21 juillet, 2008

Lewis & Greg dans le vent de l'histoire



Imaginez un peu : Pete Sampras, voire Jimmy Connors, sortent de leur retraite et gagnent Wimbledon ! Ou alors c'est Alan Jones qui revient faire une pige pour Williams et qui gagne le GP de Grande-Bretagne... Impensable, non ? Eh bien, c'est pourtant ce qui a failli se passer ce week-end avec l'incroyable Greg Norman, véritable légende du golf, et qui a failli remporter le British Open ! On sait que je suis de très près l'actualité de ce sport si difficile et si exigeant (je suis toujours à 20.9 de handicap...) et on a presque assisté à l'exploit de l'année sur le parcours du Royal Birkdale, au nord de Liverpool, au milieu de vents terribles qui ont fait qu'aucun joueur au final ne termine sous le par global (et il s'agissait pourtant d'un par 70, voilà qui rassure un peu !). Bref, à 53 ans, Greg Norman, tout droit sorti de son passé prestigieux, et dont on ignorait même jusqu'à la participation dans l'épreuve, s'est retrouvé en tête pendant trois jours et demi, avant de céder face à Padraig Harrington, qui finalement se succède à lui-même... On est un peu déçu, forcément, de cette issue, tant on aurait aimé que l'histoire soit belle jusqu'au bout. Bravo à Harrington, en tout cas, auteur d'un magnifique deuxième coup au trou n°17 le dernier jour (220m en bois de parcours, la balle qui roule pour s'arrêter à 50cm du trou, eagle dans la foulée !), mais que tous les honneurs soient rendus à Norman, le requin blanc australien, le mari de Chris Evert, qui nous a époustouflé par sa classe, son charisme, son allure générale (et bien sûr son jeu) - un authentique champion qui ne peut que provoquer notre admiration sans bornes.

Dans le même temps, Lewis Hamilton refaisait une véritable démonstration à Hockenheim, lors du GP d'Allemagne. Et tandis que Tiger Woods, blessé, laissait le monde du golf orphelin à Birkdale, c'est justement son homologue de la F1 qui mettait une nouvelle fois tout le monde d'accord. Une course rendue intéressante par l'accident de Timo Glock dans la deuxième moitié et la neutralisation qui s'ensuivait. McLaren se prenait les pieds dans le tapis en ne faisant pas rentrer Hamilton (alors que toutes les courses automobiles du monde enseignent qu'il faut toujours profiter d'une neutralisation pour rentrer au stand), ce qui permettait à Piquet de se retrouver en tête ! On a du coup failli assister au hold up du siècle ! Bravo quand même au jeune brésilien, qui accède à son premier podium, 26 ans après que son père se soit battu sur ce même circuit avec le chilien Eliseo Salazar qui venait de le mettre dehors... Une image qui a fait le tour du monde ! Derrière, course anonyme pour Raikkonen et Kubica, un grand bravo à Vettel qui est de plus en plus un phénomène, et une mention spéciale à Sébastien Bourdais, qui signe le 10e meilleur tour en course, et qui ne termine qu'à 2" de la 9e place, après une course très solide et convaincante.

Les étoiles d'Hockenheim :
**** : Hamilton
*** : Piquet
** : Vettel, Heidfeld
* : Bourdais

Le classement après 10 GP :
Hamilton : 19
Massa : 11
Kubica : 9
Heidfeld : 8
Raikkonen, Trulli : 7
Kovolainen, Webber, Nakajima, Vettel : 6
Barrichello : 5
Alonso, Piquet, Bourdais : 4
Rosberg, Sutil, Glock : 3
Coulthard : 2
Fisichella : 1

17 juillet, 2008

A propos de dBD #25


L'excellente revue dBD publie cet été un numéro double et épais (et cher aussi : 10 euros...) consacré notamment à ce qui serait la "nouvelle vague" en BD. Terme déjà usité dans un livre publié il y a quelques années par Hugues Dayez et qui visait à célébrer l'irruption au sommet d'un certain nombre d'auteurs issus notamment de l'édition indépendante... Ici, l'éventail de dBD se veut plus large, avec tous les styles et sans que la réussite commerciale ne soit un frein.

Cette liste comprend 23 noms et elle est censée avoir été bâtie sur des auteurs qui "sont présents sur la scène professionnelle depuis une bonne dizaine d'années et qui ont passé un cap ces trois dernières années"... Cela n'est pas plus bête qu'un autre critère et voici donc les heureux élus (par ordre alphabétique) : Alfred, Appollo, Bajram, Bec, Blain, Bonhomme, Chabouté, De Metter, Di Vita, Dumontheuil, Fourquemin, Guérineau, Hubert, Marazano, Micol, Nury, Pedrosa, Peeters, Perrissin, Sattouf, Tanquerelle, Thirault, Vallée.

Si je devais faire quelques petits commentaires, je dirais d'abord que je suis d'accord à 95% sur cette sélection, qui me semble assez juste et équilibrée, et reflétant des situations de notoriété grandissante, en effet. Il y a juste quatre noms qui me font réagir : Dumontheuil, Blain et Bajram dans un premier temps. Quand on a été, comme les deux premiers, déjà couronnés du prix le plus prestigieux à Angoulême il y a plus de cinq ans au moins, on est déjà au sommet ! En conséquence, on ne peut pas passer "un cap ces trois dernières années" car on est déjà en haut de l'affiche depuis plus longtemps ! Blain et Dumontheuil, pour moi, c'est aussi fort que Trondheim et Sfar, pour garder deux références d'une même génération. Vu la relative orientation "découverte" de ces 23 auteurs, leur présence (et celle de Bajram) est même, à mon avis, plutôt vexante...

Au moins y a-t-il débat !

Il n'y a guère qu'un nom où je trouve qu'on a été un peu trop gentil : Giulio De Vita. Ce n'est pas moi qui vais remettre en question son grand talent, mais je trouve sa présence un peu prématurée. J'aurais évidemment souhaité voir apparaître Philippe Aymond dans cette liste, qui présente à mon avis tous les critères requis : un talent évident, digne d'un Guérineau, un positionnement prometteur avec une série qui malgré tout n'a pas été un bide critique et commercial (ApocalypseMania, ben oui), et un cap certain passé depuis trois ans avec la série Lady S, réalisée de manière impeccable. Appel donc à tous les votants ou les confrères de dBD pour la prochaine liste !

Bien sûr, je ne suis pas dans cette liste et, rassurez-vous, je ne vais pas faire une dépression nerveuse à cause de cela. J'imagine que cela m'aurait fait plaisir d'y figurer, mais je suis le premier à reconnaître que je n'ai pas passé de cap ces trois dernières années - au contraire, j'ai traversé une période creuse, avec par exemple aucun album publié en 2007. Il m'aurait sans doute fallu une oeuvre de "rebond" bien avant L'ultime Chimère pour pouvoir espérer peut-être intégrer ce groupe des 23, et encore... L'ultime Chimère, d'ailleurs, qui est encore loin de s'être imposée et il me tarde que les albums suivants sortent (le T2 en octobre, le T3 en mars).

Je me suis quand même amusé à un petit jeu : répondre aux questions posées à tous ces auteurs ! Pas par vantardise, plutôt par souci de livrer quelques clefs sur mon parcours... Si cela vous intéresse, c'est ici.

