Tomes 5 et 6 a été conçue il y a assez longtemps. C'est toujours je crois le passage qui me tient le plus à coeur. Je pense néanmoins que les autres tomes devraient être d'une lecture agréable, avec du rythme et des chemins pas forcément attendus. J'ai tout fait pour que le premier album ne soit pas perçu comme un "album de mise en place" (une réflexion à laquelle peu de séries échappent lorsqu'elles démarrent), mais je pense que je ne pourrai pas m'y soustraire... Je pense aussi qu'on m'accusera de surfer sur une vague d'ésotérisme, voire d'uchronie, et on n'aura pas totalement tort. Maintenant, je pense avoir suffisamment de personnalité pour avoir l'occasion de porter au loin une voix propre et originale et non une énième resucée des mêmes thèmes. On verra bien. J'attends avec impatience les premiers commentaires...
Enfin, je voudrais dire que j'ai trouvé chez Glénat des gens formidables, dynamiques et motivés, avec lesquels c'est un plaisir de travailler. Je suis honoré de faire désormais partie de la collection Grafica. Jacques, Franck, Jean, Sophie, Didier, Henri, Patrick, Olivier, Elise - merci à vous !

03 mars, 2008

Paris * *


de cedric klapish avec romain duris, juliette binoche, fabrice luchini, melanie laurent, albert dupontel

Paris... autour de pierre, malade du coeur et en sursis, aidé par sa soeur elise, la vie de Paris, joies et peines...

Klapish avec ses succès, son acteur fétiche (Duris), ses films dans l'air du temps, a forcément moins bonne presse qu'ill y a 15 ans, à l'époque du "Peril jeune". Et pourtant il faut un vrai talent pour réussir des films aussi différents, un classique comme "un air de famille", ainsi que la doublette "auberge espagnole / poupées russes" qui restera comme des Sautet ou des Truffaut à leur époque, d'un cinéma de son temps, du début des années 2000. On est ici assez loin de "chacun cherche son chat", il y a 12 ans... Inégal, même si globalement agréable. Le film choral est devenu un genre et pourquoi pas pour ce film centré sur une ville. Mais autant le "couple" Duris/Binoche apporte énormément, en profondeur, en émotion, en justesse, autant les autres histoires avancent plus difficilement, moins bien écrits clairement, ça manque de liant, ça avance par à coups, Luchini plutôt bien mais son amourette ne veut pas dire grand chose, les gars de Rungis survolés et on ne parle pas de l'émigré d"Afrique très brouillonné. Qui trop embrasse parfois... Il y a des scènes où on retrouve Klapish, son choix des musiques, une sorte de grâce, notamment quand Pierre revoit ses photos ou son film de spectacle, et la plupart des scènes de Binoche - étonnant comme cette actrice fait encore la différence, parmi ce casting. A côté de cela, et disons le de facon péjorative, il y a du scénario qui rappelle trop... Lelouch. On peut accepter que ce dernier en fasse trop, dans la dramatisation ou les coups de théâtre, mais pas trop de Klapish. Cela étant, on aime le quartier Gambetta / Pere Lachaise de Duris, en hiver (typiquement le genre de film qui doit foutre un gros spleen parisien quand on est à l'étranger). moins sur des détails comme le fait de faire une bande annonce sur une chanson tubesque de Keane qui n'est pas dans le film... Il manque ces plus que pouvaient être l'actrice Kelly Reilly et une chanson de Beth Gibbons dans "les poupées russes".

25 février, 2008

Marion, Abdellatif, Antoine, Matthieu, Claude et les autres...

Grand week-end cinéma avec les Césars et les Oscars groupés en 48 heures. Je n'ai évidemment pas veillé toute la nuit pour suivre le triomphe californien de la môme Cotillard (ce n'est quand même pas un GP d'Australie, hé ho), mais j'étais sûr qu'elle aurait la récompense suprême, qui semble effectivement méritée. J'ai plus apprécié La Môme (le film) pour son découpage et son atmosphère parfois à la limite du baroque, comme dans la scène du cauchemar où on croit comprendre que Piaf a bien eu un enfant qui est mort (ce qui est le cas). Sinon, le film se regarde, avec les limites du genre "biographique", mais ça se tient et il faudrait vraiment être mal embouché pour descendre le produit. Cotillard tenait un rôle à récompense, c'est clair, et elle a assuré - bien mieux que Evelyne Bouix dans Edith et Marcel il y a 25 ans chez Lelouch (pourtant, c'est bien l'un de mes Lelouch préférés !). Bravo donc à elle, mais j'attendrai d'en savoir un peu plus sur sa personnalité, qui ne me semble pas méga profonde, mais je peux me tromper.
Sinon, on a eu droit à notre lot de moments "à commenter" du côté de ces Césars : La Graine et le Mulet a donc coiffé tout le monde ou presque au poteau, une grande habitude des Césars avec un film sorti en décembre de l'année précédente. On n'a pas trop compris la saille d'Abdellatif Kechiche sur France 2 Cinéma, mais ça devait l'avoir gavé grave pour qu'il en remette cinq couches successives sous l'oeil d'un Patrick De Carolis qu'on avait presque envie de plaindre pour une fois... Sinon, on a trouvé l'humour de De Caunes plutôt toujours aussi ravageur et impertinent (tant mieux), sauf peut-être côté mime Marceau et cigarettes (ceux qui ont vue la cérémonie me comprendront peut-être). On a bien aimé le texte de Matthieu Amalric, même s'il apparaît qu'il a été "écourté" - il y avait un vrai style original. Dommage peut-être qu'il ait un César pour un rôle "à récompense", on ne va pas le lui reprocher, mais bon, je suis persuadé que ça n'a pas été la plus difficile composition de sa carrière.
Sinon, on a failli voir Claude Berri se gauffrer en direct... Il commence à se faire vieux, mais il sait se positionner le bougre. Pas comme son fils, apparemment, dont on vous livre la chronique du Astérix ci-dessous... Et puis, pour conclure, petit hommage à Rochefort : on est décidément toujours aussi fan de son côté pince sans rire, décalé, le voir passer avec un chien en laisse sur la scène sans deserrer la machoire m'a bien fait rire sans que je sache pourquoi... Une forme de génie, sans aucun doute.


de frédéric forrestier et thomas langmann avec benoit poelvorde, clovis cornillac, gerard depardieu, alain delon

alafolix, le gaulois, doit gagner les JO pour vivre avec la princesse grecque Irina. Mais Brutus, le fils de César est aussi sur les rangs...

Quoi ? quoi ? quoi ? Ca pose problème à quelqu'un dans la salle ? C'est ainsi, ça va être le ou l'un des plus gros succès de l'année -quoique il a intérêt à cravacher pendant les vacances, y'a comme une justice-, alors faut voir sur pièces. Et puis quand on s'est infligé "les bronzés 3", on se sent invulnérable. Et tant qu'à faire, autant faire tout bien comme il faut, séance aux Halles (argh), un samedi aprème de vacances scolaires (re-argh) et avec une salle pleine de morveux crétins avec pop corn (bref, le public des Halles). Que dire en fait, à part le nombre de chouingues gomme consommés pour ne pas s'endormir ? On s'emmerde, profondément, c'est tout. Moins l'impression d'arnaque que les Bronzés. Mais un film qui vise très large, les gamins en dessous de 10 surtout. Et qui tourne à vide presque en permanence. On sauvera 2/3 gags de la BD et les appartés des romains qui semblent viser la niche des spectateurs au dessus de 15 ans. Passent encore les scènes d'action, sans surprise, les effets spéciaux habituels qui donnent l'impression de ne rien vraiment voir en fait. Mais le pire, le pathétique parfois se retrouve dans d'incroyables scènes de remplissage, sans l'ombre d'un intéret, pas dans la BD bien sûr. Comme celle du miroir de César, presque 10 mn pour arriver à une apparition de Danny Brillant.. Incroyable en fait, comme scène ! Sur la saga Astérix, Chabat, avec le 2, avait fait le maximum. Pas génial mais avec son talent comique, c'était le mieux pour adapter une BD... pas adaptable. Alors sans talent comique, on touche le fond, forcément. Et pourtant c'est une des meilleures histoires, celle de l'éternel "les sangliers ont du bouffer des cochoneries", dans les tribunes des JO, trop fin pour un tel film. les réalisateurs doivent savoir qu'ils rament, la fête de la fin n'ayant que pour seul but de maximiser les stars (la triplette Debouze / Zidane / Parker) pour sauver ce qui reste à sauver. Cornillac est bien sûr mieux que Clavier mais il a l'air aussi peu concerné, comme endormi, idem Depardieu et comme dans la précédent, ils passent les plats, au profit de Poelvorde qui fait ce qu'il fait quand le role n'est pas écrit, il cabotine et ne fait pas tellement rire. Omniprésent, tant quà choisir, on reprend du Debouze. Finalement Delon est pas si mal. Mais la concurrence est faible. il y a quand meme un festival de très très mauvaises compositions (elie semoun ! jean todt : sim ! - oui il est encore vivant, ça fait au moins une chose qu'on aura appris...)

