29 septembre, 2008

F1 : GP de Singapour - Alonso au bout de la nuit


Il faut bien avouer que ce GP de Singapour a été exceptionnel : un cadre assez fabuleux tout de même, une impression nocturne géniale (en gros : le circuit allumé, et tout le reste dans le noir), un scénario qui a réservé un gros suspense et nous a bien fait rire du côté de Ferrari et un vainqueur finalement qui fait plaisir à tout le monde : oui, ce 800e GP de l'histoire aura été un vrai événement. D'ailleurs, les étoiles qui suivent sont nombreuses : pas moins de neuf pilotes sont mis à l'honneur, ce doit être le record de la saison.
On ne s'empêchera pas de continuer à penser qu'il y a définitivement un vrai mystère Raikkonen, que Kovalainen nous intrigue, que Piquet nous afflige, que Button passe de plus en plus inaperçu, que Webber continue de nous désoler parfois, que Rosberg et Glock nous épatent, que Nakajima nous surprend, que Vettel continue d'impressionner et que notre Seb Bourdais national est hélas passé un peu à côté de son week-end...

Les étoiles de Singapour :
**** : Alonso
*** : Rosberg
** : Glock, Vettel, Nakajima
* : Coulthard, Heidfeld, Hamilton, Trulli

Le classement après 15 GP :
Hamilton : 26
Massa : 18
Vettel : 16
Heidfeld : 12
Kubica, Alonso : 11
Raikkonen, Kovalainen, Glock, Trulli : 9
Nakajima : 8
Rosberg : 7
Webber, Bourdais : 6
Barrichello, Piquet : 5
Sutil, Coulthard : 3
Fisichella : 1

Paul Newman


Le grand acteur américain s'est donc éteint ce week-end, et il était évidemment un grand monsieur du cinéma, même si je lui préférais d'autres monstres sacrés hollywoodiens. A brûle pourpoint, je dirais que mon film préféré où il figure est Le Gaucher, qui m'avait semblé à l'époque très audacieux dans la forme.
Si vous lisez ce blog depuis quelque temps, vous savez peut-être que j'avais rencontré Paul Newman au Mans, en mai 2006, pour le mariage de Sébastien Bourdais. Ma femme et moi avions l'honneur d'être invités à la noce, et Paul Newman était à la table "américaine", juste à côté de la nôtre... Nous avions pu à loisir admirer ses yeux qui, c'est vrai, étaient de couleur violette-bleue foncé. Etonnant !
Dans le monde des sports mécaniques, Paul Newman était une figure importante, patron d'une équipe d'Indy Car, puis de Champ Car, qui a fait courir les plus grands, dont Mario Andretti et Nigel Mansell. Entre 2004 et 2007, l'équipe a gagné quatre titres grâce à Sébastien Bourdais et lorsque, avec Henri Suzeau, j'ai publié ma biographie de notre Seb national, nous avions bien une préface de Newman, arrivée directement par fax de ses bureaux !
Même les Américains avaient été surpris de la relation Newman-Bourdais, littéralement de grand-père à petit-fils, avec beaucoup d'affectif. Cela avait loin d'être le cas avec des pilotes US... Seb doit être bien triste aujourd'hui, surtout à un moment où on peut peut-être s'inquiéter de son avenir en F1...

24 septembre, 2008

Jar City ***


de baltasar kormakur avec ingvar sigurosson, augusta erlendottir

Reykjavik, Erlendur enquète sur le meurtre d'un vieil homme. Il remonte à une histoire du passé, dans les années 70, la mort d'une enfant, un violeur, une maladie génétique...

Il y a quelques années, "101 Reykjavik" donnait une furieuse envie d'habiter là bas, d'y passer l'hiver, malgré l'ennui qu'il décrivait, mais avec une bonne humeur et un certain hédonisme plutot contagieux. Le fait est que cette année, ce même réalisateur, Baltasar K, dissuade fortement d'aller s'enfermer en Islande, malgré la trés grande beauté des paysages de campagne et bord de mer. Polar pas drôle du tout, dur, sombre, poisseux, rien de bien violent ni dans les actes ni dans les images, mais une sale impression qui en fait l'un des polars de l'année, sans contexte (comme "Surveillance", de la fille Lynch, comme quoi plus c'est glauque, mieux c'est, pour ce genre de film). Excellentissime scénario, pas évident mais pas non plus faussement compliqué, qui mèle la banalité du quotidien -le flic, sa vie de solitaire malgré sa fille, les HLM islandais-, le passé enterré, les secrets de famille, les violents pervers -grande scène d'interrogatoire en taule, oh le vrai beau méchant qui fait peur !- la référence à la génétique. Le film pourrait à un moment glisser vers trop d'esthétisme mais non, il se re concentre sur son personnage principal et cette ambiance de meurtres et de cadavres, parfois assez anciens. dans le genre nordique, on pense à "Insomnia" (l'original, norvégien), la même ambiance flippante. D'ailleurs, on s'attendrait à ce qu'un remake US soit aussi fait de ce film. Voilà un polar qui fait du bien, on comprend encore plus pourquoi certains ne savent vraiment pas y faire...

19 septembre, 2008

Mangin & Pluyette


Je signale à tous les visiteurs de ce blog que le dernier tome d'Intox vient juste de paraître. Cinquième volume de ce passionnant thriller signé Gilles Chaillet et Olivier Mangin, lequel va maintenant pouvoir attaquer ses planches de L'ultime Chimère ! Et ça, c'est de l'info, et pas de l'intox !
En tout cas, sacré coup de crayon de la part d'Olivier, dont on vous tiendra au courant de l'avancée des travaux dans les mois qui viennent. On a hâte de voir ça...

Sinon, ce matin, belle surprise au bureau lorsque nous avons reçu la visite de Patrice Pluyette. Vous n'ignorez peut-être pas que son livre La Traversée du Mozambique par Temps calme (Seuil) est un des événements de cette rentrée littéraire et qu'il est même sur la première liste de séléction pour le Goncourt. Patrice est un ami très cher de notre responsable informatique et il est donc venu nous faire un petit coucou, sachant que j'avais aussi quelque chose à lui demander... Bref, un parcours à suivre pour une plume exceptionnelle et je vous recommande la lecture de son roman : absolument jouissif. J'y reviendrai très prochainement sur ce blog.

18 septembre, 2008

A propos d'un début et d'une fin...

Moment assez émouvant hier matin : il était 11h30 environ lorsque j'ai découpé la planche 46 du Tome 7 de L'ultime Chimère... Autrement dit, je suis arrivé au bout de ce grand projet ! Et dans ce cas, concevoir les dernières cases étaient un moment assez spécial, car je les avais en tête depuis quelques années déjà, mais je ne savais pas, évidemment, comment elles allaient vraiment s'articuler. Un peu d'émotion donc, car écrire le mot "fin", même sur mon cahier de travail, n'est pas anodin. Je vais maintenant remettre tout ça au propre, et il y aura sûrement des changements par rapport à ce que j'ai fait ces dernières semaines, mais l'essentiel est là. The end is nigh.
Dans le même temps, la mise en place du T2 continue. J'avais découvert il y a quelques mois, en lisant le blog de Christophe Bec, talentueux dessinateur et scénariste, qu'il existait un classement FNAC des meilleures ventes de BD. J'avoue que je ne sais pas quelle est sa fréquence d'actualisation, mais hier, après avoir donc fini la 322e planche de L'ultime Chimère, il m'est venu l'idée d'aller voir ce classement. Il comprend 100 titres, et je pensais bien, en effet, figurer dedans avec une BD parue seulement quelques jours auparavant. J'espérais secrètement être dans les trente premiers. J'ai donc été assez surpris d'être en fait 9e ! Et juste derrière le dernier Titeuf, les Bidochon, les Profs, Trolls de Troy et les Tuniques Bleues s'il vous plait !
Aucune vantardise là-dedans, croyez-le bien, ce n'est pas le genre de la maison. J'ai toujours été très méfiant sur ces classements de ventes et sur ce que cela peut vraiment signifier pour un auteur. Mais une petite fierté, sans doute, et un espoir de voir une série ambitieuse grandir et réussir son but. Le début peut-être d'une nouvelle aventure...

