20 juin, 2006

Pet Shop Boys : Fundamental

Un nouvel album des Pet Shop Boys ! Ceux qui me connaissent savent à quel point c'est un événement majeur ! J'accompagne ce duo depuis 1985, l'année où j'écoutais avec mon transistor le UK Top 40 sur Radio Luxembourg tous les dimanche soir et où West End Girls devenait n°1... J'ai chez moi tous leurs disques (je dis bien : tous, maxis vinyls et CD compris !) et je suis bien évidemment allé les voir en concert lors de leurs trois seuls passages parisiens en vingt ans.

Pour commencer, je précise que j'ai bien sûr acheté l'album sous sa forme "édition limitée", c'est-à-dire avec le bonus CD de remixes appelé Fundamentalism. Mais il y a un gros changement : je ne l'ai pas acheté, je l'ai téléchargé. Sur Itunes. Eh oui. Payer le tout 11,99 euros (avec en plus deux autres bonus tracks -des versions demo-) et non 25 euros à la FNAC, cette fois je n'ai pas hésité. Tant pis pour la pochette, pour les notes, pour les photos. J'ai suffisamment gueulé dans ma vie sur les abus des maisons de disque pour ne pas profiter de la moindre occasion d'avoir des albums moins chers. 11,99 euros, là je dis ok.

Venons en au contenu. C'est un fait que la période d'or des PSB aura été la trilogie Introspective-Behaviour-Very. Depuis, on fait avec, avec alternance de chefs-d'oeuvre et de titres un peu moins essentiels, parfois même médiocres (notamment sur l'album Bilingual, de loin celui que j'aime le moins). Fundamental n'échappe pas au constat : on n'est plus dans le génial, mais forcément, on reste concerné.
Petite revue de détail :
Psychological - au départ, je me suis dit : voilà un titre mineur pour ouvrir l'album. Finalement, plus je l'écoute et plus je l'apprécie. Sa rythmique entêtante à la Planet Claire des B52's n'y est évidemment pas étrangère.
The Sodom and Gomorrah Show - l'idéal aurait été de l'enchaîner directement au précédent par les vocaux sans passer par l'intro grandiloquente et surtout limite variété par le synthé du début qui est complétement à côté de la plaque. Mais après, c'est du solide, un peu dans la veine de Left To My Own Devices. Pourrait faire un éventuel single mais il aurait fallu à mon avis trouver un autre titre.
I Made My Excuses And Left - J'adore cette fois l'intro, assez mystérieuse et trouble, très originale car assez difficile d'accès. Ensuite, hélas, on a droit à une caricature de chanson gay avec des paroles bas de gamme. Un peu comme You Choose dans Release.
Minimal - Voilà le morceau imparable de l'album, qui nous ramène à la grande époque de Heart par exemple. Le passage "light and shade..." est fabuleux.
Numb - Un titre co-signé par quelqu'un d'autre que Tennant et Lowe et on se dit : ce doit être une tuerie, car sinon ils ne se seraient pas associés à un compositeur extérieur. En plus, Dianne Warren a effectivement signé pas mal d'excellents titres par le passé. Mais j'avoue que je m'attendais à un peu mieux. Le "slow" m'a semblé un peu commun.
God Willing - Un petit instrumental relativement inutile. On est loin de la force et de l'impact de The Samurai In Autumn dans Release !
Luna Park - Pas mal du tout, même si je n'adore pas le titre. Mais le titre ne manque pas de grandeur.
I'm With Stupid - Une fois de plus, les PSB n'ont pas su choisir le bon premier single, un phénomène déjà constaté avec Behaviour (So Hard) et Very (Can You Forgive Her). Minimal aurait été le choix évident, mais il semble qu'ils aient voulu sortir ce titre pour dire ce qu'ils pensaient de Bush et Blair. Reste un morceau efficace, surtout dans les couplets.
Casanova In Hell - Belle petite chanson, rien à dire.
Twentieth Century - Là encore, bien fait et sympa, même si un peu trop gentillet je trouve.
Indefinite Leave To Remain - L'album aurait dû se terminer avec ce surperbe titre, dans la lignée des grands morceaux de fin d'album (King's Cross sur Actually, Footsteps sur Nightlife).
Integral - Pas mal, évidemment, mais pas un morceau de fin !
Quant à l'autre CD, je retiendrais :
Flamboyent - de loin la meilleure version de ce titre relativement mineur dans la discographie de nos amis !
In Private - très intéressant duo avec Elton John, même si je n'ai pas reconnu la voix de ce dernier au premier abord. Mais c'est à double tranchant : il faut remonter à une composition des années 90 pour trouver un tube évident !
Vos avis ?

19 juin, 2006

24 Heures du Mans


Peu de nouvelles ces derniers temps, et pour cause : j'étais complétement immergé dans le boulot, avec la préparation des 24 Heures du Mans. Motors TV a en effet obtenu les droits de retransmission paneuropéens pour cette légendaire épreuve et cela faisait donc trois mois que nous étions sur le pont !

L'idée a été simple depuis le début : on faisait tout en direct, et en intégralité ! Cela voulait dire aller aux essais préliminaires, faire un reportage de 24 minutes à cette occasion, monter un studio lors des vérifications techniques et administratives afin d'accueillir les pilotes ou team-managers pour des entretiens, diffuser les essais, la parade et bien sûr la course depuis le warm-up jusqu'au podium ! Plus de cinquante heures de direct, dont 32 en non stop le week-end de la course !

Tout s'est bien passé, très bien même. Osons même dire que ce ne pouvait pas être mieux. Nous sommes tous très fiers de cette opération et nous pensons que notre couverture était (largement) mieux que celle de Canal +. Bien sûr, nous restons une petite chaîne par rapport à ce monstre télévisuel, mais je crois que les gens ont compris où étaient les vrais spécialistes.

J'ai donc passé la semaine au Mans, avec seulement un aller retour sur Paris pour discuter BD avec un grand éditeur qui vient d'accepter un de mes projets (scoop ! Je vous en reparle très bientôt...). Hier soir, après plus de 16 heures de commentaires et seulement dix heures de sommeil morcelé dans les quatre derniers jours, je n'étais pas trop mal. J'ai regardé la 2e mi-temps du match France-Corée du Sud et même l'US Open de Golf. Mais alors ce matin ! J'étais à la ramasse, un vrai zombie. Je n'aurais pas cru avoir un tel contrecoup. La preuve que la passion, l'excitaton et l'adrénaline ça dope !

L'opération Le Mans, pour conclure, est un succès énorme pour Motors TV. Les réactions sur le forum nous ont vraiment touché. Cela fait plaisir. Si cela vous intéresse, cliquez ici pour les voir.

06 juin, 2006

Marie Antoinette * *


de sofia coppola avec kirsten dunst, jason schwartzman, asia argento

la vie de marie antoinette de son mariage avec la futur louis 16, encore ado, à la fuite de Versailles en 1789

difficile d'être plus dubitatif. déçu, clairement, après la réussite *** de "virgin suicides" et la réussite **** de "lost in translation". mais ce n'est pas non plus le ratage que certains ont pu voir. scène par scène, cela tient la route, c'est bien filmé, bien joué, intelligent. grand mérite de la fille coppola de s'attaquer à un tel sujet, en terres étrangères, en époques lointaines. mais que cherchait elle à faire ? on se pose la question en permanence. il manque à l'évidence le charme de ses films précédents, une unité de ton, d'ambiance, qui permet d'accrocher. à force d'avoir un regard différent mais sans chercher l'anachronisme, son film est surtout ennuyeux comme pas mal de films en costumes. elle reste dans les codes de ce genre cinématographique, elle ne trouve pas le moyen de les briser. malgré la cérémonial de Versailles, qu'il faut montrer, on aimerait plus de caméras à l'épaule, plus de discussions "pour de vrai" et pas ces répliques et ces saillies qui font mouche dans "Ridicule" mais endorment ici. on aimerait qu'elle développe plus les relations avec Louis XVII, quitte à les imaginer, ils n'ont quand même pas fait que s'échanger des sourires, ils ont parlé...Elle a vu trop large, ne sachant pas trop controler son sujet. ni ou placer son audace. Et comme sa bande new yorkaise ciné-intello-rock, spike jonze, charlie kaufman et leurs potes musiciens, à force de se savoir talentueux dans un pays qui ne l'est pas toujours, elle fait un peu trop la maligne. elle est encore jeune et deux films ne la protégent pas encore, elle fait du convenable mais sans plus. la bande son pop indé est une nouvelle fois parfaite (merci de reprendre du "Radio Dpt", on est donc deux au moins à les aimer...), et bien vue dans l'anachronisme, excellente idée. mais trop souvent plaquée sur certaines scènes, comme ces 30 secondes de Strokes qui ressemblent vraiment à du copinage. Une vraie réussite quand même, une des plus belles scènes, l'anniversaire de MA, longue fête sur fond de "ceremony" de New Order. Kirsten Dunst est bien, belle. Mais est ce elle ou le rôle mais elle marque bien moins la rétine que Scarlet Johanson, l'impression de moins se donner, plutot en surface. Un film à revoir dans quelques temps, quand la hype sera passé...
El Bacos
PS : A noter que j'avais rencontré l'été dernier Clémentine Poidatz, qui joue dans le film la Comtesse de Provence. Elle est la fille d'une amie artiste à qui j'ai demandé de réaliser deux aquarelles représentant mes enfants en train de jouer sur une plage ! A l'époque, il s'agissait manifestement d'un rôle assez important. Il semble qu'il ait été considérablement raccourci au montage. Dommage.

30 mai, 2006

F1 : GP de Monaco (7/18)


Ah, je vous vois venir ! Vous voulez que je vous parle de Michael Schumacher ! Evidemment, on y est obligé après le nouveau coup bas qu'il a porté à son sport et à ses petits camarades... Quand on me dit parfois : mais pourquoi est-ce que tu n'aimes pas Schumi ? et que je réponds que je n'aime pas son attitude en piste parce qu'elle est toujours ambigue et à la limite du mauvais esprit voire de la légalité tout court, je recherche toujours un exemple pour prouver mon propos. Et je dois avouer qu'avec les années, je perds quelques fois mes repères et je ne sais plus trop où remonter... Mais là, avec cette histoire, plus de problème ! Ce qui s'est passé samedi dans la dernière minute de la séance qualifs du GP de Monaco illustre parfaitement ce que je reproche à ce septuple champion du monde.