19 février, 2008

Lost, saison 4


Vous ai-je déjà dit que j'étais fan de Lost ? Eh bien oui, j'avoue que c'est pour moi la meilleure série télé depuis Six Feet Under, et sans aucun doute une de mes trois préférées de tous les temps (les autres étant donc Six Feet Under et Le Prisonnier). Je vois d'ailleurs pas mal d'analogie entre Le Prisonnier et Lost, moins finalement dans le contenant (un lieu fermé, duquel on ne peut partir) que dans le contenu (avec des éléments clairement fantastiques).
Je suis en train de suivre, comme tous les passionnés, les épisodes de la saison 4, via le site VOD de TF1 (1,99 euros l'épisode, il faut avouer que c'est honnête même si ça me fait ch... de donner de leur donner de l'argent). On est de plus en plus perdus entre les allers-retours entre présent/passé/avenir et toutes les hypothèses qui viennent à l'esprit, mais ça fait partie du charme. Tant pis si je suis laissé dans l'inconnu, j'aime ce côté feuilleton et cette ambiance incroyable, quitte à attendre encore deux ans pour avoir quelques réponses ! Si jamais il y en a, car il n'y aura rien de pire qu'une sorte de justification tarabiscotée de tous les éléments - il vaudra mieux, alors, laisser une part de mystère insoluble...
En tout cas, Lost est pour moi, pour l'instant, le seul travail scénaristique, tous médias confondus, qui semble à ce point complétement dingue et envisagé dans sa globalité. On a même du mal à croire qu'ils ont pu à ce point anticiper les événements et la logique globale de la série mais force est de constater que ça marche et qu'on n'a pas encore d'incohérence dans l'incohérence... Je dis souvent qu'un scénario fantastique est réussi à partir du moment où il est vraisemblable dans l'invraisemblable. Ce qui n'est pas forcément facile à faire ! Là, c'est le cas et je reste confondu par autant de pistes qui s'ouvrent et le travail que cela représente que de les avoir seulement imaginées...
Bref, je me rends compte aussi que des méga-fans vont jusqu'à créer des blogs entier pour expliquer quelle est leur théorie à propos de Lost... Je les admire quelque part, mais moi je me laisse faire, c'est décidé. Il semble bien qu'on revienne à une notion de voyage dans le temps, et si vraiment c'était ça, alors je suis curieux de voir jusqu'où ils vont pouvoir aller...

No Country For Old Men *


de joel et ethan coen avec javier bardem, josh brolin, tommy lee jones, kelly mc donald

Texas, un cow boy récupère par hasard un magot dans le désert. un tueur fou le poursuit. Et un sheriff fatigué les suit.

Il faut dire les choses comme elles le sont surement. Ce film des frères Coen qui est plutot célébré par la critique, sans compter quelques récompenses, a fait l'évènement à sa sortie, attire du monde mais il va décevoir une bonne partie des spectateurs, au mieux on dira qu'ils sont décontenancés, au pire bien emmerdés. Alors soyons sévères et directs, on peut l'être au vu de leur carrière plutot unique et la pelletée de grands films en tous genres qu'ils ont fait depuis plus de 20 ans et admettre que ce film est décevant, voire très décevant. En toute subjectivité, bien sûr, mais c'est le but. Sentiment que cela ne démarre jamais, qu'il y a de quoi voir sur l"écran parce que le talent de mise en scène est là, du haut niveau, ils ne perdent pas la main, belle brochette d'acteurs, une ambiance, un style mais ça n'accroche pas, on reste vaguement indifférents à tout ce qui se passe, ce n'est ni violent trash comme il pourrait l'être, ni drole comme savent l'être les Coen, pas de suspens, pas de tensions, pas d'ironie à la "Fargo", pas d'évidence du film noir comme "Blood simple", juste un bel exercice de style qui tourne rapidement à vide, pendant 2 heures en fait. Alors la vérité doit se cacher dans le roman adapté, faussement film de poursuite et d'action. Vu l'ennui dégagé on supposera que cette adaptation ne passe pas l'écran. On retiendra la tronche de Bardem, sa coiffure, mais rien de mémorable comme d'autres films de la tribu US Coen, Sodenbergh, Tarentino et cie.

Un monde de bulles



J'ai été invité hier à participer à l'émission Un Monde de Bulles, diffusée tous les vendredis soir (en première diffusion) sur Public Sénat. Je suis intervenu (une bonne dizaine de minutes tout de même, on verra si l'intégralité a été conservée au montage...) dans le cadre de la sortie de L'ultime Chimère, of course. Plusieurs autres auteurs Glénat étaient là, notamment Aude Picault (charmante) qui sort très bientôt Eva. On va donc guetter la diffusion de l'émission, en attendant vous pouvez toujours aller voir le site consacré à Un Monde de Bulles, animée par Jean-Philippe Lefèvre, car il est normal de féliciter une initiative qui vise à parler de BD à la télévision !
http://www.unmondedebulles.com/

18 février, 2008

Juno * * *


de jason reitman, avec ellen paige, michael cera, jennifer garner, jason bateman

USA, Juno, 16 ans tombe enceinte, de son jeune copain, un peu par hasard. Elle décide de le garder et de le confier à un couple d'adoption. Grande gueule et volontairement différente des ados qui l'entoure, elle essaye de vivre une grossesse sans trop de soucis, elle se lie d'amitié avec le mari adoptant.

En dehors des nominations aux Oscar parmi de "gros films", le potentiel attraction / charme de "Juno" rappelle forcément "little miss sunshine", histoire du quotidien plutot familial US, avec un gros fond de gravité mais traité avec le plus de légéreté, humour, et dérision. Un peu le cocktail idéal des films américains de ces dernières années, un bon réalisateur indépendant, intelligent, fin, un sujet simple et un thème autour de l'adolescence, sans doute le sujet le mieux traité dans le ciné indé US, les exemples de splendides réussites ne manquent pas ("donnie darko", "mean creek", "virgin suicides", "mysterirous skin", etc). Il faut trouver le bon dosage dans ces comédies indés, ne pas faire trop intello / malin sinon on tombe dans l'insupportable prétention d'un "stotytelling" de todd solonz. Et échapper à la niaiserie qui guette. Reitman réussit parfaitement, à la fois drôle, très bien dialogué et touchant. Il rit de ses personnages, mais sans charger, la preuve avec la mère adoptante - Garner - qui n'est pas si ridicule et le petit copain, qui est sincèrement attachant malgré ses allures immatures, on comprend Juno. Et un excellent personnage, le mari, dont une sorte d''"immaturité adulte" (ça veut rien dire, oui..), avec ses disques de sonic youth, ses films d'horreur, ses guitares, le rapprochent de Juno, trop mature pour son age. Le seul bémol -et le principal atout du film- serait le personnage de Juno. Sens de la répartie, ironie sur ce qu'elle vit et elle meme (elle fait voix off), une actrice étonnante, c'est le moteur du film. Mais aussi agacante à force d'être si "cool", on en a croisé des comme ça, brillantes, mais qui en deviennent têtes à claques... parfois elle en fait un peu trop, ça va un peu loin et ça se rapproche du "film trop malin" (cf avec le mari et leurs dialogues sur la musique). Mais l'armure se lézarde et elle est soudain désemparée, moins sûre d'elle, et le film prend plus d'ampleur. Une bande son folkie finalement sans surprise (Belle & Sebastian, CatPower..) mais qui colle bien. Peut-être un film à ne pas prendre pour plus que ce qu'il est, ne pas le surestimer, il en aura d'autant plus de valeur.

15 février, 2008

A propos d'une sélection des Inrocks...