15 septembre, 2008

F1 : GP d'Italie - Vettel, tel quel


Les amis, je vous le dis, on a assisté à Monza à un événement : la victoire d'un jeune garçon de 21 ans, sous la pluie, sur un des circuits les plus effrayants de la planète, dominant tous les ténors et au volant d'une Toro Rosso qui s'appelait encore Minardi il y a deux ans ! Oui, il faut le dire et le répéter, c'est une performance historique qui renvoie instantanément à des performances surnaturelles du passé, comme la première victoire de Senna par exemple (Estoril 85, sous le déluge également...). Il faudra se souvenir de ce jour où un phénomène est né, et on a déjà hâte de voir les futures luttes entre Vettel, Hamilton et Kubica, à mon avis les plus doués de tous. Soit dit en passant, Hamilton nous a encore fait des dépassements fabuleux... Il est vraiment, lui aussi, au-dessus du commun des mortels.

Le triomphe exceptionnel de Vettel, qui lui vaut le premier "cinq étoiles" de l'année, constraste d'autant plus avec la terrible désillusion de Sébastien Bourdais. 4e sur la grille, avec une vraie chance de terminer 3e, le deuxième meilleur tour en course au final : il s'est battu, mais pour rien, et après avoir été trahi par sa mécanique. Seb ne méritait évidemment pas cela et le sport est parfois bien cruel. On est de tout coeur avec lui pour qu'il ne soit pas abattu par ce coup du sort et que son avenir puisse vite se dessiner positivement.

Les étoiles de Monza :
***** : Vettel
*** : Hamilton
** : Kubica, Alonso
* : Heidfeld, Massa, Kovalainen, Glock

Le classement après 14 GP :
Hamilton : 25
Massa : 18
Vettel : 14
Kubica, Heidfeld : 11
Raikkonen, Kovalainen : 9
Trulli : 8
Alonso, Glock : 7
Webber, Nakajima, Bourdais : 6
Barrichello, Piquet : 5
Rosberg : 4
Sutil : 3
Coulthard : 2
Fisichella : 1

Mamma Mia ***


de phyllida lloyd avec meryl streep, amanda seyfried, pierce brosnan, colin firth, stellan skarsgard

Une Ile de Grèce, le mariage de Sophie, 20 ans. Elle a invite les 3 hommes qui pourraient être son père, selon le diary de sa mère Donna.

Plantons quand même le décor pour frimer un peu : multiplex de 18 salles dans le Mall de Cliffside Park, New Jersey, face au Manhattan skyline... dimanche après midi bien tranquille. Donc une adaptation du musical "Mamma mia", lui-même construit à partir de chansons d'Abba. Une réussite. Du vrai plaisir de distraction, un film qui mériterait, pour une fois, de cartonner car il est ce qu'il prétend être, un divertissement, gai, enlevé, rapide, sans chercher à dramatiser le scénario, plutôt dans l'euphorie et le légèreté, du décor grec et de la musique. Le tout bien résumé par la prestation de très grande classe de Meryl Streep. Qui sait trouver l'équilibre entre la femme mûre qui se moque de son age, tout en assumant physiquement, séductrice, une super forme physique, elle ne triche pas, en étant toujours crédible, jamais dans l'excés. Sans compter les chorégraphies des chansons. Et les voix comme cette superbe version de "the winner takes it all", par Streep. Pas très original de la considérer comme une grande actrice, alors disons que ce rôle mériterait d'être considéré comme l'un de ses meilleurs, même si on sait qu'il sera classé comme "mineur". Les petits jeunes font un peu léger face à elle et au trio de pères, excellent casting, Pierce B assure toujours autant. Les chansons d'ABBA sont une mine inépuisable. Quel repertoire ! Même si ce n'est pas culturellement correct de l'écrire... "Dancing Queen" est bien cette ultimate song, l'un des ces très rares chef-d'oeuvre pop qui dure, 30 ans aprés. Apres "Muriel" et d'autres, les chansons d'Abba font décidément de trés bons films.

PS : J'interviens rarement sur les critiques d'El Bacos, toujours très bien écrites et pertinentes, avec lesquelles je suis quasiment toujours d'accord. Là, je crois quand même que le décor new-yorkais (la classe !) et cette escapade américaine ont peut-être un peu euphorisé notre ami. Nous sommes allés en effet ce week-end en famille voir ce film et j'avoue avoir été déçu. Ca se regarde, ça s'écoute surtout, mais j'ai trouvé ça un peu mièvre quand même. En fait, il se trouve que ma femme m'avait amenée il y a deux ans voir la comédie musicale, qui était de passage à Paris (en anglais !). Et j'avoue que j'avais été surpris : exactement la même histoire, mais en "live", avec les chansons, eh bien on se croyait parfois quasiment dans un concert, avec toute la salle qui applaudissait ou chantait... Honnêtement impressionnant, une vraie communion de souvenirs sur les chansons d'Abba ! Du coup, le film semble être une pâle resucée... Je suis toutefois, plus que jamais, avec El Bacos qui souligne à juste titre la qualité du répertoire d'Abba - mélodies imparables, paroles subtiles et fortes, les chefs-d'oeuvre sont là, effectivement. Allez, à la volée, mes préférées : Chiquitita, I Have A Dream, One Of Us, The Winner Takes It All (la chanson parfaite, en effet), The Day Before You Came, Head Over Heels...

10 septembre, 2008

L'Ile


Aujourd'hui, sortie officielle du T2 de L'ultime Chimère, chez Glénat avec Griffo, Aymond et Goepfert en dessinateurs et le duo Pradelle-Langlois à la couleur. J'espère qu'il vous plaira, en attendant le T3 qui sortira dès le mois de mars prochain.
Comme d'habitude, je vous ai préparé mes petites annotations de cet album, histoire de vous révéler quelques secrets de fabrication...

L'ultime Chimère T2 - Annotations

09 septembre, 2008

F1 : GP de Belgique - KO et chaos


Quel GP mes amis ! On s'en remet tout juste. Un final exceptionnel, avec une lutte inouïe d'intensité entre Raikkonen et Hamilton, qui nous aurait presque rappelé la fin du GP de Monaco 82 où le leadership avait dû changer à au moins trois reprises... A la fin, Raikkonen va dans le mur et abandonne ses derniers espoirs de conserver sa couronne tandis qu'Hamilton est fêté à juste titre sur le podium. Et puis, deux heures plus tard, on apprend qu'il est pénalisé de 25 secondes et que le vainqueur s'appelle Massa (qui naviguait largué loin derrière)! Incroyable, non ? Il va de soi que je suis totalement contre cette pénalité infligée a posteriori à Hamilton, qui était sorti vainqueur d'un vrai combat d'hommes. Il a certes court-circuité une chicane, il a certes redonné du bout des lèvres la première place à Raikkonen mais il l'a fait et il est repassé ensuite ! Et après, malgré une autre erreur, il est resté vivant et sur la piste ! Encore un beau scandale dont seule la F1 est capable...
Quant à notre ami Sébastien Bourdais, que j'ai eu la chance d'avoir au téléphone hier soir, il a réalisé un week-end formidable, étant constamment aux avant-postes et réalisant des performances plus que solides au point d'envisager un podium à l'amorce du dernier tour... Je ne reviens pas sur ce dernier tour où il a certes perdu quatre places et où il s'est surtout fait attaquer par son coéquipier dans des conditions douteuses et peut-être pas très "team spirit", gardons surtout à l'esprit une belle démonstration qui vaudra, on l'espère tous, une titularisation pour 2009...

