14 mars, 2006

Un grec qui ne l'a pas toujours été...



Quelle ne fut pas ma surprise de recenser parmi les nouveautés BD du mois de mars, chez Glénat, l'oeuvre suivante : Le Grec, par Al Coutelis.

On rappellera juste que j'ai créé, avec ce même Al Coutelis, le personnage d'AD Grand-Rivière, dont quatre volumes sont parus chez Casterman entre 2000 et 2003.


Le moins que l'on puisse dire est que les analogies sont nombreuses entre les deux séries ! Voici ce qu'on pouvait lire comme communiqué de presse à propos du T1 d'AD Grand-Rivière à l'époque :

"Grand-Rivière, c'est son nom. A. D. Deux initiales et rien de plus. Personne n'a jamais réussi à en connaître la signification exacte. Profession: commissaire principal, sept ans de métier. Signe particulier: de couleur noire. Look rapeur, mais plutôt frappeur. Bonnet rasta, vieil imper, flingue en poche et carte tricolore de la police. La panoplie d'un flic pas comme les autres qui combat le fléau des cités.
Grand-Rivière, sans le savoir a presque été témoin du meurtre. Trois militants du TNT se trouvaient là quand Rachid le coleur d'affiches a été abattu. Comme par hasard. Pas de preuve, mais des témoignages qui se recoupent, et une intuition. Une enquête aux moyens musclés: indics, planques, infiltration, Grand-Rivière uses de ses moyens les plus forts. Plongée dans un univers politiquement incorrect."


Voici maintenant la fiche pour Le Grec : " Theophanos Papoutsonoukadar, plus connu sous le nom de Théo Pap alias Le Grec, est un flic à principes. Refusant de procéder à l'expulsion d'un homme vivant dans un taudis convoité par des promoteurs immobiliers, il se fait remonter les bretelles par sa chef. Mais malgré sa tendance marquée à l'insubordination, le Grec est un bon flic ; incorruptible, coriace, opiniâtre. Un flic qui n'aime, ni la pègre, ni les ripoux. Et ces qualités en font l'arme toute trouvée pour remplir une périlleuse mission : découvrir qui est la taupe qui renseigne la mafia des pays de l'Est des mouvements de la police. Pour cette mission, Le Grec a carte blanche. "

Vive le recyclage ! (On aura compris que je ne suis pas très content...)

8 commentaires:

el bacos a dit…

un peu fort, c'est vrai... un dessinateur dans le besoin, sans doute

Golioman a dit…

Un peu fort de café tout de même comme accusation. je trouve que les 2 speech n'ont rien à voir avec l'autre. mais peut-être qu'aucune bd ne pourra plus désormais utiliser un flic ou encore un black au risque de vous voir débarqué et crier au plaggia?
si vous pensez qu'il y a plaggia, alors portez plainte?

Cordialement, Golioman.

huitremutante a dit…

Eh super Bolée !
C'est donc toi l'inventeur des séries policières.
J'espère que tu as été voir ton avocat pour faire une procédure au réalisateur des "Navarro" !
Quel prétention; c'est affligeant.


Pour avoir lu Al coutelis, avec et sans Bolée, je le préfère sans :-)

huitremutante@caramail.com

huitremutante a dit…

...Et puis entre nous, tu dois bien avoir le numéro de téléphone de Coutelis pour le lui dire de vive voix.
Mais n'est-ce pas plus facile( et moins élégant) que de le faire de loin sur un blog ?
Si tu veux j'ai son numéro, je peux t'arranger ça.
C'est quand tu veux !

tartempion a dit…

À Laurent Frédéric Bollée

28 avril 2006
Je suis tombé par hasard sur ton blog que j’ai parcouru d’un derrière distrait. Son contenu lénifiant ne m’étonne pas et je m’attendais bien à lire un jour une telle communication dont le style conventionnel dissimule mal l’ineptie de tes arguments.
Tu m’infliges la pénible corvée d’avoir à te répondre.

Tu signales la parution de mon premier tome de ma nouvelle série "Le Grec".

Les libertés que tu prends avec la vérité en commentant fielleusement mon travail, en sous-entendant que "le Grec" devrait uniquement quelque chose à ton travail sur AD (on en reparlera) en énonçant comme un majordome aboie les titres et qualités des invités arrivant au château que "tu n’es pas très content" démontrent de façon lumineuse que si dans l’intimité de ton âme tu ne te considères pas comme une petite crotte, tu te crois vraiment scénariste.
Et pour parler crûment, tu m’accuses de plagiat.