15 juillet, 2008

Dernières lectures BD


Genetiks T1 - Marazano & Ponzio, Futuropolis * *
On n'arrête plus Richard Marazano, clairement en voie de "Morvanisation", mais qui continue de proposer des séries qui ont de la gueule. Ici, on est chez Futuropolis, mais cela aurait pu à mon avis se retrouver chez Delcourt ou Dargaud. On est en effet assez proche du Complexe du Chimpanzé au niveau décors et ambiance générale. Curieusement, j'ai largement préféré Le Complexe... à Genetiks, principalement à cause d'une question de rythme. Je suis pourtant féru de pagination large pour que les personnages puissent vivre et évoluer. Mais là, sur cent pages (pourtant, quel luxe !), on a un peu l'impression que le fameux Thomas Hale tourne en rond sur lui-même et que ça n'avance pas beaucoup... Finalement, avec Le Complexe..., on allait un peu plus vite et un peu mieux à l'essentiel, même s'il nous reste un dernier tome à découvrir qui, on l'espère tous, ne nous décevra pas. Bref, un petit manque de rythme dans un album qui conserve toutefois un contexte scientifique passionnant et une grande ambition qui en font un vrai produit haut de gamme.


Le Marquis d'Anaon T5, La Chambre de Kheops - Vehlmann & Bonhomme, Dargaud * * *
En quatre albums, cette série est devenue une référence : par la subtilité du scénario et par la puissance de son trait. Un aspect classique, mais une profondeur dans les méandres humains assez peu égalée dans la BD actuelle. A ce titre, on le sait, j'avais élu le T4, La Bête, comme mon "Meilleur album 2007", un choix que je ne regrette pas bien au contraire. Cet album était en effet un modèle de rythme et de dramatisation, le plus souvent intérieure. On était donc impatient de retrouver notre bon marquis, sondant toujours les âmes en peine. Pour dire vite, admettons qu'il était dur de rester au niveau de La Bête... Cela reste un excellent album, mais il nous faut maintenant le juger à l'aune de ce que l'on a déjà lu dans la série. Et là, il y a deux ou trois petites choses qui nous chagrinent un peu quand même : le fait que le marquis hérite d'un mystérieux personnage (pourquoi ?), qu'il subisse les événements et nous énerve parfois (une descente bien naïve dans les bas-fonds du Caire) et qu'il trouve un peu le "secret" de la pyramide bien facilement... En fait, je trouve l'idée trouvée très intéressante et même fascinante, mais cela aurait mérité à mon avis beaucoup plus de développements afin d'accentuer le mystère... Voilà, je chipote peut-être et nul doute que si Fabien Vehlmann passait par ce blog il nous convaincrait sans problème de ses choix scénaristiques, mais on vibre moins à cette histoire que les précédentes (à partir du T2). Quant au trait de Matthieu Bonhomme, il reste magistral mais je trouve qu'il a moins d'espace pour s'exprimer pleinement.


Garrigue T1 - Corbeyran & Berlion, Dargaud * * *
J'aime beaucoup Eric Corbeyran, dont j'apprécie la diversité et la qualité malgré une énorme production qu'on a parfois du mal suivre... Ca m'amuse toujours de penser qu'on a dû publier nos premiers albums à peu près en même temps et que si j'en suis aujourd'hui à 20 albums parus, il doit en être à plus de 150 ! Avec Olivier Berlion, il avait déjà commis un excellent Lie-de-Vin, un album sensible et fort multi-récompensé à juste titre. Ensuite, on les avait retrouvés avec un Rosangella que curieusement, je ne suis jamais arrivé à finir, mais dont je ne doute pas qu'il ait plu à beaucoup de lecteurs. Ici, on retrouve une ambiance lente et moite, mais j'ai plus accroché à ces hommes dans leur cinquantaine et confrontés à des doutes ou des remords, ou des tentations violentes... L'atmosphère est là et c'est déjà beaucoup.


Le Goût du Chlore - Vivès, Kstr * * * *
C'est vraiment l'achat coup de coeur pour cet album dont l'auteur m'était parfaitement inconnu. Je me suis laissé tenter par un cadre général très original (les piscines, moi qui déteste ça et qui sais à peine nager !) et des dessins qui me semblaient plus audacieux qu'il n'y paraissait. Eh bien, je ne me suis pas trompé : même si je trouve que le récit a un petit coup de mou dans son approche de la conclusion, cela reste très humain et très attachant, et on se prend à presque humer en effet le goût du chlore... J'aurais peut-être souhaité un épisode un peu plus cruel ou dur à un moment (sans trop savoir lequel) mais on ne rechignera pas à un album qui sort du lot (de l'eau ?)et qui nous offre des dessins de corps dans les ondes ou les sillages aquatiques absolument splendides (voir la couverture et la position du garçon - génial, non ?) et aussi parfaitement colorisés, à coup de grandes plaques vertes et turquoises obsédantes. Une réussite et un jeune auteur, Bastien Vivès, à suivre.

09 juillet, 2008

Une planche couleur de L'ultime Chimère T2

Je reçois à l'instant la version quasi définitive (côté couleurs, car côté textes il faut encore que je fasse quelques modifications) de ce beau T2 qui arrivera dans les bacs en octobre prochain... Les trois dessinateurs sont donc Griffo, Aymond et Goepfert. Voici une planche de l'ami Goepfert qui met en image une drôle d'histoire arrivée sur une mystérieuse île en 1875...

07 juillet, 2008

Lewis & Rafael dans la légende...




Oui, je sais, c’est peut-être un peu surprenant, mais j’ai envie de faire une comparaison entre Lewis Hamilton et Rafael Nadal. Pas seulement parce qu’ils ont gagné chacun hier une épreuve mythique sur le même sol (l’Angleterre) et pratiquement sous les mêmes conditions (pluie + nuit) mais aussi parce que leurs succès ressemblent à des prises de pouvoir qui pourraient bien s’avérer définitives…

J’avoue que si je suis un grand admirateur de Federer, dont la classe et le style n’ont pour moi aucun équivalent dans l’histoire du tennis, je suis aussi ébahi devant tout ce que démontre Nadal : loin d’être un Muster bis, il est bien ce mélange de Becker et d’Agassi, véritable félin et funambule des courts, capable de taper plus fort que tout le monde et de donner des petits coups de patte plus subtils encore que ceux de Fabrice Santoro. Je hurle à chaque fois que quelqu’un me dit que c’est un bûcheron : il ne faut pas confondre en effet force de frappe avec frappe aveugle et encore moins vitesse de balle avec poids de la balle. Nadal fait juste plus de points gagnants que les autres, et il le fait d’une manière qui reflète une variété de jeu fabuleuse. Bien sûr, ce n’est pas la même apparence ni la même fluidité que celles de Federer, mais j’ose dire qu’il s’agit d’un même esprit - celui d’un tennis où tous les coups sont utilisés, et quasiment à la perfection. Et puis, n’oublions pas une mentalité qui ne peut que forcer l’admiration : quelle motivation ! Quel sens de la combativité ! Quelle volonté ! Et quel respect aussi de son adversaire, quel fair-play, quelle modestie, finalement, dans le triomphe… Oui, Nadal est un géant.

Hamilton, de son côté, a atomisé la concurrence à Silverstone. Là aussi, de quelle manière ! Comme si les éléments n’avaient pas prise sur lui, comme s’il les dominait, tel un demi-dieu commandant les eaux célestes sur son char argenté… Une leçon de maîtrise et de bravoure sensationnelle, comme il y en a eu peu dans l’histoire de la F1 moderne, témoin d’un pilote sachant transcender son matériel et les événements en eux-mêmes. Mettre plus d’une minute au premier de ses adversaires à Silverstone, c’est comme quand Stewart a mis quatre minutes à tout le monde au Nürburgring en 1968 : une performance surnaturelle. Nous avons eu de la chance d’en être les témoins !

Nous ne disons pas que Nadal va désormais gagner tous les tournois auxquels il participe, ni Hamilton tous les GP. Disons qu’ils ont juste connu un jour qui ressemble à un état de grâce et que ce jour annonce sans doute des années de domination absolue. Il faut s’y préparer, nos deux amis sont désormais dans une autre dimension, là où les attendait un certain Tiger Woods, n°1 du sport en général.