Le voir aller se ranger près du rail en faisant semblant d'être en perdition m'a vraiment fait hurler, comme aux plus beaux jours de 2002 (souvenez-vous de ce GP d'Autriche...). C'est vraiment risible, et indigne de lui. Sauf que c'est loin d'être la première fois et que c'est révélateur d'une mentalité où l'on cherche à tirer profit de la situation non pas en trichant mais en truquant. Le fait qu'il ait été puni a été une vraie bonne nouvelle : il n'est plus sur son piédestal où l'on n'ose pas le toucher et lui dire quoi que ce soit ! Depuis 2004, la situation a changé et son statut a évolué. Il n'est plus intouchable, répétons-le. Et plus que le geste, c'est finalement la sanction que je retiendrais de ce week-end.

Ensuite, la course a confirmé qu'Alonso et Raikkonen forment une sacrée paire, mais espérons pour le Finlandais qu'il ne devienne pas le nouveau Trulli, à savoir M. Malchance. Pour la première fois, j'ai été vraiment déçu que Webber n'aille pas au bout : c'était plutôt très bien quand il est revenu au contact du duo d'enfer...

Enfin, à un moment, je ne sais pas si vous vous en souvenez, on voit Alonso et Raikkonen revenir sur un groupe d'au moins six voitures qui s'expliquent pour des places d'honneur... Honnêtement, on frémissait devant cette situation explosive et dans un cadre comme celui de Monaco, on comprend pourquoi ce sport est le plus fascinant de tous...

Les étoiles :
* * * : Alonso
* * : Coulthard, Barrichello
* : Raikkonen, Montoya, Webber, Montagny

X Men 3 * *


de brett ratner avec hugh jackman, patrick stewart, halle berry

les Mutants peuvent revenir "à l'état humain" grace à un antidote. une bataille se déclenche entre eux pour le pouvoir de cet antidote, chacun revendiquant son identité de mutant...

une vraie séance d'ados en province, en VF, des bandes de djeunes, bref la génération "on-s'en-bats-les-couilles" au grand complet. malgré l'impasse pour d'obscures mais légitimes raisons sur le # 2, ce "X men 3" confirme le premier: assez prévisible mais plutot le bon niveau dans le film de super héros. sans la qualité des effets spéciaux actuels, ce film n'aurait pas trop d'intérêt, oui mais voilà le cinéma US d'aujourd'hui permet vraiment de se (re) plonger dans l'univers des comics Marvel avec un vrai émerveillement parce que l'image est crédible. Pas de snobisme ou d'a priori, les super pouvoirs mis en images sont fascinants. surtout celui de faire léviter les objets, jusqu'à cette scène de suspension du Golden Bridge pour faire la passerelle avec Alcatraz. On apprécie le fait de filmer des effets spéciaux de jour dans des décors naturels, ce qui est bien plus impressionnant. Marre de ces scènes nocturnes, de combats, avec pyrotechnies diverses (un peu malheureusement comme la fin de ce film). Bon scénario qui respecte les codes du genre, tout en allant plus loin sur le thème de la puissance (para) militaire US, à l'image de "land of the dead" de romero.
El Bacos

Mission Impossible 3 o



de jj abrams avec tom cruise, philip seymour hoffman

ethan hunt, sur le point de se marier, doit partir avec son équipe à la chasse du dangereux davian, entre berlin, rome et shanghai

Vers le milieu du film, le petit Tom improvise un mariage express dans un hopital avec sa bien aimée, histoire de montrer qu'il l'aime très fort juste avant de sauver la planète. Que celui qui pense que le scientologue est un bon acteur regarde cette scène de TC les larmes dans les yeux, souriant de bonheur, regardant sa meuf. C'est à pleurer de médiocrité et de frime. Si vous n'aimez pas Cruise, vous le détesterez pour de bon après ce "M I 3". Le masque est tombé, les deux précédents étaient des films de De Palma et John Woo, pas parfaits mais efficaces et impressionnants, comme les bonhommes.Là, avec un inconnu à la réalisation, Cruise, producteur, a le pouvoir et ne s'en prive pas: loin, très loin de la série télé, de son esprit d'équipe, ce MI3 est tout entier a la botte de son acteur, le mettant en valeur en permanence, on se croirait revenu au temps de Top Gun, sourires, lunettes noires, démarche souple, masque de souffrance et de courage, difficile d'être plus complaisant. Avec cette sorte de certitude auto satisfaite de faire un bon film d'action, ambitieux. Mais ce n'est que de l'apparence, c'est une promo king size pour TC, jamais fatiguée (une course d'1 km en courrant plus vite que Steve ustin sans être essouflé, 2/3 missiles qui lui exposent à 1 m sans dommages... et on en passe, ce film n'est qu'invraisemblances, meme pas droles). La réalisation saccadée "facon 24 heures" est de la poudre aux yeux, ne dissimulant pas le vide de certaines scènes.Plus c'est énorme, mieux c'est, sauf qu'il faut un minimum de boulot de scénario et de réalisme pour que ca passe. A quoi ca sert de nous montrer des mecs super doués qui réussissent leur mission à la seconde près, comme le passage au Vatican. Une négation du film d'action. Pour couronner le tout, l'enjeu final devient celui de la femme de Cruise, aux mains du méchant sadique (malgré Seymour Hoffman, difficile de croire en un type aussi délibérément cruel), c'est à dire qu'on a le droit à tout le pathos du bon mari qui est prêt à tout pour sauver le monde et sa famille. Cruise n'est "à l'aise" que quand il est manipulé par le réalisateur, comme Spielberg dans "la guerre des mondes". Sinon, il est définitivement l'ennemi public numéro 1 du cinéma mondial en dehors d'être quelqu'un de méprisable. On ne peut que lui souhaiter du mal.
El Bacos

22 mai, 2006

Notes de lecture BD


Quatre lectures récentes en matière de bande dessinée. En ordre décroissant d'appréciation :
- Intégrale Gai-Luron 1 (Gotlib - Audie) : évidemment génial ! Un pur régal, que tout le monde se doit de posséder. Redécouverte du maître, toujours loin sur son sommet. Quatre avis malgré tout en revoyant l'évolution dans le temps : les cinq premiers albums contenus dans cette Intégrale 1 sont de loin les meilleurs ; le vrai personnage principal de la série continue d'être pour moi Jujube, hilarant dès qu'il apparaît ; tout se gâte hélas lorsque Gotlib relooke ce dernier et lui change notamment ses pattes et son visage (dès lors, je ne sais pas pourquoi, c'est moins drôle) ; et enfin, les inédits présents dans cette compilation sont très intéressants mais force est de constater qu'ils sont plutôt faibles.
- Après la Guerre (Brunschwig, Martin, Le Roux - Futuropolis) : excellent découpage et rythme pour ce qui s'annonce comme la collection la plus excitante du PBDFB (Paysage BD Franco-belge) de ces dernières années. Album en forme de fascicule très agréable à lire, thématique adulte à l'anglo-saxonne, et dessin à forte personnalité : l'enfant est bien né !
- Le Cercle de Minsk T1 (Giroud, Stalner - Albin Michel) : pas un fan des deux auteurs, mais une histoire qui se lit bien et qui développe un environnement assez original... Je parle plutôt du Brésil parce qu'au niveau de la relique, on avait déjà eu le coup dans le Décalogue...
- Tatanka T1 (Callède, Séjourné - Delcourt) : ah les albums Delcourt ! Comme ils sont alléchants d'apparence et comme ils sont souvent décevants une fois la lecture commencée ! Ici, ce n'est pas que ce soit mauvais, bien au contraire, mais on guette la vraie originalité. Un commando anti vivissection, un singe contaminateur, un journaliste infiltré, un virus qui se propage... Mouais, on a déjà vu ça. Dommage, parce que la couverture est vraiment réussie.

One + One *



de jean luc godard avec les rolling stones

1969, les stones en studio en répétition, et des scènes de revendication révolutionnaires et autres pensées politique de l'époque

le pire et le meilleur de JLG. le meilleur dans sa facon de filmer les Stones en studio, au sommet de leur forme, créant et répêtant "sympathy for the devil". il a un putain de talent pour bouger sa caméra, la lumière est mémorable, quelque chose de mythique dans cette bande de jeunes en train de créer un classique. mais il y a le reste... bien sur, près de 40 ans après, difficile de juger un film hors du contexte de l'époque, celui de 68, du Vietnam.. mais justement, avec le recul, qu'en reste t il ? avec toute la subjectivité d'un gars qui n'a pas connu cette période, il reste une insupportable branlette de Godard. Des scènes sur jouées revolutionaro-mao-trotsko-chiantes, du texte scandé bourré de références, abominablement prétentieux et intello au plus mauvais sens du terme. ça a terriblement vieilli. c'est plombant en permance. 30 mn de Stones auraient suffi... mais ca dure 75 mn de plus. Même de vraies longueurs avec les Stones, ce ne sont quand même pas des demi dieux, non plus, pas de quoi s'attarder quand Jagger- très sexy - se gratte le nez. Etonnant comme Brian Jones est très effacé.. si JLG voulait résumer les 60's, il suffisait de laisser jouer "sympathy for the devil", musique et paroles qui résument bien l'époque... et qui les résumera encore quand un type sera tué devant les Stones jouant le morceau à Altamont en 1969 (cf film "gimme shelter"). à noter le passage assez drole des fameux "wouh wouh" du morceau, Stones and Co autour d'un micro en train de se marrer.
El Bacos

16 mai, 2006

F1 : GP d'Espagne (6/18)

Pas grand chose à dire, un GP qui pour moi a plus valu par l'ambiance dans les tribunes entièrement dévouées à Alonson : sacrée ferveur ! J'ai toujours aimé quand le public de la F1 se prenait pour un public de foot...
En piste, Alonso a donc été impeccable, mais la course a été ennuyeuse. Fisichella n'a bien évidemment pas pu résister à Schumacher, et certains ont pu se montrer un peu quand même (Heidfeld, Speed, Montagny). Difficile de mettre beaucoup d'étoiles cependant... Quant à Montoya, on peut être inquiet face à sa dégringolade dans la motivation. Ca en devient même évervant !
Les étoiles :
* * * : Alonso
* : Heidfeld

12 mai, 2006

Des instants précieux

Vision hier soir du DVD bonus au Combat ordinaire 3 (Ce qui est précieux). 52 minutes pour suivre la création de l'album, l'occasion aussi de faire connaissance avec le sieur Larcenet, que je n'ai pas l'honneur de connaître - et je le regrette. Un film très intéressant (j'aurais peut-être rajouté de ci de là une voix off), où l'on découvre un type bien, sincère et gentil. Son approche est saine, et il ne prend pas la pose. Je lui dis tout simplement bravo.
Ce qui m'a toutefois le plus intéressé dans le film est la partie où il dessine : bien sûr, en tant que scénariste, je suis toujours plein d'admiration pour les dessinateurs, que j'envie de posséder un tel don ou talent. C'est particulièrement évident dans le cas de Manu Larcenet, dont le style est beaucoup plus abouti qu'il n'apparaît. J'ai été stupéfait de la précision de ses gestes, de ses traits, de son doigté lorsqu'il repasse à la table lumineuse ses crayonnés. Le dessin définitif prend forme, et c'est l'équivalent d'un tour de magie !
Le mot qui se dégage en fin de compte est : sensibilité. A tous les niveaux. Chapeau bas.