Elles confirment en outre de manière éclatante, ta veulerie, ce courage dont hélas, tu manques cruellement et expliquent lumineusement le désordre mental qui règne chez toi qui pourtant fait tout ce qui est possible pour paraître un esprit bien conformé.

Mais cela, je le savais déjà.
Il n’y a qu’à se rappeler comment tu m’as flingué par une lettre de Judas chez Casterman et comment tu m’as annoncé en catimini, par mail, pratiquement une cagoule sur la tête, que tu ne désirais plus continuer la série.
Alors qu’un coup de fil eut été bien plus productif.

Quant à sous-entendre qu’AD serait de toi, exclusivement, c’est un peu fort !
Je te rappelle que le début de cette histoire, je l’avais dessiné sur un story-board pour feu le magazine "L’allumé" et, parce que je te voyais dans un grand besoin d’écrire après l’échec des "treize transgressions" et parce que je suis un gentil garçon, je t’avais indiqué la voie pour la dialoguer.

À la mort du magazine "l’Allumé", les éditions Casterman par l’entremise de Bernard Ciccolini me demandant de démarrer une série chez eux j’avais pensé naïvement qu’un brillant universitaire de ton acabit pouvait scénariser une série dans laquelle je souhaitais mettre un peu de fond sociétal et politique. Hélas si les brillants universitaires sont censés savoir écrire ils ne savent pas, hélas, quoi écrire ! C’est ce qui leur manque le plus: la grâce des artistes inspirés. Ils sont souvent comme des musiciens virtuoses ne sachant qu’accomplir des gammes avec la perfection parfaitement technique mais sans pouvoir jamais composer comme des artistes moins techniques certes, mais plus éclairés des muses.

Tu n’auras été capable que de reproduire les plus mauvais clichés mille fois utilisés dans de mauvais polars corrodés par l’usage des poncifs. Crimes contre la pensée que je m’empressais de corriger sur mes pages dessinées.

Force m’est de reconnaître que tu as fait de bonnes études.
Mais il te manquera toujours en revanche une réelle culture politique ou sociétale, et encore davantage, celle humaine qu’on acquiert par la vie.
Tout chez toi n’est que théorique.
Ton savoir comme ta vie.
Ton existence comme ton boulot.
Ton idée majeure sur AD, et je le reconnais, aura été de proposer de faire de ce flic un black. Au-delà peux-tu catégoriquement dire que les histoires sont de toi ?

La dernière en date, "Bouskachi" ce titre emprunté au jeu viril des cavaliers des steppes afghanes et dont tu ignorais tout jusqu’au merveilleux livre de Jeff Kessel "Les Cavaliers" que je t’ai révélé! Je l’ai écrit et défendu vis-à-vis de Casterman, après que j’aie refusé de démarrer un scénario indigent dont à la quinzième page on ne cernait toujours pas le sens que tu tentais d’y donner. Oseras-tu affirmer sans sourciller, les yeux dans les yeux que c’est de toi ?!!!

Tu me dois beaucoup Laurent, ta première collaboration, ton premier album, ta première série. Il serait juste que tu t’en souviennes au lieu de jouer les consciences outragées s’exprimant sur un medium qui te dépasse.

Car la suprême lâcheté étant de passer par un blog - que personne ne lit au-delà des limites du canton de Versailles - pour dire des choses qu’en conscience tu ne devrais pas penser, camoufle mal ce que tu sais au fond de toi-même, je veux dire que rien n’aurait été possible sans moi avec des éditrices comme celles qu’on avait dernièrement à croiser, à affronter chez Casterman.
En tout cas pas toi tout seul avec ta culture conceptuelle et tes petites banalités abstraites sur tout et tous, tu n’aurais pas pu produire un livre authentique, du moins celui que nous projetions de faire tous les deux si j’en devais croire tes professions de foi.

Mais par une lâcheté absolue (ou par un dépit, si petit, si dérisoire) tu t’en prends au "Grec", sous-entendant qu’il y aurait cousinage avec AD ! Que ce serait le fruit d’une copie inspirée d’AD, une réalisation proche de ce que tu fais.
Tu sous-entends en fait un plagiat !
Bien évidemment, je suis tout prêt à t’en rendre raison.