Les étoiles de Silverstone :
***** : Hamilton
*** : Barrichello
** : Heidfeld
* : Alonso, Trulli, Nakajima, Webber

Le classement après 9 GP :
Hamilton : 15
Massa : 11
Kubica : 9
Raikkonen, Trulli : 7
Kovolainen, Heidfeld, Webber, Nakajima : 6
Barrichello : 5
Vettel, Alonso : 4
Bourdais, Rosberg, Sutil, Glock : 3
Coulthard : 2
Fisichella, Piquet : 1

04 juillet, 2008

Valse avec Bachir * * *



film d'animation de ari folman

Ari essaye de se souvenir de 1982 au Liban, où, soldat dans l'armée israelienne, il était en guerre, jusqu'à son attitude pendant les massacres des camps de Sabra et Chatila. Des hallucinations, des rêves, les récits de ceux qui étaient là aussi, à l'époque

Par sa forme, film d'animation, son environnement - Proche Orient -, ses références -tensions des années 80, musique pop / rock -, son ambition, sa sélection à Cannes, ce film fera bien sur penser à "Persepolis" de l'an dernier. A juste titre, même si pas mal de choses ne sont pas comparables. Pour ceux qui ont (beaucoup) aimé le film de Satrapi, celui de Folman sera peut être beaucoup plus ardu, plus lent, plus de reflexions, moins de mouvements, pas trop d'humour - ce n'est pas le but. Film impressionnant surtout par sa volonté de mettre la barre haute et de s'y tenir. Pas même un récit de cette guerre de 1982 mais les pensées, en images, d'un homme qui ne comprend plus son passé, 25 ans après, avec pas mal de références psy sur sa vie, sa culture. Un film certainement admirable mais qui peut, légitimiment, laisser pas mal de monde sur le chemin. L'animation est "distrayante", formellement unique, avec ces mouvements délibérément "statiques", sans rechercher le naturel. Des références historiques qu'il faut un peu maitriser, Sharon, les phalanges chrétiennes, Bechir Gemayel... il y a des moments, surtout dans une première partie, où Ari est dans le souvenir onirique, qui sont vraiment beaux, qui feraient presque penser à une ambiance mi inquiétante, mi fascinante comme celle du "voyage de Chihiro", même si la comparaison semble osé. Des belles scènes comme celle, en hiver, aux Pays Bas. Certains rêves, proches du fantasme, renvoient eux plutot à "the wall" de parker / waters. La dernière partie, concentrée sur Sabra / Chatila, bien plus réaliste, met bien sûr mal à l'aise, le propos, dégoût de ce qui s'est passé, est plus appuyé, et c'est nécessaire. Film riche, pas vraiment séduisant au premier abord, mais qui se révelera encore plus avec le temps.

24 juin, 2008

La Personne aux deux Personnes * *


de nicolas et bruno avec daniel auteuil, alain chabat, marina fois

Accident de voiture, Gilles Gabriel, chanteur des 80's has-been, se tue, mais sa conscience et sa voix partagent le corps de Jean-Christian, comptable plus que terne chez Cogip. Ils vont apprendre à cohabiter.

Ce qui ressemble de loin à une comédie francaise, plutot recherché mais comédie standard quand même avec acteurs connus, est plutôt une sorte d'OVNI, qui, vu la fréquentation, ne va pas attirer grand monde. Et c'est sans doute ce qui le rend intéressant, on n'a pas envie de le recommander facilement. Parce qu'on sait que beaucoup ne vont pas aimer, voire rejeter en bloc. Film qui pourrait trouver plein de recettes pour plaire et ne les utilise pas, tout à son honneur, même si certaines concessions auraient pu aider... notamment celle que Chabat, qu'on pense être l'argument comique, n'apparait quasiment pas, juste la voix off, alors qu'on s'attendait à un des numéros époque "Nuls" du chanteur ringard. Il aurait assuré, sans surprise. Mais non le héros est Auteuil, habité par Chabat (et il est bon, comme d'hab). Un film dont l'idée de départ est évidemment excellente mais qui rapidement est toujours au bord de se casser la gueule, tenir un rythme, un humour, avec un minimum d'intrigue, toujours sur la rupture pendant 1h30, mais jamais de chute, jusqu'à cette grande scène de la Convention de cadres et de la présentation comptable facon Top 50...des moments de creux, toutefois, c'est clair. Marrant comme l'époque change, il y a 20 ans (putain, 20 ans...), à l'époque d'Objectif Nul, une rêverie de tuerie en chantant "juste une mise au point" dans la grosse boite d'Auteuil aurait fait marrer, maintenant, on sent que la salle coince, tout comme Desproges aurait du mal à en placer certaines aujourd'hui... conformisme de l'humour, sans doute. Marina Fois plutot sobre, cohérente dans le casting. Film qui ne va pas se faire aimer, ça se sent, alors que si un spike jonze ("... malkovich") ou gondry ("eternal sunshine...") le faisaient, ça serait crédible; on le porterait au nu... snobismes. Chabat plutot cohérent qui produit ce film et joue dans "la science des rêves" de Gondry. Titre casse gueule aussi, ils font vraiment rien pour plaire !

23 juin, 2008

F1 : GP de France - Magny-Cours, mais long quand même...


Magnifique photo de Sebastien Bourdais, qui jouait donc à domicile et qui espérait briller... Raté. Parti 14e (meilleure qualif tout de même), arrivé 17e à un tour, c'est peu de dire que Seb traverse actuellement une bien mauvaise passe. Vu de loin, j'ai l'impression qu'un ressort s'est brisé depuis le jour où il s'est crashé en essais privés avec la nouvelle Toro Rosso. Depuis, il enchaîne les mauvaises performances, là où son coéquipier Vettel arrive à se montrer. J'espère sincèrement que les circuits à venir, que le Français connait bien, l'aideront à remonter la pente, à l'image d'un Nelson Piquet dans la Nièvre.
Sinon, devant, on a eu droit à un GP monotone malgré un coup de théâtre central sur l'identité du vainqueur et quelques belles escarmouches. Sur le podium, Raikkonen faisait la gueule : bien sûr, il a abandonné une victoire qui lui tendait les bras. Mais le fait que Massa en profite doit bien le gonfler aussi. Et si on avait une luttre fratricide chez Ferrari aussi ?
Dernière remarque : un podium pour Toyota, quelques jours après la mort de l'ancien patron de l'équipe... Qui dira après que les dieux ne se penchent pas sur les résultats sportifs de la planète ?

Les étoiles de Magny-Cours :
*** : Massa
** : Trulli
* : Raikkonen, Kovbolainen, Piquet

Le classement après 8 GP :
Massa : 11
Hamilton : 10
Kubica : 9
Raikkonen : 7
Kovolainen, Trulli : 6
Webber, Nakajima : 5
Heidfeld, Vettel : 4
Bourdais, Alonso, Rosberg, Sutil, Glock : 3
Barrichello, Coulthard : 2
Fisichella, Piquet : 1

19 juin, 2008

Diamonds and Pearls

Je reçois hier de la part d'Elise Brun, l'attachée de presse de Glénat, la revue de presse relative à L'ultime Chimère T1. Comme souvent dans ces compilations d'articles, on relève l'habituel lot de perles qui fait toujours sourire... Voici la plus savoureuse :

"Après la remarquable série Apocalypsemania (merci !), Bollorée propose une nouvelle fresque fantastique..."
(lue dans La Savoie et La Tribune républicaine)

Et dire que je fais de la BD alors que je pourrais être sur mon yacht !

J'ai bien aimé aussi la suivante :

"... une jeune psychiatre explique avoir découvert un étrange patient doté de pouvoirs inimaginables." (lu dans Paru Vendu).