09 mai, 2006

Ah au fait...

Pour ceux qui ne le sauraient pas, j'ai 39 ans aujourd'hui.

Ma dernière année de jeunesse ?

F1 : GP d'Europe (5/18)

J'étais ce week-end invité au mariage de Sébastien Bourdais, au Mans. Un mariage très sympa et assez simple, malgré la présence de Paul Newman himself ! Une bonne journée qui me fait être fier d'appartenir au clan des vrais amis de Sébastien, qui est bien sûr le meilleur pilote français de monoplace et sur circuit actuel.

Il était un peu ironique de voir qu'au même moment Franck Montagny faisait ses grands débuts en F1, avec Super Aguri. Tant mieux pour lui - après tout, cela fait trois ans qu'il était aussi snobé par le milieu que Seb qui de toute façon, en tant que double champion Champ Car, ne peut plus accepter d'aller dans une équipe comme Super Aguri... Mais ça fait quand même mal au coeur de voir que le premier français qui parvient à aller en F1 après Panis n'est pas le meilleur qui est sur le marché.

Sinon, commentaires en vrac :

- 2e victoire consécutive pour Schumi, dans un style qui rappelle furieusement les années 2002 et 2004 : la FIA, avec sa règle des changements de pneus pendant la course, a bien remis Ferrari en selle !
- Alonso : toujours le seul à surnager.
- Massa : bonne perf, effectivement, mais rien de génial.
- McLaren : va vite falloir se reprendre et montrer qu'on peut gagner, sinon...
- Rosberg : parti dernier, il termine sur les talons de Fisichella, en s'étant arrêté deux fois comme lui. Phénoménal.
- Fisichella : qu'on ne me dise pas que Bourdais ne serait pas meilleur au volant d'une Renault...
- Honda, Toyota : dur dur pour les japonais...
- BMW : comme j'aimerais qu'il s'immiscent parmi les grands...
- Red Bull, Toro Rosso : y a rien à faire, j'aime pas ces deux équipes.

Les étoiles :
* * * : MSchumacher
* * : Alonso, Rosberg
* : Massa, Barrichello

OSS 117, Le Caire Nid d'Espions * * *


de michel hazavanicius avec jean dujardin, berenice bejo, aure atika

1955, egypte, l'espion francais oss 117, face à un trafic d'armes mélant des révolutionnaires de l'islam, l'ex famille royale et des occidentaux

allez, malgré tout un tas de défauts, de moments creux, de lourdeurs, l'effort mérite récompense. et effort, il y a, avec talent. recréer un univers 50s / 60s, au dela de la parodie du film d'espion d'après guerre, une sorte de quintessence des clichés, qui rappelle autant les films de l'époque que les BD facon Blake & Mortimer (dans le registre "mon fidèle Nadir"), poussés jusqu'à la caricature, dans la dérision totale. facile sur le papier de filmer "à la manière de", y compris décors, costumes, musique (trompettes à la Burt Bacharach), pas si évident à mettre en oeuvre, avec une telle fidélité, de bout en bout. l'histoire patine donc un peu comme c'était le cas pour ces scénarios là, mais l'essentiel est dans les détails. et le fait de rire, beaucoup, ce qui devient ultra rare dans le cinéma actuel, surtout dans le cinéma comique... grace au duo hazavanicius / hallin, qui à force d'essayer de sortir de leur galaxie Nuls / Guignols depuis une quinzaine d'années, réussit enfin à sortir un bon film de divertissement, drole et intelligent. et grace, il faut bien le dire, à dujardin, on peut se poser encore des questions sur lui, mais il est parfait, et grand grand acteur comique (il suffit de penser au jeu d'un michael youn pour mesurer le gouffre), dans ce role de sean connery franchouillard, vulgaire, inculte (excellentes mimiques du mec largué).


El Bacos

03 mai, 2006

Dédicace

Juste pour dire que je serai en dédicace avec Philippe à la libraire Boulevard des Bulles, 50 Bd Saint-Germain, Paris Ve, le jeudi 4 mai à partir de 15h.
A part ça, voici une critique des Lois du Hasard que j'ai trouvée intéressante :

http://www.bdgest.com/critique_1464.html

Camping *


de fabien ottinente avec franck dubosc, gerard lanvin, mathilde seigner, claude brasseur

camping des flots bleus, près d'arcachon, les habitués du mois d'aout, autour de l'animateur / dragueur patrick (chirac...), et un médecin qui passe là par accident.

disons le toute honte bue, ce n'est pas la catastrophe attendue (et recherchée...). certes, quitter 15 mn avant "the secret life of words" où une réfugiée bosniaque évoque ce que représente pour elle "la dolce vita", tube disco ritale, qu'elle entendait pendant la guerre, et entendre cette même chanson en générique de "camping" fait un drole d'effet. certes, on remarque dés le générique que la fille de lanvin habite pile poil là où une dizaine d'excités en short jouent au foot tous les jeudi soir avenue de breteuil. pour le reste... on en revient à deux personnalités. celle d'otiniente, à la fois totalement maqué avec le milieu media parisien (et pour se mettre avec la poissinière Mathilde M, faut être motivé), mais qui a fait des films... au moins droles, comme "jet set" et "trois zero". pas un génie de la comédie, mais son film balnéaire reste plusieurs coudées au dessus des "bronzés 3". et dubosc. on se dit qu'il n'y a pas un grand écart entre ses sketchs de dragueur vieux beau et lui même, il en fait des tonnes pendant le film, mais il fait souvent rire. on s'inquiète quand même de son tein très rougeatre, coups de soleil ou abus de pastis ? ça reste globalement au dessus de la ligne de flotaison. mais ça baigne quand même dans une ambiance bien démago, facon TF1, le voyeurisme pour regarder les beaufs au camping, pastis, miss camping, tongs et tout ça, et la bonne lecon pour les "intellos" qui découvrent les plaisirs de la vie avec les gens simples. un peu comme ceux qui veulent faire croire qu'il faut danser une "chenille" dans un mariage parce qu'on est là pour se marrer et que sinon on est un coincé complexé... là dessus, les scènes de fin sont plutot insupportables. une tendance très "comédie francaise 70's" à montrer des seins nus, juste pour le plaisir. lanvin nous refait l'étalage de ces plaquettes de chocolat, qu'on commence à connaitre. toutes machoires serrées, comme d"hab, ça va commencer à faire mal aux gencives. la mathilde ronchonne et sort des grossieretés. jusqu'à preuve du contraire, sait elle faire autre chose ?


EL Bacos

PS : Vu lundi soir. Pas nul, en effet, mais vite vu, vite oublié.
LFB

26 avril, 2006

F1 : GP de Saint Marin (4/18)

Premier GP européen, après trois semaines d'interruption. Un circuit d'Imola, qui malgré l'affreux souvenir de 1994, reste pour moi source de formidable spectacle. Mais il est vrai qu'on ne peut pas trop doubler... ce qui a gâché le plaisir.

- 66e pole de Schumacher : il bat le record de Senna précisément là où Dieu s'est tué. Ca fait mal. Schumacher est un rapace.
- 85e victoire : elle devait bien arriver un jour, de manière régulière. C'est fait. Bravo pour la gestion de course pleine de roublardise et d'expérience.
- Alonso : une petite claque quand même, dans la mesure ou Schumi lui rend la monnaie de sa pièce par rapport à 2005.
- Raikkonen : étrangement anonyme.
- Webber : il a laissé passé l'orage Rosberg, et il fait du bon boulot.
- Fisichella, Barrichello : les éternels seconds couteaux.
- Trulli : l'éternel malchanceux.