Les étoiles de Spa :
*** : Hamilton
** : Raikkonen, Bourdais, Heidfeld
* : Massa, Alonso, Vettel

Le classement après 13 GP :
Hamilton : 22
Massa : 17
Heidfeld : 10
Kubica, Raikkonen, Vettel : 9
Kovalainen, Trulli : 8
Webber, Nakajima, Glock, Bourdais : 6
Barrichello, Piquet, Alonso : 5
Rosberg : 4
Sutil : 3
Coulthard : 2
Fisichella : 1

01 septembre, 2008

Le Silence de Lorna ***


de jean pierre et luc dardenne avec arta dobroshi, jérémie renier, fabrizio rongione

Liège, Lorna, albanaise, devenue belge grace à un mariage arrangé avec Claudy, drogué. dans les plans de la filière mafieuse, Claudy doit disparaitre pour que Lorna puisse faire profiter un russe de ses papiers. Mais Lorna s'attache à Claudy.

Un autre "grand film de l'année" de le semaine après le Batman, mélange des genres... On est ici dans le très haut de gamme, les frères Dardenne, comme un Loach en Grande Bretagne, commencent à avoir une filmo impressionnante. En se renouvelant. Car si ce film reste très "social", ils préférent calmer le jeu et surtout les mouvements de camera. Réalisation plus classique donc pour une histoire, une fois de plus impressionnante (prix du scénario de Cannes, juste parce qu'on ne pouvait pas les mettre en compét directe pour une 3eme Palme d'or - plus méritée que "l'enfant" finalement). Le grand mérite de ce scénario est de ne pas chercher la dramatisation et même de laisser pas mal d'espoir, dans une certaine rédemption. On se doute que ce que arrive/va arriver à Lorna ne va pas être gai, mais on échappe à ce qui plombe certaines histoires, l'impression d'une fatalité et que l'héroine doit forcément en prendre plein la gueule. C'est dur, âpre mais pas glauque. Grâce aussi au caractère de Lorna, qui fait face, qui laisse passer quand il le faut, qui se tait aussi, qui laisse parler ses sentiments, de dure et déterminée à touchée puis bouleversée par Claudy. Il y a cette scène "de sexe" entre eux d'une grande beauté, comme on en voit peu, elle "se sacrifiant" pour qu'il ne pense plus à sa drogue, mémorable. Trés impressionnante (et belle) actrice, tout le casting est, comme toujours chez les Dardenne Bros, parfaitement dirigé. Un de ces films européens des années 2000 qui rend parfaitement témoignage de l'époque, l'immigration, l'argent, la violence, le destin de personnes si différentes par leurs origines et se retrouvent au coeur de l'europe dite "prospère". Même si rien de comparable dans l'histoire, les Dardenne réussissent ce que le récent "Gomorra" avait du mal à transmettre, à la fois faire réfléchir tout en racontant une histoire, en nous attachant à des personnages.

29 août, 2008

Luchon, Pékin, Jean Van Hamme et le gendarme Genest


Eh bien voilà, fin des vacances du mois d'août... Cette année, c'était direction Luchon pour que mon fils Hugo fasse une cure aux établissements thermaux. Il souffre en effet de quelques otites à répétition et notre ORL nous avait donc prescrit de manière impérieuse cette nécessité de se "ressourcer". Les soins ne sont pas de tout repos et s'il a réussi à supporter ce que l'on appelle les "insufflations" (impressionnant ce long tube qu'on enfonce dans le nez...), il n'a jamais réussi à supporter le "Proëtz" (injection de liquide dans le nez, aspiration par l'autre bout....). Au bout de trois semaines, il faut bien avouer qu'on en a un peu marre de la cure, de l'odeur des eaux, de la chaleur qui y règne, de la même routine qui s'installe chaque jour pour les différents soins. Et puis ça prend la matinée complète. Il nous est resté quand même du temps pour visiter la région, que je ne connassais pas du tout, et faire du sport : ma fille Adriana a passé un cap important en natation (elle nage désormais sans problème), mon fils a progressé en tennis et j'en ai profité pour baisser mon index au golf de manière significative - me voici désormais 17.9, trois points en moins d'un coup ! J'ai d'ailleurs gagné le deuxième prix en net pour la deuxième série hommes et mon petit trophée m'a été remis par Jean Garaialde en personne. C'était un honneur. Ensuite, je vous rassure, le lendemain, j'ai joué comme une patate et je ne sais plus faire un coup de fer 5 ou 6 depuis...
Petit pincement au coeur quand chaque jour je passais devant la maison d'Edmond Rostand. L'auteur de Cyrano de Bergerac a en effet passé 22 étés en vacances à Luchon...

J'ai réussi à suivre quelques épreuves des JO pendant ces vacances d'été... Force est de constater que les Chinois ont parfaitement réussi leurs Jeux, du moins la façade. D'un point de vue sportif et spectaculaire, nos amis londoniens ont carrément la pression. Les deux héros ont donc été Michael Phelps et Usain Bolt, bravo à eux. L'ennui, c'est qu'ils symbolisent deux choses qui me chagrinent : 1) qu'il y a trop de médailles en natation, je l'ai déjà dit, ça m'énerve et ce n'est pas normal qu'un même mec, même génial, puisse gagner huit médailles d'or, et 2) quand un type est à ce point frimeur (je veux parler de Bolt) et puant, eh bien ça énerve aussi. En tout cas, je crois que la grande discipline de ces jeux aura vraiment été la natation et non l'athlétisme - un comble pour votre serviteur qui déteste tout ce qui se rattache à l'eau !