Ben non, désolé, il n'est tout de même pas Superman (au contraire) !... Enfin, mention spéciale à Nicolas, rédacteur pour actualitté.com :

"On constatera sur la longueur la vraie valeur de ce premier tome. En attendant, celle marchande a été évaluée par Glénat à 12,50 euros."

Je ne sais pas s'il faut bien prendre cette dernière remarque... !

16 juin, 2008

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal * *


de steven spielberg avec harrison ford, shia leboeuf, cate blanchett, john hurt

1957, le Pr Jones, aidé du jeune Mutt, poursuivi par le KGB, à la recherche d'un crane de cristal en amérique du sud

On comprend de plus en plus pourquoi Spielberg veut/va mettre en scène "Tintin" ses "Indy" rappellent, dans les meilleurs moments, la simplicité du récit, l'esprit d'aventure, le plaisir d'une histoire lisible, distrayante, dépaysante. Avec beaucoup plus de 2nd degré et de gonzesses, heureusement. Le 4eme épisode démarre plutot bien; Ford est crédible, bien physiquement, un peu de dérision sur l'âge mais pas trop. Ambiance 50's qui nous change des films des super héros ou des scénarios fumeux à la Harry¨Potter. des gros moyens qu'on voit à l'écran, pas juste des effets spéciaux et une bande son saoulante. Avec ce plaisir du retour des "méchants russes", de vrais KGBistes avec presque de la tendresse pour eux, Cate Blanchett parfaite en froide scientifique communiste, faut l'entendre sortir un "Dassvidania Professor Jones !" digne des meilleurs Bond. Scénario un peu dans le n'importe quoi, comme on s"y attend. Mais vraiment trop dans le n'importe quoi.... une dernière 1/2 heure plus que décevante, Spielberg (paresse ? complaisance ?) tombe dans le symbolisme et le signifiant à deux balles, les effets spéciaux totalement à côté de l'esprit de Indy, on ne racontera pas mais on tombe de haut. Distrayant quand même mais ça manque vraiment d'humour pour digérer cette dernière partie.

Peugeot a réussi à perdre...



De retour des 24 Heures du Mans, où je me suis rendu pour la 14e année consécutive et où j'ai assisté à une superbe course que Peugeot et sa superbe 908 aurait dû allégrement remporter... Mais non ! Ils se sont pris les pieds dans le tapis et ont laissé Audi triompher une huitième fois en neuf ans ! On n'a rien contre Audi, bien au contraire (pilotes talentueux et super sympas), mais là c'était quand même une occasion rare de voir une équipe française et des pilotes qu'on aime beaucoup (Stéphane Sarrazin et Nicolas Minassian notamment) gagner une course mythique ! On est donc déçu affectivement parlant et même un peu énervé sportivement parlant parce que c'est quand même un vrai loupé. Je vous laisse aller sur le blog de Motors TV pour lire quelques commentaires plus détaillés sur la course et les erreurs de Peugeot.

Sex and the City o


de michael patrick king avec sarah jessica parker, kim catrall, cynthia nixon

New York, Carrie, 40 ans, sur le point de se marier avec "mr Big". Ses trois copines toujours autour d'elle.

Vu le produit final, une vision en VF dans un Pathé de province, province sud est pour s'assurer d'une bonne ambiance bi neuronnale, était plutot cohérente. Précision: une quasi non connaissance de la série télé. Alors, il faut bien le dire une fois pour toutes, ce blockbuster mondial US est une arnaque. Arnaque surprenante car ce genre de film remplit normalement le minimum syndical grace à un savoir faire US de scénario / dialogues. C'est là que la déception est grande, ce film est en roue libre dès le début et se permet de faire durer le supplice pendant 2h20 (!). Est-ce une paresse inexcusable ou le reflet de la série ? Un "phénomène de société" peut-il être aussi niais, cucul jusqu'à la nausée par moments ? Si certains (nes) ont la réponse... Jamais, mais alors jamais drole, même pendant la 2eme partie, une fois le mariage raté (ben oui). Superficiel, oui, ce n'est pas un problème, mais au moins de l'humour, au moins du rythme, comme par exemple ce bon produit bien calibré qu'est "le mariage de mon meilleur ami". C'est mal joué, à part peut être la samantha de LA. SJ Parker transparente rendrait Julia Roberts resplendissante. On passera sur les innombrables placements de produits, les clichés US auxquels on ne fait même plus attention, comme l'assistante de Carrie, combien de fois on a vu ce personnage consensuel de sympathique Noire, dynamique mais pas trop belle - bref, plutot grosse - mais a qui a droit à son amoureux elle aussi (Noir, forcément, bien propre sur lui). Ah le politquement correct... On aurait envie de dire "film d'avion" tellement il est calibré pour. En se mettant près du hublot pour prendre un peu l'air, de temps en temps...

13 juin, 2008

Les dernières news...

Traditionnellement, le mois de juin est le mois le plus "busy" pour votre serviteur. Cette année ne déroge pas à la règle et je prends juste quelques minutes au passage pour écrire ce post.

Mercredi, je suis donc allé au Mans pour voir la première séance d'essais des 24 Heures. Cette année, Motors TV ne retransmet pas la course : c'est Eurosport qui nous a "piqué" le contrat. Gros sentiment de frustration... J'y serai en tout cas pour RMC, en compagnie de Jean-Luc Roy et Julien Febreau. On rebondit comme on peut ! J'ai parié que Peugeot allait gagner, et ma préférence va sans doute à l'équipage Sarrazin-Lamy-Wurz. Ces derniers temps, Audi a montré pas mal de signes de faiblesse, et je pense qu'ils vont perdre pour la première fois depuis 2000 (on mettra 2003 et la victoire Bentley à part). Néanmoins, je l'ai souvent dit en direct, je suis admiratif de l'organisation de cette équipe Audi et je suis sûr qu'ils seront redoutables en course. Un petit coup de coeur là aussi pour l'équipages des "jeunes", la n°3 avec l'excellent Français Alexandre Prémat. Que le meilleur gagne !

La semaine prochaine, pas le temps de se reposer, je serai tous les soirs en direct sur Motors TV pour commenter les images de la Transorientale, ce rallye-raid mis sur pied par René Metge et Lagardère Sports. Des bonnes journées de boulot à dix heures et plus !

Du coup, pas trop le temps en ce moment de me concentrer sur la BD... J'ai quand même pu faire les premières planches d'Abymes, un nouveau projet à venir chez Glénat. J'ai aussi commencé L'ultime Chimère T7, mais là on a le temps. L'idée est quand même de le finir d'ici au début de l'année prochaine, histoire de rester sur le rythme. Pendant que j'y suis, petit coup de pouce à Bruno Pradelle et Rémy Langlois, les coloristes de L'ultime Chimère T2 (sortie en septembre) qui viennent de faire paraître Sans Pitié T3 chez Emmanuel Proust.

Côté lecture, je dévore actuellement le 8e volume de 100 Bullets, magnifique série noire de Brian Azzarello et Eduardo Risso (DC Comics). Trois ans de retard pour cet album, The Hard Way, paru donc en juillet 2005, mais c'est pas grave, on déguste à tous les niveaux...

09 juin, 2008

F1 : GP du Canada - Kubica n'avait qu'à...