Les étoiles :
* * * : MSchumacher
* : Alonso, Montoya, Massa, Webber

23 avril, 2006

Jean-Philippe * * *




de laurent tuel avec fabrice lucchini, johnny hallyday

fabrice, fan total de Johnny, se réveille, suite à un choc, et se rend compte que ce chanteur n'est connu de personne. complètement paumé, il rencontre jean philippe smet, qui tient un bowling

oui, c'est vrai, une des meilleures comédies françaises depuis pas mal de temps. pas à se tordre de rire, ce n'est pas le but, mais un bon film plein de rythme et surtout très bien écrit. on sent la différence par rapport aux comédies à succès de ces dernières semaines... car il n'y a pas seulement la bonne idée de départ, qui peut tourner en rond rapidement, il y a aussi toute le déclinaison du scénario, luchini qui veut relancer Jean Philippe et rattraper 40 ans de sa vie, et Johnny à la fois même et son double, en vrai, c'est quand plutot fin et intelligent. Ne boudons pas notre plaisir d'autant que les dialogues sont travaillés, les acteurs convainquants. Luchini fait certes son numéro de "fan de musique", mais il porte le film, personne d'autre de crédible pour faire ce role. Hallyday est bien, parce qu'il sait trouver la bonne distance, dans l'auto dérision de son "personnage" mais trop non plus. Il y a quand même le hic de comment l'intrigue réussit à revenir à la réalité de la méga star. On veut bien admettre que ce film dégage une sympathie pour Johnny, c'est le postulat de départ. Et tant pis si on apprécie moyennement le gars, pour ce qu'il représente de beaufitude et de traitrise à la cause du rock. Et considérer que ses meilleurs moments sont ceux des ses passages à vide, comme à la fin des 70's, bouffi et alcoolo. Ou alors les "fans de Johnny" au ciné, comme l'inoubliable Yves Afonso dans le cultissime "Arcandiers"...Mais le mec lifté d'aujourd'hui, la petite Jade, Optic 2000, le Stade de France et tout ça, non merci. Bref, c'est un mythe. Et ce film le rend sympa, touchant. Et on ne peut pas s'empecher d'être pris, ému par cette scène où il "apprend" "Quelque chose de Tennessee " (grande chanson) en essayant de faire "comme Johnny". Re bref, le scénario se mort la queue dans une apothéose au Stade de France qui le voit triompher, alors que tout le reste est finalement crédible, une fois acceptée cette histoire d'oubli, cette scène de concert est totalement complaisante, un relachement très coupable du scènario. Surtout pour chanter sur "allumez le feu", cette scie qui représente sans doute le degré zéro du rock, et le summum de ce qu'il y a de pire en terme de communion avec son public. Un excellent film, néanmoins. Qui ne sera pas facile à vendre au delà du Benelux, vu que pour un étranger, cette idée que Johnny n'a jamais existé est plutot évidente.


El Bacos

PS : Je rajoute que l'excellente actrice qui joue la fille de Lucchini (voir photo) n'est autre qu'Elodie Bollée, ci-devant ma petite cousine germaine...

21 avril, 2006

Triste sire 8

AD Grand-Rivière desséché...

Reçu ce matin ce courrier officiel de Casterman :
"Cher Auteur,
Nous avons eu le plasir de publier en 2000 et 2003 vos ouvrages "Terre d'Election" et "Bouskachi".
Cependant, comme vous avez pu le constater, le rythme des ventes s'est considérablement ralenti et nous disposons actuellement d'un stock trop important par rapport aux demandes des libraires.
Nous avons donc pris la décision de réduire ce stock et de le ramener à une quantité d'exemplaires correspondant au minimum à huit ans de vente. Il est en effet plus cohérent d'effectuer, le cas échéant, de nouveaux tirages au fur et à mesure du rythme d'écoulement effectif, que d'immobiliser un stock excessif.
Les quantitées pilonnées apparaîtront sous la rubrique "Pilon" dans votre prochain compte d'auteur.
Nous vous prions d'agréer, cher Auteur, l'expression de nos sentiments distingués."
Pas de commentaires particuliers. Je ne suis pas aigri. J'aime bien les deux majuscules, bien visibles : l'une pour Auteur, l'autre pour Pilon...

19 avril, 2006

Petites nouvelles perso

De retour d'une semaine de vacances en Bretagne, où j'ai eu le temps de faire une séance de dédicaces (seul !) à Saint-Brieuc. Les Lois du Hasard est donc sorti, et les premiers avis sont positifs, ce qui est sympa. Sur BD Paradisio, un seul internaute a pour l'instant posté sa critique de l'album et il commence par : "un album frustrant" (ensuite, on comprend que c'est parce qu'on attend la suite !). Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre de remarque et j'avoue qu'elle me chagrine un peu. Je m'en étais déjà expliqué dans le cahier bonus de l'intégrale : juger de la qualité d'un album par la frustration qu'il y a à attendre le tome suivant est pour le moins pernicieux ! Pourquoi ne pas dire tout simplement : "vivement la suite !". Bon sang !

Lu sur Actua BD, site majeur et incontournable, une interview de Jean-Claude Bartoll, le scénariste de Insiders et maintenant de Mekong (pas encore lu). A la question concernant la sortie de ses nouveaux projets chez d'autres éditeurs que Dargaud, il répond : "Lorsqu’un éditeur vous martèle à plusieurs reprises que vous ne ferez pas plus de 2 séries chez lui, vous ne pouvez pas faire autrement que de proposer vos nouveaux projets ailleurs."

Cette phrase a fait tilt en moi. Et je crois avoir enfin compris pourquoi Dargaud me refuse effectivement tous mes projets depuis trois ans. J'ai en effet chez eux ApocalypseMania et aussi une trilogie baptisée Speedway, signée en 2001 et qui est dessinée par Siro (je précise qu'il n'a dessiné que quatorze planches en quatre ans... ne me demandez donc pas quand le T1 de Speedway pourrait sortir). J'ai peut-être déjà mon quota de série dans la grande maison ! Et là, j'ose dire que tout s'explique, que tout devient clair... Ce qui est dommage, c'est qu'on me l'ait jamais dit franchement (on m'a toujours refusé mes projets sous prétexte qu'il n'y avait pas de "coup de coeur"), mais je ne vois pas d'autre explication. (Ou alors, je me rassure, et je suis peut-être vraiment devenu un mauvais scénariste de BD du jour au lendemain...) (le psy, c'est par où ?)

A part ça, c'est dans deux mois les 24H duMans, et c'est bien Motors TV qui retransmettra la course en direct (of course) et en intégralité, et ce depuis les vérifs du lundi. Plus de cinquante heures d'antenne dans la semaine, vive les cadences infernales ! C'est aussi ça la passion...

Tentative il y a deux jours de regarder le film La Moustache, avec Vincent Lindon et Emmanuelle Davos. Idée géniale : un homme se coupe sa moustache et personne ne le remarque. Hélas, au bout de quinze minutes seulement, une catastrophe de scénario : tout le monde lui soutient mordicus qu'il n'a jamais eu de moustache. Pourquoi verser dans cet artifice, grands dieux ! Ca aurait été si bien si on avait continué sur la première voie... Du coup, arrêt du DVD aussitôt. Vu ensuite un film anglais, Born Romantic, produit par la BBC. Rien de génial, mais sympa.

Je suis en train de lire le Dictionnaire égoïste de la Littérature française, de Charles Dantzig (Grasset). On peut ne pas être toujours d'accord avec lui, mais c'est pertinent et intéressant. Du coup, ça m'a donné deux envies : 1) écrire le même genre de livres sur la BD (je vais commencer dès aujourd'hui) et 2) relire des poètes comme Laforgue, Larbaud, Vehaeren.

A part ça, mon fils Hugo sait enfin faire du vélo.

A+

18 avril, 2006

Inside Man * * *


de spike lee avec denzel washington, willem dafoe, cliwe owen, jodie foster

un braquage dans une banque de Manhattan, un négociateur du NYPD, une femme qui rend service au patron de la banque

derrière ce résumé très classique du film de braquage, tout le talent de spike lee pour en faire autre chose. talent oui, parce qu'il en faut pour détourner ainsi le genre avec un gros budget et un gros gros casting. à la fois satisfaire un certain public qui cherche le film de genre avec ses codes (même si nos amis "Julius", amateurs de grosse catagne et de gun shots, vont s'emmerder), et filmer intelligent, personnel. il faut peut être qu'un type comme lui soit contraint de filmer avec un cahier des charges à respecter pour faire de bons films. il a sinon facilement tendance à partir dans sa mégalo et sa prétention. qui ne sont pas absentes de ce film, d'ailleurs, une tendance à jouer au plus malin avec le scénario qui peut agacer, le parti pris quasi systématique de surprendre. dans le ton, à la fois sérieux et proche de la dérision, voire de la farce, scènes assez droles (avec la femme albanaise par exemple). mais il sait surtout créer une atmosphère, une sorte d'ambiance en suspension, comme si il appuyait sur la pédale du frein, c'était déja le cas dans "la 25eme heure" (son meilleur film, sans doute). ainsi que sa facon de filmer New York, peut être un des plus justes ces 20 dernières années, dans la violence ("do the right thing", "jungle fever") et dans "l''après 11 septembre ", "la 25eme heure" et ce "inside man", une ville métissée, assez parano, tendue. ce n'est ni "un après midi de chien", ni "ocean's eleven", quelque chose entre les deux. interprétation excellentissime. un petit bemol pour Jodie Foster, qu'on a du mal à voir en femme très classe, mais denzel est plus que parfait et clive owen, sorti de la médiocrité de "closer" est effectivement ce beau mec, macho, qui, oui, comme il a été dit, aurait fait un excellent James Bond.

El Bacos

Les Brigades du Tigre * *


de jérome cornuau avec clovis cornillac, diane kruger, edouard baer, olivier gourmet, jacques gamblin

1912, trois policiers des Brigades du Tigre, face à Bonnot et sa bande, ainsi qu'une princesse russe et des fonctionnaires corrompus, sur fond de marche vers la guerre

tentative presque convainquante d'un film francais d'action historique, avec gros moyens, gros gros casting et une réelle ambition de bien faire. un domaine qui semblait réservé la plupart du temps à des US, type Scorcese. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, on pense d'ailleurs à lui de temps en temps. Parce que cette histoire de flics et voyous est finalement assez éloignée dans l'esprit de la série télé. Il reste une certaine légereté et le charme de la Belle Epoque, mais cette histoires, ces histoires, sont bien plus dures, réalistes, un violence surprenante, qu'un Scorcese aurait encore plus accentué, jusqu'au malaise. C'est ce qui manque à ce film plutot ambitieux qui reste entre deux, une chronique réaliste et violente de l'époque et une série télé autour de héros sympathiques. Le vrai défaut de ce film, celui qui nous fait nous laisser sur notre faim, est d'avoir voulu raconter plusieurs histoires, alors que celle de la traque de Bonnot, excellent Gamblin, est la plus prenante, la plus équilibrée, la plus dans l'époque. Mais il se fait canarder au tiers du film. La suite se concentre sur le personnage de princesse russe jouée par Diane Kruger (curieuse idée de la faire parler russe ainsi que le méchant "piotr" frémont). Certes, certes, elle s'en sort plutot pas mal, et pas seulement par sa beauté incontestable, mais face à de tels acteurs de haut calibre, un peu trop du poids du film repose sur l'ex de Guillaume Canet... erreur de scénario. La fin est plutot lourdingue avec un climax pas très crédible à l'Opera, réunissant Jaures, Poincaré et tout le gratin. Film courageux car prenant le contre pied d'un spectacle grand public et consensuel, mais qui souffre d'une intrigue qui patine sérieusement en cours de route.