J'ai bien sûr profité de ces trois semaines pour travailler mes différents projets en BD. Voici où j'en suis :
- L'ultime Chimère : j'ai écrit les 13 premières planches du 7e et dernier tome. Griffo me réclamait de commencer ce tome, il n'est décidément pas en retard !
- ApocalypseMania : j'ai réécrit la scène de fin du 8e et dernier tome. Eh oui, j'ai eu envie d'une fin alternative, et je me suis lancé ! Quelle sera la version choisie ? Mystère. En tout cas, Philippe avance très bien sur le T7 et il a déjà dû faire la moitié des planches. Il ne fait pas la couleur, c'est Guillaume Nicolle qui la réalise et lui aussi fait un super boulot. Je signale d'ailleurs au passage que ma série avec Nicolle, Chinguetti (chez EP) s'arrête là et que le T2 (pourtant entièrement réalisé) ne paraîtra pas chez cet éditeur en pleine restructuration. Lequel est pourtant prêt à en abandonner les droits si un autre éditeur se montrait intéressé. Pas évident de se muer en commercial... Quant à ApocalypseMania T7, d'abord prévu en mai ou juin 2009 chez Dargaud, il devrait peut-être se voir ramener à mars-avril. On verra bien. Je suis aussi sur le coup pour que Laurent Garnier me fasse la préface de l'album...
- Speedway : là aussi, écriture des 13 premières planches du T2. J'espère vraiment que le T1 sortira l'an prochain, vu que Siro l'a cette fois complétement fini !
- Espace Vital : il s'agit du nouveau nom de la série que j'ai appelé Abymes jusqu'à un passé tout récent. La faute à mon excellente consoeur Valérie Mangin (que je ne connais pas) qui, selon mes sources, réalise justement un album chez Dupuis baptisé... Abymes. Il fallait donc que je change, car jamais je ne sortirai avant elle ! Ce sera donc, a priori, Espace Vital, chez Glénat, pour lequel nous cherchons toujours un dessinateur. Trois tomes de 54 pages sont prévus. J'ai écrit les vingt premières planches du T1.
- Bandaiyan : un dessinateur contacté (le 5e à vrai dire... je révélerai les noms un jour !) doit nous donner sa réponse pour ce roman graphique de 500 pages prévu chez Glénat. En attendant, je poursuis toujours mes lectures de documentation. La dernière en date : A Commonwealth of Thieves, par Thomas Keneally.
- Billy : puisque Jean Van Hamme en a parlé sur le site actuabd.com, je suppose que je peux le faire. Je suis donc en train de travailler sur un album de la fameuse série XIII Mystery, qui sera lancée en octobre et qui rassemblera des one-shots sur des personnages de la mythique série XIII. Le mien est Billy, avec qui XIII, aka Steve Rowland à ce moment-là, tente de s'évader de l'asile pénitentiaire Plain Rock dans l'album Toutes les Larmes de l'Enfer (le 3e de la série). C'est évidemment une grande fierté pour moi que d'intégrer une liste de scénaristes restreinte et prestigieuse (Dorison, Corbeyran, Nury, Alcante, Yann, Giroud, Callède, Pecqueur et Duval apparemment) et de travailler sur un aussi intéressant concept. A ce niveau-là, mon aventure ne fait que commencer mais on est rentré dans le concret puisque j'ai déjà découpé la scène d'ouverture. Vous pouvez toutefois faire confiance à JVH pour être un "coach" impitoyable, j'ai déjà pu expérimenter la chose, mais c'est bien, ça change et ça motive...!
- L'Idole & le Fléau : je n'ai pas encore commencé le découpage du T2, et il faut que j'appelle Igor Kordey pour savoir s'il a bien reçu la traduction du premier tome. Je travaille aussi sur un autre projet pour les éditions 12 Bis centré sur la première guerre mondiale...

Côté BD, je signale que j'ai lu cette été le livre de Didier Pasamonik, Critique de la Bande Dessinée Pure chez Berg International. Je ne connais pas personnellement cette figure incontournable de la scène de la BD contemporaine, mais c'est un observateur avisé et féroce du 9e art et le lire procure un réel plaisir. Le sous-titre du livre, "chroniques narquoises", est bien vu et on se régale à lire ces lignes qui naviguent entre la pensée de fond et l'anecdote futile mais qui nourrit le genre. En F1, il existe une figure qui lui ressemble beaucoup : il s'appelle Renauld de Laborderie et il publie chaque année Le Livre d'Or de la F1 (Solar). On y voit souvent des phrases du genre : "A 7h59, ce jeudi 12 mars, Michael Schumacher gare sa Ferrari immatriculée GFD4567 sur le parking de l'hôtel Hyatt de Rome. Aussitôt, le concierge se précipite et salue d'un air entendu le septuple champion du monde. Bien sûr, pas question d'enregistrer tel un vulgaire client. Le pilote allemand se dirige d'un pas ferme vers sa suite habituelle, la 588..." - j'adore ! Pasamonik est donc du même tonneau, mais il ne perd pas de vue les enjeux globaux que représente le secteur de la BD et sa grande force est assurément de posséder une énorme culture et une capacité d'analyse périphérique de n'importe quelle situation concernant la BD. Je crois que nous ne pouvons que nous satisfaire, nous les auteurs, et au-delà des querelles d'égo, d'orgueil ou de fierté personnelle, d'avoir un observateur aussi aiguisé des situations. Tout n'est pas parole d'évangile, mais au-delà des mondanités et vanités qui ne peuvent que parfois transparaître, il y a quand même une profonde connaissance qui mérite au moins le respect, voire l'admiration.

Enfin, sachez que c'est à 10h59, le dimanche 24 août dernier, que le gendarme Christian Genest (j'espère que je ne tombe pas sous le coup de la loi en révélant son identité), du côté d'Ablis (Yvelines) a décidé de s'occuper en installant un radar bien à l'abri des regards... Il a ainsi pu épingler à son palmarès une famille des environs qui rentrait chez elle après 850 km d'un long périple qui la ramenait des Pyrénées... La route était limitée à 90 km/h et ce fou de conducteur roulait tout de même à 96 km/h ! Ce qui, compte-tenu de la marge technique, valait bien un PV en bonne et dûe forme pour un seul petit km/h... 45 euros (si je paye tout de suite) et un retrait de point pour 1 km/h : voilà une vraie chronique narquoise...

26 août, 2008

Mon remix de Blind (Hercules & Love Affair)

Voici certainement un des singles de l'année : Blind par Hercules & Love Affair. Et certainement le remix de l'année, par le Godfather of House himself, Frankie Knuckles, une de nos authentiques idoles en ce bas monde. Deux versions officielles ont été commercialisées : un Club Mix et un Dub Mix. Grâce au formidable logiciel Garage Band (sur Mac), j'ai bidouillé un peu tout ça et je vous propose donc 10 minutes de bonheur avec le :

Blind (Hellef Bay & Frankie Knuckles Ultimix)

The Dark Knight ***


de christopher nolan avec christian bale, heath ledger, aaron eckhart, maggie gyllenhall, gary oldman, morgan freeman, michael caine

Gotham City, le procureur Harvey Dent veut nettoyer la ville où sévit la mafia, ainsi que The Joker, criminel fou et imprévisible. Batman l'aide malgré une femme, sa meilleure amie, la fiancée de Dent, entre eux.

Incroyable ! L'un des plus incroyables retournements de situation du cinéma US ! Christopher Nolan, réalisateur british au début de carrière impressionnant ("memento", "insomnia") avait récupéré les Batman il y a 3 ans, pour en faire... le quasi plus mauvais de la série (et pourtant Schumacher / Clooney avaient fait fort), "Batman begins". Et comment le même, avec le même acteur, peut réussir ce qui est sans doute le meilleur du lot (allez, avec "Batman 2" de Burton). Certes, il s'est délesté des poids de Liam Neeson et Kathie Holmes, mais quand même. Alors qu'il pataugeait dans les clichés scénaristiques et visuels (+ sonores), il a totalement revu sa facon d'aborder cette histoire, pour en faire, à une dernière demi heure prés, l'un des 3/4 films de l'année. Oui la dernière demi-heure d'un film trop long (2h30), bien foutue mais un peu trop grand spectacle, avec effets spéciaux, plus traditionnel disons, y compris dans une musique quelque peu assourdissante. Mais avant ... le génie de Nolan est d'avoir enfin traité cette série comme un polar, sans chercher les effets spéciaux, les ambiances nocturnes et humides, les plans compliqués, comme tous ces films de super héros. Il a préféré filmer une enquète policière, dure, noire, trés noire, violente (là, pour le coup, vu l'immense succès du film, on se demande si c'est bien nécessaire d'emmener des gamins voire cela). Il filme aussi beaucoup de jour dans Gotham/New York, sans musique expressive, ce qui rend le film encore plus réaliste, sombre et flippant, maintenant comme dans ses deux premiers films une tension permanente, il ne lâche pas la pression, c'est du grand art de réalisation. Loin de toute mièverie qu'on retrouve trop souvent dans les "spider/super-man". Christian Bale, tellement mauvais acteur dans la plupart de ses films, fait ici le minimum, juste ce qu'il faut, comme un Mark Wahlberg dans les films de James Gray, proche d'un Bond parfois, quand il joue Bruce Wayne, triste et mélancolique, un peu perdu. L'énorme, l'immense cerise sur le gâteau est Heath Ledger en Joker. Même sans sa sortie de scène définitive en début 2008, il aurait été le phénomèrne de ce film. Oui, il est vraiment monstrueux, dans tous les sens du terme, une composition comme on en voit rarement, enfonçant, disons-le, Nicholson du premier Batman, car ne donnant qu'une vision totalement sombre du Joker, sadique et pervers. Pas d'humour, ou alors trés trés noir dans ce film. Un personnage de psychopathe terrifiant qui va rester. Inoubliable et pour une fois le mot à un sens. Le reste du casting est en or massif, Eckhart avec ce role de procureur "pile ou face" bien complexe, et la petite Gyllenhall, au charme toujours aussi imparable. Il y a des moments, comme quand le Joker se met à la portière de la voiture en jubilant qu'on croit n'avoir jamais vu dans un film aussi grand spectacle US. Une claque, disons le.