Encore un GP passionnant, encore une fois à Montréal avec ces neutralisations qui remettent tout en question et des pilotes qui se font à chaque fois avoir avec le feu rouge en sortie des stands ! Après Montoya il y a deux ans, après Massa l'an dernier, au tour d'Hamilton de ne pas avoir vu le feu signifiant l'arrêt obligatoire en attendant le vert ! C'est assez incroyable, même s'il faudra m'expliquer pourquoi les pilotes étaient justement bloqués au feu rouge alors qu'ils venaient enfin d'être autorisés à ravitailler...
Kubica devient donc le 97e vainqueur d'un GP depuis 1950, et il est vrai que tout le monde l'aime bien car c'est un vrai attaquant, doté en plus d'une plus grande finesse qu'il n'y paraît (exactement comme Nadal : je suis le premier fan de Federer, mais je persiste à dire que Nadal, sur terre battue, est génial - et au-delà de la puissance et de la hauteur du lift, il y a des coups de pattes prodigieux, un sens du jeu inédit sur cette surface et un déplacement surréaliste... La finale d'hier à Roland-Garros a été la plus décevante de ces vingt dernières années mais elle nous a permis d'assister au sacre d'un géant et aussi de revoir Björn Borg : ce mec était un robot en son temps, mais il était déjà une légende, unique en son genre dans son jeu et son look -ah, le bandeau Fila !-).
Mais je m'égare : bravo donc à Kubica, qui se retrouve du même coup en tête du championnat et qui pourrait bien capitaliser sur les erreurs de ses adversaires... Voilà qui nous promet de belles courses à venir !

Les étoiles de Montréal :
**** : Kubica
** : Heidfeld, Coulthard, Glock, Massa, Vettel
* : Trulli, Barrichello

Le classement après 7 GP :
Hamilton : 10
Kubica : 9
Massa : 8
Raikkonen : 6
Kovolainen, Webber, Nakajima : 5
Heidfeld, Vettel, Trulli : 4
Bourdais, Alonso, Rosberg, Sutil, Glock : 3
Barrichello, Coulthard : 2
Fisichella : 1

05 juin, 2008

Souvenirs de la Bourse Jean d'Arcy

Aujourd'hui était remise à France 2 la 25e Bourse Jean d'Arcy, qui je vous l'apprend peut-être, avait été nommé directeur des programmes de la télévision française en 1952... autant dire un des fondateurs de ce media en France, et une bourse célébrant son souvenir a été créée en 1983 afin de distinguer un jeune journaliste issu d'une des écoles de journalisme officiellement reconnues par la profession.

En 1990, je terminais mes études au CELSA, section journalisme. Chaque établissement sélectionnait deux élèves pour participer à la Bourse, véritable "championnat de France des élèves journalistes, catégorie télévision". Autant dire que ça ne rigolait pas : le CELSA avait obtenu le prix l'année précédente grâce à l'excellente Véronique Gaglione, et il y avait une réputation à défendre... Bref, j'apprends au mois de mai 90 que je suis sélectionné par le CELSA pour concourir à la Bourse, en compagnie de mon collègue Alban Mickozy (devenu depuis rédacteur en chef à France 2).

Nous voici un beau matin à l'INA, à Brie-sur-Marne, en compagnie des 14 autres candidats venus de toute la France. 1ère épreuve : avec un lot de dépêches fournies, il faut écrire un journal télé de cinq minutes, qu'il faut aussi, bien sûr, présenter face caméra. Rappelons que même si beaucoup savent très bien faire ça sur LCI ou I-Télé, ce n'est pas un exercice facile lorsqu'on le fait la première fois à 23 ans dans un cadre officiel et professionnel, avec caméras, lumières, réalisateur, script et tout la grande organisation d'un journal télé. Car tel était bien le cas et on savait qu'après cette épreuve, seuls les trois premiers seraient retenus pour la deuxième et dernière manche de la partie... En fait, ce qui convenait avant tout, c'était de gérer son stress et montrer qu'on n'avait pas trop peur.

Mon tour est donc arrivé et je me suis lancé. C'était un exercice dans lequel, je le savais, j'étais plutôt à l'aise, même si le coeur battait fort. Tout se déroulait bien, quand, au bout de trois minutes environ, une voix retentit soudain dans le studio : "désolé, il y a un problème technique. Il faut recommencer depuis le début !". J'ai tout de suite su que c'était bon signe. Il n'y avait aucune raison que le problème se soit déclenché aussi tard ou qu'on ait attendu aussi longtemps pour me le dire... Non, cela ne pouvait que signifier qu'on me faisait passer un petit test supplémentaire pour voir si j'allais être déstabilisé. J'ai répondu poliment que j'étais prêt à recommencer et je l'ai fait, et tout s'est bien passé.

Nous étions alors trois finalistes. Je me souviens très bien du nom des autres : Nicolas Winkler et Isabelle Pham. L'exercice consistait à faire un reportage de trois minutes (tournage sur le terrain avec cadreur et preneur de son, montage, écriture et mixage de la voix) sur un sujet donné au dernier moment. Nous avons été convoqués un samedi matin. Sujet : la sécurité à la Gare du Nord. Pas facile... Ensuite, tirage au sort de l'ordre des tournages (une demi-journée chacun). J'étais en deuxième position (l'idéal), pour tourner le dimanche matin.

Je me suis bien sûr précipité Gare du Nord, et j'y ai passé tout mon samedi après-midi. Il était évident que figurerait dans le sujet un certain nombre d'interviews de passagers des trains de banlieue - par définition, ces interviews ne seraient réalisables que sur le moment. J'ai réussi à trouver un chef de train qui s'était fait récemment agresser et qui a accepté de témoigner le lendemain face caméra. C'était déjà ça... Je me demande si je n'ai pas réussi aussi à caler un rendez-vous avec un représentant de la police.

Je n'ai donc pas débarqué dans l'inconnu le dimanche matin. Mais bon... cela restait de toute façon une opération stressante. La matinée est vite passée, nous avions nos images et interviews en boîte et il était évident que le caméraman et preneur de son allaient avoir leur avis quant à la façon dont s'était passé le tournage. A ce niveau-là, il n'y avait eu aucun souci humain.

Je ne me souviens plus quand le montage s'est effectué, toujours est-il qu'il restait une dernière épreuve : l'entretien devant le jury. Ce dernier était co-présidé par deux hommes très connus à l'époque à Antenne 2 : Georges Bortoli (grand éditorialiste spécialié en politique étrangère, on le voyait en plateau à tous les grands sommets, le prototype du "grand journaliste") et Patrick Lecocq (qui possédait une voix extraordinaire et qui avait présenté les journaux dans les années 70 et 80 ; il continuait d'ailleurs à commenter chaque année le défilé du 14 juillet...). Il y avait bien une dizaine d'autres personnes autour de la table et je n'en menais pas large en entrant. Surtout que la première question que me pose Bortoli est : "ne croyez-vous pas qu'il y avait un tunnel dans le sujet entre votre première interview et la suivante ?". Je n'avais jamais entendu auparavant l'expression "tunnel" ! Je ne savais pas que cela voulait dire un long passage, plutôt ennuyeux, entre deux séquences... Me voilà donc en train de bafouiller un truc du genre : "oui, sans doute, si vous le dites...". Ma défense a vraiment dû être faible et j'ai dû paraître un peu mou dans mes convictions... je n'avais pas osé avouer mon ignorance ! J'aurais carrément dû dire : "excusez-moi, vous allez rire, mais c'est quoi un tunnel ?" - et ça aurait peut-être détendu l'atmosphère...

Une fois les entretiens terminés, nous nous sommes retrouvés, nous les trois finalistes, dans une salle adjacente, et nous savions que le jury délibérait pour désigner le vainqueur. Je me souviendrai toujours de la scène cocasse qui a suivi : Patrick Lecocq sort et se précipite aussitôt vers Nicolas Winkler. J'ai évidemment pensé, tellement c'était évident, que c'était lui le lauréat. "Monsieur Winkler, vous êtes troisième !" Et sans attendre la réaction de ce dernier, il se tourne vers moi et me dit : "Monsieur Bollée, vous avez gagné." Je ne sais toujours pas pourquoi il a agit comme ça, en douchant mon camarade d'abord et en me rassurant ensuite, mais bon, c'était fait !