Est récemment sorti un hors-série des Inrocks consacré à 100 albums BD indispensables. Louable effort, dont je suis par ailleurs adepte, cultivant avec certains le goût des classements et autres listings en tout genre. Mes parents seraient là, ils vous diraient que j'ai passé ma jeunesse "à faire des listes"... Donc, j'aime l'exercice et je me suis bien sûr procuré ce hors-série. Ils classent en n°1 Jimmy Corrigan de Chris Ware, que j'ai essayé de lire en entier sans y parvenir, je vous rassure. Je suis néanmoins assez admiratif de ce que représente Ware, qui est d'une exigence assez incroyable à son niveau.
Je me suis forcément demandé ce que je mettrais dans une sélection de 100 BD indispensables... Il y aurait d'abord, forcément, tous les albums que j'ai élu, ces dernières années (depuis 1979 à vrai dire) comme étant "ma bd de l'année". Je vous laisse parcourir cette liste que j'avais actualisée dans un post du 17 janvier 2007. Je rajouterais forcément plusieurs Tintin, qui sont évidemment des chefs-d'oeuvre absolus : Tintin au Tibet, Coke en Stock, On a marché sur La Lune, Les Sept Boules de Cristal, Le Temple du Soleil et L'Affaire Tournesol. Côté Astérix, je sors Astérix en Corse et Astérix chez les Bretons. Pour Lucky Luke : Le 20e de Cavalerie, Le Pied-Tendre, Tortilla pour les Dalton. Alix : Le dernier Spartiate, un véritable monument. Toujours chez Jacques Martin, j'ajouterais Le Repaire du Loup (Lefranc). Blake et Mortimer : La Marque jaune, pour l'atmosphère de Londres. Tanguy et Laverdure : le diptyque L'Ecole des Aigles et Pour l'Honneur des Cocardes, superbe histoire d'honneur. Valérian : peut-être L'Empire des Mille Planètes, en tout cas un des premiers albums. Pareil pour Le Vagabond des Limbes : Les Démons du Temps immobile et Pour trois Graines d'Eternité. Thorgal : La Magicienne trahie, le tout premier. Spirou : Le Nid des Marsupilamis, intemporel. Voilà pour quelques grandes séries qui me viennent spontanément à l'esprit...
Côté albums plus individuels : Idées Noires de Franquin, La Ballade de la Mer Salée de Pratt, Les Phalanges de l'Ordre Noir de Christin et Bilal, voire Partie de Chasse. Gotlib : Rubrique à Brac T3-5, génial. Sans doute un des premiers Gai-Luron. Blonde Platine d'Adrian Tomine. Lauzier : La Course du Rat et La Tête dans le sac, jubilatoires. Et puis bien sûr Andreas : les deux premiers Rork (Fragments et Passages), plus Coutoo, Cyrus/Mil et Cromwell Stone.
Voilà, je vais m'arrêter là pour l'instant, mais j'en oublie certainement beaucoup...

Par avion (5)


USA, côte Est en descendant vers New York, juillet 2007.

11 février, 2008

Sweeney Todd * * *


de tim burton avec johnny depp, helena bonham carter, alan rickman, timothy spall

Londres, 19eme, un barbie revient en ville exercer, sous le nom de Sweeney Todd, il cherche revanche contre l'homme qui l'a fait fuir injustement, quittant sa femme et leur bébé

Reconnaissons qu'il faut un certain temps avant de rentrer dans ce film. Sans doute parce que cet univers de Tim Burton devient presque trop familier, rappelant à l'évidence des "Sleepy Hollow", "Noces funèbres", ou autres, sans oublier toutes les références que l'on trouvera à ces ambiances sombres, sales et inquiétantes de villes du 19eme, en tournage studio et pas mal d'effets visuels, comme "La Cité des Enfants perdus" de Jeunet, auquel on pense souvent. le temps aussi de s'habituer aux nombreux passages de "musical". Pas par rejet, il y a eu de très belles réussites du genre, ces dernières années, "Moulin Rouge", par exemple, mais parce que les morceaux et orchestration de Stephen Sondheim sont assez typés de ce genre de film, grosse orchestration, parfois vraiment trop, trop attendu. On est surtout devenu un peu blasé face au talent de Burton, car il n'y a pas une faute de mise en scène, c'est du très grand ouvrage, impeccable à tous points de vue. Le vrai intérêt revient quand le scénario tourne au macabre, que Todd manifeste toute sa noirceur, que Burton en rajoute dans le glauque de presque tous les personnages, où les gueules typiquement british et lâches des grands Spall et Rickmanqui fait de plus en plus penser à Francois Berleand... si, si) ricanent et grimancent. Ca dégouline de sang bien gentiment sur la fin, vraiment pas porté sur le happy end, ce qui emporte clairement le morceau, Burton est toujours un type à part, dans un univers qu'on commence à bien connaitre mais toujours aussi talentueux, et prenant toujours autant de risques, la petite chambrée de l'ugc Danton tendant à prouver que ça s'est un peu planté pour la fréquentation. Et sa bande rapprochée, Helena et Johnny font plaisir à voir, étonnant comme ce trio semble soudé, malgré la popularité. Grande, très grande interprétation de Depp, plus dans le physique et le jeu torturé que d'habitude encore.

06 février, 2008

29 janvier, 2008

Mon aBcDaire (1)

J'entame aujourd'hui la publication de ce que j'appelle donc Mon aBcDaire -faute de mieux- : réflexions autour de la BD, de ce que représente ce moyen d'expression, son poids, ses codes, ses séries, ses héros, mes impressions de lecture, mes avis... Une sorte de journal autour de la bande dessinée, sans prétendre avoir une connaissance universelle du médium et encore moins d'avoir tout lu ! On commence avec un super héros que tout le monde connait...

BATMAN

Lorsque j’étais plus jeune, et au moment où je me suis "éveillé" aux super-héros, Batman manquait cruellement de super-pouvoirs pour m’intéresser complétement. Après tout, il est vrai qu’il ne s’agit que d’un certain Bruce Wayne qui se déguise la nuit en chauve-souris pour aller chasser les malfaiteurs ; même s’il est très fort, il n’y a rien de fondamentalement spectaculaire là-dedans. De plus, je crois me souvenir que le graphisme en vigueur pour ce personnage dans les années 70 n’était pas formidable, mais il se peut que les exégètes me contredisent sur ce point. En tout cas, aucune case ne m'avait marqué, ce qui est pourtant toujours le cas des oeuvres fortes. Je reviendrai d'ailleurs souvent sur ce thème dans cet aBcDaire : le pouvoir des cases et leur influence sur tout un imaginaire.

Aujourd’hui, la situation a changé en tout cas, et Batman est devenu depuis assez longtemps déjà mon super-héros préféré. J’avoue que j'ai été un peu comme tout le monde : les albums de Frank Miller l’ont revitalisé à mes yeux et les films (notamment les deux premiers, réalisés par Tim Burton) ont fait le reste. Batman est devenu un mythe et c’est précisément sa dimension humaine, que je regrettais étant enfant, qui en fait sa richesse.

Pour ce qui est du cinéma, je me souviens que le premier Batman a vraiment été un événement. Tim Burton, Jack Nicholson, Michael Keaton, Kim Basinger… casting royal en cette année 1989 ! Rajoutons également la légendaire BO de Prince (avec plusieurs titres imparables, dont un chef-d’œuvre : Scandalous) et des décors somptueux – bref, un sacré bon souvenir. Ce fut même encore mieux deux ans plus tard avec Batman le Défi, même s’il n’y avait plus Prince côté musique. En revanche, comme beaucoup, je pense que ce fut moins bien après, mais je n’ai pas manqué d’aller voir Batman Forever (le moins bon de la série) et Batman & Robin, qui ne m’a pas semblé si mal après tout. Vu dans un avion, Batman Begins m’a paru excellent, mais le décalage horaire a eu raison de moi, et je n’ai pas vu le dernier quart d’heure ! Je me souviens en tout cas très bien de la voix en VO de Batman lorsqu'il est masqué et en action - un timbre extraordinaire.