25 août, 2008

Les films de l'été

Qu'on se rassure : El Bacos n'a pas manqué à sa tâche et est allé voir pas mal de films cet été au cinéma. Je manque de place pour vous relayer toutes ses chroniques : voici seulement celles de trois films qu'il a crédités de trois étoiles, ce qui est donc le meilleur score de ces mois de juillet et août. Quant à moi, sachez que j'ai été voir X-Files : Regeneration et que c'est vraiment une terrible déception. Rien ne va dans le scénario, c'en est même honteux de tant de légéreté et d'invraisemblances, alors qu'on est censé être (un peu) dans le paranormal... De quoi définitivement gâcher une série télé culte.


Surveillance ***
de jennifer lynch avec julia ormond, bill pullman, pell james

Deux agents du FBI enquètent sur des meurtres sanglants, interrogeant et confrontant les récits d'un flic, d'une jeune droguée et d'une petite fille de 9 ans.

La question était évidente, la réponse l'est aussi, Jennifer est bien la fille de David. Son film est totalement dans le continuité des films de son père, en plus linéaire et compréhensible, heureusement. Polar assez classique dans ville paumée des US, agents du FBI énigmatiques, personnages un peu limites, instables, violence bien gore, humour noir latent... ça peut aussi rappeller les frères Coen, ceux de "Blood simple" par exemple. Mais cette ambiance bizarre, ce Bill Pullman à la fois sur de lui et inquiétant, ces récits où tout le monde semble cacher des choses -les deux flics, salauds de première classe, écoeurants bien comme il faut- , c'est aussi du "twin peaks" ou "lost highway". Et puis ce feu d'artifice final, tellement saisissant qu'on aurait envie de le raconter mais ce n'est pas racontable. Une dernièe partie malsaine, dérangeante, azimutée, violence et perversité pour donner l'eau à la bouche... C'est en mesurant le plaisir qu'on ressent face à une telle histoire, alors que le film a son lot de défauts, pas toujours crédible notamment, qu'on se rend compte que le cinéma, surtout de ce genre, polar, est devenu consensuel et prévisible. il ne faut pas passer à côté d'un film qui remue, que beaucoup rejeteront, c'est un peu le but, mais si on aime les histoires tordues et pas rassurantes, c'est un grand moment.


Wall E ***
film d'animation de andrew stanton

2700 et quelques, la Terre est vide et à l'abandon, Wall E, un robot, s'occupe de compacter les déchets. D'un vaisseau de l'espace arrive un autre robot, Eve...

Pixar casse la baraque pour la 2eme année consécutive après "ratatouille", on dira que ce "wall e" vient aussi se glisser dans un Top 5 des films d'animation de ces 15 dernières années. Pas nécessaire de le porter trop aux nues, cela reste un film d'entertainment de la maison Disney, ni de faire trop de comparaisons. "le voyage de chihiro", puisque la référence a été faite -les deux films partagent ton mélancolique et "poétique", plus "adulte" et préoccupation sur le destin écologique de la Terre- reste au dessus, comme il reste au dessus de la plupart des films de ces dernières années d'ailleurs, mais on retrouve lors de certains passages cette émotion ressentie face à Chihiro, un émerveillement, un enchantement, même si ces mots peuvent sembler un peu ridicule deux jours aprés avoir pris son pied aux tueries de la fille Lynch et de "Surveillance"... Il y a cette première partie dans une sorte de ville US en désolation, très trés beaux décors, vraiment différents de ce que l'on voit dans ces films, qui donnent ce ton mélancolique au film et à son, héros, pas de dialogues, la vie de Wall E, ses manies, sa "programmation", ses regards de chien marrant et touchant. comment est ce qu'on réussit à être sous le charme d'une boite en fer ?... et l'arrivée de Eve, la drague, vraiment un grand et rare moment. Prolongé par la courte et sublime séquence de traversée de l'espace, et là, on pense par exemple au train sur l'eau de "Chihiro"... et de l'humour burlesque, bien drôle, peut être pas assez tout au long du film. On revient à quelque chose de plus classique dans le vaisseau, dessins et intrigue, bien mais moins original bien sur, avec quand meme cette sortie dans l'espace qui finit de convaincre que les gars de Pixar ont voulu faire délibérément un film qui restera. Et de se retrouver comme un con ému aux dernières images d'un robot qui essaye de réparer un autre robot... Il y a des références, "2001" et l'ordinateur, "alien", (voix off de sigourney weaver, excellent !) mais "Wall E" ne joue pas vraiment la dessus, il a suffisamment de force pour cela.


Une Chanson dans la Tête ***
de hany tamba avec patrick chesnais, pierrette katrib, julia kassar

un riche entrepreneur dans le café de Beyrouth invite un chanteur francais has been auteur d'un tube, pour l'anniversaire de sa femme, qui en est fan. mais sa femme se fait enlever, ainsi que sa Mercedes

On s'attendait à un film plutot sympa, entre l'acteur principal (chesnais, totalement relancé depuis "je ne suis pas là pour être aimé"), le Liban, le sujet... et on a beaucoup plus que cela. Une sorte de "quand j'étais chanteur" libanais, comédie, une vraie comédie, mais avec du fond, de l'émotion, un scénario qui tient la route, d'excellent dialogues. On craint un moment que ça parte un peu en vrille, lourdingue, comme cela arrive avec les comédies moyen orientales mais non, suprenante maitrise, comme dans ce voyage dans le nord, entre la belle esthéticienne et le chanteur. Il y a une mélancolie, une profondeur, sans jamais perdre l'esprit léger, toujours léger du sujet (cf la non inquiétude pour l'enlèvement de la riche libanaise, plutot pour la Mercedes...). En dehors de Chesnais, qui ne fait pas que son numéro un peu dépressif, comme dans cette excellente scène où il monte bourré pour chanter et plonge dans la piscine. Mais aussi les belles libanaises, surtout cette superbe pierrette katrib (comme quoi, faut pas s'attacher aux prénoms...)... un film, comme "caramel", avec un esprit généreux, sans cacher les malheurs pays, qui revendique sa francophilie (ah le charme des ces phrases où le francais et l'arabe se mélangent), qui assume aussi son environnement "riches chrétiens libanais", qui donne envie d'aller au Liban, de manger libanais. Gros échec public, dommage.