Nous sommes alors allés dare-dare à la Maison de la Radio, et mon prix m'a été officiellement remis par Georges Fillioud, président de l'INA, et par le président d'Antenne 2 (Philippe Guillaume, je crois). Mes parents ont toujours chez eux la photo souvenir de l'événement !

Voilà, un petit souvenir en passant - j'ai gagné un stage de deux mois à Antenne 2 avec cette Bourse, les images de la remise du Prix sont passées brièvement dans les journaux de 13h et 20h du jour et ma carrière à la télé pouvait commencer...

04 juin, 2008

Premières à tous les niveaux


Il y a quand même des destinées assez incroyables... Les éditions Delcourt viennent de sortir un album pour adultes baptisé Premières fois. Le thème est intéressant : dix histoires courtes autour des premières fois (en matière sexuelle, cela va de soi), avec toutes les possibilités et variantes que cela peut supposer. Un exercice de style ou un challenge plutôt tentant et qui en vaut un autre, là n'est pas la question.
Non, ce qui sort de l'ordinaire c'est que la scénariste (dénommée Sybilline) est fièrement annoncée partout comme étant la "standardiste" ou "l'hôtesse d'accueil" des éditions Delcourt ! N'étant pas un auteur de cette maison d'édition (à mon grand regret, je l'avoue), je ne peux pas confirmer cette assertion, mais il n'y a manifestement aucune raison d'en douter.
Tout en félicitant Sybilline pour son entrée effective dans le monde de la bande dessinée, je me demande si elle se rend bien compte toutefois de sa chance car avoir pour son tout premier album la participation de dessinateurs comme Pedrosa, Vince, Vatine et surtout Dave McKean (McKean ! McKean ! La légende vivante de l'illustration ! Même dans mes rêves les plus fous, je n'imaginais pas qu'il puisse collaborer à un projet français ! McKean, bordel, celui dont je phantasme de posséder un jour un original ! McKean, merde !!!!), cela me semble tout bonnement extraordinaire. A se demander si je ne vais pas postuler pour devenir standardiste chez Delcourt !
Un beau coup (sans jeu de mots) en tout cas... McKean... Putain, je n'en reviens toujours pas...
Tiens, pour ceux qui ne connaîtraient pas l'oeuvre de ce génie anglais, son site est ici.

28 mai, 2008

Un Conte de Noël * *


d'arnaud desplechin avec mathieu amalric, catherine deneuve, anne consigny, jean paul roussillon, chiara mastroianni, melvil poupaud, emmanuelle devos,

Roubaix, Junon réunit ses 3 enfants et son neuveu, pour Noel, alors qu'elle a besoin d'une greffe de moelle compatible pour la sauver. Sa fille Elisabeth a "banni" son frère Henry depuis 5 ans, ils se retrouvent.

On ne peut pas avoir rejeté violemment le "chef-d'oeuvresque" "Rois et Reines" il y a 3 ans, et porter aux nues celui là. Certes. Mais il faut reconnaitre que la greffe (pouf pouf) prend bien mieux. Moins que dans les films des années 90 de Desplechin cependant. Il prend une nouvelle fois des risques, mélange les genres, délibérément déconcertant, comédie, drame, intimiste ou fantaisiste. Et avouons que ce parti pris casse-gueule fonctionne bien dans le cadre de ce quasi huis clos de journées de Noel dans une famille borderline sur pas mal de plans, ça aide... Grande grande distribution, ce qui joue beaucoup dans le plaisir qu'on ressent dans nombre de scènes parfaitement rythmées. Toujours une virtuosité de mise en scène, par le montage, cette facilité de passer d'un personnage à un autre, d'un ton à un autre. Admiration. Mais pas émotion. C'est peut être subjectif, quand on trouve Deplechin profondément antipathique. Mais toujours cette impression de quelqu'un qui n'est pas sincère. Tellement doué, et adulé pour son talent aussi, qu'il "fait une performance", l'enjeu étant de faire toute la palette des sentiments dans cette famille, du rire aux larmes, en boucle. Il y a quelque chose comme une pose auteuriste, qui énerve sur la longueur. Il faudrait peut etre relâcher les freins, se laisser emporter par ces scènes superbes où l'ironie et la dérision sont les seuls moyens de lutter contre la haine, le désamour, dans la famille (Amalric/Consigny/Deneuve). Mais on garde cette méfiance, et surtout très peu ému, sur la longue durée (2h30), ce qui est tout de même le souci majeur... Film qui pourrait durer bien moins et bien plus longtemps, par ses aller retour entre les personnages, c'est peut dire qu'on somnole par moments. Difficile de sortir des acteurs, Amalric est bien mieux que dans "Rois et Reines", et Consigny, personnage complexe, malgré ses apparences, fait une superbe entrée dans la troupe. Film qui pourra énormément plaire ou agacer.

27 mai, 2008

Et me voici chez Drouot...


Ca alors. J'apprends par un mail de ma bonne amie Jeanne Puchol (dont le blog peut être consulté ici), magnifique artiste avec laquelle j'ai eu le bonheur de produire 60 planches de BD parues dans les années 90 dans (A Suivre), que justement, une de ces planches sera mise en vente vendredi 30 mai prochain à l'occasion d'une grande vente aux enchères organisée à la salle Drouot Montaigne et qui verra pas mal de grands noms de la BD représentés par leurs originaux (Moebius, Andreas, Goetzinger, Margerin...).
Un petit coup d'oeil sur le site officiel de l'étude Millon & Associés m'apprend que cette planche (lot n°220), parue à l'origine dans (A Suivre) n°184 en mai 1993, est estimée entre 200 et 300 euros... (A l'époque, et comme je le demande toujours à mes dessinateurs, Jeanne m'avait donné une planche originale extraite de la même histoire - elle est toujours chez moi, bien sûr, encadrée dans mon bureau...).
Pour plus de précisions, sachez que cette histoire en vingt planches, intitulée Le Poète Contumace, racontait quelques épisodes de la vie de Tristan Corbière, poète maudit de Roscoff dont le recueil principal, Les Amours jaunes, reste pour moi un des sommets de la poésie française par son audace, la force des sentiments vécus et exprimés, la douleur de son auteur...

26 mai, 2008

F1 : GP de Monaco - Hamilton donne le ton


Sans fausse modestie, cela faisait deux semaines que je répétais à tout le monde : ne cherchez pas le vainqueur du GP de Monaco, il s'appelle Hamilton. Cela me semblait évident que notre ami était plus que motivé par l'événement et que ce terrain de jeu allait lui convenir à merveille... J'ai donc gagné 3,50 euros sur bwin (oui, je sais, je n'avais parié qu'un euro à la base...) !
Course formidable en tout cas, avec beaucoup de rebondissements (merci la pluie) et quelques superbes performances (Sutil notamment, hélas bien mal récompensé par Raikkonen le kamikaze)... Sébastien Bourdais, lui, n'a pas été verni. Il a été gêné par Coulthard qui se mettait au tas devant lui, et a perdu le contrôle de sa voiture. Dommage, mille fois dommage, car quand on voit que Sutil pouvait faire 4 et que Vettel a fait 5, c'est évident que Seb aurait dû être dans ce wagon également. Une belle occasion de ratée.

Les étoiles de Monaco :
**** : Hamilton
*** : Sutil
** : Webber, Vettel, Nakajima
* : Kubica, Barrichello, Kovolainen, Rosberg

Le classement après 6 GP :
Hamilton : 10
Raikkonen, Massa : 6
Kubica, Kovolainen, Webber, Nakajima : 5
Bourdais, Trulli, Alonso, Rosberg, Sutil : 3
Heidfeld, Vettel : 2
Fisichella, Glock, Barrichello : 1

20 mai, 2008

BD adaptées au cinéma...