A noter une première: la non homologation d'un film , "asterix et les vikings", durée 78 mn, sorti au bout de 20 mn, donc la barre des 50% n'est pas atteinte. juste le temps de constater qu'adapter une BD dont on connait les répliques par coeur n"'a aucun intérêt, que rajouter des références de notre époque orienté gamins tombe totalement à plat. seul bon point: avoir gardé la voix de roger carel pour asterix et tchernia en tant que narrateur. mais ça ne suffit vraiment pas pour rester.


El Bacos

07 avril, 2006

ApocalypseMania !


Petit moment d'émotion : c'est aujourd'hui que sort le nouvel album de ma série principale. Pour ceux que ça intéresserait, sachez que c'est toujours un sentiment très spécial que de voir un des albums être mis en vente. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est comme si vous deveniez le père d'un nouvel enfant, mais il y a un peu de ça. On ne se sent pas comme d'habitude, en tout cas.
Ce sixième album (également le premier du Cycle 2), baptisé Les Lois du Hasard, a été écrit au premier trimestre de l'année 2004. Oui, il y a deux ans ! Je me souviens très bien l'avoir terminé en Suisse, où je me trouvais pour les vacances de Pâques de cette même année. A ce moment-là, le T5 (Cosmose) venait juste de sortir, et comme souvent, j'étais motivé pour enchaîner ! (c'est d'ailleurs la même chose aujourd'hui : j'ai écrit hier la 16e page du T7).
C'est aussi à cette époque que j'ai appris que Philippe Aymond allait dessiner la nouvelle série de Jean Van Hamme, Lady S. Une nouvelle qui m'a fait énormément plaisir pour Philippe, qui méritait assurément d'avoir un grand succès, mais qui m'a fait prendre conscience que désormais, le rythme de parution des albums d'ApocalypseMania allait se ralentir - et plutôt considérablement. Pour un scénariste, je peux vous dire que ce n'est pas facile de savoir que l'histoire que vous avez inventée et découpée ne verra le jour que deux ans plus tard !
C'est en tout cas chose faite avec ce nouvel opus, que j'espère vous apprécierez. Philippe et moi sommes assez fiers de ce nouveau personnage, Leonhard Euler, que nous pensons fort et même émouvant. On attend les avis avec impatience !

06 avril, 2006

L'âge de glace 2 * *



film d'animation de carlos saldhana

le mammouth, le tigre et le paresseux, toujours ensemble, confrontés à la fonte des glaces

on aimerait dire que "ice age" rejoins ces très rares films d'animation séduisants et réussis, y compris en suite. à ce jour, il n"y a eu que "toy story" et "shrek". en toute honnêteté et malgré la sympathie que dégage ce # 2, ses 3 personnages, il faut reconnaitre qu'il ne fonctionne pas. rien de honteux, mais il n'y a pas d'histoire, c'est criant au bout de 10 mn, et les 80 autres ressemblent à du remplissage. qui fait sourire de temps à autre, qui fera plaisir aux gamins, qui les scotchera des heures durant devant le DVD (vraiment l'impression que ce genre de film qui ressemble plus à une suite de sketchs SONT FAITS POUR le DVD) mais il n'y aucun scénario construit, on aurait d'ailleurs bien du mal à raconter une intrigue. les moments délirants, il y en a pas mal, masquent difficilement cette sorte de vide. le meilleur, de loin, du générique de début à celui de fin, et tout au long du film, en interludes, sont ces courts extraits de la vie du rongeur Scat et de sa noisette. Droles, imaginatifs, ils justifient à eux seuls la vision du film. Mais tellement présents qu'ils ne font que souligner qu'il n'y a pas grand chose d'autre. Ceci dit, ne soyons pas blasés, la qualité d'image et les mouvements d'animation sont de plus en plus impressionnants.


El Bacos

Triste sire 7

04 avril, 2006

Top 10 Pet Shop Boys

A quelques semaines maintenant de la sortie de leur nouvel album, petite hitlist double en ce qui concerne les Pet Shop Boys, toujours mon groupe préféré de tous les temps.

Top 10 songs & production (random order) :
Your Funny Uncle
Being Boring
I Can't Say Goodnight
Hey Headmaster
Liberation
I'm Not Scared (Introspective Version)
Something Special
Jack The Lad
Footsteps
Young Offender

Top 10 remixes (random order) :
So Hard (KLF vs PSB)
Young Offender (Jam & Spoon Trip-o-matic Fairy Tale Mix)
Yesterday When I Was Mad (Jam & Spoon Mix)
Miserablism (Moby Electro Mix)
I Don't Know What You Want But I Can't Give It Any More (Morales Mix)
New York City Boy (Morales Mix)
Paninaro 95 (Angel Moraes Dance Mix)
Home And Dry (Ambient Mix)
West End Girls (Dance Mix)
A Red Letter Day (PSB Extended Mix)

Separate Lies *


de julian fellowes avec emily watson, tom wilkinson, rupert everet

londres et la campagne anglaise, james et anne, à la vie aisée, sans problème, jusqu'à une mort par accident d'auto, qui les mèle directement, ainsi que leur voisin, devenu amant de anne

le fait que ce fellowes ait été le scénariste de "gosford park" n'est pas forcément un atout vu l'ennui du film de altman. de nouveau en pleine ambiance so british, de la upper class, policé, sans souci apparent. quelque chose d'assez proche de "match point" de woody allen mais vraiment pas avec le même talent. disons que tant qu'il s'agit de l'enquète policière et tout le jeu des mensonges et faux semblants, ca se tient, c'est rigoureux, séduisant. mais pour ce qui concerne les relations sentimentales, l'adultère, le couple james / anne, de modérément prenant dans un premier temps, cela devient franchement n'importe quoi sur la fin, sans finesse, clichés, maladroit et interminable. ce qui se voudrait être de l'ironie, un ton désabusé, fait franchement rire dans la salle, ce qui n'est pas bon signe. le personnage de la secrétaire un peu bombasse mais totalement transparente qui dragouille son patron fera date dans le genre "sacrifiée dans le scénario". wilkinson a le mauvais role, celui qui n'est pas trop crédible. la belle emily watson, est parfaite, comme toujours, quelle actrice, quelle charme... quand à rupert everett, il est crispant, se contentant de faire la gueule, genre "méprisant". on le prèfere bien plus au naturel en copain homo facon "my best friend's wedding".


El Bacos

03 avril, 2006

F1 : GP d'Australie (3/18)

Un GP où il y a quatre interventions de la voiture de sécurité pour autant de (gros) crashes échappe forcément à la banalité. On ne s'est pas ennuyé devant ce spectacle haut en couleur, sur un circuit absolument fabuleux et complétement sous estimé sur l'échiquier mondial des tracés de course automobile. Il y a même eu des moments de pure folie où les pilotes semblaient pêter les plombs... Bref, une excellente course qui m'amène aux commentaires suivants :
- Alonso : rien à dire, magistral, phénoménal. Quelle domination. On ne peut qu'être admiratif d'une telle maîtrise. J'ai mis trois étoiles (voir plus bas), j'aurais pu en mettre quatre...
- Fisichella : maintenant qu'il a son susucre, pardon : sa victoire, le naturel revient au galop. Trop lent et malchanceux...
- Massa : les anciens démons du cheval fou qui reviennent ?
- Schumacher : désolé, mais le voir se mettre dans le mur (sans qu'il ne soit blessé, cela va de soi), me fait plutôt plaisir...
- Ralf Schumacher : étonnant comment ce pilote est à la fois si anonyme et si performant en fait.
- Les BMW : je trouve que Villeneuve a usurpé son baquet, mais je suis content que cette nouvelle (grande) équipe marche fort.
- Barrichello, Montoya, Ide, Monteiro, Rosberg, Massa, Fisichella... : dur d'être 2e pilote !
Les étoiles :
* * * : Alonso
* * : RSchumacher, Heidfeld
* : Villeneuve, Liuzzi, Webber

31 mars, 2006

Feu croisé * * *


Andreas, Delcourt

Je continue d'acheter les yeux fermés tout nouvel Andreas (sauf le Donjon qu'il a fait il y a quelques années, n'ayant pas lu ou acheté les autres), même si je dois avouer que je serai à tout jamais nostalgique de la grande période Rork, qui est pour moi le must du must. Capricorne, du coup, apparait un peu fade et je reste un tout petit peu mitigé sur Arq. Disons qu'en ce qui concerne cette série, le problème est venu qu'au bout de quelques albums, on comprenait qu'on se trouvait dans un monde virtuel, inventé. Ce n'est pas que cela soit invraisemblable comme solution, mais je trouve que c'est un peu gros de faire quatre albums dans un sens avant de nous dire au cinquième : ah au fait, tout avant était factice. Je ne dis pas que tout cela n'aura pas de sens une fois que les dix-huit albums promis seront sortis, mais sur le moment, c'est un peu lourd comme procédé.

Pour Arq, je me suis donc résolu à découvrir les albums au coup par coup, et à ne plus trop me poser de questions.

En tout cas, il est clair que ce T9 est de loin mon préféré. La raison tient sans doute à un phénomène étrange : nombreux sont les points communs entre Feu croisé et Manik Shamanik, le T7 d'ApocalypseMania que je suis en train d'écrire. C'est parfois même confondant, et ça fait une drôle d'impression, je vous jure ! Le cadre du désert, la langue inconnue, les visiteurs - tout cela est aussi au menu de mon côté ! Pour ma défense, je ne peux dire qu'une chose : cela fait deux ans au moins que Philippe Aymond et François Le Bescond, mon éditeur chez Dargaud, savent quelle sera l'histoire de ce T7... Je n'ai donc pas copié sur Andreas, juré !