F1 : GP de Hongrie et d'Europe - les hauts et les bas de Massa


Felipe Massa aime bien les cas extrêmes : soit il domine outrageusement en réalisant une course parfaite mais il abandonne injustement à trois tours de l'arrivée (Hongrie) soit il domine outrageusement en ne réalisant pas une course parfaite mais il tient bon et il gagne une course soporifique (Europe). En tout cas, heureusement que le petit brésilien est là pour faire l'actualité ! Sinon, eh bien Kovalainen récupère une victoire sympathique sur l'Hungaroring qui fait plaisir à tout le monde, et Glock nous fait un week-end incroyable pour aller prendre la 2e place... Personne n'aurait pu parier une telle arrivée.
A Valence, on a donc découvert un nouveau circuit, plutôt pas mal même si on n'a pas été bluffé par l'environnement portuaire. Le passage sur le pont est pas mal visuellement et le dernier pif-paf avant le dernier virage est très spectaculaire. Mais on est en droit de penser que Singapour fera mieux en ce qui concerne les nouvelles pistes, et pas seulement parce que la course sera en nocturne.
Mention spéciale à Valence pour les Toro Rosso qui se sont mises en évidence : excellent Vettel, et un Sébastien Bourdais qui commence semble-t-il à se (re)trouver. Les Toyota sont toujours bien, les Williams et les Red Bull parfois inexistantes, les Renault parfois invisibles et les BMW parfois comme avant... et on est de plus en plus inquiet sur le rythme de Raikkonen, qui laisse échapper petit à petit sa couronne !

Les étoiles de l'Hungaroring :
** : Massa, Kovalainen, Glock
* : Piquet

Les étoiles de Valence :
*** : Massa
** : Vettel
* : Trulli, Glock, Rosberg

Le classement après 12 GP
Hamilton : 19
Massa : 16
Kubica : 9
Heidfeld, Kovalainen, Trulli, Vettel : 8
Raikkonen : 7
Webber, Nakajima, Glock : 6
Barrichello, Piquet : 5
Alonso, Bourdais, Rosberg : 4
Sutil : 3
Coulthard : 2
Fisichella : 1

29 juillet, 2008

Chroniques ciné estivales

C'est donc l'été et notre collaborateur et ami El Bacos rattrappe allégrement le temps perdu en allant se rafraîchir dans les salles obscures - voici ses derniers avis...


Wanted o
de timur bekmanbetov avec james mc avoy, angelina jolie, morgan freeman, terence stamp

Wesley, employé de bureau, terne et déprimé, se retrouve embrigadé par "the Fraternity", réseau de tueurs, qui veulent venger son père assassiné, père tueur, qu'il n'a pas connu

"nikita", "natural born killers", "fight club", "matrix".... ceux qui suivent de longue date ces modestes chroniques, ont repéré parmi les films les plus détestés de ces 20 dernières années... comme une filiation entre eux, et "wanted", qui s"inscrit parfaitement à la suite. Films d'action violents, voire ultra violents, plus ou moins polémique (à deux balles), "culte" pour beaucoup. Différents, clairement, ouvrant souvent la voie à des copies parfois pire encore (cf "matrix"). réalisateurs virtuoses, ambitieux. Alors "Wanted", du kazakh bekmanbetov, a tout pour être ce "film référence" (mais bizarrement sabordé un peu par la sortie mi juillet.. tactique ?). On y croit avouons le, début too much comme il faut, vrai feu d'artifice visuel, du n'importe quoi mais bien amené, pas mal d'humour... et puis le sale parfum des films cités, l'intrigue qui n'avance pas, c'est une suite d'épreuves, de rites d"initiation de Wesley, avec une violence finalement gratuite, un peu facile, sans bornes, pas de plaisirs, c'est bien connu... et surtout une prétention grandissante, il suffit d"écouter la musique, elle devient insupportable de "sens", des grandes phrases creuses, un héros qui se prend au sérieux et joue de plus en plus mal. certes, une bonne scène de wagons dans le vide, qui réveille un peu. Fin de baston interminable, Freeman et Stamp sentencieux avec des répliques "définitives". Un film d'action de ce genre peut fonctionner s'il évite de se la pêter et va au delà de sa simple mise en scène, par exemple avec l'humour d'un "pulp fiction". Mais là on nous fait croire à un film "malin derrière sa brutalité", alors que c'est juste un film pour bourrins, pour "Julius" comme on se disait il y a 15 ans avec les visionneurs de TF1 Films... Applaudissements et rires sur la fin, comme prévu, public jeune étudiants qui croie avoir vu le cinéma de demain. mais peu importe l'age, qu'on ait 20 ans ou 40 , "nikita" reste une merde à la hauteur de son réalisateur. Espérons que le kazakh exerce son talent autrement, que par juste l'idée de balles aux trajectoires incurvées, comme le slow motion est finalement ce qui restera de "matrix". Angelina Jolie risible tellement elle ne sert à rien à part... être Angelina Jolie, c'était sans doute le but.


Le Premier Jour du Reste de ta Vie ***
de rémy bezancon avec jacques gamblin, zabou breitman, deborah francois, pio marmai

un couple, 3 enfants, 5 dates entre 1988 et 2000 qui vont marquer la vie de chacun et de la famille

Bonne surprise, bonne pioche, ce qui est plutot rare dans le ciné francais. Film dont le principal atout est d'aller au delà de la comédie douce amère consensuelle sur la vie de famille avec pas mal de références trentenaires / quarantenaires d'aujourd''hui, bref ce parfum de souvenirs qui a un peu trop essaimé depuis "amélie..." surtout. Il y a de cela, mais avec un bon scénario, et même si tout cela reste plutot prévisible, pas le sentiment non plus de facilité, voire prendre des chemins de traverse, comme le séance de "air guitar" du fils et la guitariste perdue, ou le "truc dans la bouche" de la fille, vraiment drole. Une tendance à trainer sur la fin sans doute parce que le film démarre vraiment très bien. Et surtout pas de sensiblerie, entre rires et larmes, comme on dit mais sans tirer l'émotion, ce qui aurait été facile sur le thème de la famille. Le seul vrai défaut, qui aurait pu plomber l'ensemble si il n"était pas aussi bien construit par ailleurs, cette accumulation d"évènements dramatiques, trop attendus, pas réaliste et lourdingues. pas besoin de cela pour faire avancer une histoire. Tant pis, ca réussit à ne pas gacher le reste. musique de Sinclair excellente, ainsi que certains morceaux, celui de Daho du titre bien sûr et l'idéé de prendre du Divine Comedy, il faut oser, c'est un bon indice. Gamblin toujours bien. Zabou...on a oui dire "par le milieu" que c'était une petite capricieuse qui se la pête tendance méchante et aigrie. Mais dans le film, ça va... Film qui pourrait bien se débrouiller mais qui part un peu à l'abbatoir en sortant en plein juillet.