Je lis sur le site d'ActuaBD la news suivante :
Après la signature en grandes pompes de l’adaptation du Tueur par David Fincher (Se7en, Fight Club et Zodiac), Matz & Jacamon nous annoncent que leurs autre série fétiche, Cyclopes, a été acquise par Warner Bros. Selon son futur réalisateur James Mangold (Copland et 3h10 pour Yuma), Cyclops devrait réunir le meilleur de la science-fiction avec "d’impressionnantes scènes d’action combinées à des thèmes avant-gardistes."
Alors là, moi je dis plusieurs choses : d'une part, il va de soi que je félicite les auteurs pour ces magnifiques et prestigieuses perspectives cinématographiques. Mais, d'autre part, comme beaucoup de monde j'imagine, je m'interroge : comment Le Tueur, BD franco-belge pas passée inaperçue (mais enfin, c'est pas XIII ou Largo Winch...) se retrouve-t-elle dans les petits papiers de Hollywood ? Pareil pour les Cyclopes, dont on ne se souvient pas d'un accueil délirant (je ne l'ai pas lue) ? Là, franchement, je voudrais bien comprendre. Non pas que je sois jaloux (jamais, je dis bien jamais je ne pourrais espérer qu'une de mes oeuvres se retrouve adapté par un grand studio américain avec Fincher à la réalisation - je crois que j'ai plus de chances de gagner à EuroMillions...) mais je le répète, il y a quelque chose qui m'échappe... Je voudrais juste comprendre quel est l'élément qui me manque... Comment c'est possible ? Quel est le méga-agent de Casterman aux Etats-Unis ? Est-ce une résultante du deal pour les films de Tintin ? Les auteurs sont-ils mariés à des productrices américaines ? Si quelqu'un sait quelque chose, je suis preneur de l'info ! Juste pour savoir...

14 mai, 2008

ApocalypseMania, le retour

Ce n'est pas sans émotion que je vous livre aujourd'hui en exclusivité la première planche du prochain tome d'ApocalypseMania !
Il s'agit donc du T7, soit le deuxième du Cycle 2, soit l'avant-dernier de la série. Son titre est : Manik Shamanik, tiré d'un morceau du groupe techno System 7, où l'on retrouve le fameux Steve Hillage aux manettes.
Philippe Aymond a donc commencé cet album, et pour la première fois depuis le début, il n'en fera pas les couleurs. Je vous dirai très bientôt quel est l'heureux coloriste élu. Parution prévue : premier trimestre 2009.

13 mai, 2008

Teeth **


de mitchell lichtenstein avec jess weisler, john hensley

Etats Unis, Dawn, belle ado, se réserve pour le mariage et prone l'abstinence. Elle est attirée par un gars, ça dérape, et il se trouve que son vagin a des dents....

Une vraie preuve que ce film de genre dépasse largement la moyenne, le couple de post ado qui s'énerve à la sortie du film, n'en ayant visiblement pas eu pour son argent... Oui, avec un argument de départ de scénario pareil, en gros la fille très prude en quéte de "purety" qui se retrouve à émasculer contre son gré son premier copain, ca pouvait être la comédie vaguement gore et grasse pour ados, à l'américaine. Il y a de cela, on rigole quand meme pas mal sur ces scènes, même si le rire est un peu nerveux... mais il y a plus du mal à l'aise, et c'est tant mieux, même si le scénario se retrouve coincé par moments entre dérision et une sorte de tristesse, Dawn doit vivre avec et se voit condamnée à être une freaks toute sa vie et quelque chose d'assez flippant. Le film aurait pu être plus grave, plus troublant, parce qu'une femme qui fait "sqwick !" à son mec, et celui ci qui se retrouve avec le kiki dans la poussière, ce n'est pas forcément hilarant. d'ailleurs, le film va assez loin dans son histoire, quelque chose de vraiment subversif, malgré les apparences, il y a bien sur tout ce qui tourne autour de l'endoctrinement pureté / virginité très américain et assez hypocrite, et pas mal de thèmes vraiment pas consensuels, on citera la castration bien sur, l'inceste et un zeste de sodomie (eh, forcément, c'est une solution...). Un peu précipité sur la fin, le personnage du frère en prenant un peu trop dans la gueule et celui de la mère malade, sans doute pas nécessaire. plutot ambitieux, même si pas totalement abouti.

F1 : GP de Turquie - Massa, king of Istanbul

Non, ce GP n'a pas été inintéressant, mais à part la bataille pour la première place entre Massa (sur une stratégie à deux arrêts) et Hamilton (trois arrêts), il ne s'est rien passé de notable, à l'exception de deux ou trois duels assez excitants. Je crois que c'est la première fois en douze ans que je m'amuse à remettre ces étoiles qu'il n'y en a aussi peu à l'arrivée d'une course ! Enfin, tout cela nous fait monter en puissance avant la prochaine épreuve : le GP de Monaco. On le sait, il y a là-bas peu de rebondissements (même s'il y a eu des années légendaires à ce propos, 1982 et 1996 au hasard), mais le spectacle offert y est tellement grandiose que cela suffit à notre bonheur. Je pense que la qualif le samedi va être un sommet...

Les étoiles d'Istanbul :
*** : Massa
** : Hamilton
* : Glock

Le classement après 5 GP :
Raikkonen, Massa, Hamilton : 6
Kubica, Kovolainen : 4
Bourdais, Trulli, Alonso, Nakajima, Webber : 3
Heidfeld, Rosberg : 2
Fisichella, Glock : 1

09 mai, 2008

41

Bon, eh bien voilà, j'ai 41 ans aujourd'hui, je vais bientôt fêter mes 20 ans de BD et mes 18 ans de journalisme, et comme un heureux hasard, j'ai découpé hier soir la planche 41 du T1 de L'Idole & le Fléau, ma nouvelle série (4 tomes, 54 pages à chaque fois), qui sera publiée par 12Bis avec Igor Kordey au dessin.
J'aime à rappeler aussi qu'en mai 1967, les Beatles enregistraient Sergent Pepper... Là aussi, un signe !

07 mai, 2008

Funny Games US * * *



de michael haneke avec naomi watts, tim roth, michael pitt, brady corbert

Ann et George dans leur maison de vacances, avec leur jeune fils. deux jeunes voisins, polis mais bizarres. qui n'apprécient pas l'accueil de ann.

Dire qu'il y en a qui vont au ciné pour se détendre... Quelle idée ! Pas vu la version originale allemande de Haneke, donc pas de comparaison. Mais une vraie similitude avec pas mal de film de l'autrichien, surtout "la pianiste" : c'est un cinéaste qui donne envie de boire à la sortie, limite de se saouler pour faire passer la pillule, tellement ses films, et celui là en particulier, sont éprouvants. On le devine à l'avance, on se prépare à prendre tout cela à la cool, on essaye de se rassurer vite en sachant / vérifiant que les actes de violence sont hors champ, mais, non, c'est trop fort, il est trop talentueux, il installe le malaise, la tension et la lenteur, les respirations pendant lesquels il ne se passe "rien de grave" ne sont que des fausses pistes, on le sent, tout comme rien n'est prévisible, pas des plans de films pour faire peur où tout laisse deviner la suite. ce n'est pas insoutenable, vraiment pas, il y a quelque chose qui se veut presque ironique, les personnages des jeunes, tout en politesse et voix douce, l'impressionnant Michael Pitt en premier, qui s'adresse à la camera, ca permet de prendre un peu de distance, quand même. Il n"'empeche , on se demande face à l"écran ce qu'on attend de ce film, de la violence, plein champ ? la souhaite on ? jusqu'où cela peut aller. Ou se mettre à la place de la famille, que tout cela s'arrete, que ces deux gars arrêtent leur délire. même si tout est différent 35 ans après, on ressent ici le malaise face à la violence gratuite qu'on ne ressentait pas vraiment dans "orange mécanique" de kubrick, un peu trop stylisé, trop intellectualisé. C'est très bien filmé, l'image, froide mais travaillée, jouant aussi dans cette ambiance. Salle mal à l'aise, qui s'agite et chuchotte beaucoup, c'est un signe. impressionnante Naomi Watts, décidément grande (et belle) actrice US avec une filmo qui va commencer à faire rêver.