Cela étant, il va falloir que je modifie certaines choses pour ne pas être trop ressemblant... Est-ce à dire malgré tout que je commence à penser comme le maître ? Est-ce à dire que je pourrais faire un jour un album avec lui ? (ne rêvons pas)

En tout cas, un superbe album, plein de mystères et de fantastique, avec tous les thèmes que j'apprécie...

Shanghai Dreams * *



de wang xiaoshai avec g.yuanyauan, l. bin

1983, Chine, province de Ghinzou, des familles délocalisées de Shanghai pour faire tourner les usines. les amours de jeunesse des enfants...

un quasi prototype de film "du MK2 Beaubourg", une sorte d'épure du genre: asiatique, destiné à un public qui restera confidentiel, à la fois original, différent, la vie familiale et sentimentale dans une Chine encore très tournée vers le Parti, et soporifique, interminable, surtout sur le fin... par définition... On alterne entre l'admiration pour la subtilité de la réalisation, la finesse pour raconter des histoires de flirt universelles dans un contexte bien particulier, et l'impression progressive que pas mal de scènes sont sur signifiantes, bien appuyées, autant démonstratif que contemplatif finalement. reste de beaux moments, certains franchement droles, comme cette "Boum" très coincée entre jeunes. un film sur la corde qui penche plutot vers la talent que la prétention. enfin, bref, un film de festival, pour salles art & essai occidentales, ce qui tombe bien, Prix du Jury à Cannes.


El Bacos.

28 mars, 2006

Triste sire 6

Le Passager * * *


de eric caravacca avec eric caravacca, julie depardieu, vincent rottiers, nathalie richard

thomas, retrouve son frère ainé, richard, mort, suicidé. préparant l'enterrement de ce frère qu'il ne voyait plus, il retrouve une femme et un ado qui l'ont connu dans un petit village

une pépite de film intimiste "à la française", beau et fort, comme on en a rarement vu ces dernières années. pialat a été évoqué, mais c'est plus dans le téchiné, voire le chéreau, un chéreau qui serait débarassé de ses tics de "brillant réalisateur", un chéreau qui serait pudique. des maladresses bien sûr, mais un scénario fin, plein d'émotions, celles de la vie, sans avoir à en rajouter dans le spectaculaire, un film sur le deuil, d'un frère cadet en lutte contre son ainé, même après sa mort. un tas de choses qu'on ne voit pas assez au cinéma, du réel, des relations humaines entre des "vrais gens", ni héros ni loosers, une ambiance à la fois triste et reposante d'un village de bord de mer. le besoin d'affection d'un ado, les douleurs d'une femme, même deux femmes. rien de superflu, et rien de complaisant pour "plaire", une petit heure 25, il faut du talent pour faire court. construction en deux parties, quand thomas ment (par omission) puis quand il doit assumer sa filiation avec le mort. julie d confirme ce qu'on pensait en voyant "toi et moi", elle sait faire autre chose, être adulte. floppée de 2nds roles toujours à leur place, nathalie richard et les maurice, benichou et garrel. quand à caravacca, déja l'acteur d'un film ("la chambre des officiers"), même si il en a fait d'autres ("c'est quoi la vie", "inguelezi", "son frère"), il sera aussi, pour l"histoire, le réalisateur d"'un grand film. ce n'est pas donné à tous les acteurs francais.


El Bacos

Triste sire 5

27 mars, 2006

Ce qui est précieux * * *


Larcenet, Dargaud

Suite des aventures de Marco au pays de la difficulté de vivre (sans que cela soit pourtant impossible). On ne peut qu'être admiratif de cette oeuvre faussement simple, où le quotidien n'est absolument pas banal - mais toujours crédible et touchant. Larcenet possède vraiment un talent bien particulier pour exprimer des sentiments profonds et des vérités universelles, sans pour autant user du verbiage ou du mot d'auteur. Et le dessin qu'il utilise pour les crises d'angoisse de son personnage principal sont d'une force inouïe.
Si l'on devait pinailler un petit peu, on dirait que les dessins qui sont censés être des photographies sont peut-être moins forts que prévus et que l'on pense toujours que c'est le T2 (Les Quantités négligeables - un des meilleurs titres que je connaisse) qui reste le plus percutant.
Mais sinon, quelle oeuvre !

22 mars, 2006

Renaissance * *


film d'animation de christian volckman

paris, 2054, Ilona, jeune chercheuse à la toute puissante Avalon, est enlevée. Le capitaine Karas la recherche, aidée par la soeur d'Ilona

Ne faisons pas la fine bouche, visuellement, c'est époustouflant. Du noir et blanc très "ombré", totalement dans l'ambiance du polar noir qu'est ce film, dans une ville démesurée, sous surveillance totale. et, malgré des lenteurs, une histoire qui tient la distance. car mettre en scène un univers visuel, tout aussi magistral et original soit il, ne suffit pas. il faut encore coller au rythme d'un long métrage, disposer d'un scénario suffisamment varié et prenant. en fait, c'est quasi mission impossible, même des réussites évidentes comme "les triplettes..." n'y échappent pas, notre oeil n'est sans doute pas prêt à se passioner pour 90 mn ou plus d'animation. mais ce "renaissance" n'est pas le "immortel" de Bilal, renversant sur un plan esthétique, mais totalement ennuyeux. grace à une histoire assez classique mais sans facilité de la BD de science fiction, et de la littérature ou cinéma référencé (grosse influence "Blade Runner"), autour d'entreprise dominante, de recherche de la longévité, de génétique, de personnages ambigus, de monde sans foi ni loi. excellente idée d"avoir placé l'intrigue dans un Paris du futur, ce qui permet quelques repères (cette idée que la Seine serait presqu'à sec). un peu trop de technologie parfois, de gadgets divers, ce qui ne facilité pas la compréhension des images. un film courageux, pas évident, donc à soutenir.


El Bacos

F1 : GP de Malaisie (2/18)


Pas facile de regarder ce GP alors que l'on vient de s'enquiller douze heures de commentaires non-stop pour les 12H de Sebring ! Je l'ai donc vu en différé, et voici ce que j'en pense :
- tant mieux pour Fisichella, mais je ne peux m'empêcher de dire que sa victoire tombe très bien. Aurait-on persuadé Alonso de lui laisser en gagner un avant de reprendre les choses sérieuses ? Ce serait un peu fort, mais je constate que la réhabilitation de Fisico intervient avant qu'il ne soit trop tard.
- j'avais parié sur une victoire de Button : il est très solide et sans doute maintenant mon pilote préféré (quelle pureté dans son pilotage !), mais Honda est encore un peu juste. Dommage...
- Raikkonen est-il le nouveau grand malchanceux de la F1 ?
- Le départ de Rosberg : même si je n'aime pas trop Webber, il ne faudrait quand même pas exagérer non plus pour l'Allemand. De plus, ça a permis à Alonso de passer ! C'était bien la peine ! Pire : j'avais parié que Rosberg terminerait dans les six premiers. Son moteur en a décidé autrement...
- Massa qui devance Schumacher : voilà qui fait du bien au moral.

Les étoiles :
* * * : Fisichella
* * : Massa
* : Alonso, Button, Villeneuve

15 mars, 2006

Triste sire 4

Hell *



de bruno chiche avec sara forestier et nicolas duvauchelle

Paris, Hell, ado des beaux quartiers, glande avec le fric de la famille, sexe, coke et dégout de soi. elle rencontre andrea, un peu le même genre, ca devient passionnel

une cible évidente pour se faire allumer, un bide total, mais il ne le mérite pas. certes, ca ne fonctionne pas, mais l'intention est louable, plutot courageux de traiter de cette vie de "rien" de gosses de riches paumés, sans tomber dans la caricature du Paris frime ni dans le sordide facile. le réalisateur essaye, un film qui se veut "underground", pas consensuel, pas complaisant, mais, est ce la difficulté de mettre des images sur un livre, est ce un manque de talent, on n'y croit pas. on ne croit pas à cette passion, on s'emmerde à les voir, donc, forcément, ça tourne à vide. Ce n'est pas Les nuits fauves qui, même avec ses gros défauts, avait quelque chose d'excessif, de destructeur, fascinant. On a même parfois l'impression de se rapprocher d'une "Boum" sous coke, voire "Helene et les garcons" (la scène d'"adultère" de la fin, ratée de chez ratée). Ce n'est pas la faute à la réalisation, plutot sobre, même si il faudrait penser à bien enregistrer les voix des acteurs. Ni le casting. Plutot séduisant, avec les "beautiful young" du ciné francais. Duvauchelle, tous tatouages dehors, s'en sort, mais il est à la limite de tomber dans le piège de la caricature du beau gosse rebelle, il file un mauvais coton après un super début de carrière. La Forestier parle encore un peu vite, comme dans "l'esquive", elle est un peu limitée, mais excusable, à son age. Y'a encore du boulot mais dans le genre ado un peu fluette, elle est cent fois plus talentueuse et sexy qu'une Vanessa Paradis. Le film s'embourbe clairement sur la fin, quelle idée de se crasher en voiture sur du Placebo.

El Bacos

Triste sire 3

14 mars, 2006

Un grec qui ne l'a pas toujours été...



Quelle ne fut pas ma surprise de recenser parmi les nouveautés BD du mois de mars, chez Glénat, l'oeuvre suivante : Le Grec, par Al Coutelis.

On rappellera juste que j'ai créé, avec ce même Al Coutelis, le personnage d'AD Grand-Rivière, dont quatre volumes sont parus chez Casterman entre 2000 et 2003.


Le moins que l'on puisse dire est que les analogies sont nombreuses entre les deux séries ! Voici ce qu'on pouvait lire comme communiqué de presse à propos du T1 d'AD Grand-Rivière à l'époque :

"Grand-Rivière, c'est son nom. A. D. Deux initiales et rien de plus. Personne n'a jamais réussi à en connaître la signification exacte. Profession: commissaire principal, sept ans de métier. Signe particulier: de couleur noire. Look rapeur, mais plutôt frappeur. Bonnet rasta, vieil imper, flingue en poche et carte tricolore de la police. La panoplie d'un flic pas comme les autres qui combat le fléau des cités.
Grand-Rivière, sans le savoir a presque été témoin du meurtre. Trois militants du TNT se trouvaient là quand Rachid le coleur d'affiches a été abattu. Comme par hasard. Pas de preuve, mais des témoignages qui se recoupent, et une intuition. Une enquête aux moyens musclés: indics, planques, infiltration, Grand-Rivière uses de ses moyens les plus forts. Plongée dans un univers politiquement incorrect."