Le Bruit des Gens autour ***
de diasteme avec lea drucker, bruno todeschini, emma de caunes, judith el zein, olivier py, olivier marchal

pendant le festival d"avignon, artistes, assistants, spectateurs, se mèlent, jouent, s'engueulent, se rapprochent

Bonne série de films francais en plein juillet... et échec (une salle en 3 semaines sur Paris) vraiment injuste. Film dit "choral" par excellence, il y a là dedans de la générosité, de la sincérité, une absence de personnages et situations convenues, pas de complaisances pour rechercher l'adhésion maximum, qui font vraiment du bien dans le cinéma francais. Et quitte à viser toujours les mêmes cibles, c'est un peu l'anti "coeur des hommes"... certes, on est dans le milieu artistique, comédiens, danseurs, musiciens, auteurs, mais loin par exemple d"un Chéreau, certes brillant, mais qui nous aurait fait pousser bien plus de cris et de roulements par terre d'artistes torturés de douleur... avec ce thème de la difficulté à concilier performance artistique et vie privée, très bien rendu, le fait qu'ils réussissent à le faire puisque le spectateur ne voit pas "la différence", comme dans le vraie vie du spectacle vivant ! Pas de pathos excessif, donc, un scénario qui avance bien, christophe honoré co scénarise, et comme on lui fait désormais confiance depuis "les chansons d'amour"... Un film fait pour exprimer, plus ou moins bien, ses sentiments, dans la tension et la chaleur de quelques jours de festival. Excellent casting, des mélanges surprenants, Olivier Marchal enfin sympa et souriant, bel avenir de 2nd role, Todeschini, le lien avec Chéreau !, qui fait un peu la gueule, comme d'hab, mais se détend, étonnante lea drucker, toujours aussi bon Olivier Py, révélation de Judith et Zein, la pianiste, et un petit plus pour Emma de Caunes, l'ex tête à claques donne bien de sa personne, joli bronzage (.... ça se décode = belle prestation physique = scènes dénudées) et est vraiment convainquante dans son jeu. belle scène de groupe et de fête finale, se terminant par le superbe tango polono-russe "To ostatnia niedziela". Un film qui vieillira bien, comme du Sautet, si on lui laisse une deuxième chance.


Kung Fu Panda **
film d'animation de mark osborne et john stenvenson

chine, Po, le gros Panda, rêve de kung fu, et se retrouve, un peu par hasard, à être initié pour être le Dragon Warrior auprès de 5 maitres et de Shifu, leur formateur

depuis une quinzaine d'années que ce genre a pris le pouvoir, la lutte de haut niveau Dreamworks (ici en piste) / Pixar a donné du bon, du très bon, et du décevant de temps à autre. Un an après le très très bon "ratatouille" qui sera peut être "les aristochats" du genre, ce Panda fan de kung fu, fait retomber un peu la sauce, mais reste à un bon niveau. on devrait, mais comme on s"habitue on ne le fait pas, mais animation, images, expression, mouvements de caméra, sont encore époustouflants et bluffants. Et depuis que la forme ne nous étonne plus, c'est de plus en plus le fond qui fait la différence. Alors si on n'est pas trop sensible aux références kung fu, aux innombrables combats (pour les memes raisons qui font qu'on n'accroche pas à "kill bill"...), on peut trouve le temps long. récit classique de parcours initiatique, mais heureusement l"humour reste omniprésent, Po restant ce qu"il est, un gros panda, sympa et peureux, qui veut bouffer et s'amuser.

21 juillet, 2008

Lewis & Greg dans le vent de l'histoire



Imaginez un peu : Pete Sampras, voire Jimmy Connors, sortent de leur retraite et gagnent Wimbledon ! Ou alors c'est Alan Jones qui revient faire une pige pour Williams et qui gagne le GP de Grande-Bretagne... Impensable, non ? Eh bien, c'est pourtant ce qui a failli se passer ce week-end avec l'incroyable Greg Norman, véritable légende du golf, et qui a failli remporter le British Open ! On sait que je suis de très près l'actualité de ce sport si difficile et si exigeant (je suis toujours à 20.9 de handicap...) et on a presque assisté à l'exploit de l'année sur le parcours du Royal Birkdale, au nord de Liverpool, au milieu de vents terribles qui ont fait qu'aucun joueur au final ne termine sous le par global (et il s'agissait pourtant d'un par 70, voilà qui rassure un peu !). Bref, à 53 ans, Greg Norman, tout droit sorti de son passé prestigieux, et dont on ignorait même jusqu'à la participation dans l'épreuve, s'est retrouvé en tête pendant trois jours et demi, avant de céder face à Padraig Harrington, qui finalement se succède à lui-même... On est un peu déçu, forcément, de cette issue, tant on aurait aimé que l'histoire soit belle jusqu'au bout. Bravo à Harrington, en tout cas, auteur d'un magnifique deuxième coup au trou n°17 le dernier jour (220m en bois de parcours, la balle qui roule pour s'arrêter à 50cm du trou, eagle dans la foulée !), mais que tous les honneurs soient rendus à Norman, le requin blanc australien, le mari de Chris Evert, qui nous a époustouflé par sa classe, son charisme, son allure générale (et bien sûr son jeu) - un authentique champion qui ne peut que provoquer notre admiration sans bornes.

Dans le même temps, Lewis Hamilton refaisait une véritable démonstration à Hockenheim, lors du GP d'Allemagne. Et tandis que Tiger Woods, blessé, laissait le monde du golf orphelin à Birkdale, c'est justement son homologue de la F1 qui mettait une nouvelle fois tout le monde d'accord. Une course rendue intéressante par l'accident de Timo Glock dans la deuxième moitié et la neutralisation qui s'ensuivait. McLaren se prenait les pieds dans le tapis en ne faisant pas rentrer Hamilton (alors que toutes les courses automobiles du monde enseignent qu'il faut toujours profiter d'une neutralisation pour rentrer au stand), ce qui permettait à Piquet de se retrouver en tête ! On a du coup failli assister au hold up du siècle ! Bravo quand même au jeune brésilien, qui accède à son premier podium, 26 ans après que son père se soit battu sur ce même circuit avec le chilien Eliseo Salazar qui venait de le mettre dehors... Une image qui a fait le tour du monde ! Derrière, course anonyme pour Raikkonen et Kubica, un grand bravo à Vettel qui est de plus en plus un phénomène, et une mention spéciale à Sébastien Bourdais, qui signe le 10e meilleur tour en course, et qui ne termine qu'à 2" de la 9e place, après une course très solide et convaincante.

Les étoiles d'Hockenheim :
**** : Hamilton
*** : Piquet
** : Vettel, Heidfeld
* : Bourdais

Le classement après 10 GP :
Hamilton : 19
Massa : 11
Kubica : 9
Heidfeld : 8
Raikkonen, Trulli : 7
Kovolainen, Webber, Nakajima, Vettel : 6
Barrichello : 5
Alonso, Piquet, Bourdais : 4
Rosberg, Sutil, Glock : 3
Coulthard : 2
Fisichella : 1

17 juillet, 2008

A propos de dBD #25


L'excellente revue dBD publie cet été un numéro double et épais (et cher aussi : 10 euros...) consacré notamment à ce qui serait la "nouvelle vague" en BD. Terme déjà usité dans un livre publié il y a quelques années par Hugues Dayez et qui visait à célébrer l'irruption au sommet d'un certain nombre d'auteurs issus notamment de l'édition indépendante... Ici, l'éventail de dBD se veut plus large, avec tous les styles et sans que la réussite commerciale ne soit un frein.

Cette liste comprend 23 noms et elle est censée avoir été bâtie sur des auteurs qui "sont présents sur la scène professionnelle depuis une bonne dizaine d'années et qui ont passé un cap ces trois dernières années"... Cela n'est pas plus bête qu'un autre critère et voici donc les heureux élus (par ordre alphabétique) : Alfred, Appollo, Bajram, Bec, Blain, Bonhomme, Chabouté, De Metter, Di Vita, Dumontheuil, Fourquemin, Guérineau, Hubert, Marazano, Micol, Nury, Pedrosa, Peeters, Perrissin, Sattouf, Tanquerelle, Thirault, Vallée.