F1 : GP d'Espagne - el Magnifico Raikkonen

Un GP assez animé, avec un accident sérieux pour Kovolainen... Evidemment, on est les premiers ravis que ce ne soit pas trop grave, mais il ne faudrait peut-être pas non plus tomber dans le sensationnalisme en pensant que c'était un moment dramatique. Il n'y a pas que la F1 dans la vie, et au même moment, un accident autrement plus impressionnant et terrible avait lieu en Le Mans Series à Monza... Si vous n'avez pas encore vu ce crash, c'est ici.
Sinon, pour revenir à ce GP d'Espagne, de plus en plus impressionnant côté tribunes et spectateurs (le circuit devient d'année en année un véritable stade de sport automobile), il est clair que Raikkonen a été impérial. On retiendra aussi une magnifique qualif, où Alonso a failli créer une incroyable surprise et où notre Sébastien Bourdais national a clairement été impressionnant en Q1. Dommage que les courses soient plutôt courtes en ce moment chez Toro Rosso...

Les étoiles de Barcelone :
*** : Raikkonen
* : Webber, Nakajima, Alonso

Le classement après 4 GP :
Raikkonen : 6
Hamilton, Kubica, Kovolainen : 4
Bourdais, Trulli, Massa, Alonso, Nakajima, Webber : 3
Heidfeld, Rosberg : 2
Fisichella : 1

06 mai, 2008

Still alive...

Salut les amis ! Pratiquement dix jours sans donner de nouvelles fraîches sur ce blog, diable, c'est rare. La faute à ces petites vacances d'une semaine en Bretagne, où les bornes wifi sont plutôt inexistantes, je vous rassure... Pas grave, on en a profité pour se ressourcer un coup du côté de Carantec, où la petite famille a ses habitudes. C'est tout près de Morlaix, pas si loin que ça de Brest, Lannion ou Guingamp et il y a surtout un superbe golf (9 trous) que je fréquente assidûment. L'objectif, cette année, sera bien de passer sous la mythique barre des 20 au niveau de l'index, que d'autres appellent aussi handicap... Pour ceux que ça intéressent, j'ai acquis une nouvelle série de fers chez Mizuno et je dois dire que tout s'est bien passé pour le baptême du feu.
Mais bon, je m'égare. Côté Motors TV, on rentre dans les traditionnels mois très chauds que sont mai et juin, où il y a pratiquement des courses à commenter, des émissions à animer tous les week-ends, malgré les jours fériés et les ponts... Dimanche prochain : RMC + V8 Supercars le soir. Dimanche suivant : DTM. Et ainsi de suite... jusqu'au fameux week-end des 24 Heures du Mans, que je devrais couvrir pour RMC.
Côté BD, ça bosse. J'ai terminé hier soir L'ultime Chimère T6, il ne me reste donc plus qu'un album à faire pour conclure cette grande série. Je suis actuellement sur le découpage de L'Idole & le Fléau, pour laquelle j'ai signé le contrat à la veille des vacances. Je vous dis tout sur ce projet dans les jours qui viennent, promis. D'autres choses sont aussi en route chez Glénat... Bref, on ne reste pas inactif et j'aurais encore de quoi vous raconter des choses !

25 avril, 2008

Shine A Light * * *


documentaire de martin scorcese

Les Rolling Stones, en concert au Beacon Theater de NYC, 2006, filmé par Scorcese

Avouons que malgré l'anticipation de 2 h de bonne zique, on craint de s'emmerder, vu que passé quelques minutes, un concert filmé est souvent ennuyeux et répétitif. Et on se dit que les Stones, à 60 balais bien passés, ce n'est quand même plus ceux des 60's. Eh bien non, bonne surprise. Vraiment bonne surprise. Déja, laisser au vestiaire la grande époque, ce "shine a light" ne peut pas se comparer à "gimme shelter" de 1969, film concert où l''histoire se passe, où une génération bascule et les Stones avec (bon certes, pour ce qui est du public, entre les Hells Angels qui brandissent des flingues et les yuppies new yorkais qui tendent leur portable... l'écart est grand). Oui il sont assagis, ils ne font pas les rebelles, ils parlent comme des vieux british qu'ils sont. Mais ça reste quand même 4 gars - ceux qui restent...- qui sont au sommet de notoriété depuis 40 ans, qui ont traversé toutes ces époques, c'est quand meme fascinant de les voir simplement jouer de la musique dans cette belle salle, humaine (avec quelques images d'archives, plutot marrantes et décalées). Et même s'il dispose de gros moyens, on sent qu'il y a un Scorcese derrière tout ça, on est dans le haut de gamme du plan et du contre plan, les regards, les mouvements, les lumières, d'ailleurs une tonalité de l"'image qui est bien plus proche des 60's que de MTV... tant mieux. Pour le reste, les Stones envoient du bois, on peut se moquer des papys, mais ils tiennent la forme, c'est foncièrement rock - pas au sens "johnny" du terme... - avec leurs racines, blues (grand moment avec Buddy Guy), country, des morceaux pas parmi les plus connus, et des frissons quand on entend les premières mesures de "sympathy for the devil". Jagger à la limite du ridicule, comme toujours, mais quelle présence quand même, sans se singer, il a toujours été comme cela, pile électrique à 20 ans, consensuel à souhait, entertainer, il l'est toujours, c'est de la remise en forme, certes, mais quelle énergie. Quand on pense qu'une carla B passe de son lit à celui d'un gnome en talonnettes... Richards qui sourit en permanence, goguenard, décalé, le négatif de Jagger mais aussi heureux d'etre là, ça se sent, avec Ron Wood. Et Charlie Watts qui fait la grimace sans la ramener... il manquerait peut etre une des chansons "plus mieux", "out of time" et "gimme shelter" pour que le plaisir soit total.

21 avril, 2008

Spirou new age... et Blake & Mortimer vintage


Je le dis franchement : je n'ai jamais accroché à Spirou. Bien sûr, je suis le premier à considérer Le Nid des Marsupilamis comme un authentique chef-d'oeuvre (disons : un chef-d'oeuvre de Franquin, plus que de Spirou finalement) et j'ai un faible pour Le Repaire de la Murène, voire Les Pirates du Silence. Mais de là à avoir tous les albums et à les collectionner, non. Est-ce parce que j'étais plutôt Tintin étant enfant, que j'ai ensuite été abonné au magazine Tintin puis à Pilote (c'est-à-dire un pan plus franco que belge, plus Dargaud que Dupuis) ? Toujours est-il que je n'ai pas l'âme Spirou et que les récentes sorties me laissent finalement assez froid (surtout celles de la série régulière).

Je n'ai pas encore lu (et je ne sais même pas si je le lirai) Le Journal d'un Ingénu, qui vient de paraître par Emile Bravo. Je fais néanmoins confiance à cet excellent auteur pour avoir effectivement réalisé un album qui marquera. Ce que je retiens avant tout, c'est la liberté dont il a disposé pour faire "son" Spirou ! Et encore n'était-il pas le premier, puisque trois albums étaient déjà précédemment parus dans la collection "Une aventure de Spirou et Fantasio par