Côté BD, la renaissance de Batman est intervenu au milieu des années 80 en la personne de Frank Miller. J’ai été marqué par son utilisation dans The Dark Knight Returns (Miller avec Janson & Varley, DC) des écrans de télévision comme sources d’informations – au sens propre car ce sont des cases à part entière, et au sens figuré car ce sont précisément des bulletin de news que l’on voit. Le découpage était très fort, avec beaucoup de voix intérieures, le propre même des graphic novels. Néanmoins, je trouvais le dessin à peine assez réaliste pour un Batman et je n’ai pas aimé l’intervention de Superman à la fin. Bon sang, Batman doit se suffire à lui seul ! Tout a été corrigé ensuite avec Batman : Year One (Miller avec Mazzuchelli & Lewis, DC) où là, on atteint le chef-d’oeuvre. Narration un poil plus sobre, dessins plus sombres, action centrée autour de la naissance du personnage – un classique, la base de tout récit moderne de l’homme chauve-souris. Tellement influencé par cette oeuvre, j’ai même réussi à faire apparaître Batman dans ce qui a été mon deuxième album de BD (Spartakus, Fatal Carnaval – avec Michel Valdman, Dargaud, 1994) ! Et quitte à en remettre une couche, j’ai de nouveau fait appel à Batman dans Mongo le Magnifique, Une Affaire de Sorciers T1 (avec Roger Mason, EP Editions, 2004) lorsque je le fais intervenir en rêve – précisément quand Mongo (un détective privé nain, mais au QI phénoménal) se fait mordre par une chauve-souris enragée. L’occasion était trop belle et je me souviens de la joie de Roger lorsque je lui ai annoncé qu’il allait pouvoir dessiner Batman ! Comme quoi, cet homme qui n’est pas un super-héros, mais un héros tout court, suscite bien des convoitises. Je finirai ces souvenirs personnels en rappelant que j’ai également dédié le T3 de ma série Hauteclaire (Le Reflet des Lames, avec Benoit Lacou, EP Editions, 2004) à Bob Kane, « pour son oeuvre et son personnage majeur ». Il y a vraiment des influences qu’on ne pourra jamais renier.

Bruce Wayne, enfant de riches, voit ses parents assassinés sous ses yeux : histoire simple et forte, tragique et intemporelle. De ce drame originel va donc naître sa vocation de se venger, de traquer les assassins, les voleurs et les « méchants » de tout poil. Il ne faut pas chercher plus loin les clefs du succès – la quête d’un enfant devenu adulte mais qui n’oubliera jamais sa cicactrice juvénile et qui ne parviendra pas à totalement maitriser son immense tristesse rageuse est assurément poignante et universelle.

Le coup de génie vient pourtant, selon moi, ensuite : dans le costume. Le masque avec les deux oreilles stylisées, les longs gants, les bottes montantes et surtout la cape - ce n’était pas évident de partir d’un animal aussi repoussant (la chauve- souris) pour arriver à un héros aussi charismatique. Bob Kane peut être remercié éternellement, même si le charme actuel vient avant tout d’un certain relookage du costume, précisément, beaucoup plus agressif et « cuir » que l’original. On ne se lasse pas, en tout cas, de voir des dessins de Batman contemplant la nuit le décor baroque de sa ville, Gotham, avec sa longue cape tombant dans le vide... Il y a là une certaine facilité, peut-être, dans le concept, volontiers démonstratif et posé, mais la recette fonctionne et on est forcément impressionné par ce genre d’image. Alors, ne boudons pas notre plaisir.

Pendant les années 90, j’ai acheté beaucoup de recueils de Batman parus chez DC. Il faut dire que cet éditeur avait flairé le filon et on ne comptait plus les sorties, plus sensationnelles les unes que les autres. J’étais –et je suis toujours- fasciné de voir comment l’éditeur historique avait morcelé l’oeuvre pour la décliner en autant de divisions et sous-divisions. Chacun avait sa part du gâteau, et il y en avait pour tous les goûts. Mais le plus fort est que l’édifice global tenait debout. Ca partait dans tous les sens mais aucun scénariste ne faisait s’effondrer la batmaison. Je me suis souvent demandé pourquoi Dargaud n’avait pas eu l’idée d’exploiter encore plus le mythe Blake & Mortimer de cette façon. Avec Batman, on avait la preuve que c’était possible : des équipes différentes et talentueuses pouvaient travailler en même temps, avec chacun sa patte et son respect de quelques règles sacrées (par exemple : les parents de Bruce Wayne sont bien morts assassinés sous ses yeux) mais avec une idée de carte blanche pour chaque projet. Je pense à Blake & Mortimer parce que c’est le dernier exemple d’une résurrection franco-belge en forme d’événement. Plutôt que de sortir des ersatz de Jacobs, on aurait pu –dû- dynamiser et moderniser les personnages en multipliant les collaborations et les cadres des récits. Une série mère, d’accord, mais des séries parallèles plus nombreuses... Du coup, diversité, intérêt, renouvellement.

Mais revenons à ces albums américains de Batman. Le plus célèbre est sans doute le Killing Joke, scénarisé par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland. Les deux premières pages sont fabuleuses : Batman arrive à l’asile d’Arkham, pour rencontrer le Joker, et il n’y a aucune bulle. Juste la présence de ce personnage instantanément densifié. Très fort. Ensuite, le récit est centré sur le Joker, et c’est là que j’accroche moins, dans le sens où je ne suis pas fan du Joker, de ses élucubrations, de son visage, de sa folie – qui me lasse un peu. Mais on parle ici de forme, car dans le fond, l’idée est extraordinaire. Profiter d’un album de Batman pour s’intéresser au Joker (et à sa duplicité avec Batman), c’est justement profiter des libertés narratives offertes par DC et que Moore a aussitôt comprises et surtout détournées. Et voilà comment on revisite, réinvente et reconstruit un personnage sur lequel on pensait avoir tout dit. Je le répète : laisser un mythe aux mains de quelques créateurs peut s’avérer formidable.

Dans la même veine, on citera l’hypnotique Arkham Asylum d’un duo fameux : Grant Morrison et Dave McKean. McKean illustrant Batman ? Stop the press ! La promesse assurée du grandiose. Eh bien non. Evidemment, il y a des images exceptionnelles, un sens de l’illustration poussée à son paroxysme, mais à mon avis, Batman est en partie raté. La faute à une cape mal fichue, avec des sortes de revers sur le dessus qui font l’effet de cheveux frisés sur le costume. Un détail peut-être, mais qui enlève une partie de l’imaginaire de Batman. Où est la dimension du personnage si sa cape n’est pas impressionnante ? Je suppose que McKean pourrait s’expliquer des heures et justifier sans problèmes ses choix figuratifs (qui confinent vraiment au génie), mais je serai toujours désolé de m’arrêter à cette petite constatation. Il faut de toute façon avouer que la lecture de ce livre torturé et littéralement expérimental n’est pas aisée.

Du même Morrison, on peut préférer Gothic (avec Janson) ; une histoire de nouveau horrifique mais où le mythe de Faust est revisité avec astuce dans le cadre de Gotham. C’est pourtant une visite que fait Batman dans un château abandonné autrichien qui reste en mémoire.

Parfois, on tombe dans le n’importe quoi et on n’échappe pas au grand ramasse-miettes de la création, pardon : de la récupération. Batman & Dracula : Red Rain (Moench, Jones, Jones III & Dorscheid), Batman Aliens (Marz & Wrightson) –oui, oui, Batman affronte les Aliens du film de Cameron !- ou encore Batman : The Abduction (Grant, Breyfogle & Hodgkins) où il fallait bien qu’on parle un jour d’extraterrestres. Même Spawn Batman (signé pourtant par un tandem à faire pâlir, McFarlane et Miller en personne) n’échappe pas au ridicule.

En fait, il faut être plus malin et carrément partir vers de nouvelles voies. C’est ce qu’a bien compris l’équipe composée d’Augustyn, Mignola (le créateur de Hellboy, crédité à l’époque sous son prénom complet « Michael » et non « Mike »), Craig Russell et Hornung dans : Gotham by Gaslight, une histoire annoncée comme « alternative » à Batman. Comme son titre l’indique, l’action se passe dans un Gotham du passé, au XIXe siècle, quand les rues étaient encore éclairées au gaz et non à l’électricité. Dans ce Gotham règne un certain Jack l’Eventreur, qui n’est pas pour rien dans l’assassinat des parents Wayne. Là encore, on ratisse large mais l’histoire est réellement fascinante et l’atmosphère de ce mélange de Gotham et de Londres frappe les esprits. Une réussite d’autant plus remarquable qu’il y avait tous les ingrédients pour se fourvoyer. Même le costume à l’ancienne de Batman est superbe. Le succès de cet album fut tel qu’une collection baptisée Elseworlds fut créée par DC : le principe était bien d’y retrouver les héros dans « d’autres mondes » que le leur. Hélas pour le scénariste Brian Augustyn, son Master of the Future n’avait pas la même implacabilité que Gotham by Gaslight. En revanche, Batman/Houdini : The Devil’s Workshop (Chaykin, Moore & Chiarello) était une réussite incontestable, avec l’introduction excellente d’un personnage réel, à fort pouvoir scénaristique : le magicien et l’illusionniste Harry Houdini.

En illustration pure, mention spéciale à The Chalice (Dixon & Van Fleet) et Castle of the Bat (Harris & Hampton).