L’as-tu lu au moins, ce "Grec" que tu voues aux gémonies ?
Ca m’étonnerait !
Tu y aurais appris pourtant pas mal de choses.
Tu t’y serais instruit non pas de ce savoir théorique qui te colle aux habits comme un chewing-gum à une semelle ou un étron canin à un trottoir parisien mais de l’inspiration vraie, de celle qui nourrit les œuvres rencontrant un peu de hauteur, entreprises dont l’ambition est de se sortir des terrains mille fois labourés par des intelligences de surface, ces illusions qui font tant de dégâts par l'apparence qu’elles entretiennent.

Le "Grec" n’a rien à voir avec AD quand bien même il lui est donné dans mon histoire de le rencontrer, comme un clin d’œil, comme un rappel de ce qu’aurait pu être cette série, méprisée par l’engourdissement intellectuel et spirituel de celui qui revendique maintenant à cors et à cris d’en avoir été le principal inspirateur.

Je ne te ferai pas un cours sur "le Grec".
Le bovarysme que j’entretiens avec ce personnage te passerait à mille pied au-dessus de ta tête de scénariste médiocre, incapable, ignorant et frustré qui ne peut exprimer son dépit que par petites touches amères et malveillantes dans un carnet d’humeurs mettant en cause l’authenticité de mon travail. Cette assertion révèle bien l’état d’esprit rétréci dans lequel tu te complais, toi et ta corporation: la boboïsation dans laquelle tu t’enfonces chaque jour un peu plus t’interdit de saisir le conformisme béat qui constitue le paravent à ton vide conceptuel.

Ce ratiocinage précoce sur ton blog annonce manifestement une vieillerie prématurée.

Tu peux retourner dans les lieux d’aisances que tu fréquentes ordinairement.

Alexandre Coutelis

Davidoux94 a dit…

Bonjour,

J'ai lu "A.D" et j'ai lu "Le grec".

C'est incomparable.

En plus d'une qualité bien supérieure pour la seconde série par rapport à la première, tout diffère entre ces deux ouvrages.

Rien ne laisse supposer à de la copie. Le theme du commisariat n'est pas nouveau et comme l'indique "Huitre mutante", tu n'as pas inventé les séries policières.

Ravise toi donc avant d'en appeler au plagiat, car tu pourrais te ridiculiser bien au dela de ce petit blog.

A bon entendeur.

A bientot.

David.

LFB a dit…

Oulà !
Je découvre ces commentaires, car comme le dit Alexandre, je ne pensais pas en effet que ce blog serait lu au-delà du canton de Versailles ! A ce niveau-là, je n'ai en effet aucune prétention, et c'est bien pour céder à une certaine mode informatique que je me suis lancé dans ce blog...

Je remercie Alexandre de son long temps passé à me répondre. Je remercies les autres également.

Je précise maintenant les choses suivantes :

- je ne pratique pas l'insulte
- j'ai le droit de vouloir arrêter une série dont je suis moi-même un co-auteur
- tout ce qu'a dit Alexandre sur le contexte de la série AD Grand-Rivière (à part les insultes joliment déguisées) est VRAI. L'ai-je déjà nié ?
- Je ne dis pas qu'Alexandre n'a pas le droit de faire le Grec. Et j'ai bien vu que pas mal de commentaires le concernant était très positifs. Eh bien tant mieux ! Cela veut dire qu'il a trouvé sa voie et qu'il s'exprime beaucoup mieux en solo ! Que l'arrêt d'AD n'était donc peut-être pas une si mauvaise chose...
- Qu'après je trouve "amusant" les points communs entre les deux résumés ne concerne sans doute que moi...
- Je ne suis le dépositaire d'aucun concept, cela va de soi - et si quelqu'un, même Alexandre, veut faire une série policière avec un flic à forte personnalité qui n'est pas black, ni grec, mais albanais, marseillais, nain ou bossu : il le peut !

A+
LFB

LFB a dit…

Et où ai-je dit qu'il y avait plagiat ? Jamais, nulle part. J'ai juste dit recyclage. Qu'on ne me dise pas qu'il n'y a pas des ressemblances entre les deux résumés des albums !

Je précise enfin que j'avais donné mon accord pour qu'Alexandre puisse continuer AD tout seul où bon lui semblait. Qu'AD soit devenu Le Grec, ce n'est effectivement pas grave.

Je n'ai jamais prétendu être le propriétaire de cette série qu'il tenait beaucoup plus que moi à bras le corps, c'est vrai.