Si je devais faire quelques petits commentaires, je dirais d'abord que je suis d'accord à 95% sur cette sélection, qui me semble assez juste et équilibrée, et reflétant des situations de notoriété grandissante, en effet. Il y a juste quatre noms qui me font réagir : Dumontheuil, Blain et Bajram dans un premier temps. Quand on a été, comme les deux premiers, déjà couronnés du prix le plus prestigieux à Angoulême il y a plus de cinq ans au moins, on est déjà au sommet ! En conséquence, on ne peut pas passer "un cap ces trois dernières années" car on est déjà en haut de l'affiche depuis plus longtemps ! Blain et Dumontheuil, pour moi, c'est aussi fort que Trondheim et Sfar, pour garder deux références d'une même génération. Vu la relative orientation "découverte" de ces 23 auteurs, leur présence (et celle de Bajram) est même, à mon avis, plutôt vexante...

Au moins y a-t-il débat !

Il n'y a guère qu'un nom où je trouve qu'on a été un peu trop gentil : Giulio De Vita. Ce n'est pas moi qui vais remettre en question son grand talent, mais je trouve sa présence un peu prématurée. J'aurais évidemment souhaité voir apparaître Philippe Aymond dans cette liste, qui présente à mon avis tous les critères requis : un talent évident, digne d'un Guérineau, un positionnement prometteur avec une série qui malgré tout n'a pas été un bide critique et commercial (ApocalypseMania, ben oui), et un cap certain passé depuis trois ans avec la série Lady S, réalisée de manière impeccable. Appel donc à tous les votants ou les confrères de dBD pour la prochaine liste !

Bien sûr, je ne suis pas dans cette liste et, rassurez-vous, je ne vais pas faire une dépression nerveuse à cause de cela. J'imagine que cela m'aurait fait plaisir d'y figurer, mais je suis le premier à reconnaître que je n'ai pas passé de cap ces trois dernières années - au contraire, j'ai traversé une période creuse, avec par exemple aucun album publié en 2007. Il m'aurait sans doute fallu une oeuvre de "rebond" bien avant L'ultime Chimère pour pouvoir espérer peut-être intégrer ce groupe des 23, et encore... L'ultime Chimère, d'ailleurs, qui est encore loin de s'être imposée et il me tarde que les albums suivants sortent (le T2 en octobre, le T3 en mars).

Je me suis quand même amusé à un petit jeu : répondre aux questions posées à tous ces auteurs ! Pas par vantardise, plutôt par souci de livrer quelques clefs sur mon parcours... Si cela vous intéresse, c'est ici.

15 juillet, 2008

Dernières lectures BD


Genetiks T1 - Marazano & Ponzio, Futuropolis * *
On n'arrête plus Richard Marazano, clairement en voie de "Morvanisation", mais qui continue de proposer des séries qui ont de la gueule. Ici, on est chez Futuropolis, mais cela aurait pu à mon avis se retrouver chez Delcourt ou Dargaud. On est en effet assez proche du Complexe du Chimpanzé au niveau décors et ambiance générale. Curieusement, j'ai largement préféré Le Complexe... à Genetiks, principalement à cause d'une question de rythme. Je suis pourtant féru de pagination large pour que les personnages puissent vivre et évoluer. Mais là, sur cent pages (pourtant, quel luxe !), on a un peu l'impression que le fameux Thomas Hale tourne en rond sur lui-même et que ça n'avance pas beaucoup... Finalement, avec Le Complexe..., on allait un peu plus vite et un peu mieux à l'essentiel, même s'il nous reste un dernier tome à découvrir qui, on l'espère tous, ne nous décevra pas. Bref, un petit manque de rythme dans un album qui conserve toutefois un contexte scientifique passionnant et une grande ambition qui en font un vrai produit haut de gamme.


Le Marquis d'Anaon T5, La Chambre de Kheops - Vehlmann & Bonhomme, Dargaud * * *
En quatre albums, cette série est devenue une référence : par la subtilité du scénario et par la puissance de son trait. Un aspect classique, mais une profondeur dans les méandres humains assez peu égalée dans la BD actuelle. A ce titre, on le sait, j'avais élu le T4, La Bête, comme mon "Meilleur album 2007", un choix que je ne regrette pas bien au contraire. Cet album était en effet un modèle de rythme et de dramatisation, le plus souvent intérieure. On était donc impatient de retrouver notre bon marquis, sondant toujours les âmes en peine. Pour dire vite, admettons qu'il était dur de rester au niveau de La Bête... Cela reste un excellent album, mais il nous faut maintenant le juger à l'aune de ce que l'on a déjà lu dans la série. Et là, il y a deux ou trois petites choses qui nous chagrinent un peu quand même : le fait que le marquis hérite d'un mystérieux personnage (pourquoi ?), qu'il subisse les événements et nous énerve parfois (une descente bien naïve dans les bas-fonds du Caire) et qu'il trouve un peu le "secret" de la pyramide bien facilement... En fait, je trouve l'idée trouvée très intéressante et même fascinante, mais cela aurait mérité à mon avis beaucoup plus de développements afin d'accentuer le mystère... Voilà, je chipote peut-être et nul doute que si Fabien Vehlmann passait par ce blog il nous convaincrait sans problème de ses choix scénaristiques, mais on vibre moins à cette histoire que les précédentes (à partir du T2). Quant au trait de Matthieu Bonhomme, il reste magistral mais je trouve qu'il a moins d'espace pour s'exprimer pleinement.


Garrigue T1 - Corbeyran & Berlion, Dargaud * * *
J'aime beaucoup Eric Corbeyran, dont j'apprécie la diversité et la qualité malgré une énorme production qu'on a parfois du mal suivre... Ca m'amuse toujours de penser qu'on a dû publier nos premiers albums à peu près en même temps et que si j'en suis aujourd'hui à 20 albums parus, il doit en être à plus de 150 ! Avec Olivier Berlion, il avait déjà commis un excellent Lie-de-Vin, un album sensible et fort multi-récompensé à juste titre. Ensuite, on les avait retrouvés avec un Rosangella que curieusement, je ne suis jamais arrivé à finir, mais dont je ne doute pas qu'il ait plu à beaucoup de lecteurs. Ici, on retrouve une ambiance lente et moite, mais j'ai plus accroché à ces hommes dans leur cinquantaine et confrontés à des doutes ou des remords, ou des tentations violentes... L'atmosphère est là et c'est déjà beaucoup.


Le Goût du Chlore - Vivès, Kstr * * * *
C'est vraiment l'achat coup de coeur pour cet album dont l'auteur m'était parfaitement inconnu. Je me suis laissé tenter par un cadre général très original (les piscines, moi qui déteste ça et qui sais à peine nager !) et des dessins qui me semblaient plus audacieux qu'il n'y paraissait. Eh bien, je ne me suis pas trompé : même si je trouve que le récit a un petit coup de mou dans son approche de la conclusion, cela reste très humain et très attachant, et on se prend à presque humer en effet le goût du chlore... J'aurais peut-être souhaité un épisode un peu plus cruel ou dur à un moment (sans trop savoir lequel) mais on ne rechignera pas à un album qui sort du lot (de l'eau ?)et qui nous offre des dessins de corps dans les ondes ou les sillages aquatiques absolument splendides (voir la couverture et la position du garçon - génial, non ?) et aussi parfaitement colorisés, à coup de grandes plaques vertes et turquoises obsédantes. Une réussite et un jeune auteur, Bastien Vivès, à suivre.

09 juillet, 2008

Une planche couleur de L'ultime Chimère T2

Je reçois à l'instant la version quasi définitive (côté couleurs, car côté textes il faut encore que je fasse quelques modifications) de ce beau T2 qui arrivera dans les bacs en octobre prochain... Les trois dessinateurs sont donc Griffo, Aymond et Goepfert. Voici une planche de l'ami Goepfert qui met en image une drôle d'histoire arrivée sur une mystérieuse île en 1875...