Le dernier Batman américain que j’ai acheté est Hush (Loeb, Lee & Williams), mais dès que je vois des monstres grand-guignolesques, je fuis. C’était le cas. Et puis, si je vénère Batman, je trouve toujours que les autres héros qui l’accompagnent (Catwoman, Robin) sont inutiles.

Lust Caution * * *



de ang lee avec tony leung, tang wei, joan chen, leehom wang

années 40, la chine ocuupée par les japonais, Wang rejoint un groupe de résistants, et, à Hong Kong, plus Shanghai, elle doit séduire M.Yee, collabo des japonais

Il faut tout de même attendre 90 mn avant la luxure... mais les "fameuses" scènes de sexe ne décoivent pas, pas parce que particulièrement crues, on a vu "mieux" dans quelques films coréens, mais parce qu'elles font vraiment s'élever l'histoire. La longue attente, d'approche, de séduction, beaucoup plus proche du film d'espionnage, est nécessaire, mais il faut reconnaitre qu'on y perd de l'énergie, un beau film qui tarde à décoller. Et qui trouve donc son ampleur autour d'une scène de meurtre violent et 2/3 scènes entre Wee et Wang, plutot tendues, pas forcément simulées... (ou alors excellent cadreur à la caméra...), et qui, au delà d'un certain plaisir esthétique, ont du sens, la confrontation de la résistante et du salaud, des potentiels bourreau et victime, un lien sexe / mort (seul le sexe permet à Wang de s'approcher de son ennemi), bien complexe, avec ce qu'il faut de perversité, car tout n'est pas calculé entre eux deux. On en redemande... cette relation passionnelle et ambigue donne une vraie force à ce film qui reste dans les hautes sphères dans une dernière partie vraiment extraordinaire, c'est souvent l'inverse, alors à souligner. Ang lee a peut être été plus à son aise dans des films américano-asiatiques comme "garcon d'honneur" et "the ice storm", mais il a un sacré talent qui lui permet d'être encore à un haut niveau dans ce film de genre. Une réalisation d'un classicisme parfait, du très bel (et sobre) ouvrage. Ainsi que l'histoire, bien loin des films de résistance où on finit par ne pas tout comprendre, l'intrigue est simple, sans complications inutiles. On a parfois l'impression de voir du Bertolucci facon "Conformiste" / "Dernier tango" / ...et "Dernier Empereur" bien sûr, une réalisation très classique mais qui laisse passer beaucoup de choses, pas mal de mélancolie sur la fin, une tristesse chez ses deux personnages, superbe scène de Wang, seule, dans la rue, avec sa bague. Il y avait quand même de quoi faire plus intense et moins "images chromo de Shanghai", et d'obtenir un très grand film. Disons que le talent de ang lee et une histoire plus resserrée comme "l'amant" pour la partie sexuelle. Excellents acteurs, tony leung moins esthétisant que chez Wong Kar Wai. Et belle belle musique d'Alexandre Desplat.

28 janvier, 2008

Monsieur Jo et Monsieur Jean




D'un côté un trentenaire bobo, pétri de doutes, personnage principal d'une bande dessinée fameuse ; de l'autre un jeune champion qui ne semble, lui, douter de rien et qui est peut-être un vrai héros. Malgré leurs différences, ils ont été les deux héros du week-end.
Je n'allais évidemment pas manquer une finale de grand chelem de tennis où un Français figure. Pour avoir couvert de nombreuses années ce fabuleux sport, je suis toujours très intéressé par l'actualité de la balle jaune. Et là, on a été servi ! Ce qu'a fait Tsonga est évidemment extraordinaire, notamment son match contre Nadal (je n'ai pas vu les autres avant sa 1/2 finale) qui a été surnaturel. Comme beaucoup, je pense que ça aurait été mieux qu'il joue contre Federer en finale car Djokovic est un peu dans le même cas de figure que lui : le jeune qui arrive ambitieux et qui veut gagner. Ca annulait forcément un peu la puissance annoncée de Tsonga. D'un autre côté, on s'est clairement rendu compte pendant un set et demi que Djokovic n'était vraiment pas à l'aise, limite paralysé par l'enjeu. Tsonga en a profité, sans qu'il soit lui-même aussi fort que trois jours auparavant : rien ne dit que Federer, en habitué des finales, ne l'aurait pas haché menu d'emblée... Tout ça pour dire que Djokovic a eu le mérite de ne pas totalement s'écrouler et de tenir vaille que vaille. Tsonga n'a pas eu les ressources pour l'assomer définitivement et on a ensuite senti dans les deux derniers sets que le Français n'y arriverait pas... Quel dommage ! Je nourris beaucoup de regrets car là on tenait quelque chose, pour la première fois depuis 25 ans (je fais partie de ceux qui étaient bien sûr devant leur poste en 1983 pour la victoire de Noah à Roland Garros !). Reste qu'on a quand même un joueur qui a battu les n°9, 8 et 2 mondiaux et qui a été battu assez difficilement quand même en quatre sets par le n°3 qui avait battu en trois sets le n°1 ! Donc, bravo à Jo-Wilfried Tsonga qui nous rappelle aussi Safin par certains aspects et dont on espère qu'il sera plus constant.
Comme tout le monde, on est maintenant curieux de savoir ce qu'il va faire : à mon avis, pas forcément grand chose à Roland Garros, mais ça risque de faire mal à Wimbledon ! Je suis à peu près sûr que Tsonga ne sera pas un feu de paille, et qu'on tient peut-être notre star de demain, tous sports confondus. Je dis aussi : attention à la réaction de Richard Gasquet. L'aventure du Manceau va peut-être lui donner un coup de fouet mental et moral - et c'est peut-être lui qui va en profiter le premier...

Du côté d'Angoulême, dans le même temps, on apprenait que le duo Dupuy-Berberian était proclamé Grand Prix, succédant ainsi à l'Argentin Munoz. Pas grand chose à dire, on couronne là une carrière assez impeccable, un positionnement assez coté et prestigieux dans le monde de la BD. Certes, c'est une oeuvre contemporaire, bien dans l'air du temps, bobo certainement, qui a peut-être même déjà un peu vieilli, mais avec un ton juste et bien étudié, des albums qui se lisent agréablement et qui renvoient à nous tous. Bravo donc à eux, on ne va pas crier au scandale, mais c'est vrai qu'on a en ce moment tendance à préférer M. Jo à M. Jean...

22 janvier, 2008

Latest news...


Hello les amis !
Je m'aperçois que je manque à tous mes devoirs et que cela fait un certain temps que je n'ai pas laissé de nouvelles. Je profite d'un petit moment d'accalmie pour rattrapper le coup. En fait, depuis le début de l'année, je suis à fond dans la BD - dans une phase de création tous azimuts comme rarement j'ai connue.

Il y a d'abord, évidemment, L'ultime Chimère. La magnifique planche que vous voyez ci-dessus sera la première. Je pense que d'ici très peu de temps, je pourrai vous montrer la couverture officielle. Le dossier de presse est aussi en course de rédaction. Je peux par contre vous livrer en exclusivité le petit texte qui accompagnera la 4e de couverture :
"L’objet le plus mystérieux de l’Histoire est aussi le plus secret :la flèche de Nemrod ! On dit qu’elle aurait blessé Dieu lui-même et qu’elle aurait traversé les âges…On dit aussi que l’approcher, c’est être maudit."
J'en suis aujourd'hui au découpage des planches 18 à 23 du T5. Une sorte de mise en abyme sur plusieurs niveaux puisqu'il s'agira d'un récit dans le récit, sachant que ce T5 sera déjà un récit dans le récit par rapport à la série ! Toujours plaisant, ce genre d'exercice.

Ensuite, il y a L'Idole & le Fléau, un projet en cinq tomes qui est prévu pour aller chez un nouvel éditeur. J'ai découpé dans la première quinzaine de janvier les vingt-trois premières planches. C'est la première fois que je découpe autant sans avoir signé le contrat. Mais j'y crois, car je pense que l'idée est très forte.

Bonne nouvelle en passant : l'ami Siro s'est remis très sérieusement sur Speedway et il a pratiquement terminé tous les crayonnés du T1 ! Il va passer à l'encrage et j'espère qu'il va garder le rythme parce que l'histoire me semble assez intéressante. Ca n'est pas fabuleusement original, c'est même assez commercial, mais bon, on a le droit de se faire plaisir, non ?