Voici maintenant la fiche pour Le Grec : " Theophanos Papoutsonoukadar, plus connu sous le nom de Théo Pap alias Le Grec, est un flic à principes. Refusant de procéder à l'expulsion d'un homme vivant dans un taudis convoité par des promoteurs immobiliers, il se fait remonter les bretelles par sa chef. Mais malgré sa tendance marquée à l'insubordination, le Grec est un bon flic ; incorruptible, coriace, opiniâtre. Un flic qui n'aime, ni la pègre, ni les ripoux. Et ces qualités en font l'arme toute trouvée pour remplir une périlleuse mission : découvrir qui est la taupe qui renseigne la mafia des pays de l'Est des mouvements de la police. Pour cette mission, Le Grec a carte blanche. "

Vive le recyclage ! (On aura compris que je ne suis pas très content...)

13 mars, 2006

Syriana * *



de stephen gaghan avec george clooney, matt damon, jeffrey wright

autour de la succession au trone d"'un émirat du Golfe, grandes manoeuvres autour du pétrole impliquant grosses boites US, espions, CIA, et cie

comme il a été répêté un peu partout au sujet de ce film, c'est effectivement incompréhensible... enfin pas tant que cela, si on concentre autour des deux frères rivaux dans la succession, le "pur" et le "corrompu", ca devient plus clair. mais il y a tout le reste qui assombrit un peu l'intrigue. c'est louable de faire un scénario le moins simplificateur possible pour décrire et dénoncer ces collusions entre pétrole US, Gouvernements et Etats du Golfe, encore faut il que le propos soit accessible. Ce scénario à tiroirs joue finalement contre son camp, on aurait pu avoir le grand film , un peu à la facon des "hommes du président", on a à la place un bon film, qui nous fait voyager un peu partout, mais qui laisse sur sa faim. Saluons quand même la démarche de la bande Soderebgh/ Clooney / Damon and co, quand même beaucoup plus excusable sur ce coup là que sur "Ocean Twelve". De la belle ouvrage en terme de réalisation, qui lorgne à l'évidence sur "24 heures chrono"...cf l'épilogue "techno-fanatico-terroriste" dans le désert et sur le pétrolier excellente fin. le Clooney est barbu et bedonnant, on l'aime bien mais il a sans doute eu son Oscar parce qu'il a pris du bide... Non, sans rire, il s'engage, mais il ne va pas devenir acteur génial du jour au lendemain. Damon est sans doute le plus convainquant la dedans. Ainsi que Jeffrey Wright, l'un de ces fameux "on a souvent vu sa tête mais on ne sait pas comment il s'appelle".


El Bacos

Le nouveau Monde * *



de terrence malick avec colin farrell, orianka kilcher, christian bale

1606, les anglais débarquent en amérique. le capitaine smith, plutot taiseux et rebelle, se retrouve sous le charme de la nature et de la fille du chef

terrence malick, même en ne se réferant qu'à deux films vus (avec "the thin red line"), a un talent sans doute incomparable de filmer, une caméra aerienne, toujours en mouvement, comme une sorte de rêve avec l'omniprésence de la voix off et cette facon si particulière de faire avancer le récit, à la fois en prenant son temps et en accélérant les faits, sans se conformer à des codes de scénario. ici encore il filme superbement la nature, les corps, les mouvements. presqu'une sorte d'illustration visuelle de la musique, celle originale, superbe, de james horner, et un thème de mozart qui revient régulièrement. on peut cependant préférer quand il mêle ses images à la très concrète et violente guerre du pacifique comme dans son film précédent. car il a ici une sérieuse tendance à faire dans la naiveté, pour ne pas dire dans la niaiserie, genre "les bons sauvages" et le reste. la violence des combats colons / indiens est plutot édulcoré quand on imagine ce que cela a été (plus proche de "gangs of new york", sans doute) et la sensualité de "Pocahantas" bien pudique (pas l'ombre d'un sein à l'horizon pour une fille à moitié nue pendant la majeure partie du film). il y a quand même un certain snobisme avec lui, pas sur que l'on aurait pardonné autant de guimauve chez un autre et pas mal de prétention creuse dans ses monologues en off. heureusement, heureusement que le casting a eu la main heureuse avec orianka kilcher, parfaite, surtout quand elle sourit et s'amuse dans les herbes. pour ses partenaires... autant christian bale, dont on se méfie a priori, est plutot bien, discret, autant colin farrell confirme qu'il est ... mauvais. dans ce genre de film de haut niveau, ca ne pardonne pas, impossible de masquer l'inexpressivité de son visage, c'est un vraui bovin, et comme tous ces acteurs qui ne savent pas jouer (russel crowe, par exemple), il a une grosse tendance à compenser par la muscu, il a de sacrés biscotaux. comment cette indienne peut tomber amoureuse d'un mec pareil ? disons le franchement, au bout de 3 minutes, à la traditionnelle question "y me rappelle quelqu'un mais qui ?", la réponse est... andré agassi (période chevelu), le même air du mec pas à sa place et le même regard d'animal effrayé par la lumière des phares.


El Bacos

F1 : GP de Bahrein (1/18)


J'inaugure la rubrique qui sera désormais traditionnelle, avec analyse succinte des points clés des GP de F1.
La photo représente Jay Kay (Jamiroquai) et Rick Parfitt (Status Quo) en grande rigolade avant la course des célébrités !
Sinon :
- Michael Schumacher qui égale le record de pole positions jusque là détenu par Ayrton Senna : ça fait mal au coeur, mais ça devait bien arriver. Il faudrait maintenant un miracle pour qu'il n'arrive pas à le battre.
- Fernando Alonso qui gagne : rien à dire, il est fort le garçon, comme dirait Jacques Laffite, le plus mauvais consultant du monde (mais un type sympa par ailleurs). Heureusement qu'il est là, sinon on recommençait avec la funeste habitude de voir Schumi l'emporter au premier GP, ce qui aurait plombé d'emblée la saison.
- Les deuxièmes pilotes qui souffrent : Fisichella, Massa, Barrichello, Webber, Montoya, Villeneuve, Speed, Ide - ça ne va pas être drôle tous les jours pour vous, les gars.
- Raikkonen sur le podium : et si finalement ça le motivait de partir dernier ?
- Patrick Faure qui prend sa retraite (ou qui est débarqué, c'est selon) : adieu, on ne vous aimait pas, on ne vous regrettera pas. Les pilotes français talentueux non plus.
- Nico Rosberg : perdre 45" au premier tour et finir à 1' du vainqueur après être remonté, avoir signé le meilleur tour en course et accessoirement disputé son premier GP - phénoménal.
- Le circuit de Bahrein : n'arrive toujours pas à m'y faire.
- Toyota : on s'interroge et on ne comprend pas. Il faudrait vraiment maintenant un top driver.
Du coup, les "étoiles" (voir le site www.bollee.com) sont :
* * * : Alonso, Rosberg
* * : MSchumacher, Raikkonen
* : Button, Webber, Klien.

Toi & Moi *


de julie lopes curval avec elisabeth depardieu, marion cotillard, jonathan zaccai

deux soeurs, l'une écrit des roman photo et s'accroche à un mec qui ne s'intéresse pas à elle, l'autre est violoncelliste, mariée, mais tombe amoureux du violon solo.

passer en 20 mn de l'horreur visuelle et pyschologique de "hostel" à ce film est une expérience intéressante, et volontaire, "toi & moi" est parfait pour absorber le choc du précédent. énième "comédie de moeurs" sur les amours contrariées de parisiens trentenaires boboisants.... c'est devenu un vrai genre à lui tout seul. il faut bien en picorer un temps de temps, ca ne fait pas de mal. ni étonnant ni décevant, c'est juste passable. un peu léger sur l'histoire qui se traine de plus en plus sur la fin. la piste "comédie acidulée facon roman photos" est trompeuse, le film étant plutot grave sur la fin, grace à marion cotillard, la meilleure du film, clairement. jonathan zaccai comme prévu ces dernières années rentabilise sa belle gueule dans des comédies consensuelles. eric "tanguy" berger est limite mauvais. la depardieu a beau être la plus supportable de la famille, elle est de plus en plus atteinte du syndrome "tautou", répêter les mêmes mimiques et cultiver un personnage "femme enfant" absolument pas sexy. on préfere quand elle se lache dans quelque chose de plus trash, comme elle sait le faire. on oubliera rapidement. il s'agissait juste de passer à autre chose, visuellement, après avoir regardé une femme enchainée se faire griller les yeux au chalumeau...


El Bacos

Hostel * *


de eli roth avec jay hernandez, derek richardson, eythor gudhonson

deux jeunes américains et un islandais en vacances "sexuelles" en europe se font conseiller une auberge de jeunesse en slovaquie. des femmes superbes et disponibles, mais pas seulement...

après le très convainquant "cabin fever", eli roth s'affimer comme un maitre de film d'horreur, bien au dessus de la moyenne du genre, absolument pas dans le "horror movie pour teenager US" ni dans le film fauché facon "Blair Witch". Non, un vrai prodige du genre, au sens noble. Mais c'est de l'horreur, l'interdiction aux moins de 16 ans avec le bandeau "attention scènes insoutenables" est plutot justifié. certes, la caméra a plutot tendance à s'effacer pendant les "actes", intelligemment, mais pas toujours. ce serait d'ailleurs le principal défaut du film. il en rajoute un peu beaucoup dans le gore (la japonaise sur la fin...), son film aurait gagné à plus viser le "moins de 12 ans", car l'ultra violence, comme souvent dans ces cas là, bouffe un peu trop le reste. on a beau essayer de prendre cela au 2nd degré, à en rigoler, ce n'est pas une parodie, malgré quelques clins d'oeil, et, comme dans "land of the dead", il faut bien se résoudre à se prendre la violence de face. un scénario très malin, qui ressemble longtemps à un films d'ados avec belles nanas à poil et mecs qui déconnent, sauf que le revers de ces Occidentaux et surtout Américains qui se défoulent en faisant leur marché du sexe est cruel... ils sont la proie très recherchée du marché de la torture. ça fait penser au récent "13 Tzamati" en allant encore plus loin. bien écrit, avec une europe de l'est caricaturé dans sa glauquerie. on est peut être plus à l'aise avec la maladie contagieuse de "cabin fever", la torture et la mutilation ne peuvent que rappeler notre époque, Abou Graib et autres. "tarentino presents", plus qu'une caution, c'est un aveu de sa part que ce film sait allier violence et intelligence, ce qu'il n'a pas su faire dans "Kill Bill 1". entre autres amusements pour public averti, on saura enfin comment on fait pour découper un corps, un peu comme Jugnot , derrière la porte, dans "le Père Noel..."