Et puis, sachez que j'occupe désormais toutes mes soirées à me documenter sur une histoire qui sera le projet de ma vie. Oui, le mot peut paraître un peu fort, mais j'en suis persuadé. Tiré d'une histoire vraie, je ne peux imaginer un développement qui fasse moins de 500 pages, c'est dire ! Ce sera mon roman graphique à moi, mon From Hell, avec lequel il y aura quelques points communs... Je pense que je serai en mesure de présenter un synopsis assez détaillé à un éditeur d'ici deux-trois mois, mais je me donne encore un an de travail de documentation avant de commencer concrétement. Obligé. Je veux tout savoir sur le sujet avant de tout remettre en place pour une BD et de laisser quelques pistes nouvelles prendre corps...

En tout cas, je ne serai pas cette année à Angoulême. Griffo y sera, c'est déjà ça, et nul doute qu'on lui parlera un peu déjà de L'ultime Chimère. Mais pour le lancement officiel, ce sera au Salon du Livre de Paris...

14 janvier, 2008

It's a free world * * *



de ken loach avec kirston wareing, juliet ellis

Londres, angie, la trentaine, un fils dont elle s'occupe mal, monte une agence de recrutement, avec Rose, son amie, pour employer de la main d'oeuvre étrangère, surtout d'Europe de l'est, déterminée à s'en sortir, à la limite du légal, et sans états d'ame

Du loach, du vrai loach. Qualité impeccable, réalisation, rythme, des acteurs britanniques autant inconnus qu'impressionnants de justesse, surtout cette Kierston Wareing, présente de tous les plans. Si on met de côté ses films "historiques"- "land and freedom", son grand film ou "le vent se lève", qui lui permet de ne plus avoir à attendre sa Palme, le petit Ken...- , il séduit encore plus quand le "thème" du film prend une place moins importante, grace à toutes les histoires individuelles. Comme cette splendide réussite qu'était "just a kiss", autant une histoire sentimentale qu'un film sur les différences. moins évident ici car "it"s a free world", restera un film référencé sur "l'exploitation des travailleurs de l'Est" (le gros logo LCI en parrain le fait bien comprendre, important le parrain de départ du générique...), même si on voit largement vivrre Angie par ailleurs, avec sa famille, son "mec" polonais de passage. Mais Loach, engagé, est un gars subtil, qui montre du doigt sans caricaturer. Angie est complexe, à la fois complétement dans son obsession de la réussite, assumant son égoisme, surtout face à ces exploités (eux mêmes pas des agneaux), mais fonctionnant pas coups de coeur, aussi, spontanément. Bref, un vrai portrait de nos sociétés (ouest) européennes, un de ces films qui font / feront le portrait de l'Europe de ce début de siècle, comme pas mal de films made in UK, comme le turco-allemand "de l'autre côté ou du assayas quand il fait "boarding gate". A chaque Ken Loach, on regrette toujours autant qu'il y en ait si peu en France qui ait talent / courage / (pognon à investir ?) d'en faire autant. Et pourtant sur l'immigration, le travail temporaire plus ou moins illégal et la chasse aux sans papiers, y'aurait comme un peu de matière... on s'était dit en mai dernier qu'un Sarko président aurait au moins l'avantage de relancer des une création culturelle plus engagée et plus proche de la réalité. pour l'instant, on ne voit que les films d'alice taglioni à l'horizon... en attendant le premier film de Cauet cet été...

10 janvier, 2008

L'ultime Chimère : une planche couleur


Je n'ai pas encore la date de parution du T1 de L'ultime Chimère, mais ce devrait être aux environs du 15-20 mars. Une sorte de "sortie officielle" est prévue pour le Salon du Livre de Paris (23-27 mars). Cela veut dire que dans deux mois pile, nous devrions avoir reçu les premiers exemplaires... En attendant, je peux vous dire que ça bosse dur, pour finaliser les couleurs, relire les textes, et concevoir la couverture. Pour cette dernière, Griffo est actuellement dessus et le concept général de "présentation" de la série a été fait en début de semaine par Christian Blondel, le responsable graphique chez Glénat. La couverture devrait être présentée à Angoulême et vous la verrez bien sûr en avant-première sur ce blog.
Voici en tout cas une planche de ce premier album, mise en couleur par Bruno Pradelle et Rémy Langlois.

08 janvier, 2008

Top 10 cinéma 2007


On n'arrête plus notre collaborateur El Bacos qui vient de se repencher sur l'année cinématographique écoulée et qui nous transmet son Top 10 annuel... Pas moins de 153 films vus et un classement désormais figé dans le marbre :

1 – La nuit nous appartient (We own the night) - James Gray
2 - La vie des autres (Das Leben der Anderen) - Florian Henckel
3 - 4 mois, 3 semaines et 2 jours (4 luni, 3 saptamini si 2 zile) - Christian Mingiu
4 - Sunshine - Danny Boyle
5 - Gone baby gone - Ben Affleck
6 - Ratatouille - Brad Bird
7 - Persepolis - Marjane Satrapi & Vincent Parronnaud
8 - La tête de maman - Carine Tardieu
9 - Control - Anton Corbjin
10- Alexandra - Alexandre Sokourov
& Michael Clayton - Tony Gilroy


A noter que depuis 25 ans que notre ami nous livre son classement annuel, James Gray est le premier réalisateur à obtenir deux fois la récompense suprême. Il avait déjà obtenu la place de N°1 en 2000 avec le magistral The Yards.

03 janvier, 2008

Actrices * *

(On était inquiet, cela faisait plus d'un mois que nous ne retrouvions plus les chroniques cinéma de notre spécialiste et ami El Bacos ! Qu'on se rassure, suite à une pression insoutenable des plus fidèles lecteurs de ce blog et à la résolution de quelques problèmes informatiques, tout est en train de rentrer dans l'ordre !)



de valeria bruni tedeschi avec valeria bruni tedeschi, mathieu amalric, louis garrel, noemie lvosky

Paris, macelline, actrice, joue Tourgueniev. confrontée à ses angoisses, sa relation avec ses parents, ses partenaires masculins, son envie d'enfant

"Actrices" n'est pas aussi convainquant que "... le chameau...", premier film de VBB, dans la même veine, très personnel, grave mais aussi avec beaucoup de légereté et de fantaisie sur ses interrogations existentielles. Parce que ça part un peu trop dans tous les sens, foutoir délibéré qui a du mal à retomber sur ses pieds au bout d'un moment, un peu trop centré sur la pièce et les acteurs (le milieu du théatre, excellent arrière plan pour pas mal de films "sentimentaux", mais il faut aussi en sortir et se confronter avec le dehors). VBB presque trop originale, ce qui veut dire encore beaucoup de scènes qui suffisent à apprécier le film, sa maladresse, sa "folie douce" (on arrêtera de dire "bordeline" pour elle, trop cliché), la mise en scène de ses rêves, de ses souhaits. Courageux parce qu'un tel sujet, sans réelle intrigue à part les angoisses et plaisir de l'actrice, risque fort de planter le film. Mais permettra peut etre de renforcer encore la cote de sympathie de VBB, tellement à part, que ce soit il y a 15 ans ou maintenant, à 40 ans. Louis garrel continue à légèrement agacer, mais ça ne s'arrêtera pas, tant qu'il aura cette gueule là. Amalric doit tellement composer sur patrice chéreau qu'il en devient peu sympathique comme le modèle. Parmi les acteurs, justement ceux de Chéreau dans les années 80, à noter l'excellent Olivier Rabourdin (qui chante "i will survive" dans le film...). Beau role de la mère... par la mère de VBB. Etrange lien familial avec les photos de cette même marisa borini entre sarko et carla B à Disneyland. Pas facile d'avoir le pire et le meilleur dans sa famille...

28 décembre, 2007

Quelques chiffres sur la BD...


Comme chaque année, Gilles Ratier, l'éminent Secrétaire Général de l'Association des Critiques de Bande Dessinée (ACBD - voir leur site : www.acbd.fr) propose son rapport sur l'état de notre 9e art préféré en France. Un travail remarquable et sans aucun doute difficile, de longue haleine, que je salue ici. Quelques données comptables m'inspirent bien évidememnt les réflexions suivantes :

- 4 313 livres ayant trait à la BD sont parus en 2007, dont 3 312 albums ! Cela fait donc plus de neuf albums nouveaux par jour en moyenne sur toute une année ! Vertigineux. Quand mon album Spartakus est paru chez Dargaud en 1990, je crois me souvenir qu'il n'était sorti que 484 albums cette année-là, soit un peu plus d'un par jour en moyenne... En tout cas, moi, en 2007, je n'en ai sorti aucun !

- 43% de cette production sont des mangas. Là, je fais gloups. Qu'on ne m'accuse pas de racisme envers ce type de BD, que je connais mal il est vrai. Je dis juste que 43% au pays de la BD franco-belge, c'est trop. En tout cas, ça fait un peu mal au coeur, même si, financièrement, nos éditeurs s'y retrouvent, hélas.

- 254 éditeurs, justement, sortent des albums ou livres de BD. Je n'ai collaboré et collabore qu'avec quatre d'entre eux !

- 484 albums ont été publiés par Delcourt : je m'interroge toujours aujourd'hui sur le fait que je n'ai toujours rien fait chez eux. Ils m'ont toujours refusé. J'aurais bien ma place pour un petit album sur 484, non ?

- 395 albums ont été pré-publiés dans la presse. Je me souviens que ça a été le cas d'ApocalyspeMania T6 dans Le Soir en 2005 !

- 96 albums sont des adaptations d'oeuvres littéraires : hé, j'en ai déjà fait trois, chez EP (Le Bonheur dans le Crime et Un Duel sous Richelieu, Mongo le Magnifique), bien avant tout le monde !

- 90 séries tirent à plus de 50 000 exemplaires : j'en ferai peut-être partie un jour...

- 1 357 auteurs sont officiellement recensés : je suis donc 0.07% de la BD française à moi tout seul !

- 232 sont seulement scénaristes : cette fois, j'en suis 0,43% à moi tout seul !

- 226 blogs ont été recensés émanant d'auteurs professionnels francophones : est-ce que celui de votre serviteurs a vraiment été comptabilisé ?

26 décembre, 2007

Top 50 pilotes automobiles 2007

Depuis 2002, nos confrères d'Autosport publient chaque fin d'année leur "Top 50 Drivers", toutes disciplines confondues - et c'est évidemment un classement qui est prestigieux. Néanmoins, comme toujours, il est matière à discussion et j'ai décidé cette année de franchir le pas et de proposer à mon tour mon propre Top 50 des pilotes autos de cette année...

Voici déjà, à titre indicatif, le classement Autosport :
50. Alex Lloyd
49. Fabrizio Giovanardi
48. Jari-Matti Latvala
47. Anthony Davidson
46. Marko Asmer
45. Yvan Muller
44. Oliver Jarvis
43. Justin Wilson
42. Sam Hornish Jr
41. Nico Hulkenberg
40. Mattias Ekstrom
39. Adrian Sutil
38. Romain Grosjean
37. Giorgio Pantano
36. Matt Kenseth
35. James Thompson
34. Paul Di Resta
33. Nicolas Minassian
32. Vitantonio Liuzzi
31. Bruno Spengler
30. Helio Castroneves
29. David Coulthard
28. Timo Glock
27. Rubens Barrichello
26. Allan McNish
25. Jeff Gordon
24. Romain Dumas
23. Sebastien Bourdais
22. Sebastian Vettel
21. Alain Menu
20. Jimmie Johnson
19. Mikko Hirvonen
18. Giancarlo Fisichella
17. Jarno Trulli
16. Tony Kanaan
15. Andy Priaulx
14. Nico Rosberg
13. Heikki Kovolainen
12. Robert Kubica
11. Felipe Massa
10. Nick Heidfeld
9. Mark Webber
8. Scott Dixon
7. Dario Franchitti
6. Jenson Button
5. Sebastien Loeb
4. Marcus Gronholm
3. Fernando Alonso
2. Lewis Hamilton
1. Kimi Raikkonen


Et voici maintenant mon classement :

50. Daisuke Ito (Super GT)
49. Adrian Sutil (F1)
48. Jari-Matti Latvala (WRC)
47. Justin Wilson (Champ Car)
46. Stephane Peterhansel (Rallye-Raid)
45. Timo Glock (GP2)
44. Marko Asmer (F3 UK)
43. Christophe Bouchut (LMS, Le Mans, FIA-GT)
42. Heikki Kovolainen (F1)
41. James Thompson (WTCC)
40. Fabrizio Giovanardi (BTCC)
39. Paul Di Resta (DTM)
38. Pedro Lamy (LMS, Le Mans)
37. Scott Dixon (IRL)
36. Takuma Sato (F1)
35. Nicolas Minassian (LMS, Le Mans)
34. Bruno Spengler (DTM)
33. Mattias Ekstrom (DTM)
32. Rinaldo Capello (ALMS, Le Mans)
31. Yvan Muller (WTCC)
30. Craig Lowndes (V8 Supercars)
29. Jean-Christophe Boullion (LMS, Le Mans)
28. Mika Salo (ALMS)
27. Nick Heidfeld (F1)
26. Mark Webber (F1)
25. Jeff Gordon (Nascar)
24. Robert Doornbos (Champ Car)
23. Andy Priaulx (WTCC)
22. Stephane Sarrazin (LMS, Le Mans)
21. Oliver Gavin (ALMS, LMS, Le Mans)
20. Jenson Button (F1)
19. Will Power (Champ Car)
18. Sebastian Vettel (F1, WSbR)
17. Tony Kanaan (IRL, ALMS)
16. Allan McNish (ALMS, Le Mans)
15. Jamie Whincup (V8 Supercars)
14. Nico Rosberg (F1)
13. Robert Kubica (F1)
12. Jimmie Johnson (Nascar)
11. Garth Tander (V8 Supercars)
10. Mikko Hirvonen (WRC)
9. Marcus Gronholm (WRC)
8. Felipe Massa (F1)
7. Dario Franchitti (IRL, ALMS)
6. Sebastien Bourdais (Champ Car, Le Mans)
5. Fernando Alonso (F1)
4. Romain Dumas (ALMS, Le Mans)
3. Kimi Raikkonen (F1)
2. Lewis Hamilton (F1)
1. Sebastien Loeb (WRC)

21 décembre, 2007

Ma BD de l'année


Cette année, je l'ai déjà dit, je n'ai pas lu de chefs-d'oeuvre qui m'ont semblé incontournables pour ce prix perso que je m'amuse à remettre depuis vingt-huit ans. Néanmoins, il me semblerait injuste de déclarer 2007 "annus horribilis" côté BD alors que certains albums sont quand même très bons. Voilà pourquoi j'ai quand même décidé de mettre l'accent sur une oeuvre qui m'a séduit par son refus de la facilité et son découpage impeccable. Rien n'est spectaculaire dans ce récit (à part la première page) et pourtant des thèmes majeurs et des émotions fortes y sont présents, avec des personnages (basés sur la réalité) qui ne sont pas stéréotypés, c'est le moins que l'on puisse dire dans le cas du personnage principal. Une vraie lecture "adulte", exigente, une construction du récit digne d'un film, des dialogues crédibles et travaillés - on sent la patte de Fabien Nury, qui n'en finit pas de s'imposer même si j'avoue avoir été un peu déçu par la conclusion de son autre série Je suis Légion. Mais avec Il était une fois en France T1, il prouve définitivement qu'il est un grand scénariste !
Il était une fois en France, T1 - L'Empire de Monsieur Joseph, par Fabien Nury et Sylvain Vallée, Glénat.

18 décembre, 2007

Gérard Crombac



C'est avec émotion que je suis en train de lire actuellement les mémoires de Gérard Crombac, décédé il y a deux ans tout juste et qui reste(ra) comme LE journaliste le plus célèbre de la F1. A vrai dire, cet homme au look si reconnaissable a été un peu tout dans le paysage de la course automobile des années 60 à 80 et lorsqu'il m'a été donné de le rencontrer pour la première fois, en 1993, je savais déjà qu'il avait par exemple partagé la modeste chambre d'hôtel de Jim Clark la veille de sa victoire à Indianapolis en 1965, qu'il avait créé Sport Auto, qu'il avait été le témoin de mariage de Graham Hill et qu'il allait sur ses 500 GP ! Une légende quoi...

Je l'ai toujours appelé "Gérard" et non "Jabby" comme le faisaient beaucoup, en référence à son surnom officiel. Je n'étais pas assez "ancien" pour le faire. En revanche, issu de la famille Bollée, je n'avais pas eu de mal à me faire accepter par lui et c'était toujours un grand moment que de le retrouver sur certaines opération presse et le titiller un peu sur le sport auto. Chez lui, il n'y avait que la F1 qui comptait, il ne fallait pas lui parler du rallye ou du supertourisme ! Comme il le dit lui-même dans son introduction à ce magnifique livre qui vient de sortir aux Editions Anthese (et dont la préface de Bernie Ecclestone est, il faut bien le dire, exceptionnelle), la F1 c'était sa religion. Je dirais même qu'il en était un ayatollah ! Lorsqu'on lui parlait d'un GP ennuyeux, où il n'y avait eu aucun dépassement et où le vainqueur avait terminé avec 30" d'avance sur le 2e, il disait au contraire que c'était sublime, que c'était l'essence même de la course !

Ses grosses lunettes carrées, sa pipe, son béret, son anglais impeccable mais sans aucun accent british (!) - un personnage, assurément. Un "excentrique", comme le rappelle aussi Jackie Stewart. Mais qui a vécu sa passion à fond, rejetant une confortable situation de famille pour aller voir des courses automobiles à longueur de week-end... J'ai toujours avec moi deux cassettes de tournage où je l'interviewe longuement sur Graham et Damon Hill, Gilles et Jacques Villeneuve et sur la F1 en général. Je les conserve précieusement, parce que ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait rencontrer une telle autorité, doublé d'une personnalité aussi originale !

11 décembre, 2007

Angoulême 2008 - premières reflexions



Elle a été rendue publique il y a quelques jours et elle fait comme d'habitude parler d'elle... Je veux parler de la sélection officielle des "essentiels" (si j'ai bien compris la nomenclature et les prix qui sont censés en résulter - honnêtement, ce n'est pas d'une évidente limpidité...), soient les 50 albums parus entre décembre 2006 et novembre 2007 et qui sont peut-être, effectivement, les meilleurs de l'année.
Mes premières pensées sont les suivantes :

- pour une fois, je suis le premier à dire que je trouve la sélection assez équilibrée entre livres totalement inconnus, ce qui est classique à Angoulême (la BD française est le seul secteur d'activité où la plupart de ses membres découvrent à chaque fin d'année quels sont les auteurs et les maisons d'édition qui sont à l'honneur !), et une certaine ouverture vers ce qu'on peut appeler un "grand public". En cela, il me semble donc que je ne suis pas d'accord avec Didier Pasamonik, pourtant généralement pertinent et excellent journaliste-critique BD, qui sur le site actuabd.com attise une polémique qui me semble un peu vaine. A mon avis, il aurait fallu la faire l'an dernier, quand la sélection apparaissait en effet d'un élitisme effarant. Là, il est clair que le comité de sélection a vraiment essayé de ménager pas mal de susceptibilités, et l'effort me semble louable.

- C'est ainsi que l'on retrouve XIII, Adèle Blanc-Sec, Les Cités obscures, Jérôme K Jérôme Bloche, pour ne citer qu'elles et même, événement, Capricorne d'Andréas ! Ca y est, il la tient sa quasi distinction mon auteur favori ! Il était temps...

- Au passage, une mesquinerie tout de même hallucinante : oser sortir le T18 de XIII (La Version irlandaise - (mal) dessinée par Giraud), qui est une sorte d'album hors-collection alors que toute l'oeuvre est dessinée par Vance... Je plains franchement ce dernier de l'affront qui lui est fait.

- Sinon, on retrouve l'habituelle cohorte de ceux qui cumulent les mandats : on s'en offusque en politique, mais on la revendique en BD. Plus on a de prix, et plus on est nominé ! C'est ainsi qu'on retrouve, bien évidemment, toute la bande de la "nouvelle BD" (sic) : Trondheim, Sfar, Blain, Larcenet, De Crécy, Menu, Delisle, Jason, Sattouf, David B... Qu'on se rassure, la confrérie se porte bien ! Ce doit être formidable d'être un auteur distingué quoi qu'on fasse. Et loin d'en être jaloux, je jure que c'est un statut dont je ne voudrais pas.

- Enfin, j'ai l'impression que malgré tout, nous n'avons pas connu une année exceptionnelle en matière de BD. Traditionnellement, je m'amuse à remettre chaque mois de décembre ma propre distinction, à savoir mon album préféré de l'année écoulée... et là, j'avoue que je sèche. Rien ne m'apparait supérieur, rien ne me semble inoubliable, contrairement aux 19 éditions précédentes. Je ne sais pas encore si je vais vraiment essayer de poursuivre la tradition ou si je vais m'abstenir. Réponse dans quelques jours.

06 décembre, 2007

The Melbourne identity


Retour hier d'Australie, après une semaine passée à Melbourne et à Phillip Island pour la finale du V8 Supercars, le plus grand championnat de course automobile des antipodes. Un déplacement une nouvelle fois magique, qui s'est déroulé comme suit :

- mardi 27 novembre : décollage de CDG par Singapore Airlines. Ecran individuel et VOD en classe éco. Visionnage de Stardust, tiré du bouquin de Gaiman, le plus grand scénariste de BD au monde avec Alan Moore (film pas mal, De Niro marrant) puis du Parrain 1 et 2 que je n'avais jamais vus en entier. Le 1 est très fort, j'ai moins aimé le 2 à cause des flash-backs que je trouve finalement assez gratuits. Transit à Singapour, puis décollage pour Melbourne. Arrivée mercredi 28 novembre à 20h20 locales, il fait encore jour. Acheminement vers la voiture de location et direction, avec mon collègue Patrick Rivet, vers la City pour l'hôtel The Windsor (datant de 1883 ai-je appris par la suite), après avoir fait un détour pour éviter les péages de l'autoroute. Dîner rapide dans Chinatown et dodo.

- jeudi 29 novembre : retrouvailles avec Shauna Kane et Michael McKay, respectivement General Manager et President d'Active TV, notre relais sur place, et le dealer de nos droits internationaux de diffusion. De vrais amis, que l'on connait bien désormais à force de les voir une à deux fois par an. Départ pour Phillip Island en milieu de matinée, arrivée sur l'île à l'heure du déjeuner. L'après-midi, direction le circuit pour voir les installation du TV Compound et du paddock. Il fait chaud et les mouches sont omniprésentes. Il paraît que c'est exceptionnel, que c'est un vent chaud qui les a amenées sur place. Tout le monde s'en plaint, surtout qu'elles ont le chic pour aller se nicher dans le nez, sur la bouche et dans les oreilles. Tour du circuit à pied histoire de se maintenir éveillés. Le soir, nous prenons possession de notre appartement, situé sur The Esplanade, dans Cowes, la ville principale de l'île. Dîner à l'Eco Resort, aimablement surnommé par les locaux "Soweto by the sea", ou "The detention camp"...

- vendredi 30 novembre : première journée d'essais et premiers essais de transmission vers Paris. Ca marche impeccable. On est prêt pour le direct. Le soir, dîner chez Pino's, apparemment la meilleure pizzeria de Cowes...

- samedi 1er décembre : l'été commence officiellement en Australie. Rick Kelly fait la pole, Garth Tander se loupe à la 7e place. Mais il gagne quand même la première course et prend une option pour le titre. Nos directs se passent bien.

- dimanche 2 décembre : la journée la plus chaude, 33°. Rencontre le matin avec Dale Earnhardt Jr, la superstar de la Nascar, en visite privée sur le circuit. Il s'arrête dans quelques stands pour papoter avec des pilotes. Sur la photo, vous pouvez le voir en discussion avec Greg Murphy. Je n'ai pas résisté à prendre le cliché : mine de rien, vous avez les pilotes américain et néo-zélandais les plus célèbres ensemble ! Deux courses fabuleuses en tout cas, et le titre qui se joue dans les derniers tours... Deux points au final entre Garth Tander et Jamie Whincup après 37 courses et des milliers de kilomètres parcourus depuis le mois de mars dernier !

- lundi 3 décembre : retour à Melbourne, pour une journée un peu off. Hélas, il pleut pas mal mais on se balde quand même dans quelques parcs et dans la City. Le soir, grand banquet annuel de remise des prix du V8. Nous avions amenés nos costumes, je vous rassure. Une soirée très pro et très sympa, beaucoup de gens sont vraiment des amis maintenant...

- mardi 4 décembre : nous sommes invités le matin par l'équipe SBR (Stone Brothers Racing) à venir sur le Calder Raceway Park (non loin de l'aéroport) participer à une opération spéciale. Et nous voici à tour de rôle en passager dans la voiture de James Courtney, pour trois tours ! Sensations fortes garanties... Décollage à 17h. Visionnage dans l'avion de The Bourne Ultimatum, le dernier de la série. Une invraisemblance à la seconde !

- mercredi 5 décembre : atterrissage à Paris à 6h15, quarante minutes avant l'heure prévue. Néanmoins, retour à la maison vers 9h seulement pour cause d'embouteillage monstre sur l'A1. Welcome home...