El Bacos

10 mars, 2006

Triste sire 2

Truman Capote * * *



de bennett miller avec philip seymour hoffman, catherine keener, clifton collins jr

1959. l'écrivain truman capote et son amie nelle enquète sur un triple meurtre dans le kansas. il se nourrit de ce fait divers, pour écrire un livre, "in cold blood"', jusqu'à se lier avec un des meurtriers.

le titre est finalement très trompeur, laissant penser à une "bio" (cf les commentaires sur les Bios à l'américaine pour "walk the line"), alors qu'on est dans un registre totalement différent. c'est en fait l'histoire d'un livre, "de sang froid", comment il nait et comment son auteur, l'écrit. une courte période de la vie de capote. et contrairement au film sur johnny cash, qui reprenait avec pas mal de complaisance les ficelles du cinéma hollywoodien, ce 1er film est, quels que soient les producteurs, 100% indépendant dans l'esprit. exigeant, austère, il n'y a quà entendre les fauteuils qui claquent pour comprendre qu'il y a un risque de se tromper de salle. pas d'action, juste un homme face à son sujet, à sa personnalité, ses zones d'ombre. un caractère ambigu, à la fois brillant, lache, manipulateur, prétentieux, émouvant. on est dans la subtilité loin de tous les codes du grand spectacle. avec ce défaut réel d'être trop long, lent, ça mériterait d'être raccourci. mais la fin prenante, avec ces visages en gros plan dans la cellule, remporte l'adhésion. superbe réalisation, vraiment de grande classe, ce mec est à suivre. quand à l'interprétation...seymour hoffman, considéré parfois "en off" comme l'un (ou le ) des plus grands acteurs américains actuels, le confirme. un peu comme don cheadle, on sait qu'ils sont largement au dessus du troupeau, mais on prend plaisir à ce que tout le monde ne le sache pas. car il n'y a pas que les manières effeminées de capote, il y a plein d'autres choses, le regard, le mouvement... dans le genre "top crédibilité cinéma indé US", on retrouve aussi la toujours mimi catherine keener. sans oublier le meurtrier, vraie révélation. un film qui donne une grosse envie de lire le livre.


El Bacos

Triste sire 1



Sonnez hautbois, résonnez musettes : voici mes officiels débuts en tant qu'auteur complet BD ! Plus sérieusement, grâce au logiciel stripgen que l'on peut trouver sur le site
www.thirdframestudios.com/adgame/stripgen/, je me lance dans une production de strip (pas quotidiens, mais j'en ferai régulièrement) avec mon personnage principal : Triste sire.

Captain Biceps T1 * *

Zep & Tebo, Glénat
C'est mon fils Hugo qui s'est acheté cet album avec son argent de poche mais comme il ne sait pas encore lire (il a cinq ans), c'est moi qui lui ai fait la lecture le soir... Et là, j'avoue que j'ai plutôt bien rigolé, avec d'amusantes parodies de super-héros et surtout une rubrique à chaque page ("le saviez-vous ?") parfois hilarante. Bon, ça reste un peu trop caca-prout pour moi, mais ça le fait bien quand même.

05 mars, 2006

Le soleil *


de alexandre sokourov avec issey ogata

1945, japon, l'empereur hiro hito se rend et renonce à son ascendance divine

doit on se réjouir ou s'énerver de voir une salle du MK2 beaubourg bourrée à craquer pour un film de sokourov ? tant mieux qu'un cinéma exigeant soit soutenu, d'un autre côté, c'est tellement "particulier" et peu accessible que les grandes foules sont plutot inquiétantes. effectivement, le voisin qui bouffe des pop corns dans un film très silencieux et qui commence à ronfler rapidement, ca donne envie de retrouver un public clairsemé en fin de soirée, pendant la semaine... disons qu'après le je-m'en-foutisme d'un chabrol - vous avez été nombreux à réagir... le "0" n'est pas exagéré, et rappelons que son précédent, "la demoiselle d'honneur" était déja totalement raté... fin de la parenthèse - voir le film d'un gars très soucieux d'esthétisme, avec une mise en scène précise, avec un univers, une ambiance très personnels, ca fait du bien. beau, intègre, on est dans le cinéma d'auteur, au plus haut sens du terme. mais pour spectateurs avertis. difficile d'être totalement conquis quand on lutte pendant la plus grande partie du film contre le sommeil. raconter la reddition d'hiro hito en observant pendant près de 2 heures hiro hito en train de se distraire ou de réfléchir, pas facile... bien sur, le point de vue est totalement différent, mais on regrette le réalisme glacant de la fin d'hitler, dans "la chute". il y a de belles scènes, notamment celle où il se fait prendre en photo par des américains, peut être parce que c'est la seule scène de vie, de jour, non statique, non contemplative, cinématographique. issey ogata impressionnant. bref, pas facile d'être décu vu la qualité artistique intrinséque, mais pas la peine de faire semblant quand on est resté en grande partie étranger au film.


El Bacos.

L'ivresse du pouvoir o


de claude chabrol avec isabelle huppert, francois berleand, robin renucci, patrick bruel

un chef d'entreprise mis en prison et interrrogée par une juge tenace qui veut faire tomber tout un réseau politico-financier coupable d'enrichissement personnel

faut que ca cesse... ceci dit sans illusion. chabrol traine une réputation de flemmard bon vivant mais comme il a une filmo assez impressionnante, pas mal de bons voire très bons films, et une capacité à mobiliser un casting haut de gamme, il continue à tourner, comme il veut, réussisant un film sur deux voire, de plus en plus, sur trois. celui ci est un ratage total. un vrai film de flemmard, de branleur pour dire clairement les choses, un foutage de gueule. cautionné par des media qui tombent dans le piège de la "bonne idée de départ", celui de transposer "l'affaire Elf". vrai piège à cadros sup parisiens qui ont régulièrement besoin de films pour parler dans les diners en ville. oui, bonne idée de départ et quelques bons dialogues, mais pour le reste... quelle catastrophe, quelle honte de filmer si pauvre, avec si peu de rigueur, de diriger aussi mal ses acteurs. même l'aspect "film à clefs" laisse à désirer. berleand, le seul à vraiment jouer à son niveau en Le Floch Prigent qui se gratte en permanence, on ne peut pas dire que ce soit du super humour. pas de scénario au bout de 10 mn, ca se traine, des plans et des scènes totalement inutiles, de très longs tunnels comme ces interrogatoires où tout le monde s'emmerde, où les acteurs donnent l'impression d'improviser, en free style total. même huppert n'est pas à sa place, l'impression qu'elle est bourrée quand elle parle, tellement ca sonne faux. bruel inutile et le mec qui joue le neveu d'huppert horripilant de bout en bout. et dire que le superbe "itinéraires" se retrouve dans 1 salle et demi en une semaine alors que cette bouse continue sa belle carrière...


El Bacos.

02 mars, 2006

Coïncidence * *

Vehlmann & Various, On a marché sur la Bulle

En tant que scénariste BD, je ne pouvais passer à côté de cet album qui représente une expérience originale : faire dessiner une même planche à douze dessinateurs différents et voir les différences de résultat. Il faut avouer que c'est assez intéressant.

Je pense que l'exercice a une limite fondamentale : quand on sait (je parle pour les dessinateurs) qu'on participe à ce type d'expérience, forcément on ne peut pas réagir comme si on illustrait "normalement" une page parmi d'autres d'un scénario donné. Autrement dit : la tentation est forcément réelle de vouloir se démarquer. Donc de n'être plus tout à fait naturel. C'est à mon avis ce qui s'est passé pour (nonobstant les styles personnels) Goossens, Trondheim voire Von Bassewitz.
Concernant le "scénario" de Fabien Vehlmann (il faudrait mieux parler de script), je trouve qu'il n'y a pas grand chose à dire, l'argument est plutôt amusant - mais je trouve qu'il aurait pu (dû ?) supprimer la case 4 dans son découpage qui ralentit le propos.
Toujours est-il qu'il avait prévu 8 cases. Il est alors intéressant de constater que trois auteurs ont cru bon d'en rajouter (De Metter va jusqu'à 10 cases !, Edith 9, Von Bassewitz 9 aussi) et un seul a raccourci (Goossens, 7). Le rythme de son histoire s'en ressent - et c'est mieux. Dommage qu'il ait voulu à ce point viser l'originalité (mais il est vrai qu'il avait le droit de le faire, le découpage n'indiquant pas une tenue ou un décor obligatoire).
Pour conclure sur ce sujet, les dix cases de De Metter sont pour moi un échec. Outre des cadrages qui ne sont pas époustouflants, on a là le problème récurrent lorsqu'un scénariste et un dessinateur collaborent : ce dernier intervient (très bien), modifie (pourquoi pas) mais là on ne voit pas pourquoi. De quel droit De Metter a-t-il estimé que le découpage de Vehlmann ne méritait pas d'être conservé ? Mystère...
Au niveau des détails, j'ai trouvé super le cadrage de la case 1 chez Ramos, et j'ai trouvé excellente l'idée de la grande case verticale (toujours pour la case 1) chez Trondheim. Le gauffrier de Jason m'a semblé ennuyeux et pas adapté. Le dessin de Meyer est impeccable et les cadrages excellents, en revanche je n'ai pas aimé ceux de Kokor (notamment les cases 2, 3, 5 et 6). Enfin, je trouve que von Bassowitz en a vraiment trop fait...
A vous